
15.01.2026 à 12:00
David Dufresne
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Suite aux attaques de la Bollosphère, Thomas Legrand, lui le fervent adepte de la culture du compromis, contre-attaque. Il a déposé plainte contre Europe 1 et CNews. Et accuse : «ce sont une organisation politique dotée de studios dans un but de propagande». Avec lui, on est revenu sur ses accusations, le métier (étrange) de commentateur politique, l'endogamie qui règne chez ses pairs et leur sujet (le monde politique). Et comment la trumpisation du débat public gagne la France.
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Depuis des années, Thomas Legrand commente la vie politique. Aujourd’hui, c’est lui qui se retrouve dans la tempête. Une tempête médiatique, judiciaire, politique. Une conversation privée avec Laurence Bloch, ex-directrice de France Inter, captée à son insu, se retrouve projetée en pleine lumière. Disséquée. Sortie de son contexte. Exploitée. Ce matin, on apprend par la cellule investigation que l’enregistrement illégal porte une signature : Alexis Delafontaine, journaliste à Europe 1.
Au micro d’Au Poste, Legrand tranche: «Oui à débat sur la connivence mais pas à l’occasion d’un montage frauduleux, manipulatoire, fait par des fachos, contre le service public»
Avec nous, il est revenu sur son audition démentielle devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale. Frustrant, parce que trop court (en pleine tempête, Legrand avait, on le comprend, fort à faire), l’entretien dévoile néanmoins l’état de la fabrication de l’opinion.
14.01.2026 à 20:05
David Dufresne
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Le Proche-Orient n’est ni une énigme insoluble ni un chaos éternel. Dans cet entretien dense et pédagogique, le politiste Ziad Majed démonte un siècle de récits tronqués, de mythes géopolitiques et de simplifications dangereuses. De la Palestine à l’Iran, du Liban aux révolutions arabes, il restitue les continuités historiques, les ruptures fondatrices et les responsabilités internationales.
Une lecture indispensable pour comprendre pourquoi cette région reste au cœur du basculement mondial.
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On aurait pu intituler cet épisode « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Proche-Orient ». Car notre invité, le politiste franco-libanais Ziad Majed, ne fait pas mystère de l’objectif de son dernier ouvrage : en bon professeur, il propose d’offrir une entrée pédagogique à cette région du monde, dont le destin est intimement lié à celui de l’Occident. En remontant au début du siècle dernier, et à travers des escales autour d’événements clés, l’auteur aide à mieux comprendre les enjeux de la nouvelle séquence qui s’est ouverte au lendemain du 7 octobre 2023, et éclaire le rôle que les puissances occidentales ont joué — et continuent de le faire — au Proche-Orient.
Sarra Grira / Orientxxi.info
Le Proche-Orient agit comme un révélateur mondial : «le droit international a été exclu de notre région», avant d’être progressivement fragilisé ailleurs, faisant de Gaza un miroir de l’ordre international en crise.
La question palestinienne s’inscrit dans une histoire longue amorcée à la fin du XIXe siècle, bien avant 1948, et devient rapidement une question internationale structurante.
L’idée d’un Proche-Orient incompréhensible relève d’un mythe politique : «l’histoire de la Palestine et du Proche-Orient est accessible», à condition de rompre avec la paresse intellectuelle et le refus d’affronter l’histoire coloniale.
La chute de l’Empire ottoman constitue un premier moment fondateur, suivie par la Nakba de 1948, qui «va avoir des conséquences sur toute la région et sur toute la culture politique», bien au-delà du seul cadre israélo-palestinien.
La guerre de 1973 marque un basculement décisif : «c’était la dernière guerre entre États arabes et Israël», ouvrant une ère de conflits non étatiques et la montée en puissance des monarchies pétrolières du Golfe.
La centralité palestinienne s’impose malgré les tentatives répétées de l’effacer : «à chaque moment où on pensait que la Palestine était devenue secondaire, elle revient et s’impose».
L’Iran incarne une trajectoire marquée par des blessures démocratiques anciennes, de 1906 à 1953, puis par une révolution confisquée : «la société iranienne s’exprime politiquement depuis des décennies».
