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20.01.2026 à 12:24

Les socialistes vont laisser passer le budget : où est le problème ?

Catherine Tricot

Faut-il excommunier le PS de la gauche ? Au lieu de jouer la déception, reconnaissons que les socialistes sont ce qu’ils sont et qu’il y a pas de plan B. Ils vont la jouer solo et ce ne sera pas la dernière fois. À défaut de majorité à l’Assemblée, comment faire adopter un budget ? On rappelle…
Texte intégral (1183 mots)

Faut-il excommunier le PS de la gauche ? Au lieu de jouer la déception, reconnaissons que les socialistes sont ce qu’ils sont et qu’il y a pas de plan B. Ils vont la jouer solo et ce ne sera pas la dernière fois.

À défaut de majorité à l’Assemblée, comment faire adopter un budget ? On rappelle la faute initiale d’une dissolution qui n’a permis ni débat ni cap approuvé. On n’oubliera pas que ceux qui gouvernent ont la plus petite légitimité politique avec une alliance des droites plus qu’incertaine. Le NFP devrait gouverner. Point.


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Mais si le NFP gouvernait, il aurait aussi négocié avec les autres groupes parlementaires. Le problème n’est donc pas que le PS ait négocié, même si depuis six mois il a davantage parlé avec le pouvoir qu’avec ses autres partenaires de gauche. Le problème est double. L’un est grave, l’autre est mesquin.

Le problème le plus grave est que le PS est fier de lui. Il pense sincèrement avoir infléchi le budget. Mais le budget d’un pays ne se mesure pas à telle ou telle mesure sociale ou fiscale mais à son orientation globale. Le budget de Sébastien Lecornu constitue-t-il une inflexion, une nouvelle direction pour sortir le pays de ses multiples nasses : désindustrialisation, inégalités et misère, agriculture perdue, école qui forme trop peu, déficit, etc. ?

Bien sûr que les repas à 1 euro pour les étudiants, c’est bien. Coût : 90 millions sur un budget de l’État de 300 milliards. C’est bien aussi parce que ce droit sera inconditionnel. Bien sûr que 50 euros de prime d’activité en plus, ce sera bon à prendre. Pour combien de salariés ? Cette prime, comme toutes les primes, n’ouvre aucun droit social en particulier pour la retraite de ces travailleurs au bord de la pauvreté. Pire : elle continue de proposer comme solution une baisse du coût du travail suppléée par l’État. Prime d’activité, baisse des charges sur les bas salaires comme le proposait le PS ou défiscalisation des heures supplémentaires : la politique de l’offre fait consensus et reste leur seule perspective.

Le PS est le PS. Face à la « réalité », il n’a pas d’autres idées. Donc rien n’est possible avec le PS ? Si vous avez un autre monde, une autre gauche de réserve, appelez-nous. « Et LFI ? » Oui, LFI. Mais elle n’est pas toute la gauche et ne peut y prétendre. C’est ainsi. Donc il faut continuer de faire ce que l’on peut pour que le PS sorte de sa gangue.

Ce matin sur France Inter, Olivier Faure ne disait pas autre chose : « Ce n’est pas possible de continuer à avoir un discours qui est celui qu’on connait depuis trop longtemps, qui est celui de la politique de l’offre exclusive et qui a mené le pays où l’on sait, c’est-à-dire à plus de 3000 milliards d’euros de dette ». Tout est dit : la politique de l’offre ne doit pas être exclusive et son défaut est la dette. Le problème est fondamentalement que le PS n’a pas d’autres idées. Il veut juste que la politique de l’offre soit moins dure et que les efforts soient mieux répartis. Pensée stérile et déphasée. On pleure d’ennui et de désespoir.

