Sorti vainqueur d'une quadripartie il y a six ans, M. Delafosse a annoncé sa nouvelle candidature au journal Midi Libre et dans une lettre de deux pages adressée aux Montpelliérains.
"Montpellier a connu une phase de très grande transformation. Ce qui nous attend aujourd'hui, c'est une consolidation de la politique écologique et sociale", a également confié à l'AFP, peu avant l'annonce officielle, ce professeur d'histoire-géographie de 48 ans, père de deux enfants.
"La situation politique est très différente de celle de 2020, avec une affirmation assez importante du maire sortant, qui à l'époque se présentait en challenger", analyse pour l'AFP Emmanuel Négrier, directeur du Centre d'études politiques et sociales de l'Université de Montpellier.
"Il y a eu une consolidation de la gouvernance Delafosse. Symétriquement, la droite est en relative perdition, avec des scores cumulés qui n'atteindraient pas ceux de Michaël Delafosse", a-t-il ajouté. D'autre part, "la gauche +non-delafossienne+ a aussi ses divisions, notamment chez les écologistes, dont Michaël Delafosse a repris une partie des politiques".
Le sortant se plaît a assurer que ses principaux engagements de 2020 sont "devenus réalité", dans cette ville de plus de 300.000 habitants, en croissance démographique continue mais confrontée à un niveau de pauvreté élevé.
Gratuité des transports
Son fait d'arme le plus emblématique: l'instauration de la gratuité des transports en commun pour les 500.000 habitants de la Métropole, sur laquelle aucun de ses concurrents ne veut faire marche arrière, et la construction d'une cinquième ligne de tram, inaugurée en décembre.
Militant socialiste depuis l'adolescence, Michaël Delafosse assume également des prises de positions sur la sécurité et la laïcité qui font parfois grincer les dents dans son camp: sur ces sujets, "la gauche ne doit pas faire l'autruche", dit-il.
Comme en 2020, il trouvera sur son chemin le richissime homme d'affaires et patron du club de rugby local Mohed Altrad, arrivé troisième il y a six ans.
"Cette ville a besoin qu'on la relève. Montpellier a besoin d'un bâtisseur", a lancé l'entrepreneur septuagénaire lors du lancement de sa campagne jeudi soir, devant 500 sympathisants.
Pour sa nouvelle campagne, Delafosse pourra compter sur le soutien réitéré de forces de gauche (PCF, PRG...) et d'écologistes (exclus d'EELV), ainsi que sur l'ex-députée LFI Muriel Ressiguier.
"Aucun accord" avec LFI
Mais il devra faire face à la candidature de la députée LFI Nathalie Oziol, qui projette une lumière nationale sur le scrutin, qualifiant le maire de "macroniste local".
"Je n'ai pas répondu aux sirènes du pouvoir quand on me proposait d'être ministre", rétorque l'intéressé, qui assure qu'il ne fera "aucun accord avec LFI, ni au premier, ni au second tour".
Avec un autre candidat déclaré, le député écologiste Jean-Louis Roumégas, la pierre d'achoppement principale porte sur un projet d'unité de traitement "CSR" (pour combustibles solides de récupération) porté par la Métropole, que dirige également M. Delafosse, que l'écologiste qualifie "d'incinérateur à plastique".
Le centre droit sera représenté par une notaire peu connue mais partie très tôt en campagne, Isabelle Perrein, tandis que pour le Rassemblement National, la députée européenne France Jamet, amie d'enfance de Marine Le Pen, a annoncé vendredi avoir été officiellement investie, après s'être déjà présentée en 2014.
Cette année-là, c'est le dissident socialiste Philippe Saurel qui avait été élu. Défait en 2020, il n'exclut pas non plus de retenter sa chance.