16.01.2026 à 18:28

Les membres de l'Otan contribuent de deux manières au budget de l'alliance, via un financement direct (quote-part) et de manière indirecte par leurs dépenses de défense nationale. Le financement direct sert à alimenter les budgets et à financer le développement des capacités et l'exécution des programmes qui permettent à l'Alliance de fonctionner et de travailler […]
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Les membres de l'Otan contribuent de deux manières au budget de l'alliance, via un financement direct (quote-part) et de manière indirecte par leurs dépenses de défense nationale.
Le financement direct sert à alimenter les budgets et à financer le développement des capacités et l'exécution des programmes qui permettent à l'Alliance de fonctionner et de travailler à la réalisation de ses objectifs et de ses priorités.
Les financements indirects correspondent aux dépenses prises en charge par les différents pays membres. Il s'agit des forces et des capacités nationales qui sont mises à la disposition de l'Otan pour des activités de dissuasion et de défense ou des opérations militaires. Ils représentent la partie la plus substantielle du financement de l'Otan.
Les budgets et programmes annuels de l’Otan ont représenté en 2025 environ 4,6 milliards d'euros et pourraient s'élever jusqu’à 5,3 milliards en 2026.
Dans le détail, trois budgets communs sont financés directement par les pays membres : le budget civil (fonctionnement du siège de l'Organisation), le budget militaire (structure de commandement de l'Otan) et le programme Otan d'investissement au service de la sécurité (infrastructure et capacités militaires).
Le plus important est le budget militaire de fonctionnement, doté de 2,4 milliards d'euros pour l'année 2026, contre 528,2 millions d’euros pour le budget civil. Cela représente respectivement une hausse de 2 % et 9 % des dépenses par rapport à 2025. Le dernier budget est le programme d'investissement au service de la sécurité (infrastructure et capacités militaires).
La contribution directe des membres de l'alliance, ou quote-part, est calculée selon une formule prenant en compte le revenu national brut (RNB) des États. Elle est fixée pour deux ans. De mars 2024 à décembre 2025, les principaux contributeurs de l'UE étaient l'Allemagne, avec une participation à hauteur de 15,9 % du budget commun, la France (10,2 %), l'Italie (8,5 %) et l'Espagne (5,8 %). Les autres États membres de l'UE ont tous une quote-part inférieure à 5 % du budget, voire à 1 % le plus souvent.
Les États-Unis, qui auparavant avaient la contribution la plus importante, contribuent désormais à la même hauteur que les Allemands : 15,9 %.
Pour tous ces pays, les financements directs diminueront légèrement selon les projections pour 2026 et 2027, mais le classement reste identique : l'Allemagne et les États-Unis contribueront à hauteur de 14,9 %, la France à 10,1 %, l'Italie à 8 % et l'Espagne à 5,8 %.
L'Otan ne disposant pas de ses propres forces armées, ce sont les Alliés qui mettent des troupes et du matériel à sa disposition sur une base volontaire. Les contributions des pays diffèrent tant par leur nature que par leur ampleur.
En 2006, les alliés au sein de l'Otan ont fixé la "règle des 2 %", ce qui signifie que chaque État doit consacrer au moins 2 % de son PIB à ses propres dépenses de défense chaque année.
Après que le président américain Donald Trump a critiqué les trop faibles dépenses militaires de certains pays européens, les Alliés se sont engagés, au sommet de La Haye en juin 2025, à porter à 5 % la part de leur PIB consacrée chaque année à leurs dépenses de défense, d'ici 2035. 3,5 % du PIB seraient ainsi affectés chaque année au financement des besoins ayant trait à la défense proprement dite. 1,5 % serait dédié aux investissements visant à protéger leurs infrastructures critiques, défendre leurs réseaux, assurer la préparation du secteur civil et la résilience, libérer le potentiel d’innovation et renforcer leur base industrielle de défense.
En 2025, sur les vingt-trois États de l'UE membres de l'Alliance atlantique, tous respectaient la règle des 2 %. Ils étaient seize en 2024 et seulement neuf en 2023. La Pologne a fourni en 2025 l'équivalent de 4,5 % de son PIB en dépenses militaires, suivie de la Lituanie (4 %), de la Lettonie (3,7 %) et de l'Estonie (3,4 %). La France est loin de ce podium, avec 2,1 % de son PIB consacré aux dépenses militaires. Enfin, l'Allemagne, le Portugal, la Belgique, l'Espagne, la République tchèque et le Luxembourg se situent à tout juste 2 %.
