Texte intégral (4108 mots)
Jacques Sainte-Marie est mathématicien à l’Inria et à Sorbonne université. Il s’intéresse à la modélisation et à la simulation numérique des phénomènes géophysiques (risques naturels et environnementaux, dynamique océanique…). Parallèlement il étudie les impacts positifs et négatifs du numérique et de l’IA sur divers secteurs notamment l’environnement, l’agriculture. Il nous propose une réflexion sur le sujet. Serge Abiteboul et Benjamin Ninassi
Si on excepte certains domaines comme celui de la santé, la notion de progrès notamment le progrès scientifique et technique est devenue un sujet de controverse entrainant de nombreuses critiques : solutionisme technologique, finalité inaccessible du progrès, risques induits et non maitrisés par les nouvelles technologies… Si le bilan des progrès scientifiques et techniques des dernières décennies mérite parfois d’être critiqué, le changement climatique et la transition écologique nous obligent à envisager des évolutions majeures de nos sociétés et de leurs organisations.
Dans toute l’histoire de l’humanité, avons-nous connu à une période et dans une région particulière, une société qui serait, pour les plus de 8 milliards de femmes et d’hommes du XXIe siècle, à la fois désirable et compatible avec la préservation de l’environnement ? Répondre négativement à cette interrogation implique la nécessité de proposer des innovations techniques et organisationnelles ainsi que des modifications substantielles de nos comportements et de nos valeurs afin de réduire drastiquement notre empreinte environnementale.
Sans éluder les aspects négatifs de son développement et de son utilisation, on cherche à montrer comment le numérique et l’intelligence artificielle peuvent contribuer à ces transformations et à la transition écologique.
Les impacts environnementaux du numérique : réalité et méconnaissance
Le numérique représente aujourd’hui 4,4 % de l’empreinte carbone de la France. Ce pourcentage est en croissance mais il doit être comparé à l’empreinte carbone d’autres secteurs d’activité comme la mobilité (30%) ou l’alimentation (20%). Le développement de l’intelligence artificielle (IA) joue un rôle important dans l’empreinte environnementale du numérique. Selon le dernier rapport de l’agence internationale de l’énergie les data centres ont représenté 1.5% de la demande électrique mondiale et ce chiffre pourrait passer à 3% en 2030. A noter que le développement des systèmes d’IA apporte des gains de performance très importants qui d’un côté réduisent la consommation énergétique mais de l’autre permettent le développement de nombreux modèles d’IA parfois très gros et très consommateurs de ressources.
Concernant les impacts environnementaux des systèmes qu’ils développent, la transparence n’est pas d’actualité pour de nombreux acteurs de l’IA car en complément de la consommation électrique, des informations telles que le fonctionnement des systèmes de refroidissement, la fréquence des phases d’apprentissage, la durée de vie des processeurs ainsi que leur nombre sont rarement communiquées et obligent à des estimations lacunaires. Afin de sensibiliser les utilisateurs des systèmes d’IA, de nombreuses comparaisons circulent comme certaines donnant la quantité d’eau nécessaire au refroidissement pour chaque requête effectuée sur un système d’IA générative. Si ces chiffres ont été obtenus rigoureusement, ils ne sont valables que pour un type de requête donné, sur un système donné et peuvent difficilement être généralisés. En effet, entre une simple requête textuelle, par exemple le lieu de décès de Victor Hugo, et une requête nécessitant la génération d’images l’énergie nécessaire à la réalisation des tâches peut différer de plusieurs ordres de grandeur.
Afin de quantifier les performances des systèmes d’IA sur le plan environnemental et permettre ainsi un usage raisonné, une plus grande transparence de tous les acteurs du numérique doit s’imposer afin de connaître les consommations en eau, en minerais et en énergie des systèmes d’IA tout au long de leur cycle de vie. Ainsi, la communauté scientifique devrait établir une liste de paramètres et de quantités à rendre public par les acteurs du numérique afin d’évaluer l’empreinte environnementale des systèmes d’IA les plus utilisés.
S’il est difficile d’envisager une règlementation internationale sur ce sujet, les acteurs du numérique adoptant de bonnes pratiques doivent être encouragés. Cela peut passer par la création de labels ou d’indicateurs de performance environnementale. En effet, alors que le développement des systèmes d’IA suscite de nombreuses craintes, la transparence quant aux impacts environnementaux de ces systèmes est une nécessité.
