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ARGUMENTS POUR LA LUTTE SOCIALE


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16.01.2026 à 10:04

L’Iran au bord du gouffre : explosion sociale contre la théocratie, la pauvreté et la répression. Déclaration du Sotsialnyi Rukh (Mouvement Social ).

aplutsoc

Contexte des manifestations La République islamique d’Iran est secouée depuis plus de deux semaines par une vague de manifestations de masse, la plus importante depuis 2022. Ces manifestations se déroulent dans un contexte de crise économique profonde, de chute vertigineuse du rial iranien, d’inflation dépassant les 40 %, de forte hausse des prix des denrées […]
Texte intégral (2778 mots)

Contexte des manifestations

La République islamique d’Iran est secouée depuis plus de deux semaines par une vague de manifestations de masse, la plus importante depuis 2022. Ces manifestations se déroulent dans un contexte de crise économique profonde, de chute vertigineuse du rial iranien, d’inflation dépassant les 40 %, de forte hausse des prix des denrées alimentaires, du carburant et du logement, ainsi que de corruption systémique au sein des structures gouvernementales. La situation est aggravée par la sécheresse prolongée la plus grave qu’ait connue l’Iran ces dernières années, elle-même exacerbée par le changement climatique, qui provoque des perturbations de l’approvisionnement en eau et des pénuries alimentaires. À cela s’ajoutent la stagnation politique, le renforcement du contrôle théocratique, les nouvelles restrictions imposées aux droits des femmes, la discrimination à l’encontre de différentes catégories de la population et la répression brutale exercée par le Corps des gardiens de la révolution islamique et les forces paramilitaires du Bassidj.

Les manifestations actuelles s’inscrivent dans la continuité d’une vague de mécontentement social qui déferle sur l’Iran depuis quelques années. Ainsi, entre 2017 et 2018, puis entre 2019 et 2020, des vagues de manifestations et de grèves ont déjà secoué le pays , exacerbées par la dégradation de la situation socio-économique, la flambée des prix du carburant et les pénuries de pain, d’eau et d’électricité. Le point de départ symbolique du mouvement de protestation actuel fut le meurtre, en septembre 2022, de Mahsa Amini, une étudiante kurde de 22 ans, arrêtée par la police des mœurs pour avoir prétendument porté le hijab de manière incorrecte. Après son arrestation, la jeune femme fut sauvagement battue et mourut à l’hôpital. Sa mort déclencha des manifestations à travers tout le pays, sous le slogan « Femme, Vie, Liberté », qui, malgré la violence des violences, ne brisèrent pas la résistance de la société.

Les événements en Iran auront un impact considérable sur le monde entier et sur notre pays en particulier. Alors que la Russie de Poutine utilise, entre autres, des drones iraniens pour terroriser la population ukrainienne et attaquer les infrastructures civiles avec des intentions génocidaires, exposant des millions de personnes au risque de mourir de froid sans chauffage ni électricité, la solidarité des Iraniens ordinaires va aux victimes. Il est significatif que peu après le début de l’invasion russe, l’une des figures de proue du féminisme iranien, Nasrin Sotoudeh, ait exprimé sa solidarité avec les Ukrainiens. Divers secteurs de l’opposition iranienne, y compris la gauche radicale ,  ont également déclaré leur soutien indéfectible à la résistance ukrainienne face à l’agression russe.

Qu’est-ce qui a déclenché la vague de protestations ?

La vague de protestations actuelle a éclaté fin décembre dernier pour des raisons économiques. Le mouvement a débuté par des grèves de petits commerçants et boutiquiers des bazars de Téhéran, qui ont fermé leurs boutiques en masse, incapables de résister à la dévaluation du rial et à la baisse du pouvoir d’achat de la population. Ils ont rapidement été rejoints par les habitants des quartiers populaires de la capitale, puis par les étudiants. Tout cela confirme que la colère populaire continuera de s’exprimer jusqu’à ce que l’omnipotence du clergé théocratique soit renversée.

En quelques jours, une vague de protestations a déferlé sur des dizaines de villes à travers le pays, de Téhéran et Mashhad à Shiraz, Ispahan, Kermanshah, et des centres industriels plus modestes. Les revendications socio-économiques se sont rapidement muées en slogans politiques explicites : « Mort au dictateur », « À bas le régime des ayatollahs », « Du pain, la liberté, la dignité » (une variante du slogan traditionnel de divers groupes socialistes iraniens, qui peut également inclure des revendications en matière de logement et d’emploi).

La nature de classe des manifestations

La vague actuelle de mobilisation protestataire, comme les précédentes, présente un caractère de classe clairement affirmé. Le mouvement de protestation repose sur les fondements suivants :

  • petits commerçants et artisans des bazars, ruinés par l’inflation ;
  • travailleurs industriels, notamment dans les secteurs pétrolier et gazier et des transports ;
  • jeunes chômeurs et sous-employés issus de quartiers pauvres ;
  • étudiants et jeunes enseignants;
  • des femmes qui s’opposent à l’islamisation forcée et à la discrimination.

Ce sont les quartiers populaires et les petites villes qui sont devenus les foyers des affrontements les plus violents avec les forces de sécurité. Dans de nombreuses régions, les funérailles des manifestants tués se transforment en nouvelles manifestations antigouvernementales. La contestation prend de plus en plus l’allure d’un soulèvement national des pauvres et des opprimés contre l’oligarchie théocratique, dont le régime est qualifié de clérical-fascisme par l’opposition de gauche.

Cette évolution des événements n’est pas surprenante, compte tenu des traditions de protestation continues du pays, et aussi du fait que, comme l’ont noté des anarchistes locaux dans une interview accordée au magazine « Common », « le fossé entre le peuple et l’élite dirigeante s’est tellement creusé qu’il semble que l’élite et le reste de la société vivent dans deux mondes complètement différents : ils ne parlent pas la même langue et n’ont aucun point commun culturel, social, religieux ou politique. »

Le fils d’un tyran déchu est un « leader » autoproclamé qui n’a rien fait pour mériter ce statut.

Dans l’espace médiatique, la figure emblématique des manifestations est Reza Pahlavi, fils du Shah Mohammad Reza Pahlavi, renversé par la révolution populaire de 1979. Il a publiquement soutenu les manifestants américains et appelé à des grèves nationales. Les médias occidentaux tentent de le présenter comme un potentiel « père shah » et une figure rassembleuse pour la nation.

En réalité, il est impossible d’imaginer un candidat plus inadapté à ce rôle. Le vieil « héritier du trône » n’est rien de plus que le chef (voire le principal instigateur) de l’une des nombreuses factions de l’opposition iranienne, pourtant très diverse – comme, par exemple, Maryam Rajavi, de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI) et du Conseil national de la résistance iranienne. De plus, les dirigeants en exil des monarchistes et des anciens socialistes islamistes de l’OMPI entretiennent des liens très ténus avec les masses contestataires à l’intérieur du pays.

Ainsi, tous les manifestants ne voient pas Reza Pahlavi comme un futur monarque ou un futur chef politique.

