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REGROUPEMENT DES MÉDIAS CRITIQUES DE GAUCHE (QUEBEC)

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10.02.2026 à 16:46

Bad Bunny fait trembler le racisme en direct au Super Bowl !

Isabel Cortés

Isabel Cortés Le spectacle de la mi-temps de Bad Bunny au Super Bowl LX le 8 février au Levi's Stadium de Santa Clara en Californie n'a pas été qu'un numéro musical. Il a constitué un acte d'affirmation culturelle massive sur la scène la plus regardée de la planète, où plus de 100 millions de (…)

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10.02.2026 à 15:02

{« Si Québec solidaire n'existait pas, il aurait fallu l'inventer ».}

Mohamed Lotfi

Cette phrase est mon arme ultime de provocation à l'endroit de mon ami. Je l'ai répétée tant de fois à ce nationaliste invétéré, membre attitré du Parti québécois depuis 45 ans, que mes mots ont fini par s'imprimer dans l'air même du dépanneur dont il est le propriétaire. Pour lui, Québec solidaire est synonyme de trahison, presque d'hérésie. Il me répond d'ailleurs à chaque fois par une provocation en retour, « Les traîtres ne sont pas les bienvenus dans mon dépanneur ».

« Tu oses traiter de traîtres des gens qui ont eu le courage de rester fidèles à leurs convictions ? » Je lui lance ça avec un sérieux que je veux scrupuleux. Combien de fois ai-je tenté de lui expliquer que c'est peut-être le PQ qui s'est trahi, qu'en prenant un virage à droite il a laissé filer ses progressistes, que les politiques de déficit zéro de Lucien Bouchard ont fait fuir ceux qui voulaient du social et de l'humain plutôt que du chiffre et de l'austérité. Peine perdue. Pour mon ami, le PQ n'est pas un parti politique. C'est une religion.

Poussé par l'ironie, je monte alors d'un cran. Je lui dis que QS est un enfant du PQ. Certes l'enfant d'une grossesse involontaire, non voulue, pas même souhaitée, mais peu importe. L'enfant est là. Ce n'est plus un bébé. Il a vingt ans. Il vole depuis déjà un bon moment de ses propres ailes. « Il serait peut-être temps que tu commences à le respecter ». Ce jour-là, j'ai eu droit à un regard assassin. Un silence froid a envahi le dépanneur. Il ne manquait qu'une musique d'Ennio Morricone, version Il était une fois dans l'Ouest, pour compléter l'ambiance. Puis, comme à chaque fois que le ton monte entre nous, une bombe de rires a fini par exploser.

Dans ce dépanneur, dont mon ami est propriétaire depuis une vingtaine d'années, la droite et la gauche, incarnées par nos deux personnes, se parlent, discutent, bavardent. Parfois le débat est houleux, même très houleux, mais ça finit toujours par une explosion de rires. On rit de nos propres certitudes, de nos contradictions, et soudain toutes nos batailles d'idées paraissent beaucoup plus légères. Rien ne saura briser notre amitié.

Quand je pars après ces discussions, je ne me fais pas d'illusions. Nous restons chacun campés sur nos positions. Mais parce que nous prenons la peine de nous parler de vive voix, loin de tout réseau social, je suis convaincu qu'il reste toujours quelque chose de nos échanges. Un doute. Une muraille qui s'effrite un peu. Une opinion qui se fissure ou, au contraire, qui se précise.

Il n'y a pas si longtemps, j'ai fait à mon ami une révélation capable de lui faire lâcher son café sur le carrelage. « J'étais là, tu sais… ». Où devais je être pour que je prenne un ton si grave ? Il s'est reculé légèrement du comptoir en me lançant, « T'étais où, là ? ». Je lui ai répondu, un peu solennellement, « Le 4 février 2006, j'étais présent à la fondation de Québec solidaire ». Plus traître que ça, pour mon ami, ce n'était pas possible. Il a pris quelques secondes de plus avant d'exploser de rire.

— -

Aujourd'hui, le 4 février 2026, je m'en souviens très bien. Nous étions plus de mille personnes à l'Université de Montréal pour la naissance de ce nouveau parti issu de la fusion de l'Union des forces progressistes et d'Option citoyenne. Un parti animé par des idées de démocratie participative, de féminisme, d'écologie, de justice sociale et de solidarité, dans un Québec progressiste et inclusif. Tout cela était inscrit noir sur blanc dans le manifeste fondateur.

J'y étais comme simple observateur. Beaucoup se demandaient alors si ce nouveau parti n'allait pas diviser les forces progressistes à un an des élections de 2007, et surtout à qui cette division allait profiter ? Malgré ce doute, je n'ai jamais cessé, personnellement, de voter pour Québec solidaire, parce que j'y ai vu, simplement, une réponse à une gauche qui commençait à se diluer au sein du PQ.

