08.01.2026 à 06:00
Human Rights Watch
(Beyrouth) – Au Yémen, les Houthis ont intensifié leur campagne d’arrestations de membres du personnel d’organisations de la société civile et des Nations Unies, aggravant ainsi l’une des pires crises humanitaires au monde, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch.
Au 4 janvier 2026, au moins 69 employés yéménites des Nations Unies étaient arbitrairement détenus, tout comme des dizaines d’employés yéménites d'organisations non gouvernementales locales et internationales ; parmi eux, de nombreux détenus sont visés de manière infondée par des accusations d'espionnage. Au cours des derniers mois, les Houthis ont également mené des raids au Centre d'hébergement commun des Nations Unies (UN Common Accommodation Facility, UNCAF) à Sanaa, ainsi qu’aux bureaux de plusieurs agences de l’ONU, d'organisations non gouvernementales internationales et de groupes locaux de la société civile, emportant dans certains cas leurs équipements.
« Les Houthis détiennent des travailleurs humanitaires qui apportent une aide vitale au peuple yéménite, alors qu'ils ne subviennent pas eux-mêmes aux besoins fondamentaux des personnes vivant sur leurs territoires », a déclaré Niku Jafarnia, chercheuse sur le Yémen et Bahreïn à Human Rights Watch. « Ils devraient immédiatement libérer les dizaines de personnes qu'ils ont arbitrairement arrêtées, et cesser d'entraver la distribution de l'aide humanitaire. »
La détention par les Houthis d’employés des Nations Unies et d’organisations de la société civile se poursuit, alors que les conditions de famine s’aggravent au Yémen. Dans leur dernier rapport sur la faim dans le monde, le Programme alimentaire mondial (PAM, ou WFP en anglais) et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (Food and Agricultural Organization, FAO) ont lancé cet avertissement au sujet du Yémen : « La situation déjà critique d'insécurité alimentaire aiguë devrait encore se détériorer au cours de la période anticipée [novembre 2025 à mai 2026], certains segments de la population [dans quatre districts sous contrôle houthi] étant susceptibles d'être confrontés à une catastrophe ».
Human Rights Watch a mené des entretiens avec 36 personnes, dont des proches et des amis de personnes détenues, des travailleurs humanitaires, des diplomates, des avocats et des activistes ayant une bonne connaissance de ces affaires. Human Rights Watch a également examiné les publications sur les réseaux sociaux de plusieurs proches de personnes détenues, au sujet de ces cas particuliers.
Plusieurs sources ont déclaré que les actions des Houthis avaient empêché l'ONU de mener à bien son travail dans les zones sous leur contrôlé, en raison des risques encourus par son personnel. Elles ont expliqué que les employés de l'ONU ne pouvaient pas toujours se rendre dans leurs bureaux ni se déplacer librement, par crainte d'être arrêtés, ce qui affectait leur capacité à fournir de l'aide humanitaire.
Dans de nombreux cas, des Yéménites travaillant pour l'ONU, des groupes internationaux, la société civile et des missions diplomatiques ont fui les territoires contrôlés par les Houthis pour se réfugier dans le sud du Yémen ou à l'étranger, en raison de la vaste campagne d'arrestations menée par les Houthis.
En juillet 2024, 15 organisations humanitaires, dont des agences de l'ONU, opéraient dans 14 districts du gouvernorat d’Al-Hodeida, gérant 26 programmes consacrés à la sécurité alimentaire et à la nutrition, à l'eau et à l'assainissement, ainsi qu’à la santé et au logement ; par la suite, l’ONU a annoncé la suspension provisoire de ses activités dans une zone, et les États-Unis ont désigné Ansar Allah, l’organisation des Houthis, comme « organisation terroriste étrangère ». En juillet 2025, seules deux organisations humanitaires travaillaient encore dans trois districts de ce gouvernorat, dans les domaines de la santé et de la nutrition.
En novembre 2022, les experts en matière d'insécurité alimentaire de l'Integrated Phase Classification (IPC) ont publié un rapport qui estimait que 63 % de la population de Saada, région contrôlée par les Houthis, se trouvait dans une situation d'insécurité alimentaire « critique » ou pire ; la grande majorité des personnes dans le besoin étaient classées au niveau 3 (« critique »). En juin 2025, la carte de Saada établie par l'IPC estimait que la majorité de la population se trouvait désormais dans une situation de Phase 4 d’insécurité alimentaire (niveau « urgent »), avec une plus petite partie dans une situation de Phase 3.
