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Romain LECLAIRE
Journaliste

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14.01.2026 à 16:08

Bandcamp prend position pour l'humain et bannit la musique générée par IA

C'est une nouvelle qui va faire vibrer le cœur de tous les mélomanes, des collectionneurs de vinyles et, surtout, des artistes indépendants qui peuplent la magnifique communauté de Bandcamp. Alors que le monde de la musique semble parfois perdre la tête face aux avancées technologiques fulgurantes, la plateforme chérie des indés vient de taper du poing sur la table avec un enthousiasme et une clarté qui font du bien. Elle a officiellement décidé de s'attaquer au problème croissant de la bouillie générée par l'intelligence artificielle qui commence à saturer les ondes numériques. Dans une annonce qui résonne comme une déclaration d'amour à la créativité humaine, l'entreprise a confirmé qu'elle bannissait purement et simplement toute musique ou contenu audio créé en totalité ou en partie substantielle par une IA générative.

Imaginez un instant le soulagement pour les créateurs qui passent des heures à composer, à écrire et à enregistrer. Bandcamp réaffirme ici que sa plateforme est un sanctuaire pour l'expression authentique. Selon leur propre blog, l'utilisation d'outils d'IA pour imiter d'autres artistes ou copier des styles existants est également strictement interdite, renforçant des politiques déjà existantes mais désormais appliquées avec une vigueur nouvelle. Le but est de protéger l'intégrité artistique et s'assurer que lorsque vous cliquez sur “play”, vous écoutez le fruit d'une âme et non le résultat d'un algorithme froid et calculé.

Cette décision place Bandcamp en tête de file des plateformes musicales ayant le courage de définir une politique claire et restrictive sur l'usage de ces technologies. Il faut dire que le contexte devenait inquiétant. Le terme “slop” (que l'on pourrait traduire par “bouillie” ou “déchets”) est de plus en plus utilisé pour décrire cette invasion de morceaux générés à la chaîne qui envahissent les services de streaming. Les chiffres donnent le tournis et justifient amplement la réaction de Bandcamp. Deezer, par exemple, a récemment révélé que près de 50 000 chansons générées par IA sont téléversées sur leur application chaque jour. Cela représente environ 34% de leur catalogue musical, une statistique qui a de quoi glacer le sang des puristes.

Face à cette marée montante, les géants du secteur ont été relativement lents à réagir. Spotify a commencé à faire quelques petits pas timides, promettant de développer un standard industriel pour mentionner l'IA dans les crédits et de lancer une politique contre l'imitation, mais rien d'aussi tranché que la position actuelle de Bandcamp. De son côté, Deezer reste la seule plateforme à avoir signé une déclaration mondiale sur l'entraînement des IA, soutenue par de nombreux acteurs et auteurs-compositeurs. Mais Bandcamp va plus loin, beaucoup plus loin, en supprimant la source même du problème sur son site.

L'équipe a d'ailleurs mis en place des outils de signalement pour permettre à sa communauté vigilante de rapporter tout contenu suspect. Si un morceau sent le robot à plein nez, il pourra être flagué et potentiellement retiré par la modération. Cette approche collaborative prouve encore une fois que le service fait confiance à ses utilisateurs. Dans leur message, ils ont touché la corde sensible en déclarant croire fermement que la connexion humaine trouvée à travers la musique est une partie vitale de notre société et de notre culture. Pour eux, cet art est bien plus qu'un simple produit à consommer rapidement mais un lien sacré.

Cette prise de position s'inscrit parfaitement dans l'ADN de l'entreprise, qui possède un historique irréprochable en matière de soutien aux artistes. On pense immédiatement aux fameux “Bandcamp Fridays”, ces journées spéciales durant lesquelles la plateforme renonce à sa part de revenus pour reverser 100% des ventes directement aux musiciens. Cette initiative incroyable a déjà permis de redistribuer plus de 120 millions de dollars dans les poches des créateurs et la bonne nouvelle est que cette politique continuera en 2026. En bannissant l'IA générative, Bandcamp ne fait que confirmer ce que nous savions déjà, c'est la plateforme qui aime vraiment les musiciens.

