Des roses blanches et des lys bordaient le chemin menant à la salle sobre du siège de la fondation Valentino, où était exposé son cercueil en bois, avec ses proches assis de chaque côté.
Le créateur, qui a lancé sa maison de couture en 1960, a habillé certaines des femmes les plus célèbres au monde, de Julia Roberts et Sharon Stone à Elizabeth Taylor et Nancy Reagan.
A côté du cercueil fermé, surmonté d'une seule rose rouge, était assis le partenaire de Valentino, Giancarlo Giammetti.
Le créateur était "une personne extrêmement professionnelle, très méticuleuse dans son travail, mais aussi "un rêveur", a déclaré M. Giammetti aux journalistes.
"Je l'ai rencontré quand il avait 26 ans, il était donc encore assez jeune pour rêver, et nous avons essayé de le laisser faire jusqu'à la fin", a-t-il ajouté.
Le directeur artistique de Valentino, Alessandro Michele, qui avait auparavant rendu hommage à la "sensibilité rare" du créateur, était également présent.
Un autre participant aux funérailles tenait dans ses bras l'un des carlins adorés de Valentino.
Même si Valentino aimait le blanc, il était surtout connu pour ses robes d'un rouge vif, le "rouge Valentino".
"C'est un rouge avec une très légère touche d'orange et de magenta", créé après que le créateur a vu une femme vêtue d'une robe rouge à l'opéra de Barcelone et "s'en est inspiré", a précisé Mme Carraro à l'AFP.
les couturières en deuil
Les couturières de l'atelier Valentino, situé à côté de la Fondation, se sont jointes aux centaines de personnes venues rendre hommage.
Lucia Laporta a déclaré à l'AFP qu'elle et les autres couturières avaient "toujours peur" lorsqu'elles présentaient leur travail, car Valentino était "très strict", mais qu'il était aussi "un grand maître, toujours gentil avec nous".
Les vitrines de la boutique Valentino étaient recouvertes de stores occultants, sur lesquels était inscrit en blanc la devise du créateur : "J'aime la beauté. Ce n'est pas ma faute".
"Je voulais vraiment être ici, je devais être ici. J'admire Valentino depuis si longtemps, car il ne se contentait pas de créer des choses, il était la beauté, il était l'amour, il était la passion", a déclaré à l'AFP Maotzin Contreras-Bejarano, une Mexicaine toute de noir vêtue mais les lèvres du célèbre rouge.
Le créateur venait d'"une époque où les choses étaient faites avec le cœur et l'âme". Il incarnait "ce que le monde de la mode a perdu: aujourd'hui, tout n'est plus qu'une question d'argent", a-t-elle ajouté.
Le cercueil du créateur est exposé pendant deux jours à la Fondation Valentino Garavani et Giancarlo Giammetti, dans le centre historique de Rome, avant ses funérailles religieuses qui auront lieu vendredi dans la ville.
La mort de Valentino survient quelques mois seulement après le décès d'un autre grand nom italien, Giorgio Armani. A côté des fleurs déposées devant la Fondation, un billet suggérait que les deux créateurs allaient désormais dessiner des vêtements pour les anges.
Silvia Bocchino, 55 ans, a déclaré avoir pris un jour de congé et s'être rendue à Rome, car elle estimait qu'il était de son "devoir" de lui rendre hommage.
"Valentino a toujours été une légende pour moi, un modèle. Je suis née dans les années 70 et j'ai été témoin de son ascension", a-t-elle déclaré.
Elle possédait "quelques petites choses" du créateur, achetées "avant tout pour avoir la sensation de toucher la beauté".
Valentino "a marqué de son empreinte ce que signifie être Italien, la façon dont nous sommes connus dans le monde", a-t-elle déclaré à l'AFP.