10.02.2026 à 14:10
Le NPD et l'illusion parlementaire

Pourquoi il faut détourner une partie de la puissance intellectuelle de la gauche du fétichisme des politiques publiques pour la diriger vers l'action collective
Février 2026| tiré de Canadian dimension | Photo : Matt Jiggins / Flickr
Bien qu'elle soit nettement plus animée que la transition à la direction qui a suivi l'accession sans opposition de Jagmeet Singh en 2017, l'actuelle course à la direction du NPD demeure enfermée dans une conception étroite de ce que sont les partis politiques — et de ce qu'ils peuvent faire. Tant que les progressistes n'élargiront pas cette conception, la gauche continuera vraisemblablement d'échouer, même lorsqu'elle parvient à remporter occasionnellement une victoire électorale.
L'approche dominante considère la réussite des partis comme le produit de deux variables : le degré de radicalité (ou de modération) de la plateforme, et le charisme personnel du chef. Il est frappant de constater à quel point les commentaires politiques restent obsédés par ces deux facteurs, souvent au détriment de questions plus profondes liées au pouvoir, à l'organisation et à la stratégie.
Une grande partie des débats contemporains est dominée par des affirmations péremptoires selon lesquelles la victoire — voire l'utopie — serait à portée de main, pour peu que l'on propose la bonne plateforme. Le camp opposé avance des arguments tout aussi creux, affirmant que la victoire n'est possible que si le NPD se modère afin de séduire l'électorat centriste. En comparaison de ces mantras ressassés, les débats sur la « sympathie » ou la « popularité » des candidats peuvent sembler une forme d'analyse plus concrète — bien que toujours limitée.
La voie parlementaire vers l'échec
Cette approche dominante repose implicitement sur une foi étonnamment optimiste dans le pouvoir de l'État. Toute la politique — c'est-à-dire la manière dont nous organisons et ordonnons nos sociétés et nos vies — se trouve aplatie dans les élections, perçues comme une sorte de boîte noire magique. Il suffirait d'introduire la bonne plateforme progressiste dans le NPD, le parti gagnerait une élection et, voilà, les résultats progressistes suivraient. À la base de chaque campagne à la direction se trouve l'hypothèse que les élections se traduisent directement en pouvoir. Cette croyance réduit la politique à une séquence étroite d'intrants de campagne et de résultats politiques.
En réalité, la lutte politique se poursuit entre les élections. Les résultats politiques sont déterminés par le rapport de forces, qui est une question distincte de la composition partisane du Parlement. Par exemple, la plateforme d'Avi Lewis propose une option publique en télécommunications afin de concurrencer le pouvoir de fixation des prix monopolistique des transporteurs privés canadiens. Il s'agit d'une idée bienvenue, mais qui se heurte de plein fouet au pouvoir de Bell, Rogers et Telus.
Bell, à elle seule, a enregistré des revenus annuels de 24 milliards de dollars en 2024. L'entreprise emploie également 45 000 personnes à temps plein pour faire avancer ses intérêts. De l'autre côté, le NPD dispose d'un budget annuel d'environ 6 millions de dollars, de quelques dizaines d'employés et d'environ 100 000 membres sur papier. Selon quel modèle politique pourrait-on croire que les seconds pourraient vaincre les premiers — et encore moins vaincre tous les autres monopoles économiques enracinés ? La seule manière de résoudre cette contradiction est de croire que le pouvoir étatique est entièrement neutre et facilement mobilisable : une vision de l'État comme instrument neutre et hautement efficace, prêt à être utilisé par quiconque en prend le contrôle.
Or, dans les faits, les bureaucraties publiques modernes sont gigantesques et notoirement difficiles à manœuvrer. Pour les acteurs extérieurs et les contre-élites, il peut falloir tout un mandat politique simplement pour comprendre leur fonctionnement. Pendant ce temps, l'élite en place, déjà bien organisée, peut mobiliser son pouvoir économique, social et médiatique afin de briser la coalition au pouvoir. L'histoire regorge d'exemples de gouvernements progressistes — de SYRIZA en Grèce aux gouvernements néo-démocrates provinciaux plus près de chez nous — qui ont connu des percées électorales avant d'être sapés et défaits par des élites bien enracinées.
Il existe un paradoxe curieux dans la pensée progressiste contemporaine : une vision critique à l'égard de nos élites capitalistes brutales coexiste avec une foi profonde dans des institutions politiques qui dépasse souvent leur capacité démontrée à produire des transformations profondes — comme si quelque chose pouvait être invoqué à l'existence simplement parce que 172 personnes réunies dans une salle froide de la Colline du Parlement en ont décidé ainsi.
Des forces politiques à spectre complet
Une approche plus féconde consiste à comprendre les partis comme une technologie sociale de l'action collective. À moins d'être milliardaire, l'action individuelle n'est pas le terrain pertinent de la politique.
Les gens ordinaires ne disposent pas de ressources suffisantes pour que leurs actions individuelles aient un impact significatif. En élargissant cette logique, la croyance selon laquelle l'agrégation d'actions individuelles spontanées et non coordonnées pourrait mener au pouvoir ou au changement social est également une chimère. En pratique, les partis sont des véhicules d'action collective organisée : ils permettent aux individus de se connecter, de mutualiser et de faire croître leurs ressources à travers des hiérarchies prévisibles et démocratiques, et d'instaurer une division du travail au service d'objectifs collectifs.
Théoriquement, les masses de travailleurs ordinaires pourraient faire avancer leurs intérêts par l'entremise d'un ensemble d'institutions distinctes : une organisation axée sur le logement, une autre sur le travail, une autre sur la santé, etc. Cet écosystème institutionnel permettrait à des individus impuissants isolément de se renforcer et de poursuivre leurs intérêts collectifs dans de multiples sphères. Cette vision reflète en partie la richesse de la vie associative de la classe ouvrière du XXᵉ siècle au Canada et dans d'autres démocraties libérales. Les prédicateurs de l'évangile social s'organisaient par leurs églises, les syndicats avaient leurs salles et leurs sections locales, les communautés ukrainiennes et finlandaises progressistes construisaient leurs maisons du travail, et des générations de prolétaires ambitieux passaient par les programmes de formation de cadres du Parti communiste, devenant au passage des organisateurs plus aguerris (même si plusieurs quittaient ensuite le parti).
Comme la partie immergée d'un iceberg, tout un écosystème de coordination de la classe ouvrière soutenait les gouvernements réformistes de gauche dans des régions comme l'Ouest canadien. Dans ce contexte, le CCF/NPD pouvait fonctionner simplement comme une force parlementaire représentant cet écosystème élargi. Mais nous sommes en 2026, et cet écosystème a en grande partie disparu, érodé par des décennies de désindustrialisation, d'inégalités croissantes et de démantèlement délibéré des institutions ouvrières. Les marchés du travail fragmentés d'aujourd'hui, l'affaiblissement des syndicats et l'atomisation sociale rendent irréaliste toute reconstitution de cet ancien écosystème. Toute stratégie progressiste sérieuse doit tenir compte de cette réalité. Il ne suffit plus d'être un parti des urnes et de la rue (le parti des urnes et de la rue étant un slogan forgé par le parti de gauche québécois Québec solidaire), puisque la seconde composante de cette formule s'est affaiblie.