Au final, le despotisme de son père était tout aussi tyrannique et répressif que celui des ayatollahs qui lui ont succédé – simplement non pas anti-occidental, mais pro-américain.

Après s’être emparé du pouvoir absolu lors d’un coup d’État en 1953, au profit des multinationales, contre le Premier ministre de centre-gauche Mohammad Mossadegh, qui avait nationalisé l’industrie pétrolière iranienne, le Shah a transformé son service de renseignement, la SAVAK, en l’un des plus tristement célèbres pour ses méthodes de torture et de terreur. Il n’est donc pas surprenant que, pour une part importante de la société iranienne, le souvenir du régime du Shah soit associé à l’autoritarisme, aux inégalités sociales et à la dépendance envers l’Occident. Les forces de gauche, les syndicats et les étudiants radicaux, ainsi que les représentants de nombreuses communautés ethniques autres que celle qui porte le titre de Shah, se montrent particulièrement sceptiques à l’égard de Pahlavi. 

Le Syndicat des travailleurs des bus de Téhéran et de sa banlieue , l’un des plus importants syndicats indépendants du pays, a déclaré s’opposer à « la restauration d’anciens régimes autoritaires » et a appelé les travailleurs protestataires à former leurs propres représentants et instances d’autogestion. Pour eux, l’objectif de la protestation n’est pas le retour de la monarchie, mais le renversement de la dictature théocratique et l’instauration d’une véritable démocratie sociale et politique.

Il est crucial d’éviter que ne se reproduise la situation de 1979, lorsque, après la chute du régime haï de tous, les fruits de la révolution purent être accaparés par ses membres les plus conservateurs. Car, depuis le soulèvement anti-Shah, la lutte en Iran n’a jamais cessé, non pas pour la survie, mais pour la mort, entre ses forces motrices : d’une part, les fondamentalistes religieux réactionnaires, et d’autre part, les courants démocratiques opposés, principalement la gauche, au sein de laquelle les mouvements ouvriers et féministes ont joué un rôle déterminant . Du côté de ces derniers se trouvait et demeure l’intelligentsia iranienne progressiste, et notamment la puissante tradition du cinéma critique.

Répression et menace d’une guerre majeure

Le régime de l’ayatollah Khamenei a systématiquement réprimé les soulèvements par des arrestations massives, l’usage de munitions réelles, la torture, des exécutions extrajudiciaires et des menaces d’exécutions de masse. L’Iran est déjà le pays qui exécute le plus d’habitants au monde, à égalité avec une autre théocratie réactionnaire, l’Arabie saoudite, et les ayatollahs brandissent désormais la menace d’un nombre encore plus effroyable de condamnations politiques. 

Des milliers de personnes ont déjà été arrêtées , et on dénombre plus de 2 000 morts violentes – et ce ne sont là que les chiffres officiels (l’opposition avance déjà le chiffre d’au moins 12 000 morts possibles). Les forces de sécurité n’hésitent pas à prendre d’assaut les hôpitaux. L’accès à Internet est périodiquement coupé dans le pays afin d’isoler les manifestants du monde extérieur et de poursuivre le massacre à la faveur de ces coupures.

Dans le même temps, la région est confrontée à un risque croissant d’intervention militaire directe des États-Unis et d’Israël, qui pourraient tenter d’exploiter la crise pour frapper l’Iran et renforcer ainsi leur position au Moyen-Orient. Un tel scénario, celui d’une nouvelle aventure impérialiste irresponsable, risque de déclencher une guerre civile, d’aggraver encore le nombre de victimes et de déstabiliser davantage la région, conduisant à une situation encore plus catastrophique pour les populations de Palestine et du Kurdistan.

Trump se présente déjà comme un « défenseur » non sollicité des victimes du régime iranien, un rôle que la propagande iranienne instrumentalise contre les manifestants. Cette attitude est d’autant plus cynique que lui et son administration, à l’instar de leurs alliés iraniens, qualifient les manifestants de « terroristes » et justifient le meurtre de civils (comme celui de Renée Goode, abattue par un agent de l’ICE).

Les manifestants iraniens risquent de se retrouver pris en étau entre deux feux : une dictature théocratique à l’intérieur du pays et les intérêts impérialistes des États-Unis et d’Israël à l’extérieur, sans parler de la concurrence pour le pétrole et les ressources avec leurs voisins les plus proches (eux aussi antidémocratiques), comme le Qatar, les Émirats arabes unis et le Koweït. Lorsque les gouvernements d’extrême droite d’Iran, des États-Unis et d’Israël tentent de prendre le peuple iranien en otage, la gauche internationale doit l’aider à affirmer sa propre subjectivité et son indépendance, surtout lorsque nos ennemis cherchent à instrumentaliser ce sentiment pour inciter à la xénophobie anti-musulmane ou à opposer le soutien aux manifestants iraniens à la solidarité avec les victimes du génocide à Gaza ou de la guerre au Soudan.

Dans ces conditions, il est honteux de constater comment certains partisans de « l’anti-impérialisme des imbéciles », qui ont finalement troqué l’internationalisme et l’analyse de classe contre des futilités géopolitiques – souvent les mêmes qui ont applaudi l’agression russe contre l’Ukraine – non seulement nient la solidarité des travailleurs iraniens, mais la manifestent au contraire par le biais du régime fondamentaliste sanglant des religieux et du capital local, responsable de l’exécution de milliers de communistes et autres militants de gauche. Ces complotistes vont plus loin que le président iranien Pezeshkian lui-même, contraint d’admettre que si le peuple est mécontent, c’est la faute du gouvernement et non celle d’une puissance étrangère – car ils perçoivent les manifestations populaires de millions de personnes comme une manœuvre des services secrets étrangers ou quelque autre délire.

Parallèlement, même l’actuel président iranien, Massoud Pezeshkian, a été contraint de reconnaître que les causes du mécontentement populaire sont internes et liées aux politiques du gouvernement.

Pour la démocratie et la libération, pas pour une nouvelle dictature.

Le Mouvement social (SR) ukrainien appelle la gauche internationale à se solidariser avec les manifestants iraniens et à nouer des liens avec les collectifs ouvriers et les étudiants révolutionnaires iraniens sur le terrain. Il ne s’agit pas de soutenir la restauration d’une monarchie moribonde, encouragée par des forces extérieures, mais de lutter pour le véritable développement démocratique du pays, auquel aspirent les Iraniens persécutés et affamés.

L’Iran n’a pas besoin d’un nouveau « dirigeant fort », mais de la dissolution de l’État théocratique, d’une restructuration fondée sur l’auto-organisation, de l’émancipation des femmes et des minorités, de la liberté syndicale et politique, et de conditions de vie décentes pour les ouvriers et les paysans. L’avenir de l’Iran ne doit pas être décidé par les ayatollahs, ni par les généraux du Corps des gardiens de la révolution, ni par des individus malhonnêtes autoproclamés, ni par des impérialistes étrangers, mais par le peuple iranien lui-même.

