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16.01.2026 à 12:17

L’UE ne sauvera pas le Groenland si elle ne se sauve pas elle-même

Pablo Pillaud-Vivien
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Trente soldats et trois communiqués de presse pour protéger le Groenland des États-Unis… S’il nous fallait une preuve de la faiblesse stratégique et politique de l’Europe, on l’a ! Un soldat britannique, un Hollandais, deux Norvégiens, deux Finlandais, trois Suédois, une douzaine d’Allemands et une quinzaine de Français. Voilà la réponse européenne aux appétits vautours…
Texte intégral (1012 mots)

Trente soldats et trois communiqués de presse pour protéger le Groenland des États-Unis… S’il nous fallait une preuve de la faiblesse stratégique et politique de l’Europe, on l’a !

Un soldat britannique, un Hollandais, deux Norvégiens, deux Finlandais, trois Suédois, une douzaine d’Allemands et une quinzaine de Français. Voilà la réponse européenne aux appétits vautours de Donald Trump vis-à-vis du Groenland. Une trentaine de militaires, envoyés pour quelques jours. On hésite entre le gag et le malaise diplomatique. Car enfin, de quoi parle-t-on ? D’un territoire grand comme quatre fois la France, au cœur des routes arctiques, stratégique pour les minerais, l’eau, le climat, les communications et, désormais, les ambitions impériales les plus décomplexées.


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Donald Trump n’a jamais caché son obsession groenlandaise. Elle revient, cyclique, mais aussi, hélas, de plus en plus sérieuse. Un imaginaire de la conquête brutal et assumé, où l’on achète, on annexe, on « sécurise ».

Face à cela, que fait l’Europe ? Elle euphémise en parlant de « rivalités de puissances » citant explicitement la Russie et la Chine, omettant parfois les États-Unis. Elle mime la fermeté. Elle envoie des soldats comme on placerait des petits pions au Risk. Pas pour défendre, encore moins pour dissuader, mais pour signifier qu’on existe. La Maison Blanche a répondu par le mépris pour les « chiens de traîneau » et fait savoir que cela n’était pas de nature à infléchir ses projets.

Personne n’envisage une confrontation armée avec les États-Unis pour le Groenland. Alors pourquoi ces annonces martiales aussitôt vidées de leur sens par des propos lénifiants et par la faiblesse des moyens militaires ? Parce que l’Europe ne sait plus quoi faire de sa propre impuissance stratégique. On ne construit pas une politique avec trente soldats et trois communiqués de presse.

Soyons sérieux deux minutes : personne n’envisage une confrontation armée avec les États-Unis pour le Groenland. Ni Londres, ni Berlin, ni Paris. Ni même Copenhague, pourtant officiellement souveraine sur l’île. Alors pourquoi cette chorégraphie ? Pourquoi ces annonces martiales aussitôt vidées de leur sens par des propos lénifiants et par la faiblesse des moyens militaires ?

Parce que l’Europe ne sait plus quoi faire de sa propre impuissance stratégique. Elle la compense par des gestes creux, persuadée que l’affichage vaut action. On ne construit pas une politique arctique, encore moins une politique internationale, avec trente soldats et trois communiqués de presse.

D’autant que le récit trumpien est loin de faire l’unanimité aux États-Unis même. Contrairement à l’image d’un pays uni derrière son président, la question du Groenland divise profondément. Des voix républicaines s’inquiètent du coût, du précédent juridique, du mépris affiché envers les Groenlandais. L’idée d’une annexion brutale fait grincer des dents jusque dans le camp conservateur.

Le danger n’est pas une invasion imminente, bottes américaines foulant la glace sous les yeux médusés de soldats européens frigorifiés. Le danger, c’est l’accoutumance. Or accepter d’envoyer des soldats sans stratégie et sans projet, c’est accepter d’entrer dans le jeu des puissants. Ce n’est pas dissuader Donald Trump mais valider son cadre : celui d’un monde où tout se règle par rapports de force. 

Derrière cet épisode arctique se joue un enjeu tout aussi grave : l’avenir même du projet européen, pris dans les vents violents de l’extrême droite, du repli nationaliste et de la paralysie institutionnelle. À Berlin, l’inquiétude est désormais explicite et assumée. Friedrich Merz, le chancelier allemand, a déjà fait des offres de relations directes à Donald Trump. Il expose désormais ses doutes sur la capacité de l’UE à tenir.

L’impuissance face au Groenland n’est pas un accident. C’est le symptôme d’une UE qui n’ose plus se penser comme projet, encore moins comme horizon démocratique et social commun. Une UE prisonnière de ses règles et de sa doxa néolibérale ; une UE incapable de surmonter ses peurs et de faire face aux forces qui travaillent à sa désagrégation.

Pour enrayer cette spirale, il faudra refonder le projet européen. Reposer enfin les questions que l’on évite depuis trop longtemps : comment décider ? À qui ? Et pour quoi faire ? Rompre avec l’Europe minimale du marché et de la concurrence, réinterroger son fonctionnement et clarifier le périmètre politique de l’UE, reconstruire une Europe capable de défendre la souveraineté des peuples, la coopération internationale et le droit face aux impérialismes.

