19.01.2026 à 09:38
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« Il n'y a jamais eu autant de détenus en France. Je dirais que pour moi c'est un sujet de sombre colère, et d'amertume », témoigne Dominique Simonnot. Sur le plateau de la chaîne *Le Média*, celle qui est contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) depuis 2020 évoque en détail le travail de l'autorité administrative indépendante qu'elle représente. Dans cet entretien avec la journaliste indépendante Sarah Duhieu, l'ex-éducatrice spécialisée et journaliste judiciaire (…)
- Société / National, Inégalités, Justice, Santé, Jeunesse« Il n'y a jamais eu autant de détenus en France. Je dirais que pour moi c'est un sujet de sombre colère, et d'amertume », témoigne Dominique Simonnot. Sur le plateau de la chaîne Le Média, celle qui est contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) depuis 2020 évoque en détail le travail de l'autorité administrative indépendante qu'elle représente. Dans cet entretien avec la journaliste indépendante Sarah Duhieu, l'ex-éducatrice spécialisée et journaliste judiciaire explique que ses agents peuvent rester « des jours » dans une prison pour mieux connaître la réalité de la vie sur place : « Il n'y a qu'avec le temps qu'on voit ce qui se passe, qu'on peut comprendre, que les gens nous acceptent, discutent avec nous. »
Dominique Simonnot partage ainsi des témoignages sur des conditions de détention indignes, en particulier en maisons d'arrêt, dédiées aux peines d'enfermement courtes et où s'entassent « trois ou quatre personnes par cellule » : des « cafards partout », des détenus « tabassés » par des surveillants, « avec du papier toilette dans les oreilles et le nez » pour diminuer les nuisances... La contrôleuse générale alerte aussi sur une « augmentation du nombre de signalements venant des hôpitaux psychiatriques », notamment concernant des enfants. Par manque de places ou de personnel, ceux-ci sont parfois enfermés « 23 heures sur 24 », ou internés « avec des adultes, avec tous les risques que ça comporte [et] qui se sont concrétisés ». Une réalité violente, qui contraste selon elle avec les « discours hors sol de magistrats, d'autorités, de personnels politiques ».