Romain Leclaire sur Piaille.fr

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14.01.2026 à 09:39

VoidLink - Le nouveau malware qui cible Linux et le Cloud

Si les environnements Windows ont longtemps été la cible privilégiée des cybercriminels, une récente découverte vient rappeler que les systèmes Linux, piliers de l'infrastructure cloud mondiale, sont désormais dans le collimateur d'acteurs malveillants hautement sophistiqués. Des chercheurs de Check Point ont mis au jour un nouveau framework baptisé VoidLink, un outil dont la complexité et la modularité marquent une rupture avec les malwares Linux traditionnels.

Parlons de sa structure. Il ne s'agit pas d'un simple script malveillant, mais d'un véritable écosystème offensif. Le code source révèle l'existence de plus de trente modules distincts, transformant ce logiciel en un véritable couteau suisse numérique. Cette modularité permet aux attaquants de personnaliser l'infection pour chaque machine compromise, en ajoutant ou en retirant des fonctionnalités selon l'évolution de leurs objectifs.

Le fonctionnement repose sur un chargeur en deux étapes, suivi d'un implant final qui intègre les modules de base. Fait notable, VoidLink dispose de sa propre interface de programmation (API) pour le développement de plugins, permettant au malware d'évoluer d'un simple implant vers un cadre de post-exploitation complet. Cette flexibilité offre aux opérateurs la possibilité de télécharger et d'installer de nouvelles fonctionnalités en temps réel, sans avoir à réinfecter la machine cible.

VoidLink a conscience de l'environnement dans lequel il opère. Il est spécifiquement conçu pour détecter s'il s'exécute au sein d'une infrastructure cloud publique. En interrogeant les métadonnées via les API des fournisseurs, il peut identifier s'il se trouve sur Amazon Web Services, Google Cloud Platform, Microsoft Azure, Alibaba ou Tencent. Les analystes ont même trouvé des indications suggérant que les développeurs prévoient d'étendre ces capacités de détection à d'autres fournisseurs comme Huawei, DigitalOcean et Vultr.

Cette spécialisation vers le cloud démontre une compréhension aiguë des infrastructures modernes. VoidLink ne se contente pas de savoir s'il est dans le cloud, il cherche aussi à comprendre la topologie locale. Il collecte des informations détaillées sur l'hyperviseur et détermine s'il fonctionne à l'intérieur d'un conteneur Docker ou d'un pod Kubernetes. Cette intelligence situationnelle est déterminante pour permettre des mouvements latéraux discrets et efficaces au sein des réseaux d'entreprise.

Ses fonctionnalités dépassent largement ce que l'on observe habituellement chez les attaquants opportunistes. Le framework intègre des fonctions de rootkit avancées lui permettant de se fondre dans l'activité normale du système, rendant sa détection particulièrement ardue. Il utilise des techniques d'anti-analyse et d'anti-débogage pour repérer les outils de sécurité et les mesures de durcissement installés sur la machine, adaptant son comportement pour éviter d'être repéré.

Au-delà de la dissimulation, l'objectif est bien évidemment le vol d'informations et la persistance. Le malware est capable de cartographier les processus, les services, le système de fichiers et les interfaces réseau. Il excelle particulièrement dans la récolte d'identifiants. Clés SSH, mots de passe, cookies de navigateur, identifiants Git, jetons d'authentification et clés API stockés dans le trousseau du système sont systématiquement exfiltrés. Les communications avec le serveur de commande et de contrôle sont camouflées pour ressembler à un trafic réseau légitime, compliquant encore la tâche des défenseurs.

Malgré ces capacités effrayantes, il existe une lueur d'espoir. L'analyse de l'interface de VoidLink, localisée pour des opérateurs affiliés à la Chine, ainsi que les commentaires dans le code source, indiquent que le projet est encore en phase de développement. Check Point a découvert ce malware dans des clusters de fichiers sur VirusTotal, mais n'a trouvé aucune preuve qu'il ait infecté des machines dans la nature pour le moment.