L’Union européenne ne mourra peut-être pas dans un fracas spectaculaire. Elle peut s’éteindre lentement par renoncement, par perte de sens. Face à Donald Trump, face aux extrêmes droites européennes, face aux conflits à venir, la réponse ne peut pas être trente soldats sur la glace. Elle ne peut être que politique et collective. Tout le reste n’est que de l’esbroufe.

16.01.2026 à 11:58

🔴 PERQUISITION DU JOUR

la Rédaction
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Violette and Co : quand la police entre dans les librairies La perquisition policière menée le 7 janvier à Violette and Co, librairie queer parisienne, marque une escalade inquiétante du climat politique autour des espaces de pensée critique. Parce qu’ils recherchaient un livre de coloriage considéré comme pro-palestinien, From the River to the Sea, les…
Lire plus (172 mots)

Violette and Co : quand la police entre dans les librairies

La perquisition policière menée le 7 janvier à Violette and Co, librairie queer parisienne, marque une escalade inquiétante du climat politique autour des espaces de pensée critique. Parce qu’ils recherchaient un livre de coloriage considéré comme pro-palestinien, From the River to the Sea, les forces de l’ordre, accompagnées d’un magistrat, ont fouillé les rayons et les réserves de ce lieu indépendant, déjà visé par des campagnes de harcèlement, menaces et dégradations ces derniers mois. Cette intervention disproportionnée s’inscrit dans un contexte où des voix militantes sont de plus en plus ciblées par des actions judiciaires et politiques qui dépassent le strict cadre du droit, fragilisant la liberté d’expression et de publication dans nos librairies engagées. Angoissant et inquiétant.

16.01.2026 à 11:56

L’UE ne sauvera pas le Groenland si elle ne se sauve pas elle-même

la Rédaction
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La newsletter du 16 janvier 📨
Texte intégral (1757 mots)

La newsletter du 16 janvier 📨

par Pablo Pillaud-Vivien

Trente soldats et trois communiqués de presse pour protéger le Groenland des États-Unis… S’il nous fallait une preuve de la faiblesse stratégique et politique de l’Europe, on l’a !

Un soldat britannique, un Hollandais, deux Norvégiens, deux Finlandais, trois Suédois, une douzaine d’Allemands et une quinzaine de Français. Voilà la réponse européenne aux appétits vautours de Donald Trump vis-à-vis du Groenland. Une trentaine de militaires, envoyés pour quelques jours. On hésite entre le gag et le malaise diplomatique. Car enfin, de quoi parle-t-on ? D’un territoire grand comme quatre fois la France, au cœur des routes arctiques, stratégique pour les minerais, l’eau, le climat, les communications et, désormais, les ambitions impériales les plus décomplexées.

Donald Trump n’a jamais caché son obsession groenlandaise. Elle revient, cyclique, mais aussi, hélas, de plus en plus sérieuse. Un imaginaire de la conquête brutal et assumé, où l’on achète, on annexe, on « sécurise ».

Face à cela, que fait l’Europe ? Elle euphémise en parlant de « rivalités de puissances » citant explicitement la Russie et la Chine, omettant parfois les États-Unis. Elle mime la fermeté. Elle envoie des soldats comme on placerait des petits pions au Risk. Pas pour défendre, encore moins pour dissuader, mais pour signifier qu’on existe. La Maison Blanche a répondu par le mépris pour les « chiens de traîneau » et fait savoir que cela n’était pas de nature à infléchir ses projets.

Soyons sérieux deux minutes : personne n’envisage une confrontation armée avec les États-Unis pour le Groenland. Ni Londres, ni Berlin, ni Paris. Ni même Copenhague, pourtant officiellement souveraine sur l’île. Alors pourquoi cette chorégraphie ? Pourquoi ces annonces martiales aussitôt vidées de leur sens par des propos lénifiants et par la faiblesse des moyens militaires ?

Parce que l’Europe ne sait plus quoi faire de sa propre impuissance stratégique. Elle la compense par des gestes creux, persuadée que l’affichage vaut action. On ne construit pas une politique arctique, encore moins une politique internationale, avec trente soldats et trois communiqués de presse.

D’autant que le récit trumpien est loin de faire l’unanimité aux États-Unis même. Contrairement à l’image d’un pays uni derrière son président, la question du Groenland divise profondément. Des voix républicaines s’inquiètent du coût, du précédent juridique, du mépris affiché envers les Groenlandais. L’idée d’une annexion brutale fait grincer des dents jusque dans le camp conservateur.

Le danger n’est pas une invasion imminente, bottes américaines foulant la glace sous les yeux médusés de soldats européens frigorifiés. Le danger, c’est l’accoutumance. Or accepter d’envoyer des soldats sans stratégie et sans projet, c’est accepter d’entrer dans le jeu des puissants. Ce n’est pas dissuader Donald Trump mais valider son cadre : celui d’un monde où tout se règle par rapports de force. 