Aujourd’hui, les rues des villes iraniennes sont devenues le théâtre de la lutte pour le pain, la liberté et la dignité. Le sort de l’Iran, mais aussi l’équilibre des pouvoirs dans tout le Moyen-Orient, en dépendent.

Solidarité avec les rebelles, solidarité avec tous les opprimés !

SR, 15 janvier 2026.

Source : https://rev.org.ua/iran-na-mezhi-socialnij-vibux-proti-teokrati%d1%97-bidnosti-ta-represij/

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16.01.2026 à 09:40

Les courageuses de Marioupol.

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« Ils profitent de notre malheur pour s’enrichir » : les habitantes de Marioupol sont indignées par les occupants. A visage découvert, les femmes de Marioupol dénoncent les forces d’occupation russes. Les anciennes résidentes des immeubles situés sur l’avenue Mir, les rues Bogdan Khmelnitsky, Kuprin et Zelinsky ont enregistré une vidéo. Selon elles, leurs maisons […]
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« Ils profitent de notre malheur pour s’enrichir » : les habitantes de Marioupol sont indignées par les occupants.

A visage découvert, les femmes de Marioupol dénoncent les forces d’occupation russes.

Les anciennes résidentes des immeubles situés sur l’avenue Mir, les rues Bogdan Khmelnitsky, Kuprin et Zelinsky ont enregistré une vidéo. Selon elles, leurs maisons ont été démolies par les occupants russes en 2022.

Les habitantes de Marioupol, désespérées, ont enregistré une vidéo dans laquelle elles déclarent :

« Nous errons d’appartements loués en appartements loués… Les promoteurs immobiliers profitent de notre malheur et s’enrichissent. Mettez fin à l’arbitraire en matière de logement », déclarent les femmes désespérées.

Au cours des quatre années d’occupation, les envahisseurs ont officiellement mis fin au programme de logement « de compensation », laissant des milliers de familles de Marioupol à la rue. À présent, les pseudo-autorités locales promettent d’attribuer des logements dits «sans propriétaire », c’est-à-dire des appartements illégalement confisqués aux habitants contraints de quitter la ville en raison du blocus et de l’occupation russes. Les logements sont placés sous le contrôle de l’administration locale d’occupation. En octobre, il a été rapporté que plus de 1 500 appartements avaient déjà été « nationalisés » de cette manière.

15 janvier 2026

Patrick Le Tréhondat (RESU)

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16.01.2026 à 09:31

Peuple iranien, vie, liberté, par Danielle Simonnet.

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Peuple iranien, vie, liberté. C’est avec ce slogan (femme, vie, liberté) que le mouvement des femmes a bouleversé le monde en 2022. Les Iraniennes se sont dressées contre le régime théocratique prêt à tout pour se maintenir et imposer une société faite de dominations, d’obscurantisme et de brutalités. Ces femmes voulaient pouvoir enfin vivre comme elles […]
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Peuple iranien, vie, liberté.

C’est avec ce slogan (femme, vie, liberté) que le mouvement des femmes a bouleversé le monde en 2022. Les Iraniennes se sont dressées contre le régime théocratique prêt à tout pour se maintenir et imposer une société faite de dominations, d’obscurantisme et de brutalités. Ces femmes voulaient pouvoir enfin vivre comme elles le désirent. Leur mouvement avait été réprimé comme l’avaient été les révoltes de 2009 et 2019.

Aujourd’hui, c’est toute la société iranienne qui s’est levée contre le pouvoir des mollahs. La vie en Iran est devenue hors de prix et si instable que les petits commerçants, à bout de souffle, se soulèvent. La  confiscation économique va de pair avec la confiscation politique : fortunes captées par les proches du pouvoir, corruption, milices et polices parallèles utilisées pour faire taire, intimider, punir.

Une nouvelle fois, les Iraniennes et Iraniens qui contestent subissent la violence inouïe d’un régime qui a coupé internet à la population et coupé l’Iran du reste du monde, un régime qui combat les  manifestant.es à la mitrailleuse. Les ONG évoquent des centaines de morts et le bilan risque d’être plus lourd encore.

Nous ne devons pas laisser écraser cette révolution. Notre solidarité doit se manifester partout dans l’unité. La gauche doit être au premier rang, sans hésitations, pour défendre le peuple iranien et l’aider à renverser cette république islamique qui n’a que trop opprimé sa population.

La solidarité avec le mouvement en cours en Iran exige que la France et l’Union européenne, muettes face aux brigandages de Trump, agissent pour aider le peuple d’Iran par des sanctions contre le régime, mais aussi en permettant le rétablissement des communications internationales, essentielles pour éviter l’étouffement de la mobilisation populaire par le pouvoir.

L’alternative au régime des Mollahs ne peut pas être un retour en arrière. La chute de la République islamique ne justifie ni la restauration d’un trône, ni le recyclage des anciennes élites. Les Iraniennes et Iraniens doivent pouvoir choisir leur destin, avoir le droit de vivre libres, de reprendre le pouvoir sur leur corps, leur travail, leur avenir. L’émancipation ne se délègue pas, elle se construit par les mobilisations populaires et se fonde sur la démocratie. 

Danielle Simonnet

Source : L’APRES hebdo du 16 janvier 2026.

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15.01.2026 à 21:34

Iran, Groenland : la démocratie passe par les armes. VP.

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La situation internationale connait une accélération, selon des lignes visibles depuis des années et plus particulièrement depuis l’avènement du second Trump à la présidence des Etats-Unis. Le fait le plus important est l’explosion révolutionnaire en Iran. Mais depuis une semaine, c’est la semaine sanglante. Les masses iraniennes sont de toute façon irréconciliables avec un régime […]
Texte intégral (1161 mots)

La situation internationale connait une accélération, selon des lignes visibles depuis des années et plus particulièrement depuis l’avènement du second Trump à la présidence des Etats-Unis.

Le fait le plus important est l’explosion révolutionnaire en Iran. Mais depuis une semaine, c’est la semaine sanglante. Les masses iraniennes sont de toute façon irréconciliables avec un régime et des institutions – mosquées comprises – dont elles veulent la destruction. Mais le massacre est de l’ordre de dizaines de milliers de morts. C’est la méthode syrienne : à défaut de calmer les masses, on les tue.

Trump a soi-disant menacé d’intervenir, les bases américaines au Qatar ont connu un début d’évacuation, puis il a annoncé que les tueries avaient cessé. De toute évidence, quel que soit le degré de conscience de Trump qui n’est pas un sujet, ses menaces, comme la mise en avant du prince héritier, ont couvert la répression en créant un effet d’attente sur une éventuelle intervention. Mais kidnapper Khamenei le motivait moins que kidnapper Maduro.

Dans les deux cas, Iran et Venezuela, ce qui l’inquiète, ce sont les masses. Alors, bien entendu, les milieux internationalistes veulent affirmer leur solidarité tout en s’opposant à ces « ingérences » dont ils perçoivent le caractère contre-productif.

Il faut soutenir à fond leurs initiatives. Mais il y a quelque chose à leur dire. Comment être efficace dans le soutien tout en rejetant ces ingérences que certains perçoivent parfois comme la seule bouée de sauvetage ?