Reconnaissant le caractère creux des partis progressistes contemporains, certains appellent à reconnecter les partis aux mouvements sociaux, ou à créer de nouvelles formations comme Québec solidaire, conçues comme des partis des urnes et de la rue. Mais ce cadrage passe à côté du problème fondamental. Les « mouvements sociaux » souffrent de bon nombre des mêmes défaillances de coordination que les partis parlementaires eux-mêmes. Lorsque les conditions sont favorables, ces mouvements peuvent croître rapidement, portés par des moments de crise ou d'indignation. Mais faute de structures durables, de mécanismes solides de discipline interne et de coûts réels à la sortie, ils sont tout aussi susceptibles de s'effondrer rapidement — ou de se fossiliser au sein de l'écosystème des ONG et du plaidoyer une fois le moment passé.
Plutôt que de s'engager dans la tâche vouée à l'échec de reconstruire cet écosystème, une voie plus efficace consiste à organiser les partis politiques eux-mêmes comme des forces politiques à spectre complet. Nous vivons en tant que locataires, travailleurs, consommateurs, patients, etc. Notre véhicule d'action collective — notre parti — devrait être en mesure de contester le pouvoir dans toutes ces sphères. Les questions stratégiques réellement intéressantes sont celles qui portent sur la manière de bâtir un parti ayant la profondeur et l'ampleur nécessaires pour y parvenir. Comment accumuler des ressources ? Comment recruter des membres ? Comment nous former à diriger et à être dirigés ?
Les masses de gens ordinaires ne peuvent accroître leur pouvoir si leur parti n'est qu'une marque parlementaire : il doit être transformé en un État-en-devenir, une contre-hiérarchie qui construit une société alternative dans la coquille de l'ancienne. Les plateformes et les chefs parlementaires sont des éléments d'une stratégie plus large, mais ne constituent pas les enjeux les plus importants. Notre problème n'est pas que nos structures d'action collective suivent la mauvaise idéologie ou soient dirigées par les mauvaises personnes, mais que nos structures existantes sont fragmentées, inégales et souvent inadéquates à l'ampleur du défi. Les débats entre révolution et réformisme, ou autres différenciations idéologiques, n'ont de portée que dans le cadre d'une hiérarchie organisée pouvant être orientée dans une direction donnée.
Des commentaires récents sur la candidature d'Avi Lewis à la direction ont soutenu que sa plateforme sur le travail jetait les bases d'un renouveau de la construction de mouvements au sein et autour du NPD. Et il est vrai que ce document est exceptionnellement ambitieux, tant par son ampleur que par sa substance, abordant non seulement la démocratie en milieu de travail et la réforme de l'assurance-emploi, mais aussi l'IA, la justice migrante, les services publics et la démocratie économique au sens large.
Mais cela ne fait que renforcer le problème central. Même le plan de politiques le plus complet et le plus favorable aux travailleurs reste inerte sans un appareil organisationnel capable de mobiliser les travailleurs, de soutenir des conflits prolongés et de coordonner l'action au-delà des moments électoraux sporadiques. Les politiques peuvent esquisser une orientation vers la construction de mouvements, mais elles ne peuvent se substituer au travail ardu de création de hiérarchies durables, de discipline et de capacités partagées d'action collective. Sans cette infrastructure, même le meilleur plan de travail risque de devenir un autre document admirable circulant parmi les militants, les syndicats et les commentateurs — plutôt qu'un levier capable de modifier le rapport de forces.
Une classe pour soi
Plutôt que de se concentrer principalement sur des visions politiques à long terme détachées des questions de pouvoir et d'organisation, nous devrions mettre l'accent sur des voies intermédiaires permettant d'accroître notre pouvoir. Pour fonctionner comme une force à spectre complet, le parti doit s'implanter partout où les gens vivent, travaillent et luttent. Pourquoi le NPD n'aurait-il pas son propre journal, voire éventuellement sa propre chaîne de télévision ? Pourquoi ne gérerait-il pas des salles de parti servant de centres communautaires à travers le pays ? Pourquoi le parti ne créerait-il pas son propre milieu d'organisations, comme des syndicats de locataires, voire ne lancerait-il pas ses propres efforts d'organisation syndicale ?
Bien que le NPD soit encore formellement lié au mouvement syndical canadien, une approche plus intégrée est nécessaire — une approche dans laquelle syndicats et parti se chevauchent et coopèrent au sein d'une même hiérarchie organisée, plutôt que d'exister avec des priorités disjointes qui ne se coordonnent que de manière épisodique. Pourquoi ne pas lancer son propre service de conseil en procurations d'actionnaires, afin d'orienter les fonds de pension et autres véhicules d'investissement contrôlés par les membres vers une transformation du comportement des entreprises ? Pourquoi ne pas créer ses propres coopératives de consommation, voire des entreprises appartenant au parti ?
Nous devrions chercher dès maintenant à utiliser l'une des rares institutions ouvrières encore existantes — le NPD — pour faire progresser notre pouvoir collectif. Il est tout à fait possible d'accroître notre pouvoir dans ce pays sans remporter d'élections. À partir d'un certain seuil, davantage de pouvoir exigera des victoires électorales comme condition nécessaire — mais jamais comme condition suffisante. Ces voies ne sont même pas opposées : la construction d'un État alternatif en gestation est bénéfique à la réussite électorale. Bien sûr, nous ne devons pas simplement présumer de victoires électorales, mais nous ne pouvons pas non plus supposer que nous résoudrons facilement les problèmes d'action collective inhérents à toutes les entreprises évoquées ci-dessus. Mais nous devrions au moins déplacer une partie de la puissance intellectuelle de la gauche du fétichisme des politiques publiques vers le véritable problème : la difficulté croissante de l'action collective.
Il est éclairant d'inverser le cliché clausewitzien : la politique est la guerre par d'autres moyens. Mais l'asymétrie particulière de l'inégalité fausse le champ de bataille. Les riches disposent déjà d'une armée permanente : leur argent, leurs institutions, leurs entreprises. Les partis peuvent être utiles, mais les riches n'en ont pas besoin. Ils sont moins nombreux, disposent de plus de ressources et se connaissent déjà tous. Ils n'ont pas besoin de la technologie sociale des partis politiques pour assurer la coordination, l'action collective et la construction d'un soutien populaire. Pour les riches, la coordination est automatique. Pour le reste d'entre nous, elle doit être construite.