Le régime iranien instrumentalise la Palestine pour sa stratégie régionale tout en écrasant ses oppositions internes : «ils soutiennent des mouvements de résistance, mais pour leur propre hégémonie».
Le confessionnalisme ne suffit pas à expliquer les conflits : «la grille sunnite-chiite n’explique pas grand-chose», les dynamiques étant d’abord politiques, sociales et géostratégiques.
Le Hezbollah a perdu sa prétention protectrice : «ses armes n’ont pas protégé le Sud Liban», et son engagement régional l’a exposé à une défaite militaire majeure.
13.01.2026 à 10:39
David Dufresne
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Ils ne paient pas d’impôts, mais ils achètent les médias, les lois, et même l’avenir de la planète. Monique Pinçon-Charlot, sociologue des riches, démasque l’oligarchie française : une caste qui s’enferme dans ses ghettos dorés, manipule la démocratie, et accélère le chaos climatique. « Le capitalisme est à bout de souffle, et nous avec », lance-t-elle, impitoyable. Des cercles secrets aux fraudes fiscales géantes, des présidents milliardaires à la mainmise sur Paris, elle révèle comment une poignée d’hommes et de femmes a confisqué le pouvoir, l’espace, et jusqu’à l’air que nous respirons.
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C’est un livre fondateur sur la domination sociale. Un coup de projecteur inédit sur ceux qu’on n’interroge jamais : les riches. En 1989, avec Dans les beaux quartiers, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon imposent une rupture : pour la première fois, la bourgeoisie devient objet d’étude en chair et en réseaux. Trente-six ans plus tard, le texte reparaît — chez Rue de l’échiquier et Les Voix urbaines, augmenté d’une préface du génial Éric Vuillard — et sa charge reste intacte.
Les « ghettos du gotha » ont pris le pouvoir sur la ville, les quartiers se ferment, les corps se trient. La sécession spatiale des élites est un fait. Au Poste, Monique Pinçon-Charlot, bien connue de nos services, venue en 2023 pour «Le Méprisant de la République», revient sur cette première immersion, sur l’évolution du terrain, sur les limites d’un monde désormais bunkérisé.
La sociologue explique que le concept de séparatisme s’impose aujourd’hui car «nos recherches sur le séparatisme des riches dans l’espace urbain n’ont pas pris une ride» et que ce terme éclaire mieux la rupture civique opérée par les élites. «Ils ne contribuent pas à la solidarité nationale»
Elle décrit le passage d’une classe dominante à une structure plus fermée encore, affirmant que «ce n’est même plus une classe dominante, c’est une oligarchie», caractérisée par la captation des titres de propriété et du pouvoir politique. «C’est une petite caste qui s’approprie toutes les richesses»
Le séparatisme est aussi spatial : ghettos du Gotha, cercles fermés, quartiers protégés, où l’entre-soi devient une arme sociale durable. «Tout change pour que rien ne change»
Elle montre que les riches pensent de manière relationnelle, à l’inverse des classes populaires fragmentées, ce qui leur permet de coordonner intérêts économiques, politiques et culturels. «Ils sont toujours en train de mettre les choses en relation»
La guerre de classe est explicitement assumée par les dominants, rappelant une phrase fondatrice pour ses travaux. «La guerre de classe existe et ce sont les riches qui la mènent»
Monique Pinçon-Charlot insiste sur la reproduction sociale intégrale, combinant capital économique, social, culturel et symbolique. «On ne peut pas rester riche tout seul»
Elle analyse la mainmise des milliardaires sur les médias comme un substitut au parti unique. «Ils ont remplacé le parti unique par la pensée unique»
L’extrême droite apparaît comme une alliée structurelle des intérêts oligarchiques, hier comme aujourd’hui. «La collaboration avec l’extrême droite est ancienne»
Sur l’écologie, elle établit une responsabilité directe des plus riches dans le chaos climatique. «Les 10 % les plus riches sont responsables de près de la moitié des émissions»
Enfin, elle remet en cause l’état réel de la démocratie contemporaine. «Nous ne sommes plus en démocratie»
12.01.2026 à 10:52
David Dufresne
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Deux invités, un même fil rouge : l’exercice du pouvoir sans contre-pouvoir réel. Ana Pich raconte ce qu’elle voit, carnet à la main, dans les tribunaux où la police est jugée par la justice. Stéphane Galais revient sur son interpellation au pied de l’Arc de Triomphe et sur la répression des luttes paysannes. En toile de fond, un scandale médiatique : Frontières épinglé pour s’être fait passer pour Au poste. Une matinale sur l’impunité, la répression et les dérives de l’information.
