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21.01.2026 à 19:13

L'inconnue de l'avenir des prisonniers de l'EI en Syrie

FRANCE24
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Des milliers d'ex-combattants mais aussi des dizaines de milliers de femmes et d'enfants, selon les différentes estimations, sont répartis dans une vingtaine de prisons et de camps. Parmi eux se trouvent un peu moins de 10.000 étrangers. Ces prisons et ces camps, jusqu'ici gérés par les forces kurdes, "sont des chaudrons de radicalité", estime Laurence Bindner, cofondatrice du JOS Project, spécialiste de la radicalisation en ligne. Michael Kurilla, le général américain à la tête du Centcom, le commandement américain pour le Moyen-Orient, "parlait en 2023 d'une véritable +armée de l'EI en détention+", rappelle-t-elle. Toutefois, "il n'y a pas d'évaluation globale de leur degré de radicalisation", juge la docteure Lilla Schumicky-Logan, directrice adjointe de l'ONG de prévention de l'extrémisme GCERF, qui revient tout juste d'un séjour en Syrie. L'armée du gouvernement islamiste syrien d'Ahmad al-Chareh, adoubé par la communauté internationale, a lancé une offensive contre les positions de la coalition kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS), mettant observateurs et services de sécurité sur les dents. "Dans le brouillard" "La situation évolue très vite. On évalue l'impact sur les camps, c'est un peu compliqué d'anticiper ce qu'ils vont devenir mais on ne peut pas exclure des évasions", a confié à l'AFP une source sécuritaire occidentale. Malgré l'annonce d'un cessez-le-feu dimanche qui prévoit que l'Etat syrien devienne "responsable" des prisonniers de l'EI, l'incertitude est grande. Mardi, les FDS ont annoncé avoir été "contraintes de se retirer" du camp d'al-Hol, abritant des femmes et des enfants, pour défendre les régions sous leur contrôle menacées par l'armée. C'est le plus grand camp de prisonniers de la zone autonome kurde en Syrie. Il abrite quelque 24.000 personnes, dont 15.000 Syriens et environ 6.300 femmes et enfants étrangers de 42 nationalités, parmi lesquels des Occidentaux. Lundi, les forces kurdes ont affirmé que l'une des prisons, celle de Chaddadi, avait été "attaquée" par les troupes gouvernementales, qui ont en retour accusé les FDS d'avoir libéré des détenus, affirmant ratisser les alentours pour capturer les évadés. "Il y a des rumeurs croisées qui circulent sur le nombre des prisonniers qui seraient sortis, leur allégeance, sur qui a ouvert les portes. Il y a beaucoup de propagande, on est encore en plein brouillard", résume Laurence Bindner. Des évasions massives avérées seraient "la matérialisation d'un des scénarios qu'on aurait pu craindre, soit que des individus s'échappent en profitant de brèches de sécurité, soit qu'on les laisse sciemment sortir", explique le chercheur Thomas Renard, le directeur du laboratoire de recherche du Centre de international pour le contre-terrorisme (ICCT), qui siège à La Haye. "C'est la chronique d'un désastre annoncé". Cette solution de "lieux de détention provisoire, sans procès, sans perspectives, n'était pas tenable dans une région hautement explosive", dit-il. L'EI attentive "Pour l'instant, il n'y a aucune réaction officielle de l'EI mais le sort des prisonniers est le premier sujet de discussion sur les chaînes de communication jihadistes. Pour l'EI, c'est clairement une opportunité qu'ils (ses responsables) vont chercher à exploiter. Ils feront tout pour essayer de les récupérer dans leur giron", explique Mme Bindner. "L'agenda de l'EI est toujours de récupérer les prisonniers", assurait une source sécuritaire occidentale en novembre. "Même si quelques dizaines ou centaines de prisonniers sont libérés et vont rejoindre les quelque 3.000 combattants de l'EI en Syrie, cela fait un coup d'accélérateur, en force et en moral, cela peut appuyer leur insurrection. Mais on est encore très loin d'une situation où ils pourraient rétablir un califat territorial", estime Laurence Bindner. Car sur les dizaines de milliers de prisonniers, les profils et les degrés de radicalité sont très divers. Pour les femmes, concentrées dans les camps d'al-Hol et de Roj, beaucoup d'étrangères se repentent et demandent à rentrer dans leur pays, affirme Mme Schumicky-Logan. Quant aux hommes combattants, "beaucoup sont incarcérés depuis six ou sept ans dans des conditions difficiles. Beaucoup sont désormais malades. Sont-ils capables de reprendre le combat ? Il faut se poser cette question", lance-t-elle. S'ils se retrouvaient dans la nature, "on peut imaginer que certains tenteraient de faire profil bas", selon M. Renard, mais d'autres "retourneraient sous doute vers l'EI ou une autre organisation jihadiste et ce ne serait bon, ni pour la Syrie, ni pour la région, ni pour la sécurité globale". En attendant, a annoncé mercredi l'armée américaine, les Etats-Unis mènent des opérations visant à transférer jusqu'à 7.000 prisonniers du groupe Etat islamique de Syrie vers l'Irak voisin, afin de "garantir que les terroristes restent dans des centres de détention sécurisés".

