10.02.2026 à 14:06
Y'a le feu ! AGISSONS contre les féminicides MAINTENANT !

C'est l'appel à l'action spontanée lancé le 4 février par le Comité de la Brigade des rubans blancs du Centre Au Cœur des Femmes de St-Jean-de-Matha suite à l'annonce d'un 6e féminicide en un mois au Québec. Plusieurs personnes se sont mobilisées rapidement devant la caserne d'incendie du village de Lanaudière pour dénoncer l'inaction gouvernementale en matière de violences faites aux femmes.
Depuis le début de l'année 2026, six femmes ont été tuées par leurs partenaires ou ex-partenaires intimes en contexte de violence conjugale. Alors que les groupes de femmes appellent à l'action depuis plusieurs années face à l'augmentation des violences à leur encontre, les chiffres ne cessent d'augmenter. En 2025, il y a eu 16 féminicides au Québec.
Les manifestant·es scandaient « Stop aux féminicides ! La prochaine est encore en vie ! » en bordure de la route 131 à l'heure de pointe. « Au son des klaxons sur la route, on sent bien l'urgence d'agir de la population aussi ! », s'exclame une manifestante.
On peut lire, le même jour, dans une publication Facebook de la Coalition féministe contre la violence faite aux femmes « le Québec est confronté à une vague importante de féminicides intimes de type conjugal. Six femmes sont mortes dans un contexte de violence conjugale, et ce, en cinq semaines. Ces meurtres s'inscrivent dans une violence misogyne qui traverse et gangrène notre société. »
On a aussi pu entendre Véronique Potvin, travailleuse au Centre Au Cœur des Femmes, dire « Y'a le feu ! Il doit y avoir des actions maintenant pour lutter contre les violences faites aux femmes ! Pour que la prochaine reste en vie ! Pour que toutes les prochaines soient en sécurité ! ». L'organisme a choisi de tenir l'action devant la caserne d'incendie pour symboliser l'urgence d'agir.
Les centres de femmes, maisons d'hébergement, leurs regroupements et autres groupes communautaires et féministes partout à travers le Québec réclament, depuis des années, des investissements massifs auprès des organismes communautaires qui travaillent en prévention et en soutien aux victimes de violences. Il faut plus de maisons d'hébergement et que celles qui existent obtiennent un meilleur financement. Il faut soutenir tout le travail de prévention et d'éducation réalisé par les centres de femmes et l'ensemble des organismes communautaires pour éliminer les comportements violents et les violences systémiques genrées.
En plus d'offrir écoute, soutien et accompagnement, le Centre Au Coeur des Femmes effectue un travail de sensibilisation et de conscientisation par le biais de l'éducation populaire autonome féministe intersectionnelle (ÉPAFI) ce qui permet de trouver des moyens d'action visant la transformation sociale. Parce que oui, la violence faite aux femmes est un problème de société !
Pour reprendre les mots du Centre de femmes La mouvance de Deux-Montagnes : Tant que des femmes mourront, nous serons là pour le dénoncer !
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10.02.2026 à 14:05
PL101 | Un affront à la santé et à la sécurité des femmes