Cette absence d'attaques actives ne doit cependant pas inciter à la complaisance. Son existence même témoigne d'un investissement et d'une planification typiques des acteurs de la menace professionnelle. Cela signale que les attaquants consacrent désormais des ressources considérables pour cibler les environnements Linux et Cloud, conscients que c'est là que résident les données les plus critiques des entreprises modernes. Si aucune action immédiate n'est requise pour l'instant, la vigilance reste de mise. Les défenseurs doivent se préparer à voir émerger des menaces de ce calibre dans un avenir proche.

Romain Leclaire sur Piaille.fr

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13.01.2026 à 09:01

Êtes-vous mort ? L’appli au nom douteux qui s’inquiète pour vous quand personne d’autre ne le fait

La technologie est parfois fascinante. Nous avons des applications pour compter nos pas, pour surveiller notre sommeil, pour trouver l’amour en glissant le pouce vers la droite et même pour nous rappeler de boire de l’eau comme si nous étions des plantes d’intérieur un peu idiotes. Mais il manquait quelque chose d’essentiel, une lacune flagrante dans l’App Store que personne n’avait osé combler jusqu’à présent. Heureusement, une nouvelle tendance venue de Chine est là pour répondre à la question existentielle ultime: « Êtes-vous mort ? ».

Non, ce n’est pas une blague, ou du moins, pas entièrement. L’application payante numéro un sur l’App Store chinois s’appelle littéralement « Are You Dead? » (ou « Si-le-ma » en version originale). Pour la modique somme de 8 yuans, soit environ 1 euro, vous pouvez vous offrir le luxe d’avoir un logiciel qui se soucie de savoir si votre cœur bat encore. Le concept est d’une simplicité enfantine et d’une efficacité morbide. Une fois l’application installée, vous configurez un contact d’urgence. Ensuite, votre seule mission quotidienne, si vous l’acceptez, est d’ouvrir l’application et de taper sur un bouton rond vert orné d’un petit fantôme de dessin animé. C’est mignon, non ?

Si vous effectuez ce rituel sacré, tout va bien, le fantôme est content et l’application vous laisse tranquille. Mais attention, si vous oubliez de pointer deux jours de suite, l’algorithme panique. Au troisième jour sans signe de vie, l’application envoie automatiquement un email à votre contact d’urgence pour lui signaler que vous avez peut-être passé l’arme à gauche. Sur la page anglophone de l’application, où elle porte le nom un peu moins glauque de « Demumu », les développeurs la décrivent comme un outil de sécurité léger conçu pour rendre la vie solitaire plus rassurante. C’est une façon très polie de dire que nous vivons dans une dystopie sociale où notre meilleur ami est un bouton vert.

Derrière ce nom qui ressemble à une mauvaise blague se cache une réalité démographique beaucoup moins drôle. La Chine s’attend à compter près de 200 millions de foyers unipersonnels d’ici 2030. Entre le vieillissement de la population, les conséquences à long terme de la politique de l’enfant unique et une urbanisation galopante qui éloigne les jeunes de leurs familles, la solitude est devenue un véritable problème de santé publique. L’application fait donc le buzz, suscitant des réactions mitigées sur les réseaux sociaux. Certains louent l’initiative, tandis que d’autres s’amusent de son nom. Car oui, le titre est un jeu de mots intentionnel et grinçant sur une application de livraison de nourriture très populaire appelée « Are You Hungry? » (Ele.me). En gros, si vous ne commandez pas à manger, c’est peut-être parce que vous n’êtes plus là pour le faire.

L’équipe derrière ce chef-d’œuvre d’humour noir est composée de trois développeurs de la gen Z, tous nés après 1995. Ils se disent honorés par l’attention soudaine et prévoient déjà des mises à jour. Les utilisateurs, jamais à court de critiques constructives, ont suggéré de remplacer les emails par des SMS, car soyons honnêtes, qui consulte ses mails en cas d’urgence vitale ? C’est tellement années 2000. Les créateurs envisagent également de changer le nom pour quelque chose de moins direct, probablement pour éviter d’effrayer les grands-parents qu’ils essaient de protéger.