La grande masse d'individus atomisés de la classe ouvrière et de la classe moyenne ne peut pas se coordonner aussi facilement. Les partis sont un outil nécessaire pour connecter les individus et transformer leurs intérêts communs en un intérêt de classe collectif. La gauche ne gagnera pas simplement en votant pour de meilleurs politiciens, mais en forgeant un instrument politique à la hauteur du monde qu'elle cherche à créer — un instrument qui fonctionne au-delà des élections. Voilà la promesse d'un parti : non pas une simple ligne sur un bulletin de vote, mais le moyen par lequel le grand nombre peut l'emporter sur le petit nombre.
L'auteur est commentateur et organisateur et écrit sous le nom d'Ali Terrenoire. On peut le trouver sur X sous le pseudonyme @AliTerrenoire, sur Bluesky à @aliterrenoire.bsky.social, et sur Instagram à @ali.terrenoire.
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10.02.2026 à 14:10
Affaire Sosa Orantes : le Canada se dérobe face aux crimes contre l'humanité

Québec, le 6 février 2026 – Avocats sans frontières Canada (ASF Canada) déplore le choix des autorités canadiennes de ne pas engager de poursuites criminelles à l'encontre de Jorge Vinicio Sosa Orantes, alors qu'il a tous les outils pour le faire.
Cet ancien sous-lieutenant de l'armée guatémaltèque, installé au Canada depuis près de 40 ans, a participé au massacre de Las Dos Erres en 1982, au cours duquel plus de 200 civils, dont de nombreux enfants, ont été tués. En choisissant de mettre fin à son statut par des procédures administratives – plutôt que d'engager des poursuites criminelles pour crimes contre l'humanité – le Canada manque à ses obligations internationales en matière de lutte contre l'impunité.
« Tout ce qu'ils vont faire, c'est lui retirer sa citoyenneté et le renvoyer du Canada. Il n'y aura pas de justice. En réalité, rien n'a été fait, ou presque. De mon point de vue, en tant que témoin des faits, je constate qu'il n'y a pas de justice. Ce que nous voulions, c'est qu'il paie pour ses actes et qu'il soit jugé pour ses crimes. » (trad. libre) — Ramiro Osorio Cristales, l'un des survivants du massacre de Las Dos Erres, aujourd'hui réfugié au Canada. Il avait 5 ans au moment du massacre.
Trop peu, trop tard
Le 5 février 2026, la Cour fédérale du Canada a déchu Jorge Vinicio Sosa Orantes de sa citoyenneté canadienne pour avoir omis consciemment de déclarer son passé militaire lors de sa demande d'immigration ; et l'a déclaré inadmissible au statut de réfugié, en raison de sa participation dans des crimes contre l'humanité commis à Las Dos Erres en 1982. Cette procédure, amorcée en 2017, pourrait mener à son expulsion du territoire canadien sans assurance que justice soit faite.
« Le Canada avait une occasion bien réelle de faire entendre la voix de la justice internationale, alors qu'elle est attaquée de toute part. En choisissant de ne pas juger au criminel M. Sosa Orantes pour ses actes ou de l'extrader dans un pays aux fins de jugement, il renonce à son engagement de lutte contre l'impunité des crimes internationaux. » — Karine Ruel, directrice générale d'ASF Canada.
Pourtant, le Canada dispose d'une loi fondée sur le principe de compétence universelle, qui lui permet de poursuivre les auteurs de crimes contre l'humanité, de crimes de guerre ou de génocide, se trouvant sur son territoire, peu importe où ces crimes ont été commis ou la nationalité de l'auteur présumé.
Dans le cas de M. Sosa Orantes, le gouvernement a délibérément évité la voie judiciaire, malgré les outils juridiques à sa disposition et l'investissement financier et en temps important d'une procédure administrative. Ce choix s'inscrit dans un contexte plus large d'inaction : l'unité fédérale responsable de ce programme n'a publié aucun rapport public depuis 2015, révélant un grave déficit de transparence et d'engagement envers la justice internationale.
Silence et inaction malgré des appels répétés à la justice
Depuis plusieurs années, ASF Canada, en collaboration avec le Partenariat canadien pour la justice internationale, multiplie les démarches auprès du gouvernement canadien à propos du cas de M. Sosa Orantes. L'organisation a transmis des analyses juridiques, organisé des rencontres avec des parlementaires et lancé plusieurs appels publics pour que des poursuites criminelles soient engagées. Malgré ces efforts soutenus, le gouvernement est resté silencieux.
« Dans la période actuelle, où la loi du plus fort, les intérêts politiques et les doubles standards polluent les conversations diplomatiques, il est plus important que jamais pour les États de jouer le rôle qu'ils se sont eux-mêmes donné à Rome en 1998 : ils doivent prendre des mesures concrètes visant à refermer les espaces où l'impunité s'infiltre et survit, y compris sur le territoire canadien. » — Fannie Lafontaine, directrice du Partenariat canadien pour la justice internationale.
Le Canada se présente comme un défenseur de la justice internationale. Il soutient les enquêtes de la Cour pénale internationale et affirme qu'il exécutera ses mandats d'arrêt, même contre des chefs d'État. La crédibilité de ce rôle dépend d'abord de ses actions à l'intérieur de ses frontières.
ASF Canada salue les efforts pour retirer la citoyenneté obtenue de façon frauduleuse. Mais cela ne peut pas remplacer un procès pour des crimes d'une telle gravité.
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10.02.2026 à 14:09
Le nouveau conseil de direction de Pierre Poilievre noyauté par des lobbyistes d'entreprises

Des lobbyistes et des militant·e·s anti-avortement siégeant à un organe influent contrastent avec le discours public du Parti conservateur. Alors que le chef conservateur Pierre Poilievre promettait de se battre pour les « gens ordinaires » du Canada lors d'un congrès national tenu le week-end dernier à Calgary, son parti a élu un conseil de direction rempli de lobbyistes travaillant pour certaines des plus puissantes entreprises du pays.
4 février 2026 | tiré et traduit de Breach.media
La moitié de son nouveau conseil de 20 personnes — un organe influent qui supervise les affaires internes du parti, notamment les investitures et la préparation électorale — sont des lobbyistes d'entreprises actuels ou récents, révèle une analyse des registres de lobbyisme effectuée par The Breach.
Cela n'a pas empêché le député conservateur Aaron Gunn de décrire les conservateurs comme le « parti des travailleurs canadiens ». « Nous sommes le parti des gens de métier, des travailleurs des ressources et de celles et ceux qui jettent les bases de la prospérité et du succès futurs du Canada », a-t-il déclaré dans un discours au congrès.
Mais si la composition du conseil de direction est un indicateur fiable, les conservateurs ressemblent davantage au parti des PDG, des entreprises extractives et de ceux qui pavent la voie à l'accaparement des profits et à l'explosion des inégalités.
Des membres du conseil ont fait du lobbyisme pour des entreprises pétrolières, gazières et minières, pour les grandes entreprises technologiques, les géants des télécommunications, les associations pharmaceutiques et le secteur financier.