Les arrestations effectuées par les Houthis ont fortement nui à la capacité des organisations humanitaires à fournir de l'aide aux populations des territoires qu’ils contrôlent, malgré des besoins graves et croissants.
En octobre 2025, Abdulwahid Abu Ras, ministre des Affaires étrangères par intérim des Houthis, a déclaré à Reuters que les Houthis soutenaient l'aide humanitaire et souhaitaient « aider les organisations respectant les principes du travail humanitaire, en facilitant leurs activités et leur travail ».
Toutefois, la plupart des sources travaillant dans des organisations humanitaires ont contredit cette assertion, affirmant que la campagne d'arrestations et les raids ont gravement affecté leur capacité à accomplir leur travail.
En outre, les Houthis ont occupé les locaux de certaines agences des Nations Unies, ainsi que le Centre d'hébergement commun de l’ONU (UN Common Accommodation Facility, UNCAF) à Sanaa, le complexe résidentiel où vivaient de nombreux employés internationaux des Nations Unies. Ils y ont saisi du matériel, notamment des ordinateurs portables, des routeurs et d'autres appareils appartenant aux agences des Nations Unies et à des organisations non gouvernementales, paralysant ainsi leur capacité à communiquer et à accéder aux données et informations nécessaires à la poursuite de leurs opérations.
Une personne interrogée a expliqué : « [Les Houthis] ont occupé les bureaux des deux plus grandes agences des Nations Unies. Ils ont pris les véhicules de certaines agences. Ils ont confisqué du matériel [technologique]... Ainsi, rien qu'en raison de ce qu'ils ont fait jusqu'à présent, la conséquence directe des activités des Houthis a été essentiellement de paralyser les opérations humanitaires ».
Un travailleur humanitaire a déclaré : « Je ne peux demander à mes collègues aucune donnée pour établir des rapports. Vous vous réveillez soudainement le matin et vous n'avez plus de bureau, plus d'équipement, plus d'équipe. »
Un autre travailleur humanitaire, qui a dû quitter Sanaa en raison des risques que les Houthis y font peser sur la société civile, a affirmé : « Au milieu de la nuit, j'ai mis toute ma vie dans deux sacs et j'ai pleuré... Je me souviens encore de mes amis, de mes compatriotes emprisonnés pour avoir fait leur travail. Mon pays bien-aimé est en ruines. »
Plusieurs sources ont déclaré que les Houthis ont exigé que de nombreux employés de l'ONU se trouvant toujours dans les territoires sous leur contrôle signent des documents stipulant qu'ils ne quitteraient pas la région. Certaines agences humanitaires qui continuent à travailler dans les territoires contrôlés par les Houthis ont déclaré que si les arrestations et le harcèlement du personnel des agences humanitaires se poursuivaient, elles devraient réévaluer leur capacité à continuer à opérer dans ces zones.
Une personne travaillant dans le domaine des soins de santé a déclaré : « La situation est déjà catastrophique. Épidémies de choléra, malnutrition, etc. Sans X [nom de son organisation] et d'autres organisations partenaires, ce serait l'effondrement du secteur de la santé dans le nord du pays. » Des organisations non gouvernementales et l'ONU soutiennent encore actuellement plusieurs hôpitaux et cliniques dans les territoires contrôlés par les Houthis.
Dans une déclaration commune publiée en octobre 2025, plus de 30 organisations humanitaires présentes au Yémen ont cité une étude menée en août, selon laquelle « plus de 100 districts du Yémen sont aujourd'hui confrontés à une situation d'urgence nutritionnelle critique, avec une augmentation sans précédent des niveaux de malnutrition dans tout le pays ». Elles ont déclaré que dans le district d'Abs, dans la province de Hajjah, « des enfants sont morts de faim en raison de la forte augmentation des taux de malnutrition, tandis qu'à Al-Hodeida et Taiz, on prévoit une augmentation de 15 à 30 % de la malnutrition aiguë d'ici la fin de l'année ».
Les organisations ont ajouté : « Les conditions sont difficiles dans tout le Yémen, mais dans les gouvernorats du nord [territoires contrôlés par les Houthis], la détention continue du personnel humanitaire a entravé davantage encore les opérations d'aide vitales ».