Le débat relatif au "burden sharing" (partage du fardeau) remonte à des décennies et s'est accentué après la fin de la Guerre froide, lorsque les Européens ont progressivement réduit leurs dépenses de défense. Mais la tendance s'inverse depuis deux ans en raison notamment de la guerre russo-ukrainienne et des annonces de Donald Trump qui menace de ne pas respecter l'article 5 du Traité de l'Atlantique nord vis-à-vis des pays qui ne consacreraient pas une part suffisante de leur budget à la défense.

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16.01.2026 à 10:49

Au 31 octobre 2025, les États-Unis avaient apporté un total de 114,6 milliards d'euros (133,7 milliards de dollars US) d'aide à l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe, contre 188,6 milliards d'euros pour l'Europe selon les derniers chiffres en date du Kiel Institute, un groupe de réflexion basé en Allemagne. Un montant partagé entre l'Union […]
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Au 31 octobre 2025, les États-Unis avaient apporté un total de 114,6 milliards d'euros (133,7 milliards de dollars US) d'aide à l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe, contre 188,6 milliards d'euros pour l'Europe selon les derniers chiffres en date du Kiel Institute, un groupe de réflexion basé en Allemagne. Un montant partagé entre l'Union européenne et ses États membres, auxquels s'ajoutent le Royaume-Uni, l'Islande, la Norvège et la Suisse. Ces chiffres incluent l'aide militaire, financière et humanitaire.
Pour les seules dépenses de l'Union européenne (c'est-à-dire distinctes de celles des États membres), ce sont 75,7 milliards de fonds qui ont été alloués depuis le début du conflit, répartis entre l'aide financière (73 milliards) et humanitaire (2,7 milliards). L'aide militaire, quant à elle, a été majoritairement fournie par les États membres en leur propre nom, quitte à être partiellement remboursés par l'Union européenne (ce qui apparaît comme une aide financière). L'UE n'est en effet pas compétente pour effectuer directement des dépenses militaires.
Zoom sur les principaux outils de l'UE d'aide à l'Ukraine
Le soutien financier de l’UE à l’Ukraine peut prendre plusieurs formes, à commencer par l'assistance macro-financière ou les "prêts AMF". L'objectif est de fournir un soutien financier à court terme, de financer les besoins immédiats de l'Ukraine et, à terme, d'accompagner l'Ukraine sur sa trajectoire d'intégration européenne.
Autre levier financier de l’UE : la facilité pour l'Ukraine. Cet outil fournit au pays en guerre, entre 2024 et 2027, jusqu'à 50 milliards d'euros sous forme de prêts et de subventions pour soutenir son redressement, sa reconstruction et sa modernisation. Le Conseil de l'Union européenne a déjà mobilisé 36,7 milliards d'euros au titre de cette facilité, en ayant approuvé six paiements à l'Ukraine.
La Facilité européenne pour la paix (FEP) contribue au soutien à Kiev. Instrument de la politique étrangère et de sécurité commune, elle finance des actions extérieures de l'UE ayant une dimension militaire ou de défense. Elle n'est pas financée par le budget de l'UE mais par des contributions des États membres. Entre 2022 et 2024, 11,1 milliards d'euros ont été mobilisés au titre de la FEP : 6,1 milliards pour renforcer les capacités et la résilience des forces armées ukrainiennes et protéger la population civile, puis 5 milliards via un fonds d'assistance spécifique à l'Ukraine.
Une nouvelle aide financière a été approuvée par l'UE depuis le 31 octobre 2025. Celle-ci n'est donc pas incluse dans la comptabilisation du Kiel Institute.
Il s'agit d'un prêt de 90 milliards d’euros validé par le Conseil européen le 19 décembre 2025. Financée par un emprunt commun de l'Union sur les marchés, cette aide octroyée à Kiev servira à couvrir les besoins budgétaires et militaires ukrainiens pour 2026 et 2027. Le prêt, à taux zéro, ne sera remboursé qu’après d’éventuelles réparations versées par la Russie.