Plusieurs des membres réélus ont continué à faire du lobbyisme auprès du gouvernement fédéral pendant leur précédent mandat de trois ans au sein du conseil, tout en bénéficiant de leur proximité avec Pierre Poilievre.
Le chef du Parti conservateur est membre de droit du conseil national et est censé assister à ses réunions, mais il a délégué sa plus proche confidente et ancienne directrice de campagne, Jenni Byrne, pour le représenter.
Byrne est elle-même à la tête d'un cabinet de lobbyisme qui a représenté des entreprises comme Loblaw et un promoteur immobilier.
Plusieurs membres nouvellement élus du conseil sont également alignés sur le mouvement fondamentaliste chrétien anti-avortement.
Cela rappelle que, malgré les efforts de Poilievre pour rebrander les conservateurs en champions anti-élites de la classe ouvrière, la machinerie interne du parti demeure profondément imbriquée dans la classe capitaliste canadienne, ainsi que dans le conservatisme social organisé.
Une porte tournante de lobbyistes d'entreprises
Parmi les membres nouvellement élus et reconduits au conseil figurent de nombreuses personnes ayant des liens étroits avec le monde des affaires canadien.
Plusieurs membres du conseil sont liés à Capital Hill Group, un important cabinet de lobbyisme d'Ottawa qui a représenté des clients allant de X Corp. (anciennement Twitter) à une entreprise européenne d'armement. Aaron Scheewe est aujourd'hui directeur général du cabinet. Wes McLean, un autre consultant de l'entreprise, continue de faire du lobbyisme aux niveaux fédéral et provincial après un passage comme député provincial au Nouveau-Brunswick (il a été déchu de ses fonctions à la suite d'une accusation de conduite avec facultés affaiblies en 2013).
Matthew Conway a auparavant travaillé pour Maple Leaf Strategies, un cabinet de lobbyisme qui a représenté des clients comme Enbridge, d'importants intérêts miniers et bancaires, ainsi que Facebook. Selon les registres fédéraux, Conway a lui-même fait du lobbyisme pour le fabricant d'armes General Dynamics aussi récemment qu'en 2024.
Anthony Matar, consultant chez Crestview Strategy, a fait du lobbyisme pour des entreprises extractives, ainsi que pour McDonald's.
D'autres entretiennent des liens tout aussi étroits avec le secteur de l'énergie. Heather Feldbusch est une ancienne lobbyiste de l'Association canadienne du gaz et est associée à Alberta Counsel, une firme qui représente des compagnies pétrolières et des promoteurs immobiliers.
Amber Ruddy, vice-présidente chez Counsel Public Affairs, continue de faire du lobbyisme pour Telus ainsi que pour des entreprises pétrolières et gazières, et compte parmi ses clients les principaux groupes de pression des secteurs technologique et pharmaceutique.
Christina Mitas, ancienne députée provinciale ontarienne, lobbyiste active et participante à des rassemblements anti-avortement, a été élue au conseil de direction du Parti conservateur.
Crédit : Christina Mitas/Instagram
Les militant·e·s anti-avortement gagnent en influence
Aux côtés des lobbyistes d'entreprises, un second bloc est devenu plus visible après le congrès de Calgary : les militant·e·s socialement conservateurs, en particulier ceux et celles liés au mouvement fondamentaliste chrétien anti-avortement.
Parmi les nouveaux membres du conseil figure Colette Stang, ancienne présidente de la Saskatchewan Pro-Life Association, qui a soutenu une législation imposant l'implication parentale lorsque des mineures demandent un avortement.
Stang a également été appuyée par RightNow, une organisation anti-avortement qui a exhorté ses partisan·e·s à « s'assurer que des pro-vie siègent aux conseils nationaux » en raison de leur « incroyable influence sur le fonctionnement du parti ».
Kinsey Schurm et Dheeraj Jha ont tous deux reçu l'appui du président de la Campaign Life Coalition, Jack Fonseca, avant le congrès.
Si ces militant·e·s ont été élus au conseil national, d'autres tentatives de l'aile anti-avortement du Parti conservateur ont échoué lors du congrès.
Une résolution visant à revenir sur l'engagement figurant dans le programme du parti selon lequel celui-ci « ne soutiendra aucune législation visant à réglementer l'avortement » n'a pas été soumise au vote à Calgary.
Lors de l'élection de 2025, Poilievre avait réaffirmé cette position, promettant qu'un gouvernement conservateur n'introduirait pas de « lois ou autres restrictions » portant atteinte « au droit d'une femme de décider de ce qu'elle souhaite faire de son corps ».
Lors de son dernier congrès, en 2023 à Québec, des membres conservateurs avaient organisé une résolution issue de la base qui aurait interdit aux lobbyistes de siéger au conseil. Elle n'a pas été adoptée, et aucune résolution de ce type n'a été présentée cette fois-ci.
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10.02.2026 à 14:07
Prioriser notre santé et notre bien-être : et si on osait pour vrai ? L'APTS propose un bouclier budgétaire pour protéger le réseau public

À l'approche du dépôt du prochain budget du Québec et dans le cadre de l'édition Agenda 2026 de sa campagne Un réseau fort : et si on osait pour vrai ?, l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) dévoile son deuxième thème de l'année : Prioriser notre santé et notre bien-être : et si on osait pour vrai ? Au cœur de cette proposition : la mise en place d'un bouclier budgétaire afin d'assurer un financement stable, prévisible et suffisant du réseau de la santé et des services sociaux (RSSS).
Depuis plus de 30 ans, le Québec s'est doté de lois budgétaires parmi les plus restrictives au pays, notamment en matière d'équilibre budgétaire et de réduction de la dette. Résultat : malgré l'augmentation constante des besoins de la population, le réseau public est régulièrement soumis à des compressions qui fragilisent l'accès, la continuité et la qualité des soins et des services.
« On demande au réseau de faire toujours plus, avec toujours moins. En 2025-2026 encore, le financement accordé ne couvrait même pas l'évolution des besoins. Ce n'est pas une question de structure ; c'est un problème de priorités politiques », affirme Robert Comeau, président de l'APTS.
En février : faire de la santé une priorité non-négociable
L'APTS rappelle que le Québec traverse actuellement une troisième période d'austérité budgétaire en 30 ans, sous couvert de gestion « responsable » des finances publiques. Cette année encore, le personnel du réseau devra répondre aux besoins croissants de la population sans que le financement accordé par le ministère des Finances ne soit à la hauteur.
Pour le seul budget 2025-2026, l'APTS évalue à 1,1 G$ l'écart entre le financement réel du réseau et ce qui aurait été nécessaire pour mitiger l'impact de la croissance et du vieillissement de la population, de l'inflation et de l'évolution des pratiques cliniques. Un sous-financement qui se traduit directement par des services fragilisés, des listes d'attente qui s'allongent et une pression accrue sur le personnel.