Les actions des Houthis s'inscrivent dans une tendance inquiétante de répression de l'espace civique au Yémen, et de persécution brutale des défenseurs des droits humains et des travailleurs humanitaires sur la base d’accusations infondées d'espionnage.
Les Nations Unies, les groupes indépendants travaillant au Yémen et les gouvernements préoccupés devraient impérativement prendre toutes les mesures possibles pour assurer la libération des personnes détenues, a déclaré Human Rights Watch. Oman, qui a joué le rôle de médiateur dans les négociations entre les Houthis et les autres parties belligérantes, devrait collaborer avec d'autres pays pour garantir que les Houthis libèrent les détenus.
Les disparitions forcées, qui surviennent lorsque des autorités détiennent une personne tout en refusant de fournir des informations sur son lieu de détention ou sur sa situation, constituent des crimes graves au regard du droit international ; elles sont interdites en toutes circonstances, tant par le droit international des droits humains que par le droit international humanitaire.
L’arrestation d’une personne, effectuée sans mandat d’arrestation ou en l’absence de chefs d’accusations clairs, constitue une violation de l'article 132 du Code de procédure pénale yéménite.
« En ciblant les travailleurs humanitaires, les Houthis ciblent aussi les nombreux Yéménites qui dépendent de l'aide fournie par ces personnes », a conclu Niku Jafarnia. « La communauté internationale, en particulier les gouvernements de la région, devrait faire tout ce qui est en son pouvoir pour garantir la libération immédiate des dizaines de membres du personnel des Nations Unies et de la société civile détenus arbitrairement. »
Suite détaillée en anglais.
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08.01.2026 à 01:01
Human Rights Watch
(Londres) – Les autorités du Royaume-Uni ont sévèrement restreint le droit de manifester, en violation de leurs obligations internationales en matière de droits humains, créant ainsi un environnement dans lequel la dissidence pacifique est de plus en plus considérée comme un acte criminel, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui.
7 janvier 2026 Silencing the StreetsLe rapport de 47 pages, intitulé « ‘Silencing the Streets’: The Right to Protest Under Attack in the UK » (« Réduire les rues au silence : Le droit de manifester menacé au Royaume-Uni »), souligne que le gouvernement travailliste britannique n'a pas abrogé les lois anti-manifestations de vaste portée introduites par le précédent gouvernement conservateur. Au contraire, le Parti travailliste a tenté de les étendre avec son projet de loi sur la criminalité et les actions policières (« Crime and Policing Bill ») de 2025 et en recourant de manière abusive et sans précédent à la législation antiterroriste pour cibler et criminaliser des manifestations pacifiques. Le projet de loi sur la criminalité et les actions policières, en attente d’examen par le Parlement, devrait être débattu à la Chambre des lords en janvier 2026.
« Le Royaume-Uni adopte désormais des tactiques de contrôle des manifestations imposées dans des pays où les garanties démocratiques s'effondrent », a déclaré Lydia Gall, chercheuse senior auprès de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch. « Le Royaume-Uni devrait s'opposer à de telles mesures, et non les reproduire et les approuver. »
Le gouvernement travailliste s’est engagé dans une direction profondément alarmante a l’égard du droit de manifester et semble déterminé à restreindre davantage ce droit, au lieu de garantir que garantir l’obligation de rendre des comptes lors d’opérations de maintien de l'ordre menées par la police, a déclaré Human Rights Watch.
Les récentes restrictions en matière de manifestations résultent d'une combinaison de dispositions légales vagues et d'un large pouvoir discrétionnaire de la police, créant un environnement juridique dans lequel les autorités peuvent restreindre les manifestations avec un contrôle limité. La loi de 2022 sur la police, la criminalité, les condamnations et les tribunaux (Police, Crime, Sentencing and Courts Act, PCSCA 2022) et la loi de 2023 sur l'ordre public (Public Order Act, POA 2023) élargissent le pouvoir discrétionnaire de la police pour imposer des conditions aux manifestants, procéder à des arrestations préventives et prononcer des peines de prison pour des activités de protestation non violentes, qui, dans le passé, donnaient généralement lieu à des amendes ou à des travaux d'intérêt général.
Le rapport, basé sur des recherches menées en 2024 et 2025, montre que les manifestants sont de plus en plus souvent détenus, inculpés et, dans certains cas, condamnés à plusieurs années de prison pour des actions non violentes telles que la participation à des réunions de planification. L'application incohérente et parfois arbitraire de ces dispositions contribue à la confusion et a un effet dissuasif sur la dissidence.