Il y a une réponse à cette question. Elle suppose que l’on s’oriente vers les questions centrales de la force dans l’ordre social, la question du pouvoir et la question des armes.

Ce sont DES ARMES qu’il faut TOUT DE SUITE aux peuples d’Iran. Des armes, et pas Trump !

Bien entendu, les mêmes qui disent vouloir intervenir, mais à cette heure ne l’ont pas fait et n’ont fait en réalité qu’aider Khamenei, ne veulent surtout pas fournir des armes aux insurgés. C’est donc bien là la revendication que la solidarité internationaliste doit mettre en avant, les armes ne seront pas données, elles seront arrachées.

Si l’on objecte qu’il n’y a pas en Iran de structures organisées aptes à s’armer, trois remarques s’imposent. D’abord, cette objection est abstraite : le problème de dizaines de millions d’iraniens est de ne pas se faire tuer et d’être vainqueurs et pas morts. Ensuite, ce n’est pas complétement vrai : le conseil ouvrier d’Arak ou les syndicats indépendants à Téhéran, parmi les chauffeurs de bus ou les enseignants, existent. Mais surtout, dans notre période historique de crise totale, les choses ne se conforment pas à l’ordre théorique dans lequel elles sont censées se produire. Quand une grève de masse s’étend, les ateliers et les bureaux partent en grève avant d’avoir défini leurs revendications. La grève parfois précède le syndicat. A Minneapolis, la question de l’autodéfense armée est posée contre ICE, dans un mouvement de masse de défense de la démocratie et même de la constitution. Faut-il attendre qu’il y ait des soviets ou des conseils pour s’armer quand les armes deviennent la condition d’existence de toute action de masse ?

C’est là le caractère de notre époque. Bien sûr, poser la question des armes n’est pas y répondre d’un coup. Mais elle se pose et ne pas le dire n’apportera d’autre réponse que les cimetières, et même pas les cimetières, mais les bâches en plastiques pour cadavres défigurés.

Cette question s’est posée en Syrie au printemps 2011 et ceci a déterminé toute la suite terrible des évènements. L’Ukraine a elle aussi besoin d’armes, et les Palestiniens aussi alors que le Hamas les a expropriés de leur propre combat, les a désarmés en fait, et les expose aux coups.

Le second fait central de ces derniers jours est le Groenland. Trump et Vance, qui font les divas et les biches à propos de l’emploi de la force en Iran, font les taureaux et les forts des Halles s’agissant du Groenland.

Menace russo-chinoise ? Foutaise.

Terres rares ? Pas l’essentiel.

Bouclier anti-missile ? S’ils l’exigeaient gentiment, l’OTAN et le Danemark leur offriraient son implantation au Groenland.

Mais qu’est-ce qu’ils ont donc avec le Groenland ?

Réponse : attaquer le Groenland c’est amorcer l’attaque militaire contre l’Europe.

Depuis un an, la guerre sur deux fronts menace l’Europe. Elle vient. Et quand Poutine déclare « hausser le ton » à propos de la « présence de l’OTAN » au Groenland, ce ne sont pas les Etats-Unis qu’il menace. C’est l’Europe. De concert avec les Etats-Unis.

La France (qui avait commencé discrètement depuis des mois), l’Allemagne, la Suède, la Norvège, envoient des soldats au Groenland, officiellement pour assurer sa protection contre la prétendue menace russo-chinoise, quasi ouvertement dans l’espoir que cette petite présence militaire dissuadera l’agression étatsunienne.

Aussi dérisoire et biaisé que cela paraisse, le fait est là : les puissances européennes ont amorcé des opérations militaires, à reculons et en tremblant, dirigées en réalité contre l’attaque américaine qui vient.

Les questions militaires sont les questions politiques centrales du monde parce que la force armée définit le pouvoir d’Etat. Armer les Ukrainiens pour qu’ils repoussent les armées russes, envoyer des armes aux insurgés iraniens pour qu’ils se défendent, ce qui suffirait à faire tomber la République islamique, combattre en Europe pour des gouvernements démocratiques prenant en compte les besoins sociaux de la majorité et donc le besoin de défense populaire et armée contre Trump et Poutine, donner ainsi l’impulsion de la victoire à la résistance démocratique majoritaire du peuple américain contre Trump, tout cela fait sens et bloc.

Et tout cela ne conduit pas à la guerre mondiale, c’est au contraire la condition nécessaire pour l’éviter, en prenant l’autre voie, celle de la démocratie, de l’écologie, de la révolution.

VP, le15/01/26.

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15.01.2026 à 14:52

Soutenons le courage du peuple iranien le 17 janvier 2026 partout en France !

aplutsoc

Présentation : Le samedi 17 janvier 2026 auront lieu partout en France ( 15H à Paris, place du Panthéon ) des initiatives de diverses formes (rassemblements ou manifs) de soutien au peuple iranien et sa mobilisation contre le régime théocratique des mollahs. Aplutsoc appelle ses ami-es et lecteurs à participer massivement à ces actions. La […]
Texte intégral (2110 mots)

Présentation :

Le samedi 17 janvier 2026 auront lieu partout en France ( 15H à Paris, place du Panthéon ) des initiatives de diverses formes (rassemblements ou manifs) de soutien au peuple iranien et sa mobilisation contre le régime théocratique des mollahs. Aplutsoc appelle ses ami-es et lecteurs à participer massivement à ces actions.

La concomitance des mobilisations engagées depuis 15 jours par les femmes, les jeunes et les travailleurs d’Iran contre la dictature sanguinaire et des événements provoqués par Trump par son intervention au Venezuela, rend absolument nécessaire une mobilisation internationale de soutien aux peuples d’Iran et du Venezuela qui fasse la différence, contre Trump et ses meilleurs ennemis que sont les régimes maduriste et iranien, pour le droit des peuples contre tous leurs ennemis internes (les dictateurs et les exploiteurs) et leurs ennemis externes (les impérialistes cherchant à conserver ou étendre leurs zones d’influence et de prédation respectives).

Nous reproduisons ci-dessous plusieurs appels à cette mobilisation.

Document 1

Soutenons le courage du peuple iranien à se libérer et à choisir son avenir !

Le 28 décembre 2025, les Iraniennes et les Iraniens sont descendus dans la rue, d’abord pour dénoncer le coût de la vie et rapidement pour se libérer du joug de la dictature criminelle, théocratique, militarisée et patriarcale de Khamenei.

À Téhéran, à Chiraz, à Yazd, dans de grandes villes et de petits villages, des centaines de milliers de personnes manifestent et crient leur aspiration collective à la liberté, la démocratie et la dignité.

Devant l’ampleur de la révolte, la dictature a choisi une fois de plus de répondre par la violence et la terreur.

Depuis le 9 janvier, face à la détermination des manifestants qui résistent malgré les morts, les blessés, les arrestations arbitraires et les disparitions forcées, le régime a imposé la coupure d’internet, du téléphone et des messageries dans tout le pays afin de pouvoir massacrer son peuple à huis clos.

Face au régime sanguinaire au pouvoir, les Iraniennes et Iraniens opposent le courage et la détermination d’un peuple à manifester et à s’exprimer pacifiquement ainsi qu’ils l’avaient fait en 1979 pour renverser la dictature du Shah.

Liberté, démocratie, dignité sont l’avenir que les Iraniennes et Iraniens sont en train d’écrire eux-mêmes, sans sauveur suprême, ni libérateur étranger.

Les Iraniens et les Iraniennes sont seul-es maîtres de leur destin qu’ils choisiront aux termes d’élections libres.

Nous appelons les autorités françaises et les institutions européennes à exiger du régime iranien qu’il respecte le droit de manifester et d’exprimer ses opinions et cesse immédiatement la répression à l’encontre des manifestant-es.

Nous, acteurs de la société civile, exprimons notre entière solidarité avec la lutte des Iraniennes et Iraniens contre l’oppression et la tyrannie.

Nous appelons à une mobilisation massive en soutien au peuple iranien samedi 17 janvier 2026 à Paris (lieu et horaire à définir), et partout en France.

Solidarité avec les Iranien-ne-s en lutte pour la démocratie et la liberté. 

À bas les dictateurs ! 

Femmes, vie, liberté vit et vaincra !

Signataires :

Iran Justice, LDDHI (Ligue des droits de l’Homme en Iran), Alliance des femmes pour la démocratie (AFD), Cedetim Ipam, Comité français du réseau européen de solidarité avec l’Ukraine (RESU), Confédération générale du travail (CGT), Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), France Kurdistan, Institut Ouïghour d’Europe, LDH (Ligue des droits de l’Homme), Memorial 98, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), Russie-Libertés, SOS Racisme, Ukraine CombArt…

Document 2Déclaration commune CGT / CFDT / FSU / Solidaires / UNSA

Les organisations syndicales françaises, CFDT, CGT, UNSA, FSU et Solidaires expriment leur plein soutien aux mobilisations en cours en Iran, qui se déroulent dans un contexte d’effondrement économique, d’hyper inflation et d’explosion de la pauvreté.

Face à cette colère légitime et à une mobilisation puissante, la République islamique d’Iran répond par une répression accrue, des violations massives et systématiques des droits humains et d’atteintes répétées aux libertés fondamentales. Aujourd’hui, les manifestant.es déplorent des centaines de morts, des arrestations massives, des détentions arbitraires et des violences les visant. Les forces de “maintien de l’ordre” interviennent jusque dans les hôpitaux où des blessé.es sont soigné.es. 

Depuis plusieurs semaines, les autorités iraniennes ont intensifié les arrestations arbitraires, multiplié les violences et les entraves graves aux droits de la défense, prononcé de lourdes condamnations à l’encontre des manifestant·es, des syndicalistes et des défenseur·es des droits humains. 

Les revendications sociales et syndicales sont systématiquement criminalisées, l’appareil judiciaire et sécuritaire instaure un climat de peur pour étouffer toute forme de contestation collective. 

Ces pratiques sont en violation flagrante des engagements internationaux de l’Iran, notamment des Conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail (OIT) et des Pactes internationaux relatifs aux droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels

Les organisations syndicales dénoncent la criminalisation systématique des revendications sociales et syndicales, ainsi que l’utilisation de l’appareil judiciaire et sécuritaire pour faire taire toute contestation. Elles rejettent également les tentatives d’ingérence extérieure provenant, notamment, des États-Unis et d’Israël. 

Les femmes occupent une place importante dans les mobilisations actuelles en Iran, qui ont repris depuis fin décembre dans de nombreuses villes du pays. Leur engagement ne se limite pas à des revendications économiques, mais s’inscrit aussi dans une contestation plus
large des atteintes aux libertés fondamentales et de la ségrégation de genre imposée par le régime des mollahs. 

Elles subissent une répression spécifique particulièrement violente : arrestations massives, détentions arbitraires, viols et violences physiques en tous genres…  Les jeunes sont également au cœur des mobilisations et figurent parmi les premières cibles de la répression. 

Nombre d’entre eux/elles sont arrêté.es, lourdement condamné.es, et certain.es exécuté.es à l’issue de procédures expéditives, dans une stratégie assumée de terreur visant à dissuader la jeunesse iranienne de s’engager et de se mobiliser.

Les organisations syndicales françaises CFDT, CGT, UNSA, FSU et Solidaires réaffirment leur attachement indéfectible à la solidarité internationale entre les travailleuses et les travailleurs et entre les peuples. Elles appellent les autorités françaises, européennes et l’ensemble des instances internationales compétentes à agir sans ambiguïté et avec détermination pour exiger la fin immédiate de la répression, le respect des libertés fondamentales et la protection effective des personnes mobilisées. 

Elles exigent notamment : 

  • la fin immédiate de la répression contre les mobilisations sociales, syndicales et citoyennes ;
  • la liberté d’organisation et de manifestation ;
  • la libération de toutes les personnes détenues pour avoir exercé leurs droits fondamentaux ;
  • le respect par l’Etat iranien de ses engagements internationaux en matière de droits humains et de libertés syndicales ;
  • l’arrêt immédiat des exécutions et l’abolition de la peine de mort

Les organisations syndicales françaises continueront à porter ces exigences dans toutes les instances nationales, européennes et internationales. 

Elles apportent leur soutien aux travailleuses, travailleurs et à l’ensemble de la société civile iranienne dans leur mobilisation pour la justice sociale et les libertés fondamentales. 

Elles appellent à se joindre au rassemblement le samedi 17 janvier à Paris à 15h, place du Panthéon. 

Paris, le 13 janvier

Document 3 – Collectifs féministes d’Iran

Depuis le 28 décembre, les manifestations contre la crise économique sans précédent qui accablent la population en Iran ont gagné en intensité pour toucher l’ensemble des classes de la société et des régions.

Nourri-es des acquis des révoltes de ces dernières années et prêt-es à en découdre, les manifestant-es réclament aujourd’hui sans aucune ambiguïté la chute de ce régime dictatorial, théocratique, militarisé et misogyne.

Comme elles le font depuis 47 ans, les autorités massacrent impitoyablement les manifestant-es, les témoins sur place font état d’un usage massif de la force, d’arrestations arbitraires, de tortures et de sévices en détention.

Les manifestant-es blessé-es sont traqué-es jusque dans les hôpitaux, et ce sont des images de véritables charniers qui nous parviennent heure après heure.

Nous, collectifs féministes et associations de défense des droits humains de la société civile en diaspora, disons notre rejet de la République islamique qui tire à balles réelles sur sa propre population.

Nous sommes solidaires des Iraniennes et des Iraniens en lutte contre leur dictateur et en accord avec leurs aspirations légitimes à une vie libre et digne dans une société égalitaire.

Nous soutenons les manifestant-es issu-es de la société civile et les militant-es qui réclament leurs droits les plus élémentaires face à un État qui commet des crimes contre les femmes, les minorités sexuelles et de genre, les groupes ethniques et nationaux minorisés, les classes populaires, les Afghan-es (immigré-es et descendant-es), les opposant-es, et ce depuis ses premiers jours d’existence.

