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Le président français Emmanuel Macron a reçu vendredi à Paris le Premier ministre Nawaf Salam pour discuter du fragile cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, ainsi que de la poursuite du désarmement du groupe chiite. La conférence internationale de soutien aux forces armées libanaises, prévue le 5 mars à Paris, doit également être abordée.
Malgré la trêve entrée en vigueur en novembre 2024, l’armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes au Liban, affirmant viser le Hezbollah, qu’elle accuse de se réarmer. Début janvier, l’armée libanaise avait annoncé avoir achevé le désarmement du parti pro-iranien dans la zone située au sud du fleuve Litani, jusqu'à la frontière avec Israël. La deuxième phase du plan prévoit une extension progressive de ce processus au reste du territoire, mais le Hezbollah a jusqu’à présent refusé de remettre ses armes au nord du Litani.

À Beyrouth entre-temps, le chef de l’État Joseph Aoun a reçu l’ambassadeur de France au Liban Hervé Magro, pour évoquer les préparatifs de la conférence de soutien à l’armée et aux forces de sécurité intérieure. Les échanges ont porté sur la situation locale et régionale à la lumière des récents développements.
En marge du Forum économique mondial de Davos, le Premier ministre Salam a aussi rencontré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. Au cours d’une conférence de presse, le porte-parole du Quai d’Orsay a rappelé que la France « réaffirme son plein soutien aux autorités libanaises dans leurs efforts pour restaurer durablement la stabilité, la souveraineté et le fonctionnement des institutions », saluant « les avancées réalisées au cours de l’année écoulée », notamment « l’engagement des autorités et de l’armée libanaise en faveur du monopole de l’État sur les armes ».
La France a insisté sur « l’importance de la poursuite des réformes économiques et financières », indispensables « au retour de la confiance des investisseurs et de la communauté internationale ». Elle a réitéré « sa disponibilité à accompagner le Liban à travers la préparation d’une seconde conférence internationale à Paris consacrée à la reconstruction et au relèvement économique du pays ». Elle a aussi souligné « le respect du cessez-le-feu du 27 novembre 2024 et la restauration de la souveraineté du Liban sur l'ensemble de son territoire », rappelant qu’« Israël, comme l'ensemble des parties, est tenu de respecter ses obligations au titre de l'accord de novembre 2024 ».
M. Barrot s’était entretenu jeudi avec les ministres des Affaires étrangères du Qatar et de l’Arabie saoudite, Mohammad ben Abdelrahman al-Thani et Fayçal ben Farhane, pour coordonner les efforts en vue de la conférence internationale de soutien aux forces armées libanaises, réaffirmant la nécessité de renforcer l’armée et le monopole de l’État sur les armes.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsL'Unicef a annoncé vendredi à l'AFP avoir fait entrer dans la bande de Gaza des cahiers d'activités, crayons, feutres et autres ustensiles de dessin, affirmant qu'il s'agit de la première livraison de matériel récréatif pour enfants en plus de deux ans dans le territoire palestinien dévasté par la guerre.
« Depuis le 15 janvier, 5.168 kits d'activité récréative ont été autorisés à entrer, destinés à plus de 375.000 enfants, dont environ 1.000 enfants en situation de handicap », précise le Fonds des Nations unies pour l'enfance dans un communiqué. Ces livraisons interviennent alors que les autorités israéliennes imposent d'importantes restrictions sur l'entrée de biens dans le territoire palestinien en raison, affirment-elles, de préoccupations sécuritaires.
Depuis le début de la guerre déclenchée par l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas sur Israël le 7 octobre 2023, les organisations humanitaires présentes à Gaza dénoncent régulièrement des entraves majeures à l'acheminement des biens nécessaires à leurs opérations d'aide, y compris du matériel destiné à des activités pour enfants.
Interrogé par l'AFP, l'organisme du ministère israélien de la Défense supervisant les activités civiles dans les Territoires palestiniens (Cogat) a dit ne pas être en mesure de commenter dans l'immédiat. L'annonce de l'Unicef intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé mi-janvier le lancement de la phase 2 du plan de paix du président américain Donald Trump pour Gaza sur fond de trêve fragile en vigueur depuis octobre.
Cette phase prévoit notamment la poursuite de l'amélioration de la situation humanitaire dans la bande de Gaza, dont la remise en route progressive des services publics, mais sans précision sur le système scolaire, largement paralysé depuis plus de deux ans. Jeudi, lors de la présentation à Davos (Suisse) du plan américain pour un « Nouveau Gaza », qui transformerait le territoire palestinien dévasté en un complexe luxueux de gratte-ciels en bord de mer, la question de l'éducation n'a pas été mentionnée dans les « priorités des 100 prochains jours ».
