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10.02.2026 à 14:18

Les Robins des ruelles frappent encore : vol de plusieurs milliers de dollars de nourriture redistribuée à la communauté

Les soulèvements de la terre

Mardi soir, 6 février 2026, les « Robins des Ruelles » sont revenu_·_e_·_s en force et ont dévalisé une épicerie de l'enseigne Rachelle Béry pour une valeur de plusieurs milliers de dollars de nourriture. Une soixantaine d'individus, portant des chapeaux et tuques ornés d'une plume rouge, sont rentrés en masse dans l'épicerie pour y remplir des sacs qu'ils ont ensuite emportés sans passer à la caisse.

Des tracts distribués aux employé_·_e_·_s et aux client_·_e_·_s qui étaient présent_·_e_·_s dans l'épicerie pendant l'action expliquent que l'intégralité du butin récolté sera redistribué à la communauté. Le groupe précise dans son communiqué que la nourriture a été distribuée dans différents frigos communautaires et devant des logements de HLM dans Hochelaga .

Dans leur communiqué, le groupe déclare :

« Chaque jour, nous travaillons comme des acharné·e·s simplement pour pouvoir nous permettre d'acheter de la nourriture dans des supermarchés qui font des profits démesurés. Lorsqu'avoir deux emplois ne permet même plus de se nourrir, de se loger et de prendre soin de sa famille, tous les moyens deviennent légitimes. On a décidé de résister contre un système qui est corrumpu et d'encourager celleux qui sont écoeuré·e·s comme nous à faire de même. Être un·e Robin des ruelles, c'est simple, c'est refuser qu'une poignée de CEO
s'enrichissent sur notre dos, pendant que le reste de la population peine à se nourrir. » - Francis, membre des Robins des ruelles.

Les épiceries Rachelle Béry appartiennent à la chaîne de distribution Sobeys, sous la propriété de la Empire Company Limited. Cette compagnie-mère agit dans deux secteurs : l'alimentaire et le développement immobilier. Le nouveau PDG de l'Empire, Pierre St-Laurent, a enregistré un salaire et des primes de 3.42 millions de dollars canadien depuis novembre dernier._ _Le salaire moyen d'un canadien pour 2025 est de 65 300 $. Sur le site de l'Empire, on lit : « Une_ _famille qui nourrit les familles ». Ne nous laissons pas leurrer. La pauvreté est fabriquée par ceux qui détiennent le monopole du marché de l'alimentaire et de l'immobilier.

Dans leur communiqué, le groupe affirme d'ailleurs :

« _Voler un voleur et redistribuer par la suite la totalité du butin, n'est pas de la charité, ni un geste moral ou chrétien. C'est un geste politique. Voyez dans notre action un appel à s'organiser ensemble contre la mafia de l'alimentaire._ _Comme plusieurs autres l'ont fait
depuis l'action des pères Noël, participez vous aussi à reprendre à ceux qui profitent de notre faim._ » - Francis, membre des Robins des ruelles.

Cette action répond à l'appel lancé par les Soulèvements du fleuve à résister à l'empire alimentaire. Tant que le profit de quelques-uns primera, nous mangerons mal et trop peu, et certain.es n'auront plus de toit sur leur tête. Se défaire de l'emprise du marché sur notre subsistance, voilà l'horizon politique. Les Soulèvements du Fleuve sont clairs : pour nous donner les moyens de nos ambitions, il nous faut exproprier les chaînes d'épiceries, créer des cuisines collectives, changer les parkings en grands potagers, les champs de monoculture en garde-manger collectif, faire front contre les propriétaires. Ce monde ne leur appartient pas.

Les Soulèvements du fleuve ont reçu un communiqué de la part de Robin
des Ruelles avec la demande de le contextualiser et de le partager aux
médias. Les Soulèvements du fleuve jouent un rôle de diffusion.