Face à ce constat, l'APTS propose l'instauration d'un bouclier budgétaire : un cadre légal obligeant le gouvernement à financer la santé et les services sociaux à la hauteur des besoins réels de la population. Concrètement, ce bouclier repose sur trois piliers :
· l'évaluation annuelle de l'impact budgétaire de l'évolution des besoins, en tenant compte des changements démographiques, des pratiques cliniques et des projections d'inflation ;
· l'attribution de ce mandat à une instance indépendante, comme le bureau de la Vérificatrice générale ;
· l'obligation pour le ministère des Finances de rendre disponibles, à chaque budget, les sommes identifiées comme nécessaires.
« Instaurer un bouclier budgétaire, c'est envoyer un message clair : au Québec, la santé et le bien-être de la population ne sont pas des variables d'ajustement. Ce sont des priorités absolues, qui doivent être protégées contre les cycles d'austérité », souligne Émilie Charbonneau, 1re vice-présidente de l'APTS.
Et si on osait pour vrai ?
Pour l'APTS, il est temps de sortir du faux dilemme entre rigueur budgétaire et qualité des services. Si le Québec accepte depuis des décennies de se doter de règles strictes pour encadrer le déficit et la dette, il doit désormais faire preuve de la même rigueur pour protéger l'accès aux soins et aux services.
« Oser pour vrai, c'est reconnaître que la santé et le bien-être de la population méritent au minimum le même niveau de protection que les impératifs financiers. Le bouclier budgétaire est un choix politique clair, responsable et nécessaire », conclut Robert Comeau.
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10.02.2026 à 14:06
115 abolitions de postes à la CNESST

Québec, le 4 février 2026 — Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) dénonce l'intention de la CNESST d'abolir l'équivalent d'environ 115 postes additionnels à la CNESST dans la prochaine année. Rappelons que 250 postes avaient déjà été supprimés l'été dernier.
« C'est totalement indécent qu'on réduise encore le personnel alors que les délais ne cessent de s'allonger pour les accidentés du travail et les victimes d'actes criminels. On ne coupe pas dans de la bureaucratie, on sabre dans les services à la population. Est-ce que la CAQ aura enfin le courage de l'admettre ? », questionne Guillaume Bouvrette, président du SPGQ.
Les coupures font grimper la facture
Cette situation est d'autant plus déplorable qu'elle n'améliorera en rien les finances de l'État, puisque la CNESST est autofinancée. « Le fonctionnement de la CNESST est essentiellement payé par les employeurs. Or, les compressions allongent les délais et retardent le retour au travail des travailleurs et des travailleuses. Résultat : malgré les coupures, ça va coûter plus cher parce qu'on va devoir indemniser les gens plus longtemps », dénonce M. Bouvrette.
Plus de délais
À titre d'exemple, la durée moyenne de traitement des plaintes pour harcèlement psychologique ou sexuel est passée de 58 jours en 2022 à 95 jours en septembre 2025. Du côté de l'Indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC), qui relève aussi de la CNESST, les délais de traitement des demandes d'aide financière explosent. Ils étaient de 139 jours en septembre 2025 comparativement à 51 jours en 2022.
« Le gouvernement laisse tomber les victimes, c'est une vraie honte ! Nos membres travaillent d'arrache-pied et ils mettent leur santé à risque. C'est quand même ironique, sachant que la CNESST a déployé cet automne une campagne sur la santé psychologique », indique M. Bouvrette.
Sondage
Sondés avant la période des Fêtes, les professionnelles et professionnels de la CNESST tracent un portrait sombre des impacts des compressions.
* Près de la moitié des personnes répondantes (49 %) ont constaté une hausse des insatisfactions de la clientèle. Cette situation n'est certainement pas étrangère au fait que le quart d'entre elles ont été victimes ou témoins de manifestations de violence verbale ou physique envers le personnel.
* Quelque 38 % témoignent de l'allongement des délais pour verser des sommes à la clientèle. Dans bien des cas, cela contribue à augmenter la vulnérabilité de la clientèle, une situation constatée par environ le tiers des personnes répondantes).
* Près de 29 % des personnes répondantes ont constaté des bris de services.
Le sondage a été réalisé sur la plateforme SurveyMonkey du 27 novembre au 15 décembre 2025 auprès des membres du SPGQ. Au total, 5 182 personnes, dont 456 de la CNESST, ont rempli le questionnaire d'enquête, portant le taux de réponse à 18,2 %.
À propos du SPGQ
Le SPGQ est le plus grand syndicat de personnel professionnel du Québec. Créé en 1968, il représente plus de 34 000 spécialistes, dont environ 25 000 dans la fonction publique, 6 000 à Revenu Québec et 3 000 répartis dans les secteurs de la santé, de l'enseignement supérieur et au sein de diverses sociétés d'État.
Source
Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec
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10.02.2026 à 14:06
Y'a le feu ! AGISSONS contre les féminicides MAINTENANT !

C'est l'appel à l'action spontanée lancé le 4 février par le Comité de la Brigade des rubans blancs du Centre Au Cœur des Femmes de St-Jean-de-Matha suite à l'annonce d'un 6e féminicide en un mois au Québec. Plusieurs personnes se sont mobilisées rapidement devant la caserne d'incendie du village de Lanaudière pour dénoncer l'inaction gouvernementale en matière de violences faites aux femmes.
Depuis le début de l'année 2026, six femmes ont été tuées par leurs partenaires ou ex-partenaires intimes en contexte de violence conjugale. Alors que les groupes de femmes appellent à l'action depuis plusieurs années face à l'augmentation des violences à leur encontre, les chiffres ne cessent d'augmenter. En 2025, il y a eu 16 féminicides au Québec.
Les manifestant·es scandaient « Stop aux féminicides ! La prochaine est encore en vie ! » en bordure de la route 131 à l'heure de pointe. « Au son des klaxons sur la route, on sent bien l'urgence d'agir de la population aussi ! », s'exclame une manifestante.
On peut lire, le même jour, dans une publication Facebook de la Coalition féministe contre la violence faite aux femmes « le Québec est confronté à une vague importante de féminicides intimes de type conjugal. Six femmes sont mortes dans un contexte de violence conjugale, et ce, en cinq semaines. Ces meurtres s'inscrivent dans une violence misogyne qui traverse et gangrène notre société. »
On a aussi pu entendre Véronique Potvin, travailleuse au Centre Au Cœur des Femmes, dire « Y'a le feu ! Il doit y avoir des actions maintenant pour lutter contre les violences faites aux femmes ! Pour que la prochaine reste en vie ! Pour que toutes les prochaines soient en sécurité ! ». L'organisme a choisi de tenir l'action devant la caserne d'incendie pour symboliser l'urgence d'agir.
Les centres de femmes, maisons d'hébergement, leurs regroupements et autres groupes communautaires et féministes partout à travers le Québec réclament, depuis des années, des investissements massifs auprès des organismes communautaires qui travaillent en prévention et en soutien aux victimes de violences. Il faut plus de maisons d'hébergement et que celles qui existent obtiennent un meilleur financement. Il faut soutenir tout le travail de prévention et d'éducation réalisé par les centres de femmes et l'ensemble des organismes communautaires pour éliminer les comportements violents et les violences systémiques genrées.