Derrière cet épisode arctique se joue un enjeu tout aussi grave : l’avenir même du projet européen, pris dans les vents violents de l’extrême droite, du repli nationaliste et de la paralysie institutionnelle. À Berlin, l’inquiétude est désormais explicite et assumée. Friedrich Merz, le chancelier allemand, a déjà fait des offres de relations directes à Donald Trump. Il expose désormais ses doutes sur la capacité de l’UE à tenir.

L’impuissance face au Groenland n’est pas un accident. C’est le symptôme d’une UE qui n’ose plus se penser comme projet, encore moins comme horizon démocratique et social commun. Une UE prisonnière de ses règles et de sa doxa néolibérale ; une UE incapable de surmonter ses peurs et de faire face aux forces qui travaillent à sa désagrégation.

Pour enrayer cette spirale, il faudra refonder le projet européen. Reposer enfin les questions que l’on évite depuis trop longtemps : comment décider ? À qui ? Et pour quoi faire ? Rompre avec l’Europe minimale du marché et de la concurrence, réinterroger son fonctionnement et clarifier le périmètre politique de l’UE, reconstruire une Europe capable de défendre la souveraineté des peuples, la coopération internationale et le droit face aux impérialismes.

L’Union européenne ne mourra peut-être pas dans un fracas spectaculaire. Elle peut s’éteindre lentement par renoncement, par perte de sens. Face à Donald Trump, face aux extrêmes droites européennes, face aux conflits à venir, la réponse ne peut pas être trente soldats sur la glace. Elle ne peut être que politique et collective. Tout le reste n’est que de l’esbroufe.

Pablo Pillaud-Vivien

🔴 PERQUISITION DU JOUR

Violette and Co : quand la police entre dans les librairies

La perquisition policière menée le 7 janvier à Violette and Co, librairie queer parisienne, marque une escalade inquiétante du climat politique autour des espaces de pensée critique. Parce qu’ils recherchaient un livre de coloriage, From the River to the Sea, les forces de l’ordre, accompagnées d’un magistrat, ont fouillé les rayons et les réserves de ce lieu indépendant, déjà visé par des campagnes de harcèlement, menaces et dégradations ces derniers mois. Cette intervention s’inscrit dans un contexte où des voix militantes sont ciblées par des actions d’intimidation émanant de l’extrême droite et, hélas aussi, du pouvoir. Ce précédent, dans une librairie, fragilise la liberté d’expression et de publication. Angoissant et inquiétant.

P.P.-V.

ON VOUS RECOMMANDE…

Alors que l’actualité est saturée de discours sur la « nécessité » des guerres, de la remilitarisation et des sacrifices à consentir au nom de la nation, voir « À l’Ouest rien de nouveau », réalisé par Lewis Milestone en 1930, fait un bien fou. Adaptation du roman pacifiste d’Erich Maria Remarque publié un an auparavant, le film démonte avec brutalité le mensonge du patriotisme guerrier de la Première guerre mondiale : derrière les slogans et l’enthousiasme forcé, il n’y a que des corps broyés, des vies jeunes détruites et une violence absurde qui ne produit ni victoire morale ni sens collectif. Ce classique du 7ème art rappelle que la guerre n’est jamais un horizon émancipateur en soi… Précieux à l’heure où les tambours résonnent à nouveau en Europe et ailleurs. À voir sur la plateforme de films libres de droits Wikiflix !

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16.01.2026 à 11:50

Annuler les élections à mi-mandat : Trump ne « blague » jamais

Loïc Le Clerc
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Le président américain ne cesse de chercher des voies pour tordre la démocratie, voire l’empêcher. Chacune de ses déclarations doit être prise avec le plus grand sérieux. En novembre 2026, les Américains devraient retourner aux urnes pour les « midterms », les élections de mi-mandat qui renouvellent la Chambre des représentants (et un tiers du Sénat). Ça,…
Texte intégral (612 mots)

Le président américain ne cesse de chercher des voies pour tordre la démocratie, voire l’empêcher. Chacune de ses déclarations doit être prise avec le plus grand sérieux.

En novembre 2026, les Américains devraient retourner aux urnes pour les « midterms », les élections de mi-mandat qui renouvellent la Chambre des représentants (et un tiers du Sénat). Ça, c’est pour la théorie. Car Donald Trump vient d’avoir une idée : « Quand on y pense, il ne devrait même pas y avoir d’élections ». Évidemment, quand on connaît le rapport du président au droit de son pays et qu’on balance de telles déclarations, c’est accueilli avec effroi.

Immédiatement, la Maison Blanche a fourni une explication de texte : « Le président ne faisait que plaisanter. Il disait ‘Nous faisons un excellent travail, nous faisons tout ce que le peuple américain attend de nous, nous devrions peut-être simplement continuer sur notre lancée.’ » Une simple blague donc. Mouais. Comme si c’était dans le style Donald Trump de faire des blagues.