À propos des Soulèvements du fleuve

Les Soulèvements du fleuve sont nés de la rencontre de plusieurs luttes locales disséminées sur les territoires avec comme volonté de résister au développement extractiviste et à l'accaparement capitaliste. Une tentative qui rassemble de multiples groupes, initiatives et usages. Une réponse à l'appel international des Soulèvements de la terre à rassembler les forces brutes et à s'en prendre directement à ceux qui exploitent et détruisent le vivant, à interrompre la continuité catastrophique du progrès, le rythme incessant de ses flux et la permanence des infrastructures qui le maintiennent.

Source : LesSoulèvementsdufleuve.org

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10.02.2026 à 14:17

Une pétition contre la violence d'un projet de loi !

Mohamed Lotfi

Il se joue au Québec une bataille silencieuse, invisible. Elle prend racine dans une décision politique identitaire qui s'infiltre dans les vies, les attentes, les projets d'avenir. Elle porte le nom de projet de loi 9.

Dans mon entourage, je connais une jeune femme de 22 ans, appelons-la Amina. Originaire d'un pays lointain, elle a d'abord étudié pendant trois ans une matière scientifique à l'université, pour ensuite faire ce pas immense vers Montréal, vers le Québec, vers une école privée où elle s'est inscrite dans un programme en administration de la santé. Les délais d'inscription à cette formation l'ont obligée à quitter son pays natal quelques mois avant d'obtenir sa licence en chimie.

Après mûres réflexions, elle a pris une décision qu'elle ne regrette pas. Elle étudie depuis plusieurs mois, elle a déjà obtenu un permis de travail, elle s'efforce de conjuguer études et emplois, elle occupe deux jobs, prodigue son énergie, sa discipline, sa curiosité, dans un français impeccable qui se teinte d'accent québécois au fil des jours.

Elle envisage bien sûr de travailler dans le domaine de la santé et de faire une demande de résidence permanente à la fin de ses études, comme tant d'autres avant elle. Chez nous, au Québec, les permis d'étude et de travail sont souvent la première serrure qui ouvre vers un avenir plus stable, vers l'intégration durable dans la société, vers une contribution directe à l'économie, à la culture et à la démographie. Généralement, ces permis ouvrent la porte à une demande de résidence permanente qui permet de passer du statut de travailleur temporaire à celui d'immigrant, d'aspirant à citoyen, dans le respect des règles et des processus établis.

Aujourd'hui, Amina, comme beaucoup d'hommes et de femmes venus d'ailleurs, vit sous la menace de ce projet de loi et de ses effets réels et potentiels. Déjà, par son effet psychologique, il suspend l'avenir de familles entières qui ont entamé leur cheminement d'intégration.

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Jamais je n'aurais cru voir François Roberge, à son arrivée au pouvoir en 2018, capable d'une décision aussi violente. Pouvez-vous imaginer cet éducateur de formation, anciennement ministre de l'Éducation, devenu ministre de l'Immigration, expliquer son projet à une classe du primaire ? Moi, je n'y arrive pas. Il a beau porter la signature de ce projet de loi, ce n'est pas son projet, c'est celui d'un gouvernement en perte de popularité. C'est aussi le résultat d'une époque où les opinions publiques carburent à la peur, la peur de l'autre étant devenue un levier politique en soi.

Tel qu'il est déposé par le gouvernement de la CAQ, le projet de loi 9 se présente sous des aspects multiples, complexes, techniques. Officiellement, il est intitulé Loi visant à accroître la prospérité socio-économique du Québec et à répondre adéquatement aux besoins du marché du travail par une intégration réussie des personnes immigrantes. Le projet modifie en profondeur le cadre normatif de l'immigration au Québec et affecte des milliers de personnes, déjà ici, qui espèrent construire leur vie, leur travail, leurs liens sociaux et familiaux. Derrière les chiffres, derrière les consultations parlementaires, derrière l'intitulé administratif, il y a des rêves d'avenir, des trajectoires personnelles qui cherchent à prendre sens jour après jour.