Mais ne riez pas trop vite de nos amis chinois, car la solitude est une tendance mondiale qui s’exporte très bien. Demumu s’est récemment hissée à la sixième place des applications payantes aux États-Unis, probablement aidée par la diaspora chinoise mais aussi par une triste réalité locale. Aux États-Unis, plus d’un quart des foyers sont occupés par une seule personne, un chiffre qui a explosé depuis les années 1940. Il semble que vivre seul soit le nouveau standard, et payer une application pour vérifier notre existence, la nouvelle normalité. Alors, si vous vivez seul et que vous avez un euro à dépenser, pourquoi ne pas laisser un petit fantôme vert veiller sur vous ? C’est toujours mieux que d’attendre que le chat ne commence à vous regarder bizarrement.

Romain Leclaire sur Piaille.fr

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12.01.2026 à 21:30

Claude Cowork - L’agent IA d’Anthropic s’invite enfin sur le bureau de tout le monde

claude anthropique 3

Si vous suivez de près l'actualité de l'intelligence artificielle, vous êtes probablement déjà familier avec Claude Code. Depuis l'automne 2024, Anthropic entraîne ses modèles non seulement à discuter, mais à naviguer et utiliser des ordinateurs à la manière d'un humain. Jusqu'à présent, cette vision s'exprimait principalement via un agent de codage destiné aux développeurs, leur permettant d'automatiser des tâches techniques fastidieuses. Mais dès aujourd'hui, la donne change radicalement. L’entreprise ouvre ces capacités au grand public avec le lancement d'une nouvelle fonctionnalité en prévisualisation baptisée Claude Cowork.

Anthropic présente Cowork comme une méthode simplifiée permettant à n'importe qui (et pas seulement aux ingénieurs informatiques) de collaborer directement avec Claude. Le principe est étonnamment simple et puissant. Une fois que vous accordez au système l'accès à un dossier spécifique sur votre ordinateur, l'IA peut lire, éditer ou créer de nouveaux fichiers en votre nom. C’est une évolution qui transforme cette dernière d'un simple chatbot passif en un véritable agent actif capable d'exécuter des tâches concrètes.

Pour illustrer le potentiel de cet outil, l’entreprise américaine met en avant plusieurs cas d'usage quotidiens qui pourraient changer notre façon de travailler. Imaginez demander à Claude de mettre de l'ordre dans votre dossier de téléchargements en renommant intelligemment chaque fichier pour qu'il soit identifiable en un coup d'œil. Plus impressionnant encore, vous pourriez lui soumettre des captures d'écran de factures et lui demander de générer automatiquement un tableur pour le suivi de vos dépenses.

Grâce à un plugin Chrome et au framework Connectors maison, Cowork peut même naviguer sur le web ou interagir avec des applications tierces comme Canva. L'objectif est de fluidifier le travail. Vous n'avez plus besoin de copier-coller du contexte manuellement ou de reformater les réponses de l'IA. De plus, il est possible de mettre des tâches en file d'attente pour que Claude les traite en parallèle, sans attendre qu'il ait terminé une action pour en suggérer une autre.

Naturellement, l'idée de laisser une telle technologie accéder à ses fichiers locaux peut susciter des inquiétudes légitimes. Anthropic se veut rassurant en précisant que Claude ne peut ni lire ni modifier ce qui ne lui a pas été ouvert explicitement. L'entreprise ne cache pourtant pas certains risques. Le système pourrait théoriquement effectuer des actions destructrices, comme la suppression accidentelle d'un fichier important ou une mauvaise interprétation d'une commande. C'est pourquoi il est vivement recommandé de fournir des instructions extrêmement claires et sans ambiguïté. Anthropic avertit également sur les risques d'injection de prompt, soulignant que l'utilisation d'un agent autonome demande plus de vigilance qu'une simple conversation textuelle.

Pour la société, le défi est de taille. Il s'agit de convaincre le grand public de l'utilité de ces agents là où d'autres, comme Copilot de Microsoft, peinent encore à s'imposer malgré des années de présence. Le succès critique de Claude Code auprès des développeurs pourrait toutefois jouer en leur faveur. Pour l'instant, l'accès à Cowork reste un privilège. Il est réservé aux abonnés de la formule onéreuse Claude Max possédant un Mac avec l'application installée. Les autres devront patienter sur une liste d'attente, le temps que cette technologie prometteuse mûrisse.

Romain Leclaire sur Piaille.fr

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