En quittant la barque du PQ pour celle de QS, les progressistes ont-ils poussé le PQ encore plus à droite ? Peu importe la réponse. Avec Pauline Marois, le PQ a pris un virage identitaire marqué. En se retrouvant troisième parti derrière l'ADQ après les élections de 2007, le PQ a commencé à ressembler à l'ADQ premier parti de l'opposition avec quelques sièges. De son côté, Québec solidaire a tracé sa propre voie, construite autour du social, de l'environnement et de la démocratie de base, parfois au prix de tensions, de défis et de critiques, tant internes qu'externes. Mais déjà en 2008, il fait élire son premier député et co-fondateur du parti, Amir Khadir.

Vingt ans plus tard, QS, même s'il est bas dans les sondages, possède un mérite que nous devions tous reconnaître, peu importe nos appartenances. C'est un parti de convictions, pas un parti obsédé par le pouvoir à tout prix. Sa structure met l'accent sur l'organisation collective. Sa conception du pouvoir vient d'en bas plutôt que d'en haut. Son choix de deux porte-paroles, une femme et un homme, vise à représenter des équilibres et des voix diverses. Cela dénote. Cela dérange. Cela trouble même certains. Mais cela oblige aussi à penser autrement et différemment du cadre rigide du jeu traditionnel du pouvoir.

Cela dit, Québec solidaire n'est pas parfait. Il a ses faiblesses, ses divisions internes, ses zones grises qu'il devra apprendre à régler. Le débat sur la souveraineté en est un bon exemple. Un sondage récent indique que 67% de ses électeurs se disent contre l'indépendance. Voilà un dilemme stratégique majeur pour un parti qui se définit comme souverainiste.

Après vingt ans d'existence, Québec solidaire demeure un acteur qui pèse dans le paysage politique québécois. La question n'est plus seulement de savoir s'il deviendra un jour un parti de gouvernement, mais comment il continuera d'influencer les idées et les pratiques politiques du Québec ? Et si jamais un référendum devait avoir lieu, comment pourrait-il convaincre une partie importante de son propre électorat, encore réticente à l'indépendance ?

Avec mon ami du dépanneur, l'existence même de QS est finalement une excellente raison de continuer à parler, à débattre, à rire parfois, et à se rappeler qu'un parti politique ne se mesure pas uniquement en pourcentages de sondage, mais aussi à sa capacité de faire réfléchir son voisin, même le plus obstiné.

Au fond, si Québec solidaire n'existait pas, il aurait vraiment fallu l'inventer. Ne serait-ce que pour entretenir ces conversations qui, paradoxalement, nous rendent un peu plus humains, un peu plus curieux, un peu plus capables d'écouter. Il suffit d'entrer dans un dépanneur de Montréal avec la volonté de rendre possible que la droite et la gauche se parlent encore.

Contrairement à mon ami, je ne conçois un parti politique comme une religion. Ceux et celles qui le font ne rendent pas service ni au parti, ni au Québec.

Mohamed Lotfi 4 Février 2026

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10.02.2026 à 14:36

Écoles à 3 vitesses : "M. Drainville doit revenir dans le vrai monde"

École ensemble

En lançant sa campagne, il a notamment mentionné qu'il n'avait pas besoin de lancer une consultation sur ce dossier et que tout avait déjà été réfléchi. L'organisme École Ensemble, qui milite pour l'égalité des chances en éducation, a d'ailleurs dénoncé les propos de M. Drainville.

3 février 2026 | lettre l'École ensemble

Entrevue de Stéphane Vigneault par Valérie Renaud-Martin

https://www.fm1069.ca/audio/754094/ecoles-a-3-vitesses-m-drainville-doit-revenir-dans-le-vrai-monde

Les propos du candidat à la chefferie de la CAQ, Bernard Drainville, sur l'école à trois vitesses continuent de faire réagir.

Le coordonnateur de l'organisation, Stéphane Vigneault, se demande dans quel monde vit le candidat à la chefferie de la CAQ.

260202_001 Entrevue

J'ai l'impression que M. Drainville est un peu dans un monde parallèle. Un monde où le Québec à aurait pas le plus haut taux de décrochage au pays, un monde où les parents seraient heureux de payer de plus en plus cher pour l'éducation de leurs enfants, un monde où les profs ne décrocheraient pas en masse après leur arrivée sur le marché du travail, parce qu'ils reçoivent les classes les plus demandantes au moment où ils ont le moins d'expérience. Non, je pense que monsieur Drainville doit revenir dans le vrai monde.

Stéphane Vigneault, École Ensemble

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