Vers un numérique écoresponsable
Le secteur du numérique mais également d’autres secteurs se sont développés dans un contexte de disponibilité des matières premières, de l’énergie et de fluidité des échanges commerciaux. Cette relative abondance n’a évidemment pas incité à la sobriété. Mais la situation pourrait changer :
- Pour certains métaux, la demande augmente fortement, les réserves sont limitées[1] et l’ouverture de mines pour l’exploitation soulève de fortes réticences au sein de la population ;
- La Chine produit 80% des terres rares ce qui nous rend dépendants des conditions commerciales et des tensions géopolitiques ;
- Le prix de l’énergie et l’incitation à utiliser des énergies renouvelables pourrait se renforcer ;
- Le contexte règlementaire est amené à évoluer et au fur et à mesure que les impacts du changement climatique s’accentueront, une application plus stricte de dispositifs et de règles existantes[2] se profile.
Ces évolutions laissent envisager que l’on se dirige vers un monde contraint où la sobriété devient certes une contrainte mais surtout un atout de compétitivité. Disposer d’un numérique écoresponsable, sobre en matières premières et en énergie, permettra alors d’allier performances économiques et environnementales. Développer un numérique écoresponsable est un investissement d’avenir qui est structurant pour tout un secteur industriel de la construction des dispositifs numériques, aux logiciels et aux usages.
Des microprocesseurs plus rapides, des logiciels plus gros offrant de nombreuses fonctionalités, des réseaux ayant une capacité à transférer plus de données, des dispositifs peu réparables, tout ceci incite à renouveler rapidement les équipements numériques[3]. Pourtant, un grand nombre de tâches demandées à un ordinateur ou à un téléphone ne nécessite pas un gros volume de données ou une vitesse de réalisation élevée et ne fait pas appel à des fonctionnalités sophistiquées. Dans ce contexte, le lowtech que l’on pourrait définir par numérique suffisant et résiliant est promis à un bel avenir. Il ne s’agit pas d’une technologie au rabais, c’est au contraire une thématique de recherche majeure pour la communauté scientifique qui nécessite une démarche globale puisque pour être viable tous les composants numériques des terminaux aux logiciels en passant par les réseaux et les capteurs doivent être lowtech.
Il est important de souligner que la trajectoire de développement du numérique n’est pas uniquement déterminée par les résultats des recherches scientifiques et les avancées technologiques, l’appropriation des technologies par les consommateurs et les usages déterminent largement les évolutions observées. Les sciences humaines et sociales ont un rôle essentiel et les travaux des économistes, des sociologues, des psychologues, des juristes doivent permettre notamment d’analyser notre relation au numérique, de comprendre les transformations qu’il induit dans nos sociétés et dans notre relation au monde et surtout d’identifier les leviers d’action permettant d’anticiper les conséquences de telle ou telle technologie et de garantir le respect des règles et des libertés.
Si l’IA n’est pas une technologie récente, le développement de grands modèles d’IA générative l’est et le lancement de ChatGPT en novembre 2022 a lancé la course au gigantisme (taille et nombre de paramètres des modèles, volume de données utilisées pour la phase d’apprentissage, nombre de requêtes effectuées). Mais le développement d’énormes systèmes d’IA généralistes est-il une stratégie judicieuse ? L’apparition d’une nouvelle technologie aux retombées potentielles nombreuses comme l’IA incite initialement à concevoir des systèmes capables de répondre aux nombreuses attentes. Mais dans un second temps, les contraintes de performance, de précision et l’envie de disposer de systèmes faciles à développer et simples à manipuler incite à s’orienter vers des systèmes spécifiques capables de réaliser efficacement un nombre limité de tâches. Cette tendance semble s’observer actuellement avec le développement de systèmes d’IA spécifiques pour un domaine applicatif (droit, agriculture…). La spécificité des modèles d’IA ainsi développés en réduit très sensiblement la taille et donc les impacts environnementaux et en rend la construction et la gestion plus aisée. Cette évolution favorise également l’innovation en permettant à de nombreux nouveaux acteurs de se développer et de proposer des solutions dédiées alors qu’un oligopole de grands modèles d’IA détenus par quelques acteurs verrouillerait l’innovation. D’un point de vue juridique, un système d’IA construit à partir d’un volume limité de données dont la qualité, la provenance et la propriété sont garanties est également une sécurité.