Ce projet de loi n'est pas une abstraction, c'est une violence institutionnelle. Une loi qui change subitement l'accès à l'immigration, qui efface des espérances, qui retarde des trajectoires, produit un effet de mise en danger des projets individuels et provoque un stress immense chez des milliers d'hommes et de femmes qui travaillent, qui étudient, qui contribuent à la richesse sociale du Québec.

Le ministre de l'Immigration, François Roberge, présente le projet de loi comme une stratégie d'ajustement du nombre d'arrivées, une adaptation du marché du travail, mais pour les personnes affectées, déjà installées ici, c'est avant tout une rupture, un renversement, une remise en question de ce qui était devenu possible.

Alors, quelle est la raison d'être de ce projet de loi qui devient, pour beaucoup, une source d'incertitude ? Les gouvernants affirment vouloir répondre aux besoins socio-économiques du Québec, prioriser certaines qualifications, améliorer l'intégration des personnes immigrantes en lien avec les besoins du marché du travail. Ils parlent d'harmonisation, de prospérité économique, d'efficacité administrative. Mais pour ceux qui vivent ces décisions au quotidien, pour ceux qui construisent pas à pas leur vie ici, ce projet de loi est perçu comme un obstacle, une menace aux droits acquis, un ralentissement de trajectoires qui étaient en marche.

C'est ici que la politique devient un art de se servir des gens au lieu de les servir. Pire, l'immigrant devient l'autre, l'étranger, c'est-à-dire moins important, on s'en sert presque comme d'un objet.

Quand un gouvernement pense pouvoir gagner des points dans les sondages en restreignant l'immigration temporaire ou permanente, quand il oublie que ces mêmes travailleurs et étudiants ont rendu un service immense pendant la pandémie, qu'ils occupent des emplois essentiels, qu'ils enrichissent notre société par leur présence, leur diversité, leur engagement, alors la politique cesse d'être une force de cohésion humaine.

La violence de ce projet de loi n'est pas seulement dans les mots des textes législatifs, elle est dans les cœurs qui s'inquiètent, dans les familles qui redoutent l'avenir, dans les jeunes qui se demandent si leur énergie et leur talent trouveront un foyer durable ici. Gérald Godin doit tourner dans sa tombe. Comme ministre de l'Immigration, jamais il n'aurait proposé un projet de loi aussi fascisant.

Le Québec accueille des immigrants chaque année, il a besoin de ces personnes pour faire face à des défis démographiques, pour revitaliser ses régions, pour enrichir sa vie économique et culturelle. Alors pourquoi normaliser une chasse à des aspirants à l'immigration ? Pourquoi les accueillir pour, par la suite, les rejeter, les renvoyer et casser leurs rêves ?

Heureusement, tous les citoyens n'adhèrent pas à ce projet. Une pétition circule, des voix s'élèvent pour demander au gouvernement de revenir à la raison, pour respecter les droits acquis de ces travailleurs et étudiants dont le Québec a tant besoin, pour rejeter toute violence institutionnelle qui entrave les vies et les rêves.

Je pense à Amina. Supposons que cette nouvelle loi entre en vigueur, à quoi son diplôme obtenu ici, pour les besoins d'ici, va-t-il lui servir ailleurs ? Elle vit déjà la tension de l'incertitude, entre l'aspiration à construire sa vie et la peur d'être renvoyée à la case départ.

Et parce que nous sommes tous, d'une manière ou d'une autre, touchés par ces décisions politiques, parce que la liberté de se projeter dans l'avenir concerne chacun d'entre nous, il est essentiel de comprendre que derrière le projet de loi, il y a des êtres humains. Il y a des histoires comme celle que je connais, il y a des espoirs qui se tissent au fil des jours, et il y a une société qui se mesure à sa capacité à accueillir, à respecter, à reconnaître la valeur de chacun. Il suffirait d'ajouter une simple clause de droit acquis à ce projet pour en changer la nature même.

