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Le président français Emmanuel Macron a reçu vendredi à Paris le Premier ministre libanais Nawaf Salam pour une réunion d’une heure consacrée au fragile cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, au désarmement du groupe chiite et aux préparatifs de la conférence internationale de soutien aux forces armées libanaises, prévue le 5 mars à Paris.
« La France est aux côtés du Liban, pays ami, pour défendre sa souveraineté, soutenir ses forces armées et accompagner les réformes nécessaires à son redressement, a écrit M. Macron sur son compte X. À Paris, nous préparons la conférence de soutien aux Forces armées libanaises dont l’objectif est de renforcer les capacités et le rôle essentiel au service de la stabilité et de la souveraineté du Liban. La France et le Liban partagent la même exigence : le respect du cessez-le-feu, la stabilité et une paix durable au Proche et au Moyen-Orient ».
Déjà du côté de Beyrouth, le chef de l’État Joseph Aoun avait reçu en journée l’ambassadeur de France au Liban Hervé Magro, pour évoquer les préparatifs de la conférence de soutien à l’armée et aux forces de sécurité intérieure. Cette conférence avait été annoncée mi-janvier par la présidence libanaise, à l'issue d'une réunion à Baabda avec des ambassadeurs et émissaires du Quintette, dont l'envoyé français Jean-Yves Le Drian et le conseiller du ministre saoudien des Affaires étrangères, Yazid ben Farhane. Beyrouth réclame plus d'aides financières et matérielles pour l'armée libanaise, afin de lui permettre de finaliser son déploiement dans le Sud, où elle a commencé à se mobiliser depuis l'accord de cessez-le-feu de novembre 2024 et a démantelé l'arsenal du Hezbollah, qui y était prépondérant. Malgré cette trêve, l’armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes au Liban, affirmant viser le Hezbollah, qu’elle accuse de se réarmer. Début janvier, l’armée libanaise avait annoncé avoir achevé le désarmement du parti pro-iranien dans la zone située au sud du fleuve Litani, jusqu'à la frontière avec Israël. La deuxième phase du plan prévoit une extension progressive de ce processus au reste du territoire, mais le Hezbollah a jusqu’à présent refusé de remettre ses armes au nord du Litani. L'armée libanaise doit également renforcer ses positions le long de la frontière, très poreuse, avec la Syrie.
Selon le communiqué du Grand Sérail, les discussion entre M. Macron et M. Salam ont notamment porté sur les préparatifs en cours pour la conférence du 5 mars et sur les moyens d’en assurer le succès. Les deux parties ont souligné « l’importance » des réalisations de l’armée libanaise « dans l’exercice exclusif de son autorité sur la région au sud du Litani ». M. Salam a également remercié le président français pour « le soutien important que la France apporte au Liban sur tous les plans ».
Les dirigeants ont par ailleurs salué le rôle joué par le « mécanisme », le comité de surveillance du cessez-le-feu, et exprimé leur attachement à « la mise en œuvre intégrale » de cet accord entré en vigueur en novembre 2024. À ce sujet, le président Salam a insisté sur « la nécessité de mettre un terme aux violations israéliennes de la souveraineté libanaise et de garantir le retrait complet des territoires encore occupés », soit au moins cinq positions surélevées près de la frontière.

Le Premier ministre a également réaffirmé l'engagement de son « gouvernement à poursuivre le processus du monopole des armes sur l’ensemble du territoire libanais », avertissant que « tout pari contraire de quelque partie que ce soit ne conduirait le Liban qu’à davantage d’instabilité et de tragédies » Par ailleurs, M. Salam et a souligné « la nécessité de trouver un relais aux forces de la Finul après la fin de leur mandat ». La Force onusienne doit achever son mandat à la fin de cette année. Le Premier ministre avait déjà déclaré au début du mois qu'il souhaitait « maintenir une force des Nations unies dans le Sud, même réduite. »
De son côté, le président Macron a exprimé son soutien aux réformes engagées par le gouvernement Salam et a insisté sur « l’importance d’adopter la loi sur la répartition des pertes financières après son examen par les commissions parlementaires compétentes, afin de parvenir à un accord avec le Fonds monétaire international et de permettre l’organisation d’une conférence à Paris pour soutenir la relance et la reconstruction au Liban ». Le texte sur la répartition des pertes financières, adopté par le gouvernement libanais fin décembre, était attendu de longue date par la communauté internationale. Le FMI veut que le Liban intègre « des dispositions plus claires sur la hiérarchie des responsabilités » dans le projet de loi, avait déclaré le chef du gouvernement libanais vendredi, à l'agence Reuters.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe gouvernement américain a annoncé vendredi prendre de nouvelles sanctions économiques contre la « flotte fantôme » qui convoie du pétrole iranien afin d'assécher les ressources financières des autorités de Téhéran, accusées d'avoir violemment réprimé des manifestations. Le ministère américain des Finances (ou Trésor) a rallongé la liste des navires et entités liés, selon lui, à cette flotte qui permet à Téhéran de contourner les sanctions des Etats-Unis pour exporter son brut.