Au contraire, la démocratie est un sujet très sérieux pour le locataire (bientôt propriétaire ?) de la Maison Blanche. Lors de sa campagne, déjà, il promettait « Je ne serai pas un dictateur, sauf le premier jour », et à ses électeurs que, s’il était élu, les Américains n’auraient « plus à [se] soucier de voter ». Là encore, l’explication était la même : Donald Trump va faire tellement bien le taf qu’il n’y aura plus de problème à régler, donc plus besoin d’élections pour arbitrer…

À peine élu, Donald Trump envisageait d’outrepasser la Constitution pour briguer un troisième mandat. Et cette fois, il ne « blaguait pas » ! Tant et si bien que même les constitutionnalistes les plus sérieux se sont penchés sur la question, certains ne voyant dans les textes de loi rien qui empêcherait un tel coup de force. Comme s’il avait besoin de l’aval de quelques experts… Donald Trump n’a-t-il pas dit que « seuls le président ou le procureur général peuvent définir ou interpréter ce qu’est la loi » ou encore, citant Napoléon, que « celui qui sauve sa patrie ne viole aucune loi » ?

Cela fait un an que Donald Trump s’affirme au-dessus des lois, internationales comme nationales. Alors qui peut croire qu’il fait de l’humour à propos des élections ? Est-ce une « blague » lorsqu’il entend également « éliminer » le vote par correspondance au motif qu’il serait « corrompu » et, « tant qu’on y est », le vote électronique ? On rappelle qu’il n’a pas reconnu sa défaite de 2020, dénonçant les « fraudes » dues à ces moyens de vote… Une élection qui s’était d’ailleurs achevé par une tentative de coup d’État. Depuis, le président use de son pouvoir de grâce pour faire libérer les assaillants du Capitole.

Donald Trump est loin d’être à cours de « blagues » : redécoupage des circonscriptions, recensement pour évincer les immigrés, évictions dans l’administration (on pense notamment aux services en charge de surveiller l’action de la Maison Blanche et les processus démocratiques). Donald Trump réussira-t-il, cette fois, son coup d’État ? La question se pose chaque jour un peu plus.

15.01.2026 à 12:36

Dans les municipales, oser la politique

Catherine Tricot
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À 60 jours des élections municipales, le paysage commence à se stabiliser et de premières études d’opinion laissent entrevoir des tendances. Ces élections constituent un enjeu en tant que tel pour notre avenir quotidien. Les villes sont en première ligne dans le sport, l’enfance, la solidarité, les pratiques culturelles. Elles sont devenues des actrices de…
Texte intégral (931 mots)

À 60 jours des élections municipales, le paysage commence à se stabiliser et de premières études d’opinion laissent entrevoir des tendances.

Ces élections constituent un enjeu en tant que tel pour notre avenir quotidien. Les villes sont en première ligne dans le sport, l’enfance, la solidarité, les pratiques culturelles. Elles sont devenues des actrices de premier plan dans la transition écologique et l’adaptation au réchauffement climatique, le logement et, de plus en plus, la santé. Elles fabriquent nos vies et façonnent notre idée de la vie et du futur.


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Mais elles sont aussi un creuset politique. Autant que le sexe, la religion, la classe sociale, le lieu de vie façonne le positionnement politique. C’est dire qu’à moins d’un an de la présidentielle, elles sont décisives. Dans les villes de plus de 100 000 habitants, 17 sont dirigées par la droite, 14 par le PS, 8 par des écologistes, 2 par le PCF et 1 par le RN.

L’enjeu politique ne se réduit évidemment pas aux seules grandes villes. Le RN compte bien conforter son implantation dans les campagnes et le péri-urbain. Les gauches vont chercher à conforter leur unité de terrain. Mais, au-delà du local, des leçons politiques seront tirées.

D’ores et déjà on peut voir à quel point la droite est cul par-dessus tête. Que le Modem et Emmanuel Macron soutiennent, à Paris, la candidate qui se la joue comme Donald Trump – et qui est mise en examen pour corruption de centaines de milliers d’euros –, laisse les bras ballants. Que Gabriel Attal apporte son soutien au fils Sarkozy, candidat à Menton et qui n’exclut pas une alliance avec le RN et Reconquête, débecte tout autant. Toute morale a volé en éclat. Pour le moment, la très grande part des candidats de droite disent vouloir refuser les alliances de second tour avec l’extrême droite, sans distinction entre RN et Reconquête. Ce n’était pas gagné.

L’examen des études d’opinion montre une petite remobilisation à gauche, un début d’espoir que quelque chose peut être possible, que la déroute n’est pas inéluctable. Les équipes candidates ont la charge de l’amplifier.

À gauche, à quelques exceptions près, les partis qui dirigeaient les villes ont renouvelé leur union en excluant LFI… qui n’avait nullement l’intention de se joindre à eux. Quelques villes de Seine-Saint-Denis font exception avec des alliances PCF-LFI. Pour le moment, cette alliance des gauches semble plébiscitée : les électeurs de gauche confirment au niveau local leur attente de voir la gauche surmonter ses divisions.