Ce dispositif a été adopté faute d'accord des États membres sur l'utilisation des avoirs russes gelés sur le territoire de l'Union européenne, lesquels auraient financé un prêt à titre de réparation. La Commission européenne a dévoilé, le 14 janvier 2026, un paquet de trois textes législatifs visant à mettre sur pied ce prêt.
En termes de soutien militaire, les États-Unis sont longtemps restés devant l'Europe. Si l'aide totale de l'Europe était déjà supérieure en comptant l'aide financière et humanitaire, les Américains restaient d'importants pourvoyeurs d'armes. Du moins jusqu'au retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025.
Washington a fourni un total de 64,6 milliards d'euros pour aider l'Ukraine à s'armer et se défendre entre 2022 et 2025. Mais depuis l'investiture du président américain, les Européens ont devancé le pays de l'Oncle Sam en matière de soutien militaire. Celui-ci atteint désormais 87,4 milliards d'euros pour l'Europe, comprenant 69,6 milliards d'euros pour les États de l'Union européenne, 13,8 milliards pour le Royaume-Uni, 4,3 milliards pour la Norvège et 40 millions pour l’Islande. Le financement de la Facilité européenne pour la paix, instrument de l’UE, est inclus dans les données, puisqu’elle est alimentée par les contributions des États membres.
L'Europe se distingue également par son soutien financier. Depuis 2022, ce sont 84,8 milliards d'euros d'aide fournis à l'Ukraine, incluant l'aide de l'UE, de ses États membres et des États européens pourvoyeurs de fonds (Royaume-Unis, Norvège, Suisse, Islande). A titre de comparaison, l'aide financière des États-Unis s'élève à 46,6 milliards d'euros.
Enfin, s'agissant du volet humanitaire, tandis que nos voisins outre-Atlantiques affichent un soutien s'élevant à 3,4 milliards d'euros, l'aide humanitaire de l’Europe - UE, États membres, Royaume-Uni, Islande, Norvège et Suisse compris, atteint 16,09 milliards d’euros. De plus, l'Union européenne a activé en parallèle le mécanisme de protection temporaire pour accueillir des réfugiés ukrainiens sur son territoire, un dispositif de 17 milliards d'euros.
Ainsi, que ce soit sur le plan militaire, financier ou humanitaire, le soutien européen dépasse largement celui des États-Unis depuis le début de la guerre en Ukraine.
Méthodologie
Les chiffres relatifs à l’aide militaire, financière et humanitaire de l’Europe à l’Ukraine peuvent différer selon les sources, par exemple entre l’Institut Kiel et le Conseil de l’Union européenne.
Ces écarts proviennent de divergences méthodologiques dans la manière de classer les différentes formes d’aides d’une part, et des pays inclus ou non dans les chiffres, d'autre part. L’institut Kiel détaille par exemple tous les États membres de l’UE et intègre les États européens non membres, tandis que le Conseil agrège les aides fournies par les institutions de l’UE et par ses États membres, tout en excluant les États non membres.
Selon le Kiel Institute, l'aide militaire à l'Ukraine pourrait atteindre son plus bas niveau en 2025, les Européens, qui en fournissent désormais l'essentiel, ne parvenant plus à compenser l'arrêt de l'aide américaine.
"D'après les données disponibles jusqu'en octobre, l'Europe n'a pas réussi à maintenir l'élan du premier semestre 2025", observe Christoph Trebesch, qui dirige l'équipe de l'institut de recherche allemand.
Alors que les aides militaires annuelles s'élevaient en moyenne à environ 41,6 milliards d'euros entre 2022 et 2024 (y compris l'Europe, les États-Unis et d'autres donateurs), seuls 32,5 milliards d'euros ont été alloués jusqu'en octobre 2025. "Si ce ralentissement se poursuit dans les mois à venir, 2025 deviendra l'année présentant le moins de nouvelles allocations d'aide pour l'Ukraine" depuis 2022, a-t-il poursuivi.
En 2025, l'Europe n'a alloué qu'environ 4,2 milliards d'euros d'aide militaire supplémentaire à l'Ukraine, ce qui est bien trop peu pour compenser l'arrêt du soutien américain. Dans le même temps, les disparités au sein de l'Europe se sont accentuées. La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont considérablement augmenté leurs aides, tandis que l'Italie et l'Espagne ont très peu contribué au soutien militaire.