Si vous êtes contre le projet de loi modifiant le Programme de l'expérience québécoise, je vous invite à signer et à partager sans modération.

https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-11979/index.html?fbclid=IwY2xjawPy3xtleHRuA2FlbQIxMQBzcnRjBmFwcF9pZBAyMjIwMzkxNzg4MjAwODkyAAEeK3rNdD0jfognzFaO-CW1TcHOrLyEzHJBSJ6YWVtEEJtWkZL-amNdn88mdNc_aem__o5KA7D80fgfDy-0rvCsuA

Mohamed Lotfi
6 Février 2026

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10.02.2026 à 14:17

La CAQ n'a plus la légitimité de… continuer !

Collectif

Ces derniers mois, le niveau d'insatisfaction envers le gouvernement a été particulièrement élevé. La grogne populaire a atteint des sommets, ce qui a forcé le premier ministre François Legault à démissionner de ses fonctions. De ce fait, il est inconcevable que la CAQ persiste dans ses projets de réformes et de compressions budgétaires, ainsi que dans l'adoption de projets de loi controversés, alors qu'elle n'a plus aucune légitimité.

Arrivé au pouvoir avec 8 milliards de dollars de surplus et maintenant embourbé dans le déficit, le gouvernement Legault ne peut expliquer son choix de se tourner vers des politiques d'austérité. D'un côté, il dilapide des millions de fonds publics dans des projets privés controversés (Northvolt, SAAQclic, etc.) ; de l'autre, il coupe dans les services publics et les programmes sociaux. Ses multiples tentatives de jeter la pierre aux immigrant·e·s, qu'il n'hésite pas à accuser d'être responsables de la crise du logement, du débordement des hôpitaux ou du déficit, ne parviennent jamais, au final, à le faire remonter dans les sondages.

Cet automne, plutôt que d'écouter les groupes sociaux, syndicaux, communautaires et citoyens qui s'organisent pour dénoncer les coupures, le gouvernement Legault, acculé au pied du mur, choisit de tirer à boulets législatifs sur à peu près tout le monde. Legault attaque les médecins avec le PL 2, les syndicats avec le PL 3 et les organismes communautaires avec le PL 7, dans une ultime tentative de renverser l'opinion publique. C'est dans la même veine qu'a été déposé le PL 1, projet de Constitution québécoise, qualifié de « dérive autoritaire » par le Barreau du Québec.

Après les annonces de départ en rafales, il est inconcevable que ce qu'il reste du gouvernement de la CAQ poursuive dans cette lancée sans prendre acte du verdict évident de la population. S'il décide de se maintenir en place jusqu'aux élections d'octobre, le gouvernement de la CAQ doit faire amende honorable et retirer au plus vite les projets de loi controversés.

Signataires

Naélie Bouchard-Sylvain, Regroupement d'éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches

Julie Corbeil, Table régionale des organismes d'éducation populaire de Montréal

Catherine Cartier Pouliot, Mouvement d'éducation populaire autonome de Lanaudière

Mylène Baril-Mantha, Regroupement d'éducation populaire en Abitibi-Témiscamingue

Michel Savard, Table des groupes populaires de la Côte-Nord

Geneviève Tremblay-Racette, Table ronde des organismes volontaires en éducation populaire de l'Outaouais

Gabriel Grégoire-Mailhot, Table ronde des organismes volontaires en éducation populaire de l'Estrie

Geneviève Latour, Table régionale des organismes volontaires d'éducation populaire de la Montérégie

Gabrielle Renaud, Mouvement d'éducation populaire et d'action communautaire du Québec (MÉPACQ)

Vanessa Gamboa, Association des groupes d'éducation populaire autonome (AGÉPA) Centre-du-Québec

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