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Avec Ana Pich, à 7h30, autrice de «Sans foi ni loi, la police face à la justice» (Florent Massot) on a vu comment la police est jugée.
A 8h30, Stéphane Galais, porte parole de la Confédération paysanne, interpellé violemment vendredi, et mis en garde à vue à Paris. Avec lui, on est revenu sur cet événement, le Mercosur, la DNC, et et que faire de la lutte avec des gens qui ne sont pas des camarades (Coordination rurale).
Retour aussi sur Frontières, tout juste épinglé par le Conseil de déontologie journalistique et de médiation pour avoir usurpé notre identité: le média d’extrême droite s’était fait passer pour Au Poste lors des universités d’été de LFI en aout 2025
Chaque lundi matin, Au Poste tente de mettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique dominant. «France Déter» accueille des invité·e·s, tient des revues de presse particulières, donne le temps des nuages et des luttes, explore le passé, étrille le présent.
C’est en direct, c’est fait maison. Préparez le café!
La dessinatrice Ana Pich décrit un sentiment d’impunité omniprésent dans les audiences correctionnelles, incarné par cette phrase prononcée par un policier poursuivi pour violences : « Je suis flic, il ne peut rien m’arriver », une assertion répétée devant les juges et intégrée comme une évidence par les prévenus.
Elle explique que les procès observés ne représentent qu’une infime partie des violences policières, après une série de filtres judiciaires — classements sans suite, non-lieux, abandons de poursuites — décidés en amont par le parquet, rendant l’audience publique trompeuse quant à l’ampleur réelle des faits.
Un argument revient systématiquement dans les défenses policières : « l’effet tunnel », présenté comme une conséquence du stress opérationnel, utilisé pour justifier des tirs, des coups ou des décisions mortelles, notamment dans les affaires de maintien de l’ordre.
Ana Pich insiste sur la fidélité absolue de son travail de dessinatrice d’audience, réalisé en direct, où chaque planche repose sur la retranscription exacte des paroles prononcées, constituant un matériau brut permettant une lecture sociologique du fonctionnement judiciaire.
Elle revient sur des drames emblématiques comme la noyade de Steve Maia Caniço, rappelant que seul le commissaire a été poursuivi puis relaxé, tandis que l’ensemble de la chaîne de commandement et les policiers ayant chargé ont bénéficié de non-lieux.
De son côté, le porte parole de la Confédération paysanne Stéphane Galais raconte son interpellation violente au pied de l’Arc de Triomphe, dénonçant un deux poids deux mesures entre les mobilisations agricoles soutenues par la FNSEA et celles de la Confédération paysanne, pourtant connues et encadrées.
Il affirme que la répression vise prioritairement les forces syndicales minoritaires et progressistes, rappelant des pratiques récurrentes de nasses, de gardes à vue et d’entraves au droit de manifester à l’encontre de son organisation.
Le porte-parole démonte l’accord Mercosur, expliquant que même une hypothétique réciprocité des normes ne suffirait pas à compenser un différentiel structurel massif, conduisant mécaniquement à la destruction des marchés paysans et au renforcement de l’agro-industrie.
Il clarifie les convergences ponctuelles avec d’autres organisations agricoles, affirmant l’absence totale de rapprochement idéologique avec l’extrême droite et rappelant la nécessité de combattre ses idées dans les territoires ruraux.
L’émission revient enfin sur le scandale Frontières : le média s’est fait passer pour Au poste afin d’obtenir des interviews lors des Amfis de la France insoumise, utilisant un tract du média pour entretenir la confusion. Le Conseil de déontologie journalistique et de médiation a conclu que « l’obligation déontologique de ne pas recourir à des méthodes déloyales dans la collecte de l’information n’a pas été respectée », épinglant Frontières pour usurpation d’identité et pratiques trompeuses.