Le gouvernement caquiste est allé de l'avant avec l'adoption du projet de loi 101 en octobre 2025, contesté depuis le printemps dernier par la FIQ et d'autres syndicats en raison de ses impacts sur la santé des travailleuses. Ce projet de loi de la CAQ vient directement bafouer les droits des travailleuses du réseau public de la santé et de l'éducation en matière de santé et sécurité au travail (SST).
Comprendre le projet de loi no 101
En juillet 2020, une infirmière a subi une violente agression dans une unité de psychiatrie improvisée en Montérégie-Est. Elle a été étranglée durant de longues minutes avant l'arrivée des policiers.
Ce triste cas fait malheureusement partie du nombre croissant de lésions professionnelles chez les travailleuses de la santé et de l'éducation. Alors qu'elles ne constituent que 19,2 % de l'emploi total au Québec, ces travailleuses subissent 35,7 % de toutes les lésions professionnelles reconnues.
Face à cette donnée alarmante, la logique voudrait que le gouvernement leur offre une meilleure protection en matière de santé et sécurité au travail. Or, malgré ses promesses, c'est tout le contraire que propose le ministre du Travail Jean Boulet avec son projet de loi 101.
Le PL101 réduit de façon considérable les fonctions des comités de santé et de sécurité (CSS) et des représentantes en santé et sécurité (RSS) dans les secteurs de la santé et de l'éducation en plus de retirer les exigences de délais pour les programmes de prévention.
Le réseau de la santé étant composé de 81 % de femmes, il s'agit d'un affront à la santé et à la sécurité au travail des femmes.
Pourquoi la FIQ s'y oppose ?
– Les travailleuses de la santé et des services sociaux sont parmi les plus touchées par les lésions professionnelles. En 2022, elles représentaient 13,6 % de l'emploi total, mais près de 38 % des lésions professionnelles indemnisées. Il est totalement insensé de réduire les mécanismes de prévention les touchant.
– Une atteinte systémique aux droits des femmes. Ce projet de loi vient modifier et retirer certains mécanismes de prévention dans les secteurs de la santé et de l'éducation, composés à grande majorité de femmes. Cela crée une inégalité flagrante avec d'autres secteurs majoritairement masculins, comme celui de la construction, où ces protections sont maintenues.
– La CAQ refuse le dialogue. La FIQ a déposé un mémoire sur le projet de loi, mais n'a pas été invitée à le présenter à la commission parlementaire chargée de l'étudier. Exclure la FIQ des consultations, c'est écarter la voix de plus de 80 000 professionnelles en soins du débat. En 2025, les travailleuses du réseau public doivent être entendues.
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10.02.2026 à 14:04
Panne de courant et catalogue des inquiétudes

Montréal, vendredi, 16:47. Panne de courant. Le ciel est encore clair, mais il faut trouver les chandelles, les lampes de poche, un gros chandail, une tuque. La maison refroidit vite quand il fait moins 15 dehors.
On pense à Kiev, à Gaza, on se dit que ce n'est pas si grave.
Mais l'obscurité grandissante éveille des inquiétudes de toutes sortes.
Le délire des ambitions territoriales et totalitaires de Donald Trump et de Vladimir Poutine nous rapproche-t-il d'une confrontation ? Sont-ce des bruits de bottes que nous entendons ? Ou plutôt des bourdonnements de drones ?
On parle avec enthousiasme d'augmentation des budgets de défense, de fabrication de matériel militaire, de création d'emplois dans ces domaines pointus.
Sommes-nous entrés dans le temps de la guerre ? Le capitalisme néolibéral trouve-t-il là une autre voie pour continuer sa course folle vers la fin de notre monde ? Quel est le bilan carbone de la guerre ?
Car la perspective de la guerre ne peut que conforter la mécanique de la fuite en avant économique, que renforcer les politiques de croissance, de développement infini, d'exploitation illimitée des ressources.
Pourtant, nous le savons bien, l'humanité court à sa perte si elle ne replace pas en tête de ses priorités le ralentissement du réchauffement climatique, la décroissance planifiée des activités génératrices de gaz à effet de serre, la recherche du bien commun et de l'équité.
Nous en sommes loin, au Canada et même ici au Québec, où on ne parle que de favoriser les grands projets en soutenant la construction de pipelines, l'exploitation des ressources fossiles, et même en réservant de grandes quantités d'électricité à des investissements pharaoniques qui tournent court, ou à la construction de centres de données avides
d'énergie et d'eau.
Voilà un autre sujet d'inquiétude : où nous mène le technocapitalisme sans entraves ? Les progrès technologiques, qui devraient être un outil mis au service du bien commun, sont entre les mains de quelques milliardaires l'instrument de la plus belle opération de décervelage dans l'histoire de l'humanité.
Comment garder le moral ? Par l'action, la protestation, la collaboration, l'entraide, la conscience de notre privilège de vivre ici, et de notre responsabilité à l'égard des autres humains qui souffrent plus que nous de notre gaspillage éhonté.
Par l'appel, une fois de plus, à nos élus : ouvrez les yeux, enlevez vos œillères, arrêtez de ne penser qu'en termes de profit immédiat. Même pour des comptables, voir un peu plus loin peut ouvrir des perspectives dans tous les aspects de la transition énergétique et socio-économique.
Le courant est revenu. Je vais souffler les chandelles, les économiser pour la prochaine panne ?
Denise Campillo
Montréal
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