Fidèles au slogan « Femmes, Vie, Liberté » et au mouvement émancipateur qui l’a porté en 2022, nous réaffirmons qu’aucun peuple n’est libre tant que sévit l’apartheid de genre, à l’instar de ce que vivent les Iraniennes qui subissent chaque jour les lois de la République islamique.

En écho à ces révoltes, et alors que la population en Iran est mise à l’isolement en raison des coupures massives d’internet orchestrées par les autorités, nous témoignons de la diversité de l’opposition à la République islamique.

Nous demandons à ce que cette diversité soit entendue ici. La solidarité internationale n’a besoin ni d’hommes providentiels, d’où qu’ils viennent, ni d’ingérence étrangère.

Nous voulons la chute de la République islamique, l’égalité, la fin des discriminations systémiques, le droit à l’auto-détermination.

Vive la solidarité internationale ! Vivent les peuples en lutte ! Femmes, vie, liberté !

À l’appel de :

  • Azadi4Iran
  • Iran Justice
  • Roja

Rendez-vous samedi 17 janvier 2026 à 15h Place du Panthéon

Solidarité avec les Iranien·nes en lutte pour la démocratie, la liberté et l’égalité en Iran

Ni clercs, ni sauveurs suprêmes : Jina est notre guide !
Pour l’autodétermination des peuples !
Femmes vie liberté vit et vaincra !

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15.01.2026 à 14:46

Plein succès du meeting intersyndical de Saint-Pourçain.

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Nous reproduisons ci-dessous les interventions de Laurent Indrusiak, secrétaire de l’Union Départementale CGT, et de Vincent Présumey, au nom de la FSU Allier, au meeting intersyndical contre les fascistes tenu à Saint-Pourçain-sur-Sioule (Allier) ce mercredi 14 janvier. Ce fut un plein succès (une bonne centaine de participants) ayant, les deux interventions le disent de façon […]
Texte intégral (3721 mots)

Nous reproduisons ci-dessous les interventions de Laurent Indrusiak, secrétaire de l’Union Départementale CGT, et de Vincent Présumey, au nom de la FSU Allier, au meeting intersyndical contre les fascistes tenu à Saint-Pourçain-sur-Sioule (Allier) ce mercredi 14 janvier. Ce fut un plein succès (une bonne centaine de participants) ayant, les deux interventions le disent de façon non concertée, la signification d’un « 12 février 1934 départemental ». Sont également intervenus : Sophie Vénétitay responsable nationale du SNES-FSU, Laurence Dautraix responsable nationale du SNETAP-FSU (enseignement agricole). A noter que dans « Riposte laïque », un prétendu espion a écrit avoir du se déguiser en femme pour ne pas se faire repérer, et avoir beaucoup souffert en étant contraint d’acclamer les deux « agents trotskystes » !

Intervention de Laurent Indrusiak, secrétaire de l’UD CGT de l’Allier.

Chers Camarades,

Chers amis,

Avant d’aller plus loin, permettez-moi de vous dire que je ne boude pas mon plaisir d’intervenir ici, dans cette ville. Une ville dont le maire n’est autre qu’Emmanuel Ferrand, ancien responsable de la FNSEA de l’Allier, mais surtout tristement connu comme l’élu qui a mis des enfants de maternelle au pain et à l’eau, au prétexte que leurs parents ne pouvaient pas payer la cantine.

Il y a des actes qui révèlent définitivement ce que sont les hommes et les femmes qui nous gouvernent. Celui-ci en dit long sur la conception de la solidarité et de la justice sociale de ce premier magistrat.

Cela nous a valu, il y a quelques années, d’être directement confronté à ce même maire lorsque, après avoir décidé d’expulser l’Union locale CGT de ses locaux, il a fait arracher portes et fenêtres. À l’époque, j’avais dit qu’Emmanuel Ferrand était un minable. Depuis, il n’a fait que confirmer ce jugement.

Nous remercions la FSU pour cette initiative. Elle est nécessaire, urgente et salutaire.

Si la CGT de l’Allier prend la parole aujourd’hui, ce n’est pas pour commenter l’actualité.

C’est pour alerter.

C’est pour dénoncer.

C’est pour combattre.

Ce qui se joue dans l’Allier n’a rien d’anecdotique.

Ce n’est ni culturel, ni folklorique, ni le fruit d’un malentendu.

C’est politique. C’est organisé. Et c’est dangereux.

Les faits sont là, et ils sont graves.

La montée des idées d’extrême droite dans notre pays n’est en rien une situation abstraite dans notre département. En 2022, puis à nouveau en 2024, un député du RN a été élu dans la deuxième circonscription de l’Allier. Lors des élections européennes, ce sont 314 communes sur 317 de notre département qui ont placé le candidat du RN en tête.

L’extrême droite progresse en France, ce n’est pas un hasard. Elle pousse sur le terreau des promesses trahies, des politiques qui ont abandonné le monde du travail et sacrifié nos territoires. Là où l’emploi industriel disparaît, la colère s’installe. Dans l’Allier, plus de 3 000 emplois industriels ont été détruits en quinze ans : des usines fermées, des familles frappées, des bassins de vie cassés. Et quand, en plus, les services publics ferment , hôpitaux, écoles, postes, transports ,l’abandon devient total. C’est dans ces déserts sociaux que le Rassemblement national avance, en se nourrissant de la détresse populaire tout en protégeant les mêmes intérêts patronaux qui ont détruit l’emploi et organisé ce recul. L’extrême droite ne défend pas les travailleurs : elle détourne leur colère

Face à ce constat, l’UD CGT s’est engagée avec détermination à travers une campagne de longue durée : affichages, distributions de cartes postale d’organisation de formation, organisation de conférences.

À cela s’ajoute, depuis l’été dernier notre implication dans le collectif Laïque et républicain de Moulins ,suite à l’arrivée et la promotion d’initiatives dites culturelles telles que « Les Murmures de la Cité », qui s’inscrivent pleinement dans cette offensive idéologique.

Cette activité dans le département n’est pas restée sans réaction de la part de nos ennemis de classe. Nous avons ainsi fait face à des dépôts de plainte du RN et d’Horizons contre nos campagnes d’affichage, ainsi qu’à une campagne continue de dénigrement et de menaces à l’encontre des représentants syndicaux de la CGT, mais aussi de la FSU. Cette offensive se traduit par une multitude d’articles publiés sur des sites d’extrême droite (Riposte Laïque, Résistance Républicaine, etc.),

À Moulins, un spectacle intitulé Murmures de la Cité a été massivement financé par de l’argent public. À ce financement s’ajoutent les fonds d’un milliardaire idéologue d’extrême droite, Pierre-Édouard Stérin, exilé fiscal en Belgique, qui ne cache ni ses convictions ni son objectif : l’« union des droites » et l’arrimage d’une partie de la droite dite républicaine au projet de l’extrême droite.

Ce spectacle n’est pas neutre.

Il est la vitrine d’un cercle idéologique, Sophia-Polis, qui se revendique lui-même comme un espace de rencontre entre catholiques intégristes et néo-païens identitaires.