10.01.2026 à 10:53
Euryale
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Derrière ces gestes simples se cache une longue histoire de luttes politiques, de propagande et de contre-information. Du photomontage communiste des années 1930 à la presse alternative des années 1970, Max Bonhomme et James Horton retracent un siècle d’images militantes.
Affiches, journaux, cartes postales et tracts deviennent des armes visuelles. Une plongée dans la culture graphique des révoltes modernes.
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Les portraits détourés de nos deux invités ; une image de fond qui évoque le thème de l’émission ; le titre, le nom de l’émission en texte ; le logo et la charte graphique d’Au poste. La vignette qui accompagne cette annonce pour ma prochaine émission « Du passé faisons table basse » est un photomontage.
Or les photomontages ont une longue histoire, et ce, avant Photoshop. Une histoire marquée à gauche qui plus est !
Pour en parler, j’ai convoqué Max Bonhomme et James Horton. Tous deux ont contribué (le premier ayant même co-organisé) à la magnifique exposition à La Contemporaine (Nanterre) et à son catalogue : Couper, coller, imprimer (éditions Anamosa). Je les cuisinerai sur cette technique graphique, cet art politique international du photomontage qui accompagne les grandes luttes politiques du XXe siècle, du Göring en boucher de John Heartfield aux collages critiques de la presse radicale des années 70, en passant par les constructivistes soviétiques, les Unes de Regards, les almanachs paysans et ouvriers des années 30, les affiches en soutien aux républicains espagnols (et républicaines espagnoles), mais aussi les récupérations fascistes. Alors qu’aujourd’hui des collectifs de graphistes excellent dans l’art de représenter et booster nos luttes (je pense notamment à Formes de Luttes), les photomontages d’hier éclairent ceux du présent.
Mathilde Larrère
Le photomontage contemporain, des affiches militantes aux mèmes numériques, prolonge ces traditions en continuant à « faire violence à l’image » pour attaquer symboliquement le pouvoir
Le photomontage est défini comme une technique graphique reposant sur l’assemblage d’images photographiques préexistantes afin de produire « un troisième sens », issu du montage et de la confrontation visuelle
L’histoire du photomontage politique est indissociable de l’imprimé, de la presse illustrée, de l’affiche et de la carte postale, supports essentiels à sa diffusion massive
Les premières sources permettant d’étudier ces images sont souvent issues de la surveillance policière, notamment « les services de surveillance » et les archives conservées aux Archives nationales
Dans les années 1920-1930, le photomontage est pensé comme une arme politique, notamment dans l’Allemagne de Weimar, avec John Heartfield et la revue Arbeiter-Illustrierte-Zeitung tirant jusqu’à « 400 000 exemplaires »
Le photomontage permet de « tourner en dérision l’idéologie, les figures politiques » et de rendre la presse militante populaire, visuelle et accessible
La guerre d’Espagne donne lieu à une production graphique intense où artistes et militants collaborent pour produire affiches et appels internationaux à la solidarité
Dans les années 1960-1970, la presse alternative renouvelle le photomontage à travers le collage, l’offset, le grand format et des mises en page anarchiques issues de la contre-culture
Les journaux alternatifs sont conçus comme des espaces de convergence des luttes, mêlant antiracisme, féminisme, anti-impérialisme et libération sexuelle
Les pratiques graphiques révèlent des tensions internes aux mouvements, notamment sur les questions féministes, menant à la création de journaux autonomes comme Le Torchon brûle
08.01.2026 à 20:21
Hélène Assekour
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Science, pesticides, climat : derrière le vernis du consensus, une mécanique bien huilée fabrique le doute. Comment les industriels, avec l’aide de relais médiatiques, ont appris à instrumentaliser la science contre l’écologie. Stéphane Foucart démonte les stratégies, les mensonges et les conflits d’intérêts qui minent le débat démocratique.
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Les pesticides sont-ils dangereux pour la santé humaine ? Pour les abeilles ? Le dérèglement climatique est-il dû à l’activité humaine ?
Pour les industriels de la chimie, de l’agroalimentaire ou des énergies fossiles, il est nécessaire d’entretenir le doute sur ces questions, et ainsi retarder la mise en place de mesures de restrictions ou d’interdictions de leurs produits par les pouvoirs publics.