Les listes conduites par LFI ne semblent pas engranger à la hauteur de l’influence du parti de Jean-Luc Melenchon. C’est en particulier le cas dans les villes où il y a un risque de bascule à droite, voire à l’extrême droite, comme à Paris ou Marseille. Les sondages – mais ce ne sont que des instantanés – les donnent plutôt en repli. Manuel Bompard, coordinateur de LFI, tente de redresser le discours : là où La France insoumise arrivera en tête de la gauche au premier tour des municipales, elle proposera une fusion à l’ensemble des autres listes de gauche afin de battre la droite et l’extrême droite. Là où elle ne sera pas en tête, il reviendra à la liste de gauche arrivée en première position de décider si elle souhaite ou non fusionner avec LFI. On s’éloigne des discours clivants refusant de voir réélire un maire socialiste ou proclamant vouloir nettoyer la ville socialiste de la corruption.

La petite hype des listes d’union de la gauche ne suffit pas à rassurer. La gauche n’a pas partie gagnée. Son unité répond à une forte attente, jamais démentie dans les sondages. Ses dissensions pèsent ; la gauche est morose. Il faudra aux listes de gauche trouver le dynamisme nécessaire à la victoire. Pas facile quand les choix politiques nationaux sont si divergents ; quand les partis et les militants sont si divisés sur la stratégie. Pourtant, l’examen des études d’opinion montre une petite remobilisation à gauche, un début d’espoir que quelque chose peut être possible, que la déroute n’est pas inéluctable. Les équipes candidates ont la charge de l’amplifier. Elles en auront besoin. On en aura besoin.

La richesse et la qualité des programmes seront un élément de cette mobilisation mais ce que les électeurs de gauche attendent, c’est une vision commune par-delà les différentes sensibilités. Pour emballer, les discours développés lors de ces élections municipales ne peuvent se contenter d’un catalogue de propositions. Nos villes ne sont pas coupées du monde. Et c’est aussi cela qui nous obsède.

15.01.2026 à 12:33

Dans les municipales, oser la politique

la Rédaction
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La newsletter du 15 janvier 📨
Texte intégral (1794 mots)

La newsletter du 15 janvier 📨

par Catherine Tricot

À 60 jours des élections municipales, le paysage commence à se stabiliser et de premières études d’opinion laissent entrevoir des tendances.

Ces élections constituent un enjeu en tant que tel pour notre avenir quotidien. Les villes sont en première ligne dans le sport, l’enfance, la solidarité, les pratiques culturelles. Elles sont devenues des actrices de premier plan dans la transition écologique et l’adaptation au réchauffement climatique, le logement et, de plus en plus, la santé. Elles fabriquent nos vies et façonnent notre idée de la vie et du futur.

Mais elles sont aussi un creuset politique. Autant que le sexe, la religion, la classe sociale, le lieu de vie façonne le positionnement politique. C’est dire qu’à moins d’un an de la présidentielle, elles sont décisives. Dans les villes de plus de 100 000 habitants, 17 sont dirigées par la droite, 14 par le PS, 8 par des écologistes, 2 par le PCF et 1 par le RN.

L’enjeu politique ne se réduit évidemment pas aux seules grandes villes. Le RN compte bien conforter son implantation dans les campagnes et le péri-urbain. Les gauches vont chercher à conforter leur unité de terrain. Mais, au-delà du local, des leçons politiques seront tirées.

D’ores et déjà on peut voir à quel point la droite est cul par-dessus tête. Que le Modem et Emmanuel Macron soutiennent, à Paris, la candidate qui se la joue comme Donald Trump – et qui est mise en examen pour corruption de centaines de milliers d’euros –, laisse les bras ballants. Que Gabriel Attal apporte son soutien au fils Sarkozy, candidat à Menton et qui n’exclut pas une alliance avec le RN et Reconquête, débecte tout autant. Toute morale a volé en éclat. Pour le moment, la très grande part des candidats de droite disent vouloir refuser les alliances de second tour avec l’extrême droite, sans distinction entre RN et Reconquête. Ce n’était pas gagné.

À gauche, à quelques exceptions près, les partis qui dirigeaient les villes ont renouvelé leur union en excluant LFI… qui n’avait nullement l’intention de se joindre à eux. Quelques villes de Seine-Saint-Denis font exception avec des alliances PCF-LFI. Pour le moment, cette alliance des gauches semble plébiscitée : les électeurs de gauche confirment au niveau local leur attente de voir la gauche surmonter ses divisions.

Les listes conduites par LFI ne semblent pas engranger à la hauteur de l’influence du parti de Jean-Luc Melenchon. C’est en particulier le cas dans les villes où il y a un risque de bascule à droite, voire à l’extrême droite, comme à Paris ou Marseille. Les sondages – mais ce ne sont que des instantanés – les donnent plutôt en repli. Manuel Bompard, coordinateur de LFI, tente de redresser le discours : là où La France insoumise arrivera en tête de la gauche au premier tour des municipales, elle proposera une fusion à l’ensemble des autres listes de gauche afin de battre la droite et l’extrême droite. Là où elle ne sera pas en tête, il reviendra à la liste de gauche arrivée en première position de décider si elle souhaite ou non fusionner avec LFI. On s’éloigne des discours clivants refusant de voir réélire un maire socialiste ou proclamant vouloir nettoyer la ville socialiste de la corruption.