21.01.2026 à 19:11

Xavier Piechaczyk, candidat à la RATP, prêt à prendre le métro en marche derrière Castex

FRANCE24
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Sans être issu du sérail des transports, l'actuel président du directoire du distributeur public d'électricité RTE, candidat à la succession de Jean Castex, a fait valoir devant une commission du Sénat tous les points de convergence entre son parcours professionnel et les besoins de la RATP. Au cours d'un grand oral de près de deux heures devant les sénateurs appelés à se prononcer sur sa candidature, cet ancien conseiller énergie-transport de Jean-Marc Ayrault, puis de François Hollande à l'Elysée, a mis en valeur sa vie professionnelle "consacrée aux services publics". Il a notamment insisté sur trois de ses compétences qu'il envisage de mettre au service de la RATP: la "maîtrise d'ouvrage d'infrastructures", qu'il a exercée au ministère de l'Equipement, mais aussi chez RTE, c'est-à-dire la conception et la gestion de chantiers; la "performance industrielle", soit la gestion fine de la maintenance d'équipements technologiques pour assurer un service public 24 heures sur 24; et enfin la "transformation des organisations" qu'il a pratiquée en tant que chef de la modernisation du ministère de l'Equipement, mais aussi chez RTE, "avec le dialogue social qui les accompagne". La question sociale était d'ailleurs le premier sujet d'intérêt des sénateurs, alors que la Régie est bousculée par l'arrivée de la concurrence. "Avant toute chose, nous aimerions savoir quel type de président de la RATP vous entendez incarner, quelle sera votre méthode de management, comment comptez-vous mener le dialogue social avec les organisations syndicales?" lui a demandé d'emblée Daniel Guéret, sénateur LR d'Eure et Loire. "Je compte faire à la RATP ce que j'ai toujours fait dans l'ensemble de mes fonctions et de mes responsabilités, avoir un dialogue social sincère et transparent" (...) et rechercher des compromis, a répondu M. Piechakzyk. "Coopératif" ou "bulldozer" ? Il a insisté sur son caractère "coopératif", en indiquant qu'il avait "du mal à comprendre" les critiques portant sur son "style bulldozer". Chez RTE, en dix ans, dont cinq et demi de présidence, huit accords salariaux sur dix, négociés dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO) ont été signés par les syndicats, a-t-il fait valoir pour attester de ses talents de négociateur social. Avec l'ouverture à la concurrence, "l'ancien périmètre du monopole va décroître c'est mécanique", a analysé M. Piechaczyk en se gardant néanmoins de vouloir courir "tous les lièvres à la fois" dans les futurs appels d'offres régionaux afin de compenser d'éventuelles pertes d'activités sur son propre réseau francilien. La RATP, qui a déjà remporté la gestion de l'étoile ferroviaire autour de Caen, via sa filiale RATP DEV, présentera bien sa candidature sur certains dossiers, mais à condition notamment qu'elle apporte "plus de qualité pour les voyageurs", a-t-il dit. A l'étranger, il s'est déclaré favorable à l'idée lancée par Jean Castex de "discuter d'une équipe de France" pour répondre ensemble aux appels d'offres avec la SNCF, Keolis et "les grands BTPistes" français, notamment pour les chantiers de construction de réseaux urbains de transport. Il a salué l'oeuvre de Jean Castex qui a "considérablement redressé la qualité de service", tout en "relevant le défi des JO de Paris 2024" et en préparant l'ouverture à la concurrence des bus qui a eu lieu en 2025: "un zero faute". "La conflictualité a été faible et le premier transfert s'est déroulé sans bug opérationnel majeur", a-t-il ajouté, en s'engageant à "poursuivre le dialogue social". Deux sujets de société ont retenu son attention, les atteintes sexuelles faites aux femmes dans les transports en commun, sujet sur lequel il aimerait s'engager "personnellement". Et en matière d'accessibilité, le remplacement des 2.000 tourniquets qui demeurent dans le métro parisien, et empêchent les passages des parents avec poussettes. Une deuxième audition est programmée mercredi 28 janvier devant les députés, à l'issue de laquelle les élus des deux chambres se prononceront sur sa candidature.