Si les tromperies et le lobbying auprès des autorités sont des stratégies rodées depuis des décennies, ils prennent aujourd’hui de nouvelles formes, en propageant des éléments de langage sous les atours de la défense de la « bonne science ». Dans un formidable retournement, ce sont alors les écologistes qui sont accusés de désinformation, tandis qu’amateurs de science et sphères rationalistes se font le relai des messages des industriels.
Stéphane Foucart est journaliste au Monde, où il couvre l’actualité des sciences de l’environnement. Avec Stéphane Horel, il a révélé les Monsanto Papers qui dévoilent les pratiques d’intimidation, de fraude scientifique et les campagnes d’influence du géant de la chimie agricole. Dans ses livres, notamment Les gardiens de la raison, co-écrit avec Stéphane Horel et Sylvain Laurens, il enquête sur la façon dont les industriels instillent le doute sur les questions écolos en détournant les principes scientifiques.
La science est utilisée comme arme politique : «ce n’est pas défendre la science, c’est instrumentaliser son autorité pour empêcher la prise de conscience collective».
La controverse sur les pesticides ne porte pas sur leur dangerosité intrinsèque mais sur «la question est de savoir dans quelle mesure est-ce qu’ils représentent un risque pour les humains ou pour l’environnement aux doses auxquelles ils sont utilisés».
Les agences réglementaires s’appuient sur des données produites par les industriels eux-mêmes : «toute la production de connaissances destinée à permettre l’autorisation de mise sur le marché est à la main des industriels».
La différence entre le CIRC et les agences ne relève pas d’une divergence scientifique mais de sources opposées : «le CIRC se base uniquement sur la littérature scientifique publiée», tandis que «les agences réglementaires se fondent sur des tests toxicologiques produits par les industriels et qui sont secrets».
Le secret des affaires empêche l’accès démocratique à l’évaluation des risques : «on a tous dans notre organisme des substances dont on n’a pas le droit de savoir comment elles ont été évaluées».
Les formulations commerciales des pesticides ne sont pas évaluées à long terme : «les produits formulés ne sont pas évalués dans des tests chroniques comme les substances actives».
L’histoire des pesticides montre un échec structurel : «tous les produits autorisés à un moment ou un autre sortent du marché parce qu’il se passe quelque chose qu’on n’avait pas anticipé».
L’argument «corrélation n’est pas causalité» impose un seuil de preuve inatteignable : «on ne pourra jamais démontrer la causalité dans le monde réel».
La rhétorique «danger versus risque» est une construction industrielle : «le point de désaccord n’est pas danger et risque, c’est danger et danger».
Les Monsanto Papers révèlent des pratiques de ghostwriting scientifique : «des articles étaient écrits par Monsanto puis signés par des chercheurs du monde académique».
06.01.2026 à 11:20
David Dufresne
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Le spectre du narcotrafic hante l’Europe. A Marseille, on tue pour un coin de rue. A Amsterdam, on réinvente les grands commerçants voyageurs des siècles passés. Les trafics redessinent les quartiers, organisent les vies, infiltrent les institutions, défient les États.
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La bien connue de nos services Clara Martot Bacry, co-autrice de Marseille sous emprise. Comment la drogue s’empare d’une ville (Éditions Hors d’atteinte, à paraître le 9 janvier), et Christophe Bouquet, co-réalisateur du documentaire Narcotrafic, le poison de l’Europe (diffusé ce soir sur Arte), croisent ici leurs regards.
L’une a arpenté les rues de Marseille pendant trois ans avec Coralie Bonnefoy et Benoît Gilles pour une enquête de terrain sans précédent, à 360°. Leur livre rassemble les dix-sept articles de la série publiés dans Marsactu et des textes inédits. Il y est question de shit, de crack, de points de deal éphémères, de personnes ayant survécu à des blessures par balles, de DZ Mafia et de détention, mais aussi de la domination physique, sociale et culturelle que le trafic exerce sur les individus.
L’autre raconte comment l’histoire du narcotrafic se fond dans celle du capitalisme et du colonialisme. Avec son comparse Mathieu Verboud, Christophe Bouquet a suivi les flux, les routes, les complicités souterraines d’un marché global, ultra-libéral et ultra-efficace: le narcocapitalisme.
