20.01.2026 à 11:07
On aime #122

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Jordi Colomer
L'air du temps
Iggy Pop - Little Virus
“Dirty little virus sleepin' inside us
Gone are the pay days, gone are the play days
Dirty little virus sleepin' inside us.
Oh what a grind! I'm losin' my mind.”
Le haïku de tête
Le papillon bat des ailes
comme s'il désespérait
de ce monde.
Kobayashi Issa
L’éternel proverbe
Un aujourd'hui vaut deux demain.
Proverbe anglais
Les mots qui parlent
- Des fois j’arrive plus à savoir si c’est moi qui débloque ou si c’est le monde qu’est devenu une fosse septique.
- Les deux. Mais votre plus gros problème c’est que vous êtes un moraliste.
James Crumley - Le dernier baiser
13.01.2026 à 17:20
James Cook fait respirer le bronze de ses statues

Texte intégral (1433 mots)
Le sculpteur sud-africain James Cook travaille un matériau qui n’est pas franchement réputé pour sa légèreté : le bronze. Et pourtant, ses œuvres donnent l’impression de flotter, de se fragmenter dans l’air, comme si la matière avait décidé de respirer. Entre réalisme et abstraction, il crée des corps troués, fissurés, ouverts… non pas pour les “casser”, mais pour laisser au regard un rôle actif : compléter, imaginer, ressentir.
Un résultat aérien… construit avec une méthode d’orfèvre
Les œuvres de James Cook ont souvent un look “léger”, mais leur fabrication est tout sauf improvisée. Il décrit un processus typique basé sur la fonte à la cire perdue, avec des étapes très structurées. Tout commence par une armature (souvent acier + fil) qui sert de squelette. Il pose ensuite des volumes en mousse expansive, puis affine les formes avec une couche de cire/argile de modelage. Vient alors le moulage : un moule en silicone (pour capturer le détail) maintenu par une coque rigide en fibre de verre + résine.
Ensuite, on passe au cœur de la “cire perdue” : on fabrique une réplique en cire, on lui ajoute un système d’alimentation (gates) pour guider le métal, puis on l’enrobe d’une coquille céramique par trempages successifs. La cire est éliminée par chauffe, et le bronze en fusion prend sa place. Après refroidissement : casse de la coque, assemblage, soudures, et la phase de fettling (ponçage/finition) qui fait disparaître les cicatrices pour retrouver une continuité de surface.
“The Space Between Us” : l’espace qui dit l’essentiel
Une pièce emblématique, The Space Between Us, résume très bien son langage : deux figures semblent liées, presque enlacées… mais un vide persiste entre elles. Pour Cook, cet espace peut représenter la tension, l’énergie et le manque lorsque deux personnes sont séparées et pensent à se retrouver. Et c’est là que ça devient intéressant : ce vide n’est pas “un trou”, c’est un sens possible. Le spectateur comble, interprète, projette. Autrement dit : votre cerveau finit l’œuvre, et ce n’est pas facturé en supplément.
Cook explique aussi qu’une sculpture peut lui demander des mois (souvent autour d’un semestre) entre conception, fabrication, finitions et patine. On comprend mieux pourquoi ses œuvres ont cette impression de “justesse” : elles ne sont pas pressées.
Mythologie grecque, relations humaines : des thèmes anciens, une forme neuve
James Cook revendique une inspiration forte pour la mythologie grecque, autant pour ses récits de transformation et de tension que pour son héritage sculptural. Mais il y injecte une lecture très contemporaine : amour, distance, fragilité, ambiguïtés des relations. L’Antiquité lui offre des archétypes ; lui, il les rend instables, fragmentés, humains.
En savoir plus sur son site et sur Insta.
Jean-Pierre Simard avec 2tout2rien, le 13/01/2026
James Cook fait respirer le bronze
James Cook - The Space between us
13.01.2026 à 16:56
Kalabala : l'Art Ensemble avec Muhal Richard Abrams en 1974 à Montreux

Texte intégral (554 mots)
Kabalaba, l'un des nombreux enregistrements publiés par le label de l'Art Ensemble et le seul à documenter le groupe dans son ensemble, est un enregistrement live réalisé en 1974 au Montreux Jazz Festival par le même groupe élargi (avec l'ajout de Muhal Richard Abrams) qui a enregistré le superbe album Fanfare for the Warriors pour Atlantic.
Bien qu'il ne soit pas aussi enivrant que cet album, Kabalaba offre un exemple typique des concerts live de l'Art Ensemble à cette époque. Plusieurs interludes de percussions et des solos de cuivres ponctuent des morceaux thématiques plus forts, tels que Theme for Sco, qui fait ici l'objet d'un traitement énergique. Roscoe Mitchell produit un morceau solo particulièrement acerbe à l'alto, Improvization A2 [sic], tout en nœuds et en amertume suivi d'une des sorties manifestement espiègles et pleines de bavures de Lester Bowie. Le concert se termine par une explosion de cuivres en libre circulation qui s'estompe sans conclusion apparente, bien que le groupe juge bon d'ajouter plusieurs minutes inutiles d'applaudissements du public pour conclure l'album.
Cet enregistrement contient plusieurs épisodes intéressants, mais l'auditeur intéressé ferait mieux d'écouter la Fanfare susmentionné pour avoir une image complète des grands pouvoirs de cette incarnation particulière de l'Art Ensemble. Et de toute façon, les aficionados possèdent déjà l’inestimable coffret ECM. Quand on aime, on réécoute …
Jean-Pierre Simard (fan) le 13/01/2026
Art Ensemble of Chicago - Kalabala, live at the Montreux Jazz Festival - AECO