21.01.2026 à 19:01

Foot: le joueur du PSG Lucas Hernandez accusé par d'ex-employés colombiens de traite d'êtres humains

FRANCE24
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Ce père, cette mère et leur trois enfants "se sont retrouvés à travailler pour un an dans cette famille, sans droits", a détaillé à l'AFP Me Lola Dubois, qui les défend. Dans un communiqué à l'AFP, le champion du monde français 2018 et son épouse, Victoria Triay, affirment de leur côté avoir été "manipulés" et n'avoir "jamais agi avec une intention malveillante ni dans le mépris de la loi". "Ces personnes ont partagé notre vie avec respect et dignité", indiquent-ils encore, qualifiant les faits d'"épreuve profondément douloureuse". L'international de 29 ans et son épouse, qui évoquent une "confiance trahie", assurent au sujet des membres de cette famille les avoir "aidés, soutenus et crus" lorsqu'ils "nous ont assuré être en cours de régularisation de leur situation". L'enquête, ouverte après le dépôt mi-janvier d'une plainte révélée par Paris Match, a été confiée à la brigade de recherches de Saint-Germain-en-Laye. Selon Me Lola Dubois, les plaignants travaillaient "entre 70 et 80 heures par semaine, sans congés payés, sans vacances, sans documents qui viendraient établir le droit des salariés", pour un salaire d'environ 2.000 euros payé en espèces. Ces conditions de travail, malgré des "avantages en nature" liés à la vie du joueur, combinées à la "vulnérabilité économique" de la famille, font que leur situation "s'apparente à une forme d'esclavage moderne", a encore estimé l'avocate. "Eldorado" "On est sur une famille de Colombiens qui viennent en France, on leur promet l'eldorado, de travailler au nom et pour le compte de professionnels du football", résume Me Lola Dubois. Elle indique que des contrats de travail ont bien été établis "un an après la prise de poste" mais estime qu'ils l'ont été "pour donner l'impression d'une situation régulière". Contacté par l'AFP, le PSG n'avait pas réagi dans l'immédiat. "Cette affaire est désormais traitée par les voies juridiques appropriées, là où les faits (...) ont leur place", affirment de leur côté le joueur et son épouse, appelant "à la décence, à la retenue et au respect". Le défenseur du PSG avait précédemment été condamné en 2019 en Espagne à six mois de prison pour non-respect d'une mesure d'éloignement après des violences conjugales. L'affaire remonte initialement au 3 février 2017: celui qui n'était pas encore champion du monde avec les Bleus, alors âgé de 21 ans, et sa compagne d'alors, Amelia Lorente, en étaient venus aux mains devant leur domicile de Madrid. Blessures Sportivement, l'histoire du défenseur avec le club de la capitale n'a pas vraiment décollé depuis son arrivée à l'été 2023 en provenance du Bayern Munich. Gravement blessé pour la deuxième fois de sa carrière en demi-finale de Ligue des champions avant l'été 2024, il est revenu sur la pointe des pieds au tout début de 2025, pour combler les trous. Ses 29 apparitions jusqu'à l'été dernier, souvent en entrant sur le terrain en cours de jeu, n'avaient pas marqué les esprits, mais il a réalisé un début d'exercice 2025-26 assez prometteur malgré deux gestes d'humeur dont un en Ligue des champions. Geste qui lui a valu un suspension de trois matches par l'UEFA. Depuis l'été dernier, il est rappelé régulièrement en équipe de France par Didier Deschamps, qui pourrait le convoquer à la prochaine Coupe du monde l'été prochain. Comme au PSG, le joueur aux 40 sélections a un statut de remplaçant au poste de latéral gauche mais aussi dans l'axe.
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