05.01.2026 à 09:15
David Dufresne
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Le Venezuela bombardé, Maduro enlevé, la sidération comme arme politique.
Christophe Ventura décrypte une opération américaine sans précédent en Amérique du Sud, où pétrole, Chine et restauration impériale s’entremêlent.
En miroir, Simon Grysole raconte comment enquêter sur le pouvoir local peut mener au tribunal.
Deux récits, un même fil rouge : la brutalisation du politique et la pression croissante sur l’information indépendante.
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Trump, sans foi ni loi, sans surmoi ni limite, a-t-il déclaré la guerre au monde entier, en bombardant Caracas? Que penser de la capture de Maduro, et de la mise en scène mondiale des bombes sur le Vénézuela. Pour cette première matinale 2026, France Déter est fier d’avoir reçu Christophe Ventura, journaliste du Monde Diplomatique, fin connaisseur de l’Amérique latine, auteur notamment ce mois-ci de M. Trump, pirate des Caraïbes. Et à 8h30, Simon Grysole du journal l’Empaillé, attaqué pour «injure» par le directeur de la police municipale de Perpignan (audience jeudi), était avec nous pour nous narrer les tenants et les aboutissants d’une sale procédure.
Chaque lundi matin, Au Poste tente de mettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique dominant. «France Déter» accueille des invité·e·s, tient des revues de presse particulières, donne le temps des nuages et des luttes, explore le passé, étrille le présent. C’est en direct, c’est fait maison. Préparez le café!
L’intervention américaine à Caracas marque une rupture historique : « c’est la première fois que les États-Unis militairement interviennent directement sur un territoire sud-américain », avec un déploiement aérien massif et une opération éclair visant l’enlèvement de Nicolas Maduro. Ventura décrit une action préparée de longue date, fondée sur un maillage militaire régional et un renseignement infiltré au plus haut niveau de l’État vénézuélien.
L’effet recherché est aussi médiatique que militaire : « tout est minutieusement calibré et scénarisé », afin de focaliser l’attention sur la performance technologique et non sur le fond stratégique de l’opération. Trump revendique lui-même cette logique spectaculaire en parlant d’une opération faite « pour faire de la good television ».
Le cœur du conflit dépasse largement le Venezuela : « cette opération s’inscrit dans une stratégie de restauration impériale des États-Unis en Amérique latine », avec un objectif central de containment de la Chine. Ventura souligne que Pékin est désormais le premier partenaire commercial de la majorité des pays sud-américains.
Le pétrole vénézuélien est un levier clé mais non unique. Depuis Chavez, Caracas a diversifié ses alliances énergétiques, et « aujourd’hui, 80 % du pétrole vénézuélien part en Chine », y compris via des circuits de contournement des sanctions. Les sanctions américaines ont, selon Ventura, produit mécaniquement contrebande et flottes fantômes.
Le régime de Maduro ne relève pas d’une dictature classique : « on ne peut pas qualifier Nicolas Maduro de dictateur », mais d’un pouvoir devenu autoritaire sous pression constante. L’autoritarisme est décrit comme « à géométrie variable », fonction directe des ingérences extérieures et de la conflictualité interne.
L’exode de huit millions de Vénézuéliens s’explique d’abord par l’effondrement économique : « le pays a perdu 75 % de son PIB en dix ans ». Ventura insiste sur le rôle déterminant des sanctions énergétiques américaines dans l’asphyxie du pays.
La lutte contre le narcotrafic sert de justification permanente à l’ingérence : « Trump considère qu’il faut détruire l’offre pour faire disparaître le problème », une logique jugée illusoire après des décennies d’échec. La demande mondiale, et d’abord américaine, demeure le moteur central du trafic.
À Perpignan, Simon Grysole (du journal L’Empaillé) décrit une autre forme de pression : « ce procès est une procédure bâillon », visant à épuiser financièrement et humainement un média indépendant. L’attaque judiciaire porte sur un détail lexical, révélateur selon lui d’une volonté d’intimidation.
L’article incriminé documente un dispositif policier agressif et médiatisé, mais « ils veulent nous faire perdre du temps et de l’argent », pas débattre du fond. Grysole souligne que d’autres enquêtes, plus sévères encore, n’ont pas été poursuivies lorsqu’elles venaient de médias plus puissants.