Un exemple frappant d'abus est le cas d'une assistante sociale à la retraite, Trudi Warner, arrêtée et accusée d'outrage au tribunal pour avoir tranquillement brandi une pancarte devant un tribunal afin d'informer les jurés de leurs droits. La Haute Cour a rejeté l'affaire comme étant « fantaisiste » et a confirmé qu'elle n'avait pas tenté d'influencer les jurés. Malgré cela, le gouvernement travailliste a initialement interjeté appel avant d'abandonner l'affaire.
Le cas de cinq activistes de Just Stop Oil, condamnés en juillet 2024 à des peines de deux à cinq ans de prison pour avoir simplement participé à une réunion Zoom afin d'organiser une manifestation, illustre de manière frappante la répression croissante des manifestations pacifiques.
En appel, la Haute Cour a jugé en mars 2025 que les peines étaient « manifestement excessives » et disproportionnées par rapport au comportement non violent en cause. Néanmoins, la cour n'a réduit que marginalement les peines de prison des activistes, dans un cas de cinq à quatre ans.
De tels cas soulèvent de sérieuses préoccupations quant à la responsabilité démocratique, car l'extension de l'autorité de l'État risque de réprimer la participation publique et d'affaiblir la capacité des citoyens à demander des comptes au gouvernement.
Le nouveau projet de loi de 2025 sur la criminalité et le maintien de l'ordre renforcerait la répression des manifestations en élargissant les pouvoirs de la police pour interdire le port de cagoules par les manifestants, restreindre les manifestations à proximité des lieux de culte et imposer des conditions qui pourraient exposer les personnes en situation irrégulière, telles que les demandeurs d'asile et les sans-papiers, à un risque d'expulsion. Les organismes nationaux et internationaux de défense des droits humains ont averti que ces restrictions sont vagues, disproportionnées et inutiles.
L'organisation caritative britannique de défense des droits humains JUSTICE a également publié aujourd'hui un rapport examinant des préoccupations similaires concernant les lois sur les manifestations, la sécurité juridique et la protection des droits civils.
Le Royaume-Uni reste légalement tenu de protéger la liberté d'expression et de réunion pacifique en vertu du droit national et international, notamment la loi de 1998 sur les droits humains, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (articles 19 et 21) et la Convention européenne des droits de l'homme (articles 10 et 11).
Le gouvernement devrait abroger ou modifier la loi PCSCA 2022 et la loi POA 2023 afin de supprimer les restrictions inutiles imposées aux manifestations, renforcer la loi sur les droits humains afin d'empêcher toute ingérence politique dans les manifestations et cesser d'utiliser la législation antiterroriste contre les manifestants, a déclaré Human Rights Watch.
Le gouvernement britannique devrait également mener une enquête publique approfondie sur les opérations de maintien de l'ordre lors des manifestations dans le cadre de la PCSCA 2022 et de la loi POA 2023 et veiller à ce que le maintien de l'ordre lors des manifestations soit conforme au droit international des droits humains.
« Le Royaume-Uni devrait protéger le droit de manifester au lieu de priver les citoyens de leurs droits », a conclu Lydia Gall. « Les législateurs devraient réviser la nouvelle loi afin de supprimer les mesures qui restreindraient davantage le droit de manifester. »
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LaLibre.be
07.01.2026 à 20:04
Human Rights Watch
(New York) – L'attaque militaire menée par l'administration Trump au Venezuela de manière éhontée risque d’y provoquer un nouveau désastre en matière de droits humains, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch.
Tot dans la matinée du 3 janvier, l'armée des États-Unis a mené au Venezuela des frappes qui ont abouti à l’arrestation du président Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores. Transférés à New York et inculpés de trafic de drogue, parmi d’autres chefs d’accusation, ils ont comparu le 5 janvier devant un tribunal fédéral chargé de cette affaire.
« Les Vénézuéliens ont le droit de choisir librement leurs dirigeants et de décider de l'avenir de leur nation », Juanita Gobertus, directrice de la division Amériques à Human Rights Watch. « Cependant, les États-Unis semblent prêts à encourager activement le Venezuela à maintenir l'appareil répressif de Maduro, tant que cela pourra servir leurs intérêts politiques et commerciaux. »
Le 3 janvier, le président Donald Trump a déclaré que les États-Unis comptaient « diriger » le Venezuela dans un premier temps, sans toutefois expliquer de manière plus précise ce que cela signifie. Des hauts responsables américains ont indiqué qu'ils avaient l'intention de travailler avec Delcy Rodríguez, qui occupait le poste de vice-présidente de Maduro et a prêté serment en tant que présidente par intérim le 5 janvier.