Ces nouveaux navires visés, dont quatre immatriculés dans l'archipel pacifique de Palau, et leurs propriétaires « ont transporté du pétrole et des produits pétroliers iraniens cumulant une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars », selon le communiqué du Trésor. Les sanctions « visent un chaînon clé du mécanisme de financement qui permet à l'Iran de réprimer son peuple », affirme le ministre Scott Bessent, cité dans le document.
Il assure également que le Trésor « continuera à suivre la trace des dizaines de millions de dollars que le régime a détournés et tente désespérément de transférer vers des banques situées hors d'Iran ». Une ONG basée aux États-Unis a rapporté vendredi avoir confirmé la mort de 5.002 personnes au cours du mouvement de contestation qui a secoué l'Iran au début du mois, dont une écrasante majorité de manifestants. L'organisation ajoute être toujours en train d'enquêter sur 9.787 autres décès possibles.
Les sanctions américaines entraînent le gel de l'ensemble des avoirs détenus aux Etats-Unis par les personnes et entités visées. Elles interdisent aussi à toute entreprise ou citoyen américain de faire des affaires avec elles, au risque d'être à leur tour frappés par des sanctions.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsDes dizaines de femmes kurdes se sont tressé les cheveux lors d'une manifestation vendredi au Kurdistan d'Irak, réagissant à une vidéo devenue virale d'un soldat se vantant d'avoir coupé la natte d'une combattante kurde de Syrie. Les forces kurdes viennent de se retirer sous la pression militaire de l'armée syrienne de vastes territoires du nord et de l'est de la Syrie.
Dans une récente vidéo, un soldat syrien raconte en riant qu'il a coupé la natte d'une combattante dans la ville de Raqqa (nord), reprise par l'armée syrienne en début de semaine. Le sort de la combattante kurde n'est pas connu. Le soldat change ensuite de version dans une deuxième vidéo, en affirmant que la natte est une postiche trouvée sur une table d'un restaurant.
Raqqa était considérée comme la « capitale » de l'organisation Etat islamique (EI) et les habitants y avaient souffert des pires exactions, avant de passer sous contrôle des forces kurdes, désormais évincées. Rassemblées à Erbil, la capitale du Kurdistan d'Irak, des femmes kurdes se sont tressé les cheveux en public pour « montrer au monde notre résilience et notre force », explique une manifestante, Vienna Salam.
La vidéo du soldat « est une menace pour nous en tant que Kurdes et en tant que femmes kurdes », estime cette enseignante universitaire de 31 ans, qui rappelle que les nattes sont un symbole de l'identité des femmes kurdes. Beaucoup de Kurdes partagent désormais sur les réseaux sociaux des vidéos les montrant en train de se natter les cheveux. Dans un clip très partagé, plusieurs femmes se tiennent en rang et se nattent mutuellement les cheveux en chantant « femme, vie, liberté ».
Ce slogan avait été emblématique de la contestation de 2022 en Iran, déclenché par la mort en détention de Mahsa Amini, une jeune kurde iranienne arrêtée pour avoir prétendûment enfreint le strict code vestimentaire imposé aux femmes. Des femmes du monde entier, dont des célébrités, s'étaient ensuite coupé des mèches de cheveux par solidarité, en montrant leur geste sur les réseaux sociaux.
Dans la culture kurde, les tresses sont louées par les ballades populaires. Elles symbolisent « le courage, la beauté, la force et la dignité », indique une manifestante, Darin Masoum, 30 ans, dont la famille vit dans le nord-est de la Syrie. Les tresses sont ainsi devenues un symbole des combattantes kurdes, qui se sont illustrées en Syrie en affrontant le groupe jihadiste Etat islamique. Les femmes kurdes peuvent couper leurs tresses en signe de tristesse si elles perdent leur époux. Les Kurdes sont une minorité répartie entre l'Irak, la Syrie, la Turquie et l'Iran.
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