La petite hype des listes d’union de la gauche ne suffit pas à rassurer. La gauche n’a pas partie gagnée. Son unité répond à une forte attente, jamais démentie dans les sondages. Ses dissensions pèsent ; la gauche est morose. Il faudra aux listes de gauche trouver le dynamisme nécessaire à la victoire. Pas facile quand les choix politiques nationaux sont si divergents ; quand les partis et les militants sont si divisés sur la stratégie. Pourtant, l’examen des études d’opinion montre une petite remobilisation à gauche, un début d’espoir que quelque chose peut être possible, que la déroute n’est pas inéluctable. Les équipes candidates ont la charge de l’amplifier. Elles en auront besoin. On en aura besoin.

La richesse et la qualité des programmes seront un élément de cette mobilisation mais ce que les électeurs de gauche attendent, c’est une vision commune par-delà les différentes sensibilités. Pour emballer, les discours développés lors de ces élections municipales ne peuvent se contenter d’un catalogue de propositions. Nos villes ne sont pas coupées du monde. Et c’est aussi cela qui nous obsède.

Catherine Tricot

🔴 RÉVÉLATION DU JOUR

Un macroniste découvre que le macronisme favorise les hyper-riches

L’ancien ministre de l’économie de François Bayrou, Éric Lombard, a mis le doigt sur l’un des trucs les plus insupportables du macronisme : « Parmi les personnes les plus fortunées, des milliers ont un revenu fiscal de référence de zéro. Ils ne paient aucun impôt sur le revenu ! » Réponse de l’actuelle ministre des comptes publics : ce « n’est pas vrai ». Panique à bord… Les propos de Lombard n’ont rien d’une maladresse : c’est la révélation d’un système, le rappel d’une réalité bien connue, mais rarement dite aussi crûment par ceux qui gouvernent. Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron, ses gouvernements ont pris le parti de protéger les riches. Non pas par contrainte, mais par conviction. Ce que révèle l’épisode Lombard, au fond, ce n’est pas seulement l’arrogance d’une élite hors-sol. C’est le vide politique qu’elle creuse volontairement, en réduisant la société à une somme d’intérêts privés et la richesse à une fin en soi.

P.P.-V.

ON VOUS RECOMMANDE…

« Les poètes palestiniens #1 », à la Maison de la Poésie à Paris. La soirée autour de la poésie palestinienne a rappelé avec force que la poésie n’est pas un refuge hors du monde mais un front culturel à part entière : en donnant à entendre les voix de Samer Abu Hawwash, Hend Jouda, Jumana Mustafa et Raed Wahash, traduites et accompagnées par Abdellatif Laâbi, cette rencontre a fait exister une parole trop souvent marginalisée, voire empêchée y compris dans l’espace public français. Dire la vie, la mémoire et la dignité d’un peuple face à l’effacement, dans un contexte où la solidarité avec la Palestine est sans cesse sommée de se taire, est une nécessité politique et culturelle que les poètes assument pleinement.

C’EST CADEAU 🎁🎁🎁

Une traversée de deux siècles d’histoire ouvrière par le Musée de l’histoire vivante.

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14.01.2026 à 11:10

Iran : un peuple qui veut vivre

Catherine Tricot
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Le régime iranien étouffe sa société. Pourtant, ce peuple n’a jamais cessé de se battre. Et massivement. Cette révolte est comme les précédentes : elle est partie d’un fait divers, d’un lieu inattendu. Cette fois, ce sont les marchands du bazar de Téhéran qui ont baissé leur rideau en signe de protestation. Qui aurait pu…
Texte intégral (892 mots)

Le régime iranien étouffe sa société. Pourtant, ce peuple n’a jamais cessé de se battre. Et massivement.

Cette révolte est comme les précédentes : elle est partie d’un fait divers, d’un lieu inattendu. Cette fois, ce sont les marchands du bazar de Téhéran qui ont baissé leur rideau en signe de protestation. Qui aurait pu le prévoir ? Ce groupe fait partie des soutiens traditionnels de l’ordre établi, de cette tradition obtuse sur laquelle le régime s’appuie depuis des décennies. Ils ont agi de façon inopinée parce qu’avec plus de 40% d’inflation, le commerce est grippé. On peut être un obscur dévot et vouloir vivre.


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Les commerçants du bazar ne sont pas devenus les leaders du mouvement. Ils l’ont enclenché. La dynamique n’a pris toute sa force qu’avec le renfort de la jeunesse, des femmes, de toutes les villes et de toutes les contrées. Son origine se perd dans un bouillonnement plus profond, plus ancien, dont chacun sent qu’il dépasse largement l’étincelle d’origine.

L’Iran est inscrit dans un processus révolutionnaire de longue durée. En 1979, ce n’est pas une manœuvre de palais qui a fait tomber le Shah, mais des millions d’Iraniens dans la rue, une mobilisation populaire massive qui a rendu le régime intenable et contraint le monarque à fuir. La révolution islamique a confisqué cet élan, l’a détourné, l’a écrasé, mais elle n’a jamais éteint le feu qui l’avait rendue possible.

