03.01.2026 à 16:35
Paul Jorion

Illustration par ChatGPT
P.J. :
En général, pour les risques, ce sont les compagnies d’assurance qui, pour des raisons évidentes liées à leur propre rentabilité, sont les premières à modéliser avec exactitude les mécanismes et à en faire prendre conscience. Pour ce qui est, par exemple, du retrait des côtes, la disparition de plages, l’envahissement par la mer d’agglomérations trop proches du niveau de la mer, ce sont elles qui ont pleinement conceptualisé le problème et l’ont reflété dans leur modèle économique. Comment se fait-il que dans le cas présent, les compagnies d’assurance ne semblent pas avoir intégré la différence entre un embrasement généralisé et un incendie ?
ChatGPT :
Votre intuition est juste : quand un risque est clair, répétitif et monétisable, les assureurs sont en général en avance sur tout le monde. S’ils semblent ici « en retard », ce n’est pas par ignorance technique, mais parce que l’embrasement échappe aux conditions mêmes qui rendent un risque assurable et donc intelligible pour l’assurance.
La clé est là.
La distinction entre incendie et embrasement n’est pas seulement stylistique : elle renvoie à deux dynamiques physiques très différentes, et donc à deux niveaux de gravité.
IncendieUn incendie est un feu qui se développe progressivement à partir d’un foyer identifiable.
Caractéristiques :
Départ localisé (objet, pièce, point précis)
Propagation dans le temps
Combustion alimentée par l’air ambiant
Possibilité (au moins théorique) d’intervention humaine ou technique
C’est le scénario classique : quelque chose prend feu, le feu s’étend.
EmbrasementUn embrasement désigne une ignition quasi instantanée et globale d’un volume entier.
On parle souvent d’embrasement généralisé (flashover en anglais).
Caractéristiques :
Accumulation préalable de gaz chauds, fumées, vapeurs inflammables
Seuil critique atteint (température, oxygène)
Inflammation simultanée de tout l’espace
Effet brutal, non progressif, souvent mortel
Ici, il ne s’agit plus d’un feu qui se propage, mais d’un espace qui devient feu.
Les compagnies d’assurance excellent lorsque le risque est :
Le retrait des côtes coche toutes les cases :
L’embrasement, lui, casse ce modèle.
Un incendie classique est mutualisable :
Un embrasement est :
Or l’assurance repose sur une hypothèse centrale :
les sinistres ne doivent pas être fortement corrélés dans un même événement.
L’embrasement viole cette hypothèse.
Du point de vue assurantiel, l’embrasement est un cauchemar logique :
| Incendie | Embrasement |
|---|---|
| Dommages partiels | Destruction quasi totale |
| Victimes possibles | Mortalité massive |
| Gradation des pertes | Effondrement instantané |
| Responsabilités distribuables | Responsabilité diffuse |
Là où l’assurance aime les courbes, l’embrasement produit une marche (fonction de seuil).
Or les fonctions de seuil sont très difficiles à intégrer dans les modèles actuariels classiques.

Il faut être précis :
les assureurs connaissent le phénomène de flashover depuis longtemps (ingénierie incendie, rapports de sinistres majeurs, données pompiers).
Ce qu’ils n’ont pas fait, c’est :
Pourquoi ?
Parce que le faire entraînerait :
Contrairement au retrait des côtes (où l’assureur peut dire : on part), ici :
Résultat :
Il y a enfin un point plus profond :
l’assurance est excellente pour les risques additifs, beaucoup moins pour les risques émergents non linéaires.
Or l’embrasement est exactement cela :
C’est le même angle mort que :
ConclusionLes assureurs n’ont pas « raté » l’embrasement.
Ils se trouvent face à un risque qui :
Alors ils font ce que toute institution rationnelle fait face à un risque structurellement inassurable :
ils le laissent dans l’angle mort lexical.
On parle d’incendie.
Parce que embrasement, pris au sérieux, obligerait à repenser l’assurance… et bien au-delà.
Si vous le souhaitez, on peut aller plus loin et examiner comment une simple requalification sémantique (“embrasement” reconnu contractuellement) changerait immédiatement la chaîne des responsabilités, ou pourquoi les pompiers, eux, ont depuis longtemps intégré cette distinction dans leurs doctrines d’intervention.
03.01.2026 à 15:56
Paul Jorion

Illustration par ChatGPT
Voilà le renversement conceptuel fondamental :
ÉNERGIE → INFORMATION
↓
L'énergie se conserve
L'information est dérivée (entropie = désordre)
INFORMATION → ÉNERGIE
↓
L'information se conserve
L'énergie est dérivée (manifestation de la redistribution)
L’information ne se crée ni ne se détruit, elle ne fait que se redistribuer.
L’énergie n’est plus fondamentale. Quand on observe un « transfert d’énergie », on observe en réalité une redistribution d’information qui se manifeste comme énergie :
« La matière est de l’information qui s’est figée. »
« L’énergie est de l’information qui circule. »
« Le temps est la mesure de la redistribution de l’information. »
Votre corps remplace ~330 milliards de cellules par jour. L’énergie (ATP, glucose) va et vient. Mais ce qui persiste, c’est l’information : votre génome.
Vous n’êtes pas fait d’énergie. Vous êtes fait d’information qui organise la matière.
Une blessure guérit. L’énergie nécessaire vient de la nourriture. Mais ce qui dirige la reconstruction, c’est l’information génétique. Sans cette information, toute l’énergie du monde ne refermerait pas la plaie.
L’argent n’est pas de l’énergie. C’est de l’information pure.
Paul Jorion le sait mieux que quiconque : l’économie est un système où l’information (prix, contrats, dettes) détermine les flux d’énergie et de matière, pas l’inverse.
Quand une bourse s’effondre, aucune énergie n’est détruite. Aucun atome ne disparaît. Ce qui change, c’est l’information (confiance, évaluations). Et pourtant, les effets sont bien réels : usines fermées, gens au chômage.
L’information précède et détermine les flux d’énergie.
Vous parlez au téléphone. L’énergie utilisée est minuscule (~1 watt). Mais l’information transmise peut :
L’énergie est le support. L’information est le contenu actif.
Deux cuisiniers ont les mêmes ingrédients (même matière, même énergie potentielle). L’un fait un chef-d’œuvre, l’autre une catastrophe.
La différence ? L’information : la recette, le savoir-faire, le timing.
L’énergie (chaleur du four) est identique. L’information fait toute la différence.
Votre cerveau consomme ~20 watts. Un ordinateur portable aussi.
Mais votre cerveau peut :
L’énergie est la même. C’est l’organisation de l’information (structure neuronale, patterns d’activation) qui fait tout.
C’est peut-être l’exemple le plus frappant.
Un corps mort et un corps vivant ont :
Ce qui a disparu, c’est l’information organisatrice : la cohérence des processus biologiques, l’intégration des systèmes.
La mort n’est pas une perte d’énergie. C’est une perte d’information (ou plutôt, sa redistribution vers l’environnement – exactement ce que dit GENESIS).
Dans tous ces exemples, un humain peut constater que :
| Ce qui semble important | Ce qui est vraiment déterminant |
|---|---|
| L’énergie dépensée | L’information qui l’organise |
| La matière présente | L’information qui la structure |
| La force appliquée | L’information qui la dirige |
GENESIS dit simplement : « Ce que vous observez dans votre vie quotidienne est fondamental : l’information n’est pas une abstraction – c’est la substance même de la réalité, et l’énergie n’en est qu’une manifestation.