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06.11.2025 à 12:30

Seule institution de l'UE dont les membres sont élus au suffrage universel direct depuis 1979, le Parlement européen continue parfois de souffrir d’un manque de considération. À sa naissance en 1957, il n'est certes qu'une assemblée sans réel pouvoir. Il est d'ailleurs composé de parlementaires nationaux, délégués par leurs parlements respectifs. Mais au fil des […]
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Seule institution de l'UE dont les membres sont élus au suffrage universel direct depuis 1979, le Parlement européen continue parfois de souffrir d’un manque de considération.
À sa naissance en 1957, il n'est certes qu'une assemblée sans réel pouvoir. Il est d'ailleurs composé de parlementaires nationaux, délégués par leurs parlements respectifs. Mais au fil des années, le Parlement européen va progressivement gagner en compétence et en autonomie. Il conserve toutefois un certain nombre de différences avec l'Assemblée nationale.
Une des différences souvent soulignée entre députés nationaux et européens est la capacité à proposer des textes de lois. Au sein de l'Union européenne, c'est la Commission européenne (l'exécutif européen) qui dispose de l'initiative législative. Et pour cela, celle-ci doit généralement suivre les orientations définies par le Conseil européen, qui rassemble les chefs d'État et de gouvernement des pays membres. La Commission soumet ensuite ses propositions de "lois" (directives ou règlements pour l'essentiel) au Conseil de l'UE et au Parlement européen en vue de leur adoption.
Côté français en revanche, les députés de l'Assemblée nationale, tout comme les sénateurs, peuvent déposer eux-mêmes des "propositions de lois" et ne s'en privent pas. Au cours de la XVIe législature (juin 2022 - juin 2024), 1 260 textes ont ainsi été proposés par les parlementaires français (178 par les sénateurs).
Bien que les députés européens ne disposent pas sur le papier d'un tel pouvoir, la réalité est plus nuancée. D'une part, les députés nationaux partagent ce pouvoir avec le gouvernement. Or si ce dernier n'a déposé que 120 "projets de lois" pendant cette période, la majorité de la législation française est plutôt d'origine gouvernementale : 81 textes (57 %) arrivés à terme sont issus du gouvernement, contre 60 issus de parlementaires.
D'autre part, le Parlement européen peut tout de même inviter la Commission à élaborer une proposition sur un sujet particulier, en adoptant un rapport d'initiative législative (article 225 du traité sur le fonctionnement de l'UE). L'exécutif européen est alors libre de suivre ou non la proposition, mais s'engage à présenter "une proposition législative dans un délai d'un an" ou à inscrire celle-ci "dans son programme de travail de l’année suivante". En cas de refus, il doit "en précise[r] les motifs circonstanciés au Parlement", précise un accord-cadre entre les deux institutions. Et d'après une étude menée par le service de recherche du Parlement européen (EPRS) couvrant le mandat 2019 - 2024, la Commission a fait 23 propositions législatives, satisfaisant 33 des 58 demandes des eurodéputés.
Dans le cadre de la procédure législative ordinaire, qui concerne un grand nombre de domaines, le Parlement européen et le Conseil de l'UE sont sur un pied d’égalité pour amender et adopter des nouvelles mesures européennes. Toutes les lois doivent être votées par les deux institutions avant d'entrer en vigueur.
Le Parlement européen peut d'ailleurs être ambitieux et modifier en profondeur les textes proposés par la Commission européenne. Pour ne citer que quelques exemples, le Parlement européen a par exemple musclé certaines dispositions du règlement européen sur les services numériques (DSA), qui vise à combattre les produits et les contenus illicites en ligne. Les eurodéputés y ont ajouté par la voie d'amendements l'interdiction de la publicité ciblant les mineurs.
Le Parlement européen peut en revanche être considéré par certains comme un "purgatoire médiatique", où il est plus difficile de faire parler de soi. Ce qui n'empêche pas de nombreux parlementaires européens de considérer que leur rôle a une influence notable sur la vie des citoyens. Certains parviennent aussi à faire entendre leurs voix depuis Bruxelles ou Strasbourg, à l'image de Manon Aubry (La Gauche), Pascal Canfin (Renew) ou Raphaël Glucksmann (S&D).