Depuis, l’histoire iranienne est scandée par des soulèvements récurrents, profonds, massifs. En 2009, des millions d’Iraniens sont descendus dans la rue pour contester les résultats officiels de l’élection présidentielle. En 2022, c’est contre un régime liberticide, misogyne, qui martyrise les femmes, que le pays s’est soulevé. Aujourd’hui, l’enjeu semble plus diffus… et c’est précisément ce qui le rend capable de rassembler largement. Chacun vient avec sa révolte. Et c’est cette diversité, celle qui ressemble au peuple, qui donne la force. Quelque chose peut basculer.

Ce peuple, constitué dans une histoire et une culture millénaires, forgé dans des combats terribles, existe politiquement et n’entend pas être « libéré ». Les tentatives d’ingérence des États-Unis version Trump relèvent du grotesque. Elles ne servent ni la liberté ni les Iraniens. Elles nourrissent la propagande du régime.

Ce processus est contradictoire et complexe, parfois déroutant. Les mobilisations peuvent être massives aussi quand il s’agit de soutenir le régime, comme on l’a vu encore cette semaine. Ces démonstrations de force ne sont pas des illusions d’optique : elles disent l’existence d’un pays traversé de tensions, d’allégeances, de peurs, de convictions antagonistes.

Depuis 1979, l’Iran est une théocratie devenue à l’évidence une dictature étouffante pour son peuple. Les mollahs et leurs sbires, les gardiens de la révolution, font régner la coercition la plus dure, l’obscurantisme le plus étroit, la violence la plus brute. Les premières années de la révolution se sont vite révélées un cauchemar pour tous ceux qui espéraient une libération avec la chute du régime du Shah. Le parti Toudeh, grand parti communiste, a été interdit. L’exil des intellectuels, des opposants politiques, a été massif. La promesse révolutionnaire a été trahie mais la mémoire de la révolution est restée.

Il n’y a aucun doute que ce peuple, constitué dans une histoire et une culture millénaires, forgé dans des combats terribles, existe politiquement et n’entend pas être « libéré ». Le nationalisme iranien est une réalité qu’il faut prendre au sérieux. Le blesser, l’instrumentaliser, ou prétendre s’y substituer, alors que le vent de la liberté souffle à nouveau, n’a aucun sens. À cet égard, les tentatives d’ingérence des États-Unis version Trump relèvent du grotesque. Elles ne servent ni la liberté ni les Iraniens. Elles nourrissent la propagande du régime.

Ce régime de malheur doit tomber.

Que pouvons-nous faire ? Il faut agir vite et fort. Des centaines, des milliers d’Iraniens ont été abattus. Des milliers sont arrêtés et risquent le pire. Les actions politiques, militantes, journalistiques, diplomatiques doivent s’accélérer. Il faut soutenir et faire confiance. Les Iraniens se battent et ils gagneront. Ce sera leur victoire, par leur courage.

Femme, vie, liberté.

14.01.2026 à 11:08

Iran : un peuple qui veut vivre

la Rédaction
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La newsletter du 14 janvier 📨
Texte intégral (1857 mots)

La newsletter du 14 janvier 📨

par Catherine Tricot

Le régime iranien étouffe sa société. Pourtant, ce peuple n’a jamais cessé de se battre. Et massivement.

Cette révolte est comme les précédentes : elle est partie d’un fait divers, d’un lieu inattendu. Cette fois, ce sont les marchands du bazar de Téhéran qui ont baissé leur rideau en signe de protestation. Qui aurait pu le prévoir ? Ce groupe fait partie des soutiens traditionnels de l’ordre établi, de cette tradition obtuse sur laquelle le régime s’appuie depuis des décennies. Ils ont agi de façon inopinée parce qu’avec plus de 40% d’inflation, le commerce est grippé. On peut être un obscur dévot et vouloir vivre.

Les commerçants du bazar ne sont pas devenus les leaders du mouvement. Ils l’ont enclenché. La dynamique n’a pris toute sa force qu’avec le renfort de la jeunesse, des femmes, de toutes les villes et de toutes les contrées. Son origine se perd dans un bouillonnement plus profond, plus ancien, dont chacun sent qu’il dépasse largement l’étincelle d’origine.

L’Iran est inscrit dans un processus révolutionnaire de longue durée. En 1979, ce n’est pas une manœuvre de palais qui a fait tomber le Shah, mais des millions d’Iraniens dans la rue, une mobilisation populaire massive qui a rendu le régime intenable et contraint le monarque à fuir. La révolution islamique a confisqué cet élan, l’a détourné, l’a écrasé, mais elle n’a jamais éteint le feu qui l’avait rendue possible.

Depuis, l’histoire iranienne est scandée par des soulèvements récurrents, profonds, massifs. En 2009, des millions d’Iraniens sont descendus dans la rue pour contester les résultats officiels de l’élection présidentielle. En 2022, c’est contre un régime liberticide, misogyne, qui martyrise les femmes, que le pays s’est soulevé. Aujourd’hui, l’enjeu semble plus diffus… et c’est précisément ce qui le rend capable de rassembler largement. Chacun vient avec sa révolte. Et c’est cette diversité, celle qui ressemble au peuple, qui donne la force. Quelque chose peut basculer.