Le problème le plus mesquin vient de François Hollande. Il disait ce dimanche que « si les communistes et les écologistes prennent la décision de voter la censure alors que les socialistes ne le feraient pas, c’est difficile après de prétendre gouverner ensemble ». L’ancien président est tout à son affaire : créer les conditions politiques de son retour. Glucksmann et Cazeneuve plantés, il croit que l’heure de son come back a sonné. Il entend récupérer l’espace vacant de la « Macronie de gauche » et empêcher que se constitue un espace entre lui et La France insoumise. Premier objectif : remettre au goût du jour la théorie des deux gauches irréconciliables. Second objectif : décrédibiliser toute primaire de gauche et, pour se faire, dramatiser les votes à l’Assemblée nationale. 

Mais qui s’étonne vraiment de ces choix différents ? Le PS a, par moment, changé de positionnement politique ; il a signé la Nupes sous contrainte et rallié le NFP par antifascisme structurel. Mais le PS n’a fait aucune révolution intellectuelle, programmatique. Le PS est le PS. Il est resté bloqué dans la révolution « démocrate » opérée par François Hollande quand il était premier secrétaire du parti, mis en œuvre quand il était président. Les propos d’Olivier Faure de ce matin le rappellent. Pourtant Olivier Faure n’est pas François Hollande, il veut sincèrement que le PS se réancre dans la gauche. Mais face à la « réalité », il n’a pas d’autres idées. Le PS français n’est pas seul à la peine. En fait, c’est toute la social-démocratie qui est perdue. Mais écologistes et communistes ne sont pas en meilleure santé.

Donc rien n’est possible avec le PS ? « Plus jamais PS » ? Si vous avez un autre monde, une autre gauche de réserve, appelez-nous. J’entends dire « et LFI ? » Oui, LFI. Mais elle n’est pas toute la gauche et ne peut y prétendre. C’est ainsi. L’expérience sociale, la complexité d’une société, ça ne se dissout pas dans un mouvement gazeux. Donc il faut continuer de faire ce que l’on peut pour que le PS sorte de sa gangue. Et que les communistes et les écologistes en fassent de même. On ne peut rater les trains qui s’avancent. 

Puisque LFI aime se dire matérialiste, disons que c’est en forgeant qu’on devient forgeron et que la politique est affaire de combat continu. Aujourd’hui encore, la gauche va se diviser. Mais il n’y a pas d’autres solutions que de la rassembler. Les socialistes font faire de la m****. Ce ne sera ni la première fois, ni la dernière fois. C’est notre croix. Et ça pèse. Courage.

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20.01.2026 à 12:18

Les socialistes vont laisser passer le budget : où est le problème ?

la Rédaction

La newsletter du 20 janvier 📨
Texte intégral (2018 mots)

La newsletter du 20 janvier 📨

par Catherine Tricot

Faut-il excommunier le PS de la gauche ? Au lieu de jouer la déception, reconnaissons que les socialistes sont ce qu’ils sont et qu’il y a pas de plan B. Ils vont la jouer solo et ce ne sera pas la dernière fois.

À défaut de majorité à l’Assemblée, comment faire adopter un budget ? On rappelle la faute initiale d’une dissolution qui n’a permis ni débat ni cap approuvé. On n’oubliera pas que ceux qui gouvernent ont la plus petite légitimité politique avec une alliance des droites plus qu’incertaine. Le NFP devrait gouverner. Point.

Mais si le NFP gouvernait, il aurait aussi négocié avec les autres groupes parlementaires. Le problème n’est donc pas que le PS ait négocié, même si depuis six mois il a davantage parlé avec le pouvoir qu’avec ses autres partenaires de gauche. Le problème est double. L’un est grave, l’autre est mesquin.

Le problème le plus grave est que le PS est fier de lui. Il pense sincèrement avoir infléchi le budget. Mais le budget d’un pays ne se mesure pas à telle ou telle mesure sociale ou fiscale mais à son orientation globale. Le budget de Sébastien Lecornu constitue-t-il une inflexion, une nouvelle direction pour sortir le pays de ses multiples nasses : désindustrialisation, inégalités et misère, agriculture perdue, école qui forme trop peu, déficit, etc. ?