En plus d'offrir écoute, soutien et accompagnement, le Centre Au Coeur des Femmes effectue un travail de sensibilisation et de conscientisation par le biais de l'éducation populaire autonome féministe intersectionnelle (ÉPAFI) ce qui permet de trouver des moyens d'action visant la transformation sociale. Parce que oui, la violence faite aux femmes est un problème de société !
Pour reprendre les mots du Centre de femmes La mouvance de Deux-Montagnes : Tant que des femmes mourront, nous serons là pour le dénoncer !
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10.02.2026 à 14:05
PL101 | Un affront à la santé et à la sécurité des femmes

Le gouvernement caquiste est allé de l'avant avec l'adoption du projet de loi 101 en octobre 2025, contesté depuis le printemps dernier par la FIQ et d'autres syndicats en raison de ses impacts sur la santé des travailleuses. Ce projet de loi de la CAQ vient directement bafouer les droits des travailleuses du réseau public de la santé et de l'éducation en matière de santé et sécurité au travail (SST).
Comprendre le projet de loi no 101
En juillet 2020, une infirmière a subi une violente agression dans une unité de psychiatrie improvisée en Montérégie-Est. Elle a été étranglée durant de longues minutes avant l'arrivée des policiers.
Ce triste cas fait malheureusement partie du nombre croissant de lésions professionnelles chez les travailleuses de la santé et de l'éducation. Alors qu'elles ne constituent que 19,2 % de l'emploi total au Québec, ces travailleuses subissent 35,7 % de toutes les lésions professionnelles reconnues.
Face à cette donnée alarmante, la logique voudrait que le gouvernement leur offre une meilleure protection en matière de santé et sécurité au travail. Or, malgré ses promesses, c'est tout le contraire que propose le ministre du Travail Jean Boulet avec son projet de loi 101.
Le PL101 réduit de façon considérable les fonctions des comités de santé et de sécurité (CSS) et des représentantes en santé et sécurité (RSS) dans les secteurs de la santé et de l'éducation en plus de retirer les exigences de délais pour les programmes de prévention.
Le réseau de la santé étant composé de 81 % de femmes, il s'agit d'un affront à la santé et à la sécurité au travail des femmes.
Pourquoi la FIQ s'y oppose ?
– Les travailleuses de la santé et des services sociaux sont parmi les plus touchées par les lésions professionnelles. En 2022, elles représentaient 13,6 % de l'emploi total, mais près de 38 % des lésions professionnelles indemnisées. Il est totalement insensé de réduire les mécanismes de prévention les touchant.
– Une atteinte systémique aux droits des femmes. Ce projet de loi vient modifier et retirer certains mécanismes de prévention dans les secteurs de la santé et de l'éducation, composés à grande majorité de femmes. Cela crée une inégalité flagrante avec d'autres secteurs majoritairement masculins, comme celui de la construction, où ces protections sont maintenues.
– La CAQ refuse le dialogue. La FIQ a déposé un mémoire sur le projet de loi, mais n'a pas été invitée à le présenter à la commission parlementaire chargée de l'étudier. Exclure la FIQ des consultations, c'est écarter la voix de plus de 80 000 professionnelles en soins du débat. En 2025, les travailleuses du réseau public doivent être entendues.
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10.02.2026 à 14:04
Panne de courant et catalogue des inquiétudes

Montréal, vendredi, 16:47. Panne de courant. Le ciel est encore clair, mais il faut trouver les chandelles, les lampes de poche, un gros chandail, une tuque. La maison refroidit vite quand il fait moins 15 dehors.
On pense à Kiev, à Gaza, on se dit que ce n'est pas si grave.
Mais l'obscurité grandissante éveille des inquiétudes de toutes sortes.
Le délire des ambitions territoriales et totalitaires de Donald Trump et de Vladimir Poutine nous rapproche-t-il d'une confrontation ? Sont-ce des bruits de bottes que nous entendons ? Ou plutôt des bourdonnements de drones ?
On parle avec enthousiasme d'augmentation des budgets de défense, de fabrication de matériel militaire, de création d'emplois dans ces domaines pointus.
Sommes-nous entrés dans le temps de la guerre ? Le capitalisme néolibéral trouve-t-il là une autre voie pour continuer sa course folle vers la fin de notre monde ? Quel est le bilan carbone de la guerre ?
Car la perspective de la guerre ne peut que conforter la mécanique de la fuite en avant économique, que renforcer les politiques de croissance, de développement infini, d'exploitation illimitée des ressources.
Pourtant, nous le savons bien, l'humanité court à sa perte si elle ne replace pas en tête de ses priorités le ralentissement du réchauffement climatique, la décroissance planifiée des activités génératrices de gaz à effet de serre, la recherche du bien commun et de l'équité.
Nous en sommes loin, au Canada et même ici au Québec, où on ne parle que de favoriser les grands projets en soutenant la construction de pipelines, l'exploitation des ressources fossiles, et même en réservant de grandes quantités d'électricité à des investissements pharaoniques qui tournent court, ou à la construction de centres de données avides
d'énergie et d'eau.
Voilà un autre sujet d'inquiétude : où nous mène le technocapitalisme sans entraves ? Les progrès technologiques, qui devraient être un outil mis au service du bien commun, sont entre les mains de quelques milliardaires l'instrument de la plus belle opération de décervelage dans l'histoire de l'humanité.
Comment garder le moral ? Par l'action, la protestation, la collaboration, l'entraide, la conscience de notre privilège de vivre ici, et de notre responsabilité à l'égard des autres humains qui souffrent plus que nous de notre gaspillage éhonté.
Par l'appel, une fois de plus, à nos élus : ouvrez les yeux, enlevez vos œillères, arrêtez de ne penser qu'en termes de profit immédiat. Même pour des comptables, voir un peu plus loin peut ouvrir des perspectives dans tous les aspects de la transition énergétique et socio-économique.
Le courant est revenu. Je vais souffler les chandelles, les économiser pour la prochaine panne ?
Denise Campillo
Montréal
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10.02.2026 à 14:03
L'Erreur éolienne

Hydro-Québec veut lancer au printemps 2026 un appel d'offres pour un approvisionnement de 6 400 MW d'énergie éolienne supplémentaire. Confiée à des promoteurs privés depuis 25 ans au nom du développement régional, la filière éolienne coûte des milliards aux abonnés de la société d'État, en plus d'impacter négativement les populations riveraines.
Pas à n'importe quel prix
Contrairement à ce qu'affirme l'industrie, l'éolien coûte cher. Les 45 parcs éoliens actuels, d'une capacité de 4 000 MW, ne peuvent produire plus de 1 350 MW compte tenu d'un facteur d'utilisation (F.U.) maximal de 35%. Cette production a généré jusqu'à présent des pertes de $10 milliards, lesquelles s'élèveront à terme, en 2041, à plus de $25 milliards selon Hydro-Québec.(1) Depuis plus de dix ans, 10-15% de notre facture d'électricité sert à éponger une partie de la dette éolienne ; HQ en assume le reste en diminuant ses transferts vers le Trésor public. Cela n'est d'ailleurs pas étranger au fait que sa dette soit passée de $46 milliards à $65 milliards (+40%) au cours des 5 dernières années. Les coûts de transport et d'équilibrage ne cessent de grimper à mesure que l'énergie éolienne menace la stabilité et la sécurité du réseau. Lors des vagues de froid de janvier 2026, les éoliennes étaient à l'arrêt, obligeant HQ à puiser dans ses réserves ou à s'approvisionner à fort coût sur les marchés. Enfin, les coûts d'opportunité reflètent l'ampleur des pertes : des milliards qui pourraient servir à réparer nos infrastructures qui tombent en ruine (hôpitaux, écoles, routes, etc.) ou à dépolluer nos cours d'eau.
Le gouvernement et HQ affirment que l'appel d'offres contribuera à rapprocher la production des centres de consommation et donc à en réduire les coûts. Pourtant le facteur d'utilisation dans les régions agricoles n'est que de 20-25% comparativement à plus de 35% pour les meilleurs gisements éoliens déjà identifiés (Baie-James, Côte-Nord, etc.), qui présentent en plus des économies d'échelle importantes. Encore faut-il en démontrer la nécessité et l'acceptabilité sociale... Depuis longtemps réclamée, la propriété publique de l'énergie éolienne permettrait de renouer avec la nationalisation de l'électricité pour assurer de nouveau la cohésion et la prospérité collective, contrairement à la formule actuelle, qui génère une dette profitant exclusivement aux promoteurs privés.
HQ et la CAQ tentent de justifier cet appel d'offres en arguant d'une pénurie d'énergie. Si pénurie il y a, pourquoi signe-t-on avec le Massachusetts et New-York des contrats de livraison totalisant 20 TWh/année, soit l'équivalent de la production combinée de tout le parc éolien québécois et du barrage La Romaine, et cela à un prix inférieur au prix de revient total de l'éolien ? Nous payons ainsi plus cher notre électricité pour que les Américains puissent continuer de consommer à rabais pendant que des entreprises québécoises réclament une partie de cette énergie pour se développer. De plus, HQ se dit prête à octroyer d'importants blocs d'énergie à des compagnies étrangères pour produire de l'hydrogène à un coût sept fois plus élevé que l'hydro-électricité. (TES, Hy2gen)
L'appel d'offres fait également miroiter d'alléchantes redevances aux municipalités, sous réserve d'une participation financière du milieu. Les riverains, eux, dénoncent plutôt une tentative d'acheter l'acceptabilité sociale. Une étude menée par l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques, l'IRIS, (2) conclut pourtant que le jeu n'en vaut pas la chandelle. Ces redevances, sauf exceptions, ont peu d'impact sur le budget municipal et entrent en contradiction directe avec les intérêts des citoyens, qui financent ce transfert de richesse par une hausse de leur facture d'électricité. La création d'un Fonds National Éolien permettrait de combler les besoins des municipalités en situation précaire. Il n'est pas normal de perdre de l'argent en confiant à l'entreprise privée le vent, une richesse collective au même titre que l'eau des barrages. Le rôle de nos élus n'est pas de promouvoir, de financer et d'imposer des projets diviseurs et coûteux.
Pas n'importe où
De la frontière américaine jusqu'à Lotbinière, l'appel d'offres cible les terres les plus productives de la vallée du Saint-Laurent, dans des régions habitées de façon extensive. L'Union des producteurs agricoles (UPA-Montérégie) a dénoncé cette pratique comme étant incompatible avec la priorité stratégique du gouvernement d'accroître l'autonomie alimentaire (Politique bioalimentaire 2025-2035). La Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) a également rendu une décision défavorable au promoteur éolien dans le projet des Jardins de Napierville vu son emprise sur le territoire agricole qui ne représente que 2% du territoire québécois. Les éoliennes industrielles projetées (6-7 MW) culminent à plus de 200 mètres (660 pieds, plus haut que la Place Ville-Marie) et sont visibles à plus de 30 km, sans aucune mesure d'atténuation possible. L'effet d'encerclement, l'effet d'écrasement et la covisibilité de ces projets sont autant de situations menaçantes pour les riverains, qui voient les paysages auxquels ils s'identifient disparaître sous les turbines. Pour ajouter à la balafre paysagère, des milliers de kilomètres de nouvelles lignes de transport seraient nécessaires pour transporter cette énergie, transformant ainsi des milieux de vie de qualité en une vaste zone industrielle. De surcroît, le bruit généré par les éoliennes de grande puissance voyage plus loin, en plus de multiplier la production d'infrasons aux effets délétères pour l'homme et les animaux. Pourtant, les distances minimales de protection, déjà insuffisantes pour les éoliennes de 2 MW, restent pratiquement inchangées. Quant aux impacts psycho-sociaux, majeurs et accablants, ils ne sont pas non plus pris en compte dans les études environnementales, une triste réalité rencontrée dans plusieurs communautés aux prises avec des éoliennes industrielles. C'est donc en toute connaissance de cause qu'Hydro-Québec privilégie un scénario catastrophe : voisins qui ne se parlent plus, familles déchirées, amitiés brisées, élus divisés, commerces boycottés... ; même les enfants s'insultent dans les cours d'école. Et que dire de cette autre source de stress que constitue la dévaluation marchande des résidences ? À la question « Habiteriez-vous à moins de 2 km d'une ou de plusieurs éoliennes de 200 mètres de haut ? », la municipalité de Kingsey Falls, fief des frères Lemaire, fondateurs de Boralex, le promoteur éolien qui se vantait de ne pas implanter d'éoliennes en milieu habité, la MRC de Memphrémagog et ses grosses fortunes rassemblées autour du lac, et la famille Desmarais, propriétaire du Domaine Sagard dans Charlevoix, ont toutes répondu non.
Les MRC arguent qu'elles n'ont pas le choix de tenir compte des orientations gouvernementales visant à favoriser la transition énergétique. Quand le territoire devient méconnaissable, que la communauté s'entredéchire et perd son âme, la principale préoccupation de nos élus doit être de rétablir la cohésion sociale et d'appliquer le premier principe de la Loi sur le développement durable : « la protection et l'amélioration de la santé et de la qualité de vie ».
Pas n'importe comment
Des dizaines de lobbyistes de l'éolien investissent tous les paliers de gouvernement, occupant plus de 95% de l'espace décisionnel qui échappe au simple citoyen. Pour définir ce qui est bon pour leurs citoyens, les élus font ainsi confiance à des personnes pour qui le profit est le motif principal. Les promoteurs exigent des conseils municipaux un cadre légal calqué sur leurs besoins. Les MRC créent et intègrent des régies privées qui utilisent la richesse foncière des citoyens pour financer des projets éoliens, sans mandat de la population, sans information, sans consultation. Sourdes aux doléances de leurs citoyens, les municipalités se placent dans une position de soumission contraire à la recherche constante de l'intérêt public. Elles s'en remettent exclusivement au discours des promoteurs et à la politique de l'État, qui a érigé l'éolien en dogme. « La filière éolienne démontre que l'État a mis tout son poids afin de s'assurer de trouver la formule la plus flexible et implacable pour forcer l'implantation d'une production privée d'énergie renouvelable au Québec. Le citoyen se trouve ainsi éjecté du triangle de la justice négociée entre les trois parties que sont l'État, la municipalité et le promoteur, ce qui remet en question les fondements mêmes de la démocratie municipale. » (3)
Plusieurs mauvaises décisions du gouvernement actuel ont miné sa crédibilité. La vision affairiste et productiviste des élus en place s'est incrustée jusqu'au sein de la direction d'HQ, créant un problème de gouvernance. À preuve les nombreux pdg qui ont récemment quitté la direction d'HQ, la dette qui explose, les pannes qui se multiplient, nos ressources bradées à vil prix. HQ nous expose non seulement à un fiasco environnemental et à un élargissement du gouffre financier, mais à un drame humain inacceptable. L'éolien a certes une place dans le bouquet énergétique du Québec, mais pas à n'importe quel prix, n'importe où et n'importe comment.
Un moratoire immédiat sur l'éolien s'impose. Une transition énergétique réfléchie ne peut être ni bousculée, ni enfoncée dans la gorge des citoyens. Autant le Québec a besoin d'une nouvelle direction politique, autant il a besoin d'une consultation élargie sur son avenir énergétique (PGIRE, BAPE générique, etc.) afin de faire des choix éclairés qui tiennent compte des aspirations, des valeurs et des besoins de ses citoyens.
Nous voulons que nos enfants grandissent dans un milieu de vie accueillant, qu'ils souhaitent y demeurer et qu'ils n'aient pas un jour à nous dire : « Ne prétendez pas que vous ne saviez-pas. »
Claude Charron, comité des riverains des éoliennes de L'Érable (CRÉÉ)
Membre de Vent d'élus
(1)Michel Morin, $23 milliards sur 25 ans pour l'éolien déjà en place, JDM, 9 avril 2016
Pierre Couture, $2.7 milliards pour brancher les éoliennes au réseau d'Hydro-Québec, TVA Nouvelles, 28 novembre 2018,
(2) IRIS, Énergie éolienne au Québec : une filière en manque de planification et de transparence, 26 novembre 2025
(3) Marie -Claude Prémont, La justice négociée de l'énergie éolienne au Québec, Cahiers de droit, juin 2019, page 365
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10.02.2026 à 14:03
Consultation sur le PL1

Climat Québec dénonce la constitution provincialiste de la CAQ qui deviendrait une reconnaissance, de facto, de la Constitution canadienne
Québec, le mercredi le 4 février 2026 — Climat Québec a présenté aujourd'hui son mémoire sur le projet de loi 1 du ministre Jolin-Barrette de la CAQ, portant sur la Constitution de la province du Québec. Martine Ouellet, cheffe de Climat Québec, accompagnée de Marie-Claude Archambault et Jean Cloutier, ont pris part aux travaux de la commission parlementaire.
Traitement discriminatoire lors des consultations parlementaires
D'entrée de jeu, Climat Québec dénonce le traitement discriminatoire réservé par la commission à certains intervenants. Pourquoi Climat Québec n'a-t-il pas bénéficié d'une plage complète de 30 minutes, comme plusieurs autres groupes ? Pourquoi le parti avait-il été jumelé, sans son consentement, à un autre parti avec lequel il ne partage ni la vision ni l'analyse. Il a fallu des démarches répétées pour éviter cette association. Sur quels critères objectifs la commission se base-t-elle pour décider qui mérite plus de temps de parole et qui en mérite moins ? Est-ce que les élus des partis siégeant à l'Assemblée nationale utiliseraient leur pouvoir pour minimiser voire bloquer l'espace parlementaire aux partis émergents pour freiner la concurrence ? Ces pratiques fragilisent la qualité du débat démocratique et la crédibilité des consultations.
Une constitution provinciale juridiquement subordonnée
Sur le fond, Climat Québec a rappelé un élément central largement occulté dans le débat public : pour être légale, une constitution provinciale doit être compatible avec la Constitution canadienne. Ainsi, l'adoption d'une constitution de la province du Québec équivaut implicitement à reconnaître la Constitution canadienne, un geste politique majeur qu'aucun gouvernement du Québec n'a posé jusqu'à présent, tous partis confondus.
« Le projet de loi 1 pose un geste lourd de conséquences. En adoptant une constitution provinciale, le gouvernement reconnaît de facto la Constitution canadienne, sans jamais l'assumer clairement. Pour Climat Québec, c'est une entourloupe dangereuse pour l'avenir de la libération du Québec. » a déclaré Martine Ouellet, cheffe de Climat Québec.
Une constitution en 2026 ne peut ignorer la crise climatique
« En 2026, une constitution qui ne reconnaît pas explicitement la crise climatique passe à côté de sa responsabilité première : protéger l'avenir collectif. Inscrire la lutte aux changements climatiques dans la constitution, c'est donner une boussole claire à l'État pour toutes ses décisions. » a déclaré pour sa part Marie-Claude Archambault
Climat Québec a également insisté sur un enjeu incontournable : une constitution adoptée en 2026 ne peut faire abstraction du dérèglement climatique. Cette crise est une réalité tangible. S'il est trop tard pour l'empêcher, il est encore possible d'éviter le pire, à condition d'agir maintenant. À l'instar de nombreuses organisations signataires d'une lettre ouverte, Climat Québec a inscrit explicitement cette responsabilité dans son Projet de Constitution initiale et transitoire de la République du Québec.
L'article 29 y stipule que :
« Le gouvernement et l'Assemblée nationale doivent favoriser la réduction de la crise climatique, la pérennité du vivant et le maintien de la biodiversité lors de leurs prises de décision. »
En conclusion, Climat Québec réaffirme que le Québec mérite mieux qu'une constitution provinciale juridiquement subordonnée au Canada. Le parti propose une démarche en trois période : un Projet de Constitution initiale et transitoire de la République du Québec, assumé et cohérent, qui place la démocratie, le bien commun et la responsabilité climatique au cœur de l'action publique, voté à l'Assemblée nationale. Une Assemblée constituante indépendante parcourant toutes les régions du Québec pour élaborer la Constitution définitive et permanente de la République du Québec ; Une Constitution définitive et permanente de la République du Québec, soumise au peuple par référendum.
À propos de Climat Québec : Climat Québec est un parti politique indépendantiste dédié à la justice climatique qui propose que l'État de la République du Québec prenne toutes ses décisions à travers le prisme du climat dans une perspective d'équité sociale et économique.
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