Ce n’est pas de la culture.

C’est de l’idéologie réactionnaire.

Ce n’est pas de la liberté artistique.

C’est un projet politique.

« Dites-moi qui vous soutient, je vous dirai qui vous êtes. »

Cette formule s’applique parfaitement à Monsieur Guillaume Senet petit bourgeois du bourbonnais , initiateur de Murmures de la Cité. Autour de lui gravitent les relais bien connus de la fachosphère : Riposte Laïque, Riposte Républicaine et consorts, toujours prompts à se poser en victimes tout en diffusant insultes, diffamations et appels à la haine.

Lorsque des syndicalistes, des enseignants, des militants laïques ont contesté l’utilisation de l’argent public pour ce projet, la réponse a été immédiate :

la haine,

la diffamation,

les menaces.

Des menaces nominatives, répétées, allant jusqu’à des menaces de mort.

Je cite :

« Les responsables CGT vont devoir se protéger et protéger leur famille. Ils veulent la guerre, dans une guerre il y a toujours des morts. »

Ces menaces ont conduit à des dépôts de plainte. Porter plainte n’a jamais été un réflexe de confort. C’était une nécessité : pour nous protéger, pour protéger nos familles, et pour rendre publiques des menaces qui prospèrent trop souvent dans l’ombre.

Même lorsque les responsables CGT ne sont pas nommément cités, chacun comprend qui est visé, surtout lorsque des articles antérieurs exposent photos, noms et fonctions syndicales. La menace est globale. Elle vise nos organisations, nos militants, nos proches.

Nous le disons solennellement :

ceux qui menacent des syndicalistes portent une responsabilité politique majeure.

Car ces mots ne tombent jamais du ciel. Ils sont nourris, encouragés, légitimés par le climat que l’extrême droite installe.

L’extrême droite ne débat pas.

Elle intimide.

Elle ne convainc pas.

Elle terrorise.

Mais notre présence ici ne se limite pas à une riposte défensive. Ce combat dépasse nos organisations. Il engage l’avenir des libertés publiques, de la démocratie et du syndicalisme.

L’histoire est claire et implacable.

À chaque fois que l’extrême droite avance, les libertés reculent.

À chaque fois qu’elle progresse, les syndicats sont attaqués.

À chaque fois qu’elle se rapproche du pouvoir, les droits sociaux sont piétinés.

La CGT le sait. Elle l’a vécu. Elle l’a combattu.

En 1934 face aux ligues fascistes.

À la Libération en construisant la République sociale.

En 1958 contre le coup de force institutionnel.

En 1968 en portant les aspirations démocratiques du monde du travail.

En 2024 en prenant ses responsabilités pour faire barrage à l’extrême droite.

Pourquoi ?

Parce qu’il n’y a pas de droits sociaux sans démocratie.

Pas de justice sociale sans libertés publiques.

Pas d’émancipation dans le racisme, l’autoritarisme et la haine.

Dans l’Allier, nous refusons la banalisation.

Nous refusons que l’argent public finance des réseaux idéologiques réactionnaires.

Nous refusons que la culture serve de cheval de Troie à l’extrême droite.

Nous refusons que certains élus ferment les yeux, minimisent ou justifient.

À la veille des élections municipales, cette vigilance est cruciale.

Quand des figures identitaires sont invitées, quand la culture est instrumentalisée, quand les services publics sont affaiblis, le terrain est préparé. Et nous savons où cela mène.

Face à l’extrême droite, l’unité est une obligation.

Ce combat ne se gagnera ni dans le silence ni dans l’ambiguïté.

Il se gagnera par la clarté politique, le débat et la mobilisation.

L’extrême droite prospère sur la peur : nous opposons la solidarité.

Sur la division : nous opposons l’unité.

Sur la résignation : nous opposons la lutte.

Il y quelque année dans l’euphorie d’un discours de manif contre la réforme des retraites j’avais hurlé que c’était un combat à la vie à la mort pour la défense de nos retraites , certains m »avaient dit que j’étais peut être excessif , je le dit ici la froide c’est une lutte à la vie à la mort pour notre modèle de société , entre le rejet des autres , la division , le racisme ou le vivre ensemble , la sororité et la fraternité .

Nous le disons clairement :

Pas un centimètre de terrain cédé à l’extrême droite.

Pas une menace laissée sans réponse.

La CGT de l’Allier sera au rendez-vous. Aujourd’hui, demain, et aussi longtemps qu’il le faudra.

Parce que l’histoire nous regarde.

Parce que reculer n’a jamais protégé personne.

Face à l’extrême droite, nous ne plierons pas.

Merci.

Intervention de Vincent Présumey, secrétaire départemental FSU Allier.

Chers camarades, chers amis, chers collègues, je me dois et je vous dois de commencer cette intervention en vous disant merci, car votre présence ensemble, ici, à Saint-Pourçain, rassénère, fait chaud au cœur, conforte et encourage.

Merci aux camarades de la CGT de s’être laissés, pour ainsi dire, entrainés, de très bon cœur, par la FSU, et d’être là en nombre et d’apporter leur force collective,

Merci bien sûr aux militantes et aux militants de la FSU qui ont construit, discuté et préparé notre regroupement,

Merci à Sophie Vénétitay, secrétaire nationale de mon syndicat, le SNES-FSU, et qui incarne, comme je le disais hier à Radio Coquelicot, cette victoire syndicale qu’est le démantèlement du dispositif du « choc des savoirs » au collège voulu par Macron et Attal sous la pression et l’appui du RN,

Merci à Laurence Dautraix et aux camarades du SNETAP-FSU de l’enseignement agricole et du lycée de Neuvy,

Merci aux habitants de Saint-Pourçain qui sont là, car ils savent fort bien pour quoi ils sont là.

Et merci à mes collègues du lycée Banville, y compris à celles et ceux qui n’ont pu être là, enseignants ou non enseignants, qui m’ont exprimé leur soutien. Car ce meeting a bien sûr pour moi une dimension personnelle, je sais que vous êtes là aussi pour ma protection et celles des miens.

A ce meeting se sont associés Solidaires, l’UNSA-Education et la Confédération paysanne, matérialisant ainsi l’unité nécessaire. Il est soutenu par le Parti Socialiste, le Parti Communiste Français, les Ecologistes de l’Allier, l’APRES, et le Collectif laïque et républicain de Moulins dont sont également membres, sur Moulins, ATTAC, la FGR, RESF, le MRAP, le Mouvement de la Paix, la Ligue de l’Enseignement, LFI, Place publique, Génération.s.

Il faut aussi que vous sachiez que la CFDT, dans les instances de l’Education nationale et par une lettre au maire de Saint-Pourçain, s’est solidarisée contre les menaces et calomnies dont je suis l’objet. Le maire de Saint-Pourçain a en effet publié, en tant que valeureux défenseur de « Murmures de la Cité », que je n’aurai jamais enseigné de ma vie et que je fricoterai, voyez-vous cela, avec l’islamisme !