Face aux moyens financiers et aux capacités de calcul que possèdent certains géants du numérique, choisir de développer des technologies d’IA frugale est une stratégie prometteuse qui nécessite de mettre au point des stratégies alternatives (réduction de la taille, de la complexité et de la densité des modèles, mise au point de nouveaux algorithmes d’apprentissage). Être ingénieux et faire mieux avec moins sont des challenges scientifiques motivants notamment pour les jeunes scientifiques.
La maitrise des impacts environnementaux passe également par la formation, le développement de contenus pédagogiques et la mise au point de labels permettant d’éclairer les choix et les achats des utilisateurs. La facilité d’utilisation de nombreux outils d’IA générative a fait oublier que lorsque l’on cherche une information existante comme une recette de cuisine ou un poème de Victor Hugo, celle-ci n’a pas besoin d’être générée puisqu’elle est disponible sur de nombreux sites internet. Quel gaspillage que de vouloir apprendre toutes les recettes de cuisine et tous les poèmes de Victor Hugo quand il suffit d’apprendre l’endroit où ils sont disponibles !
Qu’est-ce qu’un rapport du GIEC sans numérique ?
On ne peut pas limiter les impacts environnementaux du numérique aux aspects négatifs liés notamment à l’étape de fabrication. Les outils numériques ont de nombreux usages et certains d’entre eux contribuent à la transition écologique et à la préservation de l’environnement.
Qu’il s’agisse de la météorologie, des évolutions du climat et de ses conséquences ou encore des risques naturels et environnementaux, le numérique joue un rôle majeur dans la compréhension et dans la prédiction des phénomènes qui nous entourent. Par l’obtention de mesures diverses et précises, par la construction de modèles et leur simulation numérique ou bien par l’analyse des données disponibles, le numérique est essentiel à la connaissance des phénomènes géophysiques. Sans lui, que saurions-nous des conséquences des activités anthropiques sur l’environnement ? Quelles politiques pourrait-on bâtir pour y faire face ?
Au-delà de la modélisation de l’environnement, le numérique permet la décarbonation de nombreuses activités :
- Développement des mobilités douces et partagées ;
- Détection précoce des maladies des animaux et des plantes et réduction des intrants en agriculture ;
- Optimisation des processus de fabrication avec réduction des déchets et du gaspillage ;
- Analyse de données pour l’élaboration et l’évaluation des politiques publiques contribuant à la transition écologique.
Si comme évoqué précédemment des zones d’ombre persistent quant aux impacts environnementaux liés à la fabrication et à l’utilisation des outils numériques, les impacts indirects et positifs du numérique sur l’environnement, notamment dans les exemples donnés ci-dessus, sont très difficiles à estimer pour plusieurs raisons :
- Les impacts environnementaux directs et indirects du numérique sont généralement de nature très différentes et donc difficilement comparables. Réduire via le numérique la consommation d’eau ou d’intrants en agriculture ne se compare pas facilement au CO2 généré par les outils numériques utilisés pour cela ;
- Quantifier les impacts indirects du numérique nécessite d’analyser toutes les conséquences induites par l’usage du numérique et elles sont très nombreuses (qualité et pénibilité du travail, autres activités induites ou affectées par l’usage du numérique) ;
- L’amélioration d’une technologie ou d’un procédé entraîne souvent son utilisation accrue réduisant ainsi les gains de l’optimisation. C’est l’effet rebond.
Le numérique est donc essentiel pour la connaissance de l’environnement et des conséquences des activités anthropiques. Mais alors que le développement d’outils numériques est souvent invoqué pour contribuer à la préservation de l’environnement, l’impact effectif de ces outils (impacts positifs et impacts négatifs) est très rarement disponible ne permettant pas des choix éclairés. Sur ce sujet, des études et des recherches scientifiques sont nécessaires.