En visite à Gaza cette semaine, un responsable de l'Unicef, Ted Chaiban, a toutefois appelé à l'autorisation rapide de l'entrée de l'ensemble du matériel destiné aux activités éducatives et récréatives liées à la petite enfance, y compris les fournitures scolaires. Pour l'heure, des responsables humanitaires ont assuré à l'AFP ne pas avoir obtenu d'Israël les autorisations pour faire entrer du matériel scolaire. Des correspondants de l'AFP dans la bande de Gaza ont dit avoir vu des fournitures scolaires vendues sur le marché privé, à prix d'or.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsLe Fonds monétaire international veut que le Liban intègre « des dispositions plus claires sur la hiérarchie des responsabilités » dans le projet de loi sur le rétablissement de l’ordre financier et la restitution des dépôts, communément appelée « loi sur le trou financier ».
Le chef du gouvernement, dont les propos sont rapportés par l'agence Reuters, fait référence à un principe défendu par le FMI avant de répartir la charge du remboursement des dépôts, à savoir que les actionnaires des banques soient les premiers à être ponctionnés avant de calculer la participation des déposants et de l’État aux pertes, conformément aux standards internationaux dans ce domaine.
« Nous voulons engager un dialogue avec le FMI. Nous voulons améliorer les choses. Il s’agit d’un projet de loi. Ils souhaitent que la hiérarchie des responsabilités soit plus claire. Les discussions sont toutes positives », a déclaré le Premier ministre en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, avant son départ pour la France. « Nous voulons un programme du FMI et nous voulons poursuivre nos discussions jusqu’à ce que nous y parvenions », a-t-il poursuivi ajoutant : « La pression internationale est réelle… Plus nous tardons, plus l’argent des gens s’évapore ».
C’est la première fois que le chef du gouvernement évoque aussi clairement ce point que le Fonds monétaire avait déjà défendu par le passé et qui est la raison centrale de son opposition à l’approche du projet notamment défendu par le gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souhaid. Ce dernier impose des audits et un examen de la qualité des actifs, mais laisse subsister une partie des fonds propres des banques. Le FMI insiste pour que le principe soit appliqué avant toute chose et sans ambiguïté.
Dans un entretien donné au site Bloomberg la veille, Nawaf Salam avait réagi aux informations de presse parues la semaine dernière indiquant que le FMI avait rejeté le projet. « Le terme 'rejet' est exagéré. Le FMI a dit qu’il ne pouvait pas approuver le projet tel quel et a recommandé certains amendements (…) Notre objectif est d’avoir un programme acceptable et une loi qui convienne au FMI, mais ce n’est pas un diktat. Nous négocierons et nous sommes confiants de trouver des solutions appropriées sur les points en suspens et sur lesquels le Fonds monétaire a des réserves », avait-t-il insisté sans toutefois évoquer les points d’achoppements.
Également présent à Davos, le ministre des Finances Yassine Jaber a déclaré à Reuters qu’il était essentiel de sauver un système bancaire vidé de sa substance et d’empêcher le pays de s’enfoncer davantage dans une économie paralysée, fonctionnant uniquement avec une économie du cash. Ne pas agir, a-t-il ajouté, laisserait le Liban « piégé dans un tunnel profond et sombre » sans possibilité de retour vers un système fonctionnel.
« Le Liban est devenu une économie de cash, et la vraie question est de savoir si nous voulons rester sur la liste grise (du Groupe d’action financière sur la laquelle le Liban a été réinscrit en 2024, Ndlr) ou avancer à l’aveugle vers la liste noire », a conclu Jaber.
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsIsraël souhaite restreindre le nombre de Palestiniens entrant dans la bande de Gaza via le poste-frontière avec l’Égypte afin de s’assurer que davantage de personnes soient autorisées à en sortir qu’à y entrer, ont indiqué plusieurs sources informées avant la réouverture prévue du passage la semaine prochaine.
Ali Chaath, président d’un comité palestinien de transition soutenu par les États-Unis pour l’administration temporaire de Gaza, a annoncé jeudi que le poste-frontière de Rafah – de fait la seule voie d’accès pour la quasi-totalité des plus de deux millions d’habitants de l'enclave – rouvrirait la semaine prochaine.
La frontière aurait dû rouvrir lors de la première phase du plan du président Donald Trump visant à mettre un terme à la guerre, conformément à un cessez-le-feu conclu en octobre entre Israël et le Hamas. Plus tôt ce mois-ci, Washington avait annoncé que le plan était désormais entré dans sa deuxième phase, au cours de laquelle l’État hébreu devrait retirer davantage de troupes de Gaza et le Hamas céder le contrôle administratif du territoire. Le côté gazaoui du passage est sous contrôle militaire israélien depuis 2024.
Les sources qui se sont exprimées sous couvert d’anonymat en raison de la sensibilité du sujet ont indiqué qu’il n’était pas encore possible de savoir comment Israël prévoyait d’imposer des limites au nombre de Palestiniens entrant dans Gaza en provenance d’Égypte, ni quel ratio de sorties par rapport aux entrées il entendait atteindre. Des responsables israéliens se sont déjà exprimés par le passé sur le fait d’encourager l’émigration des Palestiniens de Gaza, tout en niant vouloir procéder à un transfert forcé de la population. Les Palestiniens sont particulièrement sensibles à toute suggestion selon laquelle les Gazaouis pourraient être expulsés, ou que ceux qui partiraient temporairement pourraient se voir interdire de revenir.