30.12.2025 à 11:36
David Dufresne
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Spéciale dernière de l'année! Avec une grosse (et belle) surprise! Comment Au Poste compte maintenir son cap pour sa cinquième année !
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Dernière émission de l’année, moment charnière pour Au Poste. On déroule la refonte complète du site et un nouveau modèle mêlant dons et abonnements. Un plaidoyer pour le direct, le temps long et un journalisme affranchi des logiques industrielles.
Rappel du principe fondateur d’Au Poste et du direct : «Nous sommes les seuls à être toujours toujours toujours en direct» et refus du montage comme norme éditoriale.
Analyse du financement de la presse et de son histoire : «La presse n’est pas une marchandise comme les autres» et rappel du rôle de la Révolution française et du Conseil national de la Résistance.
Critique du système des aides à la presse en ligne : enveloppe figée, logique de concentration, inégalités structurelles entre petits médias et grands groupes.
Positionnement clair face aux plateformes : «On refuse les titres racoleurs», «On refuse les vignettes putaclics», «On refuse la systématisation des thèmes».
Explication de l’invisibilisation algorithmique : refus de la publicité, refus des abonnements plateformes, coût économique assumé pour préserver l’indépendance.
Présentation détaillée de la refonte du site : abandon de WordPress, CMS maison, accélération massive du chargement, meilleure indexation et autonomie technique.
Mise en valeur du travail éditorial invisible : verbatims complets, sources, liens, citations issues du tchat intégrées aux pages des émissions.
Annonce du nouveau modèle économique : coexistence dons défiscalisés et abonnements non défiscalisés mais stratégiques pour les aides à la presse.
Conclusion sur la responsabilité collective : «La riposte, c’est vous», mutualisation des moyens, appel à soutenir selon ses capacités sans culpabilisation.
28.12.2025 à 12:42
David Dufresne
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Au Poste dresse le bilan de son année 2025. Un média sans publicité, sans sponsor, sans stratégie dictée par les algorithmes, sans vignettes putaclics, sans titres racoleurs, financé quasi exclusivement par sa communauté. Moins de lives, mais mieux produits. Plus d’invité·e·s, plus de temps long, et le refus de la course à l’audience. Une réflexion assumée sur l’indépendance, ses limites, son coût et sa nécessité démocratique.
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Qu’avons-nous fait pendant 183 lives en 2025? De quoi avons-nous causé ensemble, comment la saison s’est déroulée pour Au Poste et sa commu? Qu’a-t-on raté, réussi, entrevu? Et pourquoi on compte bien continuer! Live spécial du dimanche!
Au Poste revendique une ligne claire : « un travail dans la durée, sans sponsor, sans publicité, sans effet de buzz, sans vignette putaclic, sans titre racoleur. »
Le choix du temps long est présenté comme une arme politique : « On a pris le temps long et le temps long, à mon sens, est une arme contre le pouvoir. »
La transparence financière est assumée comme un devoir : « Ce média indépendant n’existe que grâce à vous, donc la moindre des choses, c’est qu’on fasse ensemble notre bilan annuel »
La réduction du nombre de lives répond à une réflexion stratégique : « On a décidé de réduire un peu la voilure pour essayer de les produire au mieux. »
Le refus de la croissance infinie est explicitement formulé : « La croissance infinie n’est pas soutenable, y compris pour un média indépendant. »
Les plateformes sont identifiées comme un problème structurel : « Les plateformes de diffusion dévalorisent tout ce qui est politique, et Au Poste est 100 % politique. »
Le financement par le public est décrit comme un choix politique : « 95 % de notre financement vient de vos dons, sans intermédiaire, sans dépendance publicitaire. »
Le site et la newsletter sont pensés comme des outils d’autonomie : « Pas d’algorithme, pas d’intermédiaire, c’est stratégique pour notre liberté. »
Le média refuse la logique du buzz facile : « Si on voulait cartonner, il suffirait de faire des émissions constamment sur Macron, ou Bardella, avec leur nom en majuscules. Hors de question de jouer à ce jeu. »
La conclusion affirme le sens du projet : « Ce bilan ne raconte pas une success story, il raconte la possibilité de tenir un média indépendant sans renoncer. »