IA et environnement
L’IA permet des avancées scientifiques majeures dans de nombreux domaines comme la médecine, les sciences humaines et sociales, les phénomènes géophysiques, la traduction automatique et ces avancées ne sont pas uniquement un approfondissement de travaux existants mais plutôt une autre façon de se représenter les objets étudiés.
Pendant des siècles la construction du savoir scientifique s’est appuyée sur l’observation de phénomènes caractéristiques suivie de la construction de modèles mécaniques, physiques, mathématiques… représentant ces phénomènes. La poussée d’Archimède, les travaux de Galilée ou la gravité de Newton sont des exemples bien connus de cette démarche qui est également à la base de la formalisation des savoirs et de l’enseignement. D’abord simples, les modèles ainsi obtenus sont ensuite enrichis pour rendre compte de la diversité des observations. Mais la complexité de la nature et des phénomènes qui nous entourent incite à proposer des modèles de plus en plus sophistiqués et difficiles à manipuler, à paramétrer et à étudier. En 1757 dans son ouvrage intitulé « Principes généraux du mouvement des fluides », Leonhard Euler disait des équations qui portent son nom « tout ce que la théorie des fluides renferme est contenu dans ces équations ». Ces équations ont une formulation assez simple mais elles restent aujourd’hui très délicates à analyser et à résoudre et ce alors que des formulations beaucoup plus complexes sont régulièrement proposées pour représenter des écoulements fluides avec des propriétés physiques étendues. La construction de modèles de plus en plus sophistiqués se heurte à la difficulté de les valider et d’en extraire des informations pertinentes.
La démarche de modélisation décrite ci-dessus permet de compenser le faible nombre de données d’observation disponibles par l’élaboration de lois mécaniques, physiques, biologiques… permettant de définir les comportements et les évolutions possibles du système étudié. Mais depuis environ le début du XXe siècle, les progrès de la métrologie et la disponibilité de nombreuses données (capteurs, satellites, traces numériques laissées sur internet) ont drastiquement modifié ce paysage. Avec des données précises, très nombreuses, obtenues selon diverses modalités, on peut caractériser et suivre les évolutions des systèmes étudiés. L’IA et plus généralement la science des données permet alors d’extraire, à partir de toutes ces observations disponibles, des informations signifiantes caractérisant les phénomènes et permettant de prédire leur évolution. Dans le domaine de la météorologie, des modèles de prévision basés sur les données collectées depuis des dizaines d’années ont été proposés[4] et donnent des résultats de grande qualité.
Dans certains cas, la modélisation à partir des données supplante l’approche classique mais on observe souvent une hybridation entre les deux approches, le modèle mécanistique donnant les évolutions basses fréquences et la modélisation basée sur les données donnant la composante haute fréquence des phénomènes.
Ainsi, l’IA permet des avancées scientifiques majeures et ouvre de nouvelles voies dans de nombreux domaines. Voici ci-dessous quelques exemples.
- Médecine : nouvelles molécules, nouveau traitement, opérations chirurgicales assistées, suivi des patients à distance, prothèses intelligentes, traitements personnalisés…
- Énergies renouvelables : optimisation de la production, prédiction de la demande, équilibrage du réseau électrique, maintenance prédictive ;
- Agriculture : développement d’outils d’aide à la décision, diversité génétique pour l’adaptation des espèces au changement climatique, robots effectuant des tâches pénibles ;
- Conseil et expertise : développement de modèles de langage qui à partir d’un corpus de textes et de données vont donner des analyses fines, identifier les tendances émergentes et répondre à des questions complexes ;
- Domotique : gestion énergétique intelligente, détection précoce des anomalies, niveau de confort accru (qualité de l’air, humidité, température) ;
- Biodiversité : suivi du fonctionnement des écosystèmes et de leurs interactions, prédiction de l’évolution de la biodiversité, construction d’indicateurs.
Comme la liste ci-dessus le laisse apparaître, certains phénomènes caractérisés par :
- un grand nombre de paramètres,
- une mise en équation complexe,
- la variabilité des comportements individuels,
- la présence du vivant (humain, animal, végétal) toujours difficile à modéliser, sont des terrains privilégiés pour le développement des systèmes d’IA.