Il est prévu que le poste-frontière de Rafah soit géré par des Palestiniens affiliés à l’Autorité palestinienne basée à Ramallah et supervisé par du personnel de l’Union européenne, comme cela avait été le cas lors d’un précédent cessez-le-feu de plusieurs semaines entre Israël et le Hamas début 2023.
Le bureau du Premier ministre israélien n’a pas immédiatement répondu à une demande d'éclaircissement et l’armée a refusé de s'exprimer, renvoyant les questions vers le gouvernement. Selon ces sources, Israël souhaite également établir un point de contrôle militaire à l’intérieur de Gaza, près de la frontière, par lequel tous les Palestiniens entrant ou sortant devraient passer et être soumis à des contrôles de sécurité. Des responsables israéliens avaient insisté pour la mise en place d’un tel poste de contrôle afin de filtrer les mouvements des Palestiniens, a-t-on précisé de mêmes sources.
L’ambassade des États-Unis en Israël n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire concernant un éventuel soutien américain aux restrictions israéliennes sur les entrées de Palestiniens à Gaza ou la création d’un poste de contrôle pour filtrer les passages.
Dans le cadre de la première phase du plan Trump, l’armée israélienne avait partiellement retiré ses forces à l’intérieur de Gaza mais conservait le contrôle de 53 % du territoire, y compris l’ensemble de la frontière terrestre avec l’Égypte. La quasi-totalité de la population vit dans le reste de l'enclave sous contrôle du Hamas, principalement dans des tentes de fortune ou des bâtiments endommagés.
Le gouvernement israélien s’est opposé à plusieurs reprises à la réouverture de la frontière, certains responsables estimant que le Hamas doit d’abord restituer la dépouille d’un policier israélien détenu à Gaza. Des responsables américains affirment en privé que c’est Washington, et non Israël, qui pilote le déploiement du plan présidentiel pour mettre fin à la guerre.
Cette information est une traduction de l'agence Reuters
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Veuillez vous connecter pour visualiser les résultatsCinq députés libanais issus de la contestation – Mark Daou, Paula Yacoubian, Michel Douaihy, Firas Hamdan et Halimé Kaakour – ont adressé une série de questions au gouvernement concernant des procédures judiciaires lancées en France sur une affaire présumée de détournement de fonds survenue ces dernières années, impliquant une acquisition réalisée par Bank Audi, sans plus de détails.
La série de question est adressée au Premier ministre Nawaf Salam, au ministre des Finances Yassine Jaber, au ministre de la Justice Adel Nassar, au gouverneur de la Banque du Liban (BDL) Karim Souhaid, ainsi qu'à la commission de contrôle des banques, l'Inspection centrale et « les parquets compétents ».
Les députés demandent notamment si les autorités libanaises ont pris les mesures légales et de contrôle nécessaires, d'examiner « l'usage éventuel d’entités offshore » et la dissimulation de l’identité du « bénéficiaire effectif » des opérations suspectes dont il est question, ou encore d'identifier « les risques pour la lutte contre le blanchiment d’argent », alors que le Liban est toujours sur la « liste grise » du Groupe d'action financière (GAF), où il a été réinscrit en 2024.
Les députés veulent aussi « savoir si la Banque du Liban, la Commission de contrôle des banques et l’Inspection spéciale ont procédé à un examen de la transaction et ont agi dans le cadre de leurs compétences » et s'enquièrent sur le rôle joué « par le ministère de la Justice et des parquets pour assurer la coopération judiciaire internationale et l’échange d’informations avec les autorités françaises, afin de protéger les intérêts du Liban et de garantir que l’État ne reste pas simple spectateur de dossiers traités à l’étranger sans suivi interne strict ». Le communiqué n'est pas plus précis sur les affaires qui intéressent les députés.
Courant janvier, Karim Souhaid s'est rendu en France où il a eu une série de réunions avec la juge d’instruction française Clémence Olivier à Paris pour « échanger des informations extrêmement sensibles » liées aux poursuites judiciaires concernant la BDL. Celles-ci concernent plusieurs affaires de détournements présumés de ses fonds survenues ces dernières années, dont celles impliquant la société Forry Associates, dans laquelle l’ex-gouverneur Riad Salamé et certains membres de sa famille sont poursuivis au Liban et à l’étranger.
Quelques jours plus tôt, le gouverneur Souhaid avait tenu une conférence de presse pendant laquelle il avait annoncé ce déplacement en France, ainsi que le fait que la Banque centrale allait se joindre aux poursuites dans plusieurs affaires de détournements présumés de ses fonds depuis le début de la crise.
Si le gouverneur n’a pas été plus précis selon nos informations, cette démarche entrerait dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte en septembre dernier par le Parquet national financier (PNF) à Paris contre l’ancien Premier ministre Nagib Mikati et ses proches, sur la base d’une plainte d’associations anticorruption qui visait les conditions d’entrée des frères Mikati au capital de Bank Audi en 2010 et les conditions d’obtention de 300 millions de dollars de crédits consentis par la banque elle-même.
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