Ce processus est contradictoire et complexe, parfois déroutant. Les mobilisations peuvent être massives aussi quand il s’agit de soutenir le régime, comme on l’a vu encore cette semaine. Ces démonstrations de force ne sont pas des illusions d’optique : elles disent l’existence d’un pays traversé de tensions, d’allégeances, de peurs, de convictions antagonistes.

Depuis 1979, l’Iran est une théocratie devenue à l’évidence une dictature étouffante pour son peuple. Les mollahs et leurs sbires, les gardiens de la révolution, font régner la coercition la plus dure, l’obscurantisme le plus étroit, la violence la plus brute. Les premières années de la révolution se sont vite révélées un cauchemar pour tous ceux qui espéraient une libération avec la chute du régime du Shah. Le parti Toudeh, grand parti communiste, a été interdit. L’exil des intellectuels, des opposants politiques, a été massif. La promesse révolutionnaire a été trahie mais la mémoire de la révolution est restée.

Il n’y a aucun doute que ce peuple, constitué dans une histoire et une culture millénaires, forgé dans des combats terribles, existe politiquement et n’entend pas être « libéré ». Le nationalisme iranien est une réalité qu’il faut prendre au sérieux. Le blesser, l’instrumentaliser, ou prétendre s’y substituer, alors que le vent de la liberté souffle à nouveau, n’a aucun sens. À cet égard, les tentatives d’ingérence des États-Unis version Trump relèvent du grotesque. Elles ne servent ni la liberté ni les Iraniens. Elles nourrissent la propagande du régime.

Ce régime de malheur doit tomber.

Que pouvons-nous faire ? Il faut agir vite et fort. Des centaines, des milliers d’Iraniens ont été abattus. Des milliers sont arrêtés et risquent le pire. Les actions politiques, militantes, journalistiques, diplomatiques doivent s’accélérer. Il faut soutenir et faire confiance. Les Iraniens se battent et ils gagneront. Ce sera leur victoire, par leur courage.

Femme, vie, liberté.

Catherine Tricot

🔴 CENSURE DU JOUR

Mercosur, budget et tant d’autres choses : tout est à censurer

Il y aura des motions de censure. Aujourd’hui contre le Mercosur ; bientôt contre le budget de l’État porté par le pouvoir. La seconde est évidente ; la première moins. Le gouvernement est pleinement responsable de sa proposition de budget : peu de chance qu’il trouve une majorité pour la voter. L’affrontement parlementaire se terminera par un vote contre le gouvernement. C’est clair et tout le monde comprend. C’est moins le cas de la motion de censure contre le Mercosur, même s’il est évident qu’Emmanuel Macron et ses multiples gouvernements ont fluctué et mal mené la lutte contre cet accord obsolète et délétère de libre-échange. Mais il est tout aussi évident que ce n’est pas le seul sujet sur lequel les gouvernements et Emmanuel Macron ont failli. Le logement ? La politique industrielle ? La recherche ? La pauvreté ? Les inégalités ? Rien ne va. À un moment ou à un autre, cette politique aussi devra être censurée, de façon claire et nette : par les citoyens, dans les urnes. Aujourd’hui, des députés devanceront l’appel.

C.T.

ON VOUS RECOMMANDE…

Les créateurs et créatrices d’Iran déploient une vitalité et une puissance remarquables. Qu’ils et elles s’expriment par les mots, le dessin, le cinéma, la musique ou les arts visuels, la chape de la censure étatique ne parvient jamais à étouffer l’éclat de leurs œuvres, qui continuent de s’imposer par leur beauté et leur force. Comme cette série disponible sur Arte, « The Actor », qui raconte le quotidien chancelant de deux comédiens de Téhéran qui tentent, vaille que vaille, de subsister grâce à leur métier. Humour en biais et tristesse âpre, la série s’impose par l’usage puissant d’une allégorie du spectacle vivant pour dire l’étau des pouvoirs autoritaires.

C’EST CADEAU 🎁🎁🎁

Une jeune femme a chanté pour la liberté dans les rues d’Iran. Elle savait ce qui pouvait lui arriver, mais elle a chanté quand même. En Iran, une femme qui chante en public n’est pas considérée comme une artiste. C’est un acte politique. C’est à cela que ressemble le courage sous un régime autoritaire : des actes ordinaires se transforment en résistance parce que la liberté est interdite.

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14.01.2026 à 10:30

« La société iranienne est en processus révolutionnaire depuis 2009 »

Pablo Pillaud-Vivien
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Pouria Amirshahi, franco-iranien, député de Paris, membre du groupe Écologiste et Social, est l’invité de #LaMidinale.
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13.01.2026 à 15:16

« La gauche française devrait écouter ce que disent les oppositions vénézuéliennes de gauche »

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Yoletty Bracho, enseignante franco-vénézuélienne en sciences politiques à l’université d’Avignon, est l’invitée de #LaMidinale.
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Yoletty Bracho, enseignante franco-vénézuélienne en sciences politiques à l’université d’Avignon, est l’invitée de #LaMidinale.

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