Optimisations ou ruptures
L’empreinte carbone moyenne d’une Française ou d’un Français est d’environ 10 tonnes de CO2 équivalent par an. Pour atteindre les objectifs de neutralité carbone, il faudrait que cette empreinte soit d’environ 2 tonnes de CO2 équivalent par an[5]. Alors que d’une année sur l’autre l’empreinte carbone de la France baisse lentement, atteindre l’objectif de la neutralité carbone en 2050 ne sera pas aisé.
Optimiser nos pratiques et les systèmes existants permettra de réduire notre empreinte carbone mais l’optimisation se heurte à deux écueils. Premièrement, elle permettra des gains parfois significatifs mais elle pourra difficilement permettre une division par 5 de l’empreinte carbone. Deuxièmement, l’optimisation de dispositifs ou de pratiques qui à terme ne permettront pas une baisse très substantielle de notre empreinte environnementale n’est pas une bonne chose puisqu’elle renforce et contribue à pérenniser des activités peu compatibles avec la transition écologique. Passer de 10 tonnes à 2 tonnes nécessite des ruptures et des transformations profondes. Le numérique peut apporter de telles bifurcations.
Pour les activités pratiquées depuis une période longue et qui sont le fruit d’une longue évolution, l’innovation prend souvent la forme d’une nouveauté qui vient s’insérer ou améliorer une succession de tâches. On peut faire l’analogie avec la pièce d’un puzzle qui a la bonne forme pour venir s’insérer exactement dans l’espace vide et s’emboiter avec les pièces voisines. Mais comme le décrivait J. Schumpeter, l’innovation peut aussi être une rupture qui ouvre une nouvelle voie qui vient concurrencer l’ancienne et parfois la détruit. L’éclairage au gaz et l’ampoule électrique qui ont supplanté la bougie sont de bons exemples. Le numérique permet souvent de telles ruptures ; citons les moteurs de recherche, la géolocalisation ou les réseaux sociaux qui ont bouleversé des secteurs comme le commerce, les déplacements ou les relations entre personnes.
Toutes les possibilités offertes par le numérique et l’IA ne sont pas favorables à l’environnement, certaines peuvent être porteuses d’atteintes aux libertés et à nos valeurs collectives mais certaines ouvrent des voies nouvelles tant du point de vue technique que sociétal et sont à explorer et à baliser. Jean Giono écrivait « le talus qui borde ma route est plus riche que l’Océanie ». Il ne s’agit pas de restreindre sa curiosité, ses interactions mais plutôt de changer les valeurs qui déterminent nos choix : est-ce que ce qui est neuf, jetable, puissant, gourmand en énergie, produit loin, est nécessairement désirable ?
Le numérique réussit le tour de force de rendre très facile d’utilisation des outils d’une immense sophistication, capables de réaliser des tâches complexes. La puissance des outils numériques et la proximité que nous avons avec eux par les données personnelles qu’ils manipulent devraient en faire de puissants leviers pour modifier nos habitudes, nos comportements et nos valeurs en faveur de la préservation de l’environnement. Ceci se réalisera dès lors qu’ils seront plus transparents notamment quant à leurs impacts environnementaux, faisant émerger des innovations comportementales et organisationnelles ainsi que des ruptures favorisant des usages et une consommation raisonnés menant ainsi la société sur une voie durable alliant sobriété et efficacité.
Jacques Sainte-Marie, Inria et Sorbonne université
[1] D’ici à 2040, la demande en lithium devrait être multipliée par 40, voir https://www.qqf.fr/infographie/les-metaux-et-minerais-des-ressources-qui-pourraient-manquer/
[2] Comme par exemple la charte de l’environnement de 2004 (texte à valeur constitutionnelle) https://www.legifrance.gouv.fr/contenu/menu/droit-national-en-vigueur/constitution/charte-de-l-environnement
[3] A noter que 50 % de l’impact carbone du numérique sont liés à la fabrication et au fonctionnement des terminaux (téléviseurs, ordinateurs, smartphones…), 46% aux centres de données et 4% aux réseaux, source https://ecoresponsable.numerique.gouv.fr/actualites/actualisation-ademe-impact/
[4] Le modèle GenCast développé par Google Deepmind https://www.nature.com/articles/s41586-024-08252-9 ou bien ArchesWeather https://arxiv.org/abs/2405.14527
[5] Voir https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lempreinte-carbone-de-la-france-de-1995-2022
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