Les autorités américaines ont déclaré qu'elles utiliseraient leur capacité à renforcer ou à assouplir le blocus pétrolier imposé dans les Caraïbes, ainsi que la menace de nouvelles frappes, en tant que moyens de pression pour contraindre le gouvernement vénézuélien à se conformer aux exigences et aux attentes des États-Unis. Il s'agirait notamment d'ouvrir la voie aux investissements de compagnies pétrolières américaines au Venezuela et de lutter contre la violence des gangs, entre autres objectifs.
Les frappes américaines du 3 janvier ont ciblé des installations militaires et auraient tué des dizaines d'officiers militaires, ainsi qu’au moins deux civils. Le gouvernement cubain, qui soutient depuis longtemps le gouvernement vénézuélien, a déclaré que 32 officiers cubains avaient été tués. Avant ces frappes, les États-Unis ont exécuté de manière extrajudiciaire au moins 115 personnes à bord de bateaux qui, selon l'administration Trump, se livraient au trafic de stupéfiants dans la mer des Caraïbes et l'océan Pacifique.
À la suite des frappes du 3 janvier, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré que les États-Unis feraient pression sur le gouvernement vénézuélien pour qu'il facilite les investissements pétroliers des entreprises américaines, réagisse aux groupes criminels et rompe ses liens avec l'Iran et le Hezbollah. Le 5 janvier, le président Trump a déclaré aux journalistes que si les autorités du Venezuela « ne se comportent pas correctement » (« if they don’t behave »), les États-Unis pourraient mener une « deuxième frappe ».
Le président Trump a aussi déclaré que les États-Unis comptaient « diriger » le Venezuela jusqu'à ce qu'une « transition judicieuse » ait lieu dans ce pays. Toutefois, le gouvernement américain n'a pas précisé quand ni comment cette transition pourrait avoir lieu, ni si ce processus inclurait des élections libres et équitables, la libération des prisonniers politiques et d'autres changements importants en matière de droits humains.
En juillet 2024, les Vénézuéliens se sont rendus en masse aux urnes malgré la répression exercée par le gouvernement Maduro. Des observateurs indépendants ont présenté des données montrant que les Vénézuéliens avaient massivement voté pour Edmundo González, candidat à l’élection présidentielle soutenu par la dirigeant de l'opposition María Corina Machado. Cependant, les autorités électorales ont annoncé que Maduro avait été réélu.
À la suite de l’élection présidentielle, le gouvernement Maduro a procédé à une vague de violations généralisées des droits humains, notamment des meurtres de manifestants, des arrestations arbitraires et des disparitions forcées de leaders de l'opposition, de détracteurs du gouvernement, de défenseurs des droits humains, ainsi que de ressortissants étrangers.
Selon le groupe juridique bénévole Foro Penal, plus de 860 prisonniers politiques sont toujours derrière les barreaux au Venezuela. Le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale mène une enquête sur les crimes contre l'humanité qui auraient été commis au Venezuela depuis 2014.
Depuis plus d'une décennie, les Vénézuéliens souffrent d'une crise humanitaire, avec de graves pénuries de nourriture et de médicaments. Sept millions de Vénézuéliens ont fui le pays, et 14,2 millions d'autres citoyens ont des besoins humanitaires urgents.
Les dirigeants latino-américains, européens, canadiens et d’autres dirigeants mondiaux devraient faire pression pour une transition vers la démocratie au Venezuela, demander la libération des prisonniers politiques et soutenir l’obligation de rendre des comptes pour les violations graves des droits humains commises par le gouvernement vénézuélien, selon Human Rights Watch. Pour sa part, le gouvernement américain devrait respecter ses obligations en vertu du droit international des droits humains et du droit international humanitaire.
« Les gouvernements étrangers devraient soutenir la protection des droits des Vénézuéliens, qui souffrent depuis une décennie sous le régime Maduro », a conclu Juanita Goebertus. « La décapitation du gouvernement vénézuélien par Trump n'a rien fait pour les protéger contre le risque de nouveaux abus. »
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