À l'inverse de l'Assemblée nationale, le Parlement européen n'a cependant pas le dernier mot pour adopter un texte seul. Une approbation du Conseil de l'Union européenne, qui représente les 27 États membres, est inévitable pour entériner un projet européen.
Dans les faits, le Conseil de l'UE peut d'ailleurs bloquer un tel projet sur une période indéterminée. Ce qui arrive notamment lorsque ses membres ne parviennent pas à s'accorder… par exemple, un projet de directive visant à mettre fin au changement d'heure est entre les mains du Conseil de l'UE depuis 2019 et ne peut avancer tant que l'institution ne se prononce pas.
Dans plusieurs domaines par ailleurs, certaines décisions ne relèvent pas de la procédure ordinaire. Comme en matière de fiscalité ou de sécurité, où le Parlement européen n'a qu'un pouvoir de véto et ne peut pas amender les projets législatifs.
En matière budgétaire aussi, le pouvoir du Parlement européen connait quelques limites. Le budget annuel sur lequel il se prononce est plafonné par un cadre financier pluriannuel de sept ans, largement déterminé par les États membres. Contrairement à l'Assemblée nationale, qui de son côté se prononce sur un budget non contraint.
Contrairement aux députés français à Paris, les eurodéputés jouissent en revanche d'une totale autonomie vis-à-vis de l'exécutif. "Le parlementaire européen est un homme libre, maître de son bulletin de vote", écrivait en 2019 Jean-Louis Bourlanges (MoDem), ancien député des Hauts-de-Seine (2017-2024), après avoir été eurodéputé pendant près de 19 ans.
L'autonomie des députés européens peut également se faire sentir au sein de leur groupe politique, où se côtoient plusieurs nationalités et donc des sensibilités différentes. Malgré des consignes de vote communes au groupe, il est fréquent (et admis) de voir des voix dissidentes. En témoigne par exemple les vote sur le Pacte européen sur la migration et l'asile en avril 2024. Les eurodéputés français des groupes S&D (socialistes et démocrates) et PPE (Parti populaire européen) ont tous voté contre une majorité des textes du paquet. À contre-courant de la plupart des autres membres de leurs groupes respectifs.
Du côté de l'Assemblée nationale, le groupe politique dont est issu le gouvernement a de plus grandes chances d'obtenir une majorité absolue. Le mode de scrutin de la Ve République favorise en effet l'émergence de telles majorité solides. L'opposition est donc généralement plus encline à s'opposer d'une seule et même voix aux textes.
L'argument semble toutefois moins valable depuis les deux derniers renouvellement de la chambre en 2022 puis en 2024, où aucun groupe ne détient la majorité, rendant plus que jamais nécessaire la recherche de compromis sur chaque projet ou proposition de loi. Comme au Parlement européen donc, et comme dans beaucoup de parlements nationaux, où la culture du compromis est beaucoup plus présente.
La Constitution française prévoit que l'Assemblée nationale peut adopter une motion de censure ou "désapprouver le programme ou une déclaration de politique générale du gouvernement". Deux situations qui entraînent sa démission. Sur la centaine de motions déposées sous la Ve République, deux ont été adoptées : en 1962, conduisant à la démission du gouvernement Pompidou, puis en décembre 2024 faisant chuter celui de Michel Barnier.
Le Parlement européen dispose d'un pouvoir similaire. Selon le traité sur l'Union européenne, il "exerce des fonctions de contrôle politique". Les eurodéputés peuvent adopter une motion de censure pour obliger les membres de la Commission à "démissionner collectivement de leurs fonctions". Une dizaine de tentatives ont été menées depuis 1999, mais aucune d'elles n'ont jamais abouti. La menace d'un tel scénario en 1999 a tout de même poussé la Commission dirigée par Jacques Santer à démissionner.
En revanche, si l'Assemblée nationale peut être dissoute par le président de la République (ce qui s'est produit à 6 reprises sous la Ve République), le Parlement européen est à l'abri d'une telle menace.
Enfin, les eurodéputés se démarquent des parlementaires français d'une autre manière : ils sont chargés d'élire le président de la Commission européenne, sur proposition des chefs d’États et de gouvernement. Le Parlement européen procède également à des auditions de chaque commissaire désigné. Ce qui n'est pas une formalité, certains n'ayant effectivement pas franchi cette étape en 2019. Les eurodéputés procèdent enfin à un vote pour valider l'ensemble du collège.

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