La première de ces calembredaines provient sans doute du souvenir de mes années d’enseignement, bien réel, au lycée de Saint-Pourçain, marquées par au moins trois manifestations dans cette belle bourgade, avec les collègues et les élèves, pour préserver un lycée qui, je m’en félicite, est toujours là.

La seconde puise dans les lectures et les contacts d’extrême-droite de Monsieur l’actuel maire, qui imagine manifestement que je participe à un grand complot avec des musulmans. Ces délires racistes sont en particulier diffusés par l’officine « Riposte Laïque », très mal nommée, dont un contributeur local n’est autre que Guillaume Senet, le petit chef de Murmures de la Cité, et de la cité qui véritablement murmure, Sophia-Polis, club de rencontres entre cathos tradis et néo-païens, c’est-à-dire nazis.

Plonger dans la lecture de ces officines est un exercice que je ne vous conseille pas : c’est, il faut dire les choses, s’enfoncer dans la merde, et une merde qui n’est pas bio, mais bien polluée. Je me trouve caricaturé en un porteur obèse de djellaba léchant une babouche : le dessin, même aidé par l’IA, est terriblement mauvais, car une bonne caricature suppose qu’on se moque par empathie humaine et pas par haine. C’est ce que faisait Cabu, assassiné par l’extrême droite islamiste : son Beauf et son adjudant Kronenbourg étaient malgré tout encore sympathiques. Là, juste de la merde, et pas bio, je le répète !

Voici, et ce n’est qu’un exemple, ce qu’ils ont écrit lundi matin, sur le meeting d’aujourd’hui et juste après, voyez-vous, sur ma maison :

« Certes, nous n’irons pas jusqu’à proposer une manifestation devant la maison bourgeoise de Vincent Présumey, située en bord d’Allier (bien sûr, nous avons l’adresse), et encore moins de la taguer, cela n’est pas notre culture, même si, en face, ils ne se gênent pas pour le faire. Certes, nous n’allons pas appeler à vandaliser la salle, à la taguer, à la détruire, comme le font fréquemment les gauchistes quand une mairie ou un restaurant accordent une salle à leurs adversaires politiques. »

Il est vrai que je ne mène pas la vie de château, et que cette maison, ici menacée de vandalisation, provient d’une famille d’ouvriers communistes de chez Potain, qui m’ont choisi pour me la vendre parce qu’ils m’avaient entendu causer dans les manifs de 1995. Plus généralement, je n’ai pas compté mais je dois en être au trentième article en six mois affirmant, parfois en titre, qu’ils ne veulent pas me tuer. Curieuse insistance !

Curieux aussi, il faut le dire, le fait que le procureur de Moulins ait estimé qu’une phrase telle que celle affirmant que les responsables CGT et moi-même « vont devoir se protéger, eux et leurs familles. Ils veulent la guerre. Dans une guerre, il y a toujours des morts. », une telle phrase, donc, ne constituerait pas une menace de mort justifiant une plainte : vraiment curieux, n’est-ce pas ?

Bien entendu, la plainte va être redéposée, avec tout ce qui s’est rajouté depuis. Nous rendrons coup pour coup, politiquement et judiciairement s’entend. Mais comprenons bien à qui, et à quoi, nous avons affaire. Fascisme et nazisme sont les mots appropriés. Pas exactement ceux du XX° siècle, mais leurs héritiers du XXI° : quand Elon Musk ou Steve Bannon font le salut nazi, c’est pour dire ce dont ils sont les héritiers, eux qui veulent faire plus grand, plus dur, plus gros, plus fort, eux qui veulent faire pire et contre lesquels nous avons, nous, à sauver l’avenir humain pour que nos enfants aient un monde vivable.

La doctrine de Guillaume Senet distingue les soi-disant enracinés comme lui, des êtres supérieurs qui seuls sont beaux, vrais, purs et bons, la masse déracinée bonne pour l’esclavage, et les déracineurs, c’est-à-dire nous, les syndicalistes, les professeurs laïques, les « wokistes » comme ils disent. Dans leurs fantasmes excrémentiels, les radoteurs tarés de Riposte soi-disant laïque sont rendus fous par les musulmans et les arabes, mais accusent les mêmes « wokistes » et syndicalistes de vouloir remplacer les blancs par les arabes. Les déracineurs et les agents du « grand remplacement » que nous sommes tenons très exactement, dans leurs fantasmes, la place que tenaient les Juifs chez les nazis. Et l’antisémitisme sous-jacent le plus crasse affleure dans leur prose.

On nous dit parfois : « vous avez raison de vous défendre, mais ne donnez pas trop d’importance à quelques tarés. » C’est vrai qu’il s’agit de quelques tarés.

Mais ces quelques tarés sont à l’intersection du RN, de l’UDR ciottiste, de Reconquête, des Identitaires, et ont des antennes évidentes dans LR, de Saint-Pourçain à Montluçon. Dans l’Allier, ce qu’il reste de droite républicaine, pour s’appeler républicaine, doit rompre toute antenne avec ce boulet, ce grelot, cette macule, et non se vautrer avec, via Murmures et compagnie !

Et ce qu’ils portent, c’est l’offensive de l’internationale fasciste du XXI° siècle, celle de Trump et de Poutine, dont l’Europe, non en tant que groupement de puissances, mais en tant que civilisation, est la cible.

Cette civilisation pluraliste est celle des services publics, de la Sécurité sociale et du droit du travail. Le syndicalisme indépendant a besoin de la démocratie et de l’Etat de droit. L’Etat de droit, dont la laïcité est un élément central, est la cible que les Trump et les Poutine veulent tuer.

Les Le Pen, Bardella, Zemmour et à leur suite les Stérin, Bolloré, Retailleau et autres sont leurs relais français. L’extrême droite chauvine qui ne veut pas d’étrangers, c’est elle, le parti de l’étranger. Cela remonte à loin, ça a commencé quand ils ont émigré, en 1789. Ils sont le parti de Trump et de Poutine : le refus de la pluralité, la haine des migrants et des musulmans, c’est l’abaissement national !

Nous sommes donc nous, ici le parti du redressement, de la solidarité, de l’empathie. Le syndicalisme est indépendant et politique. Il est politique car la lutte des classes l’est et c’est pour cela que, dans l’Allier, nous devons donner à notre regroupement de ce soir la signification qui fut celle, en France, du 12 février 1934, origine du front unique prolétarien puis du front populaire.

L’empathie, la cordialité, l’amour oui, la solidarité humaine, portent la chaleur qui peut regagner les pauvres gens perdus qui votent RN. Cette chaleur est celle de la lutte. Et pour lutter, il faut savoir pour quoi on lutte. Bien sûr, syndicalistes, nous luttons pour l’émancipation sociale, pour l’émancipation humaine. C’est pour cela que nous savons que sa condition, ce sont la démocratie, l’Etat de droit et la laïcité, et que l’humanité émancipée sera plurielle, animée de débats contradictoires, argumentés, démocratiques.

Ils ne passeront pas, et si au final nous gagnerons la guerre, c’est parce que nous portons cela tous ensemble !

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