Bien sûr que les repas à 1 euro pour les étudiants, c’est bien. Coût : 90 millions sur un budget de l’État de 300 milliards. C’est bien aussi parce que ce droit sera inconditionnel. Bien sûr que 50 euros de prime d’activité en plus, ce sera bon à prendre. Pour combien de salariés ? Cette prime, comme toutes les primes, n’ouvre aucun droit social en particulier pour la retraite de ces travailleurs au bord de la pauvreté. Pire : elle continue de proposer comme solution une baisse du coût du travail suppléée par l’État. Prime d’activité, baisse des charges sur les bas salaires comme le proposait le PS ou défiscalisation des heures supplémentaires : la politique de l’offre fait consensus et reste leur seule perspective.

Ce matin sur France Inter, Olivier Faure ne disait pas autre chose : « Ce n’est pas possible de continuer à avoir un discours qui est celui qu’on connait depuis trop longtemps, qui est celui de la politique de l’offre exclusive et qui a mené le pays où l’on sait, c’est-à-dire à plus de 3000 milliards d’euros de dette ». Tout est dit : la politique de l’offre ne doit pas être exclusive et son défaut est la dette. Le problème est fondamentalement que le PS n’a pas d’autres idées. Il veut juste que la politique de l’offre soit moins dure et que les efforts soient mieux répartis. Pensée stérile et déphasée. On pleure d’ennui et de désespoir.

Le problème le plus mesquin vient de François Hollande. Il disait ce dimanche que « si les communistes et les écologistes prennent la décision de voter la censure alors que les socialistes ne le feraient pas, c’est difficile après de prétendre gouverner ensemble ». L’ancien président est tout à son affaire : créer les conditions politiques de son retour. Glucksmann et Cazeneuve plantés, il croit que l’heure de son come back a sonné. Il entend récupérer l’espace vacant de la « Macronie de gauche » et empêcher que se constitue un espace entre lui et La France insoumise. Premier objectif : remettre au goût du jour la théorie des deux gauches irréconciliables. Second objectif : décrédibiliser toute primaire de gauche et, pour se faire, dramatiser les votes à l’Assemblée nationale. 

Mais qui s’étonne vraiment de ces choix différents ? Le PS a, par moment, changé de positionnement politique ; il a signé la Nupes sous contrainte et rallié le NFP par antifascisme structurel. Mais le PS n’a fait aucune révolution intellectuelle, programmatique. Le PS est le PS. Il est resté bloqué dans la révolution « démocrate » opérée par François Hollande quand il était premier secrétaire du parti, mis en œuvre quand il était président. Les propos d’Olivier Faure de ce matin le rappellent. Pourtant Olivier Faure n’est pas François Hollande, il veut sincèrement que le PS se réancre dans la gauche. Mais face à la « réalité », il n’a pas d’autres idées. Le PS français n’est pas seul à la peine. En fait, c’est toute la social-démocratie qui est perdue. Mais écologistes et communistes ne sont pas en meilleure santé.

Donc rien n’est possible avec le PS ? « Plus jamais PS » ? Si vous avez un autre monde, une autre gauche de réserve, appelez-nous. J’entends dire « et LFI ? » Oui, LFI. Mais elle n’est pas toute la gauche et ne peut y prétendre. C’est ainsi. L’expérience sociale, la complexité d’une société, ça ne se dissout pas dans un mouvement gazeux. Donc il faut continuer de faire ce que l’on peut pour que le PS sorte de sa gangue. Et que les communistes et les écologistes en fassent de même. On ne peut rater les trains qui s’avancent. 

Puisque LFI aime se dire matérialiste, disons que c’est en forgeant qu’on devient forgeron et que la politique est affaire de combat continu. Aujourd’hui encore, la gauche va se diviser. Mais il n’y a pas d’autres solutions que de la rassembler. Les socialistes font faire de la m****. Ce ne sera ni la première fois, ni la dernière fois. C’est notre croix. Et ça pèse. Courage.

Catherine Tricot

🔴 RIVIERA DU JOUR

Make l’ONU great again

La « paix » à Gaza, selon Donald Trump, entre dans sa deuxième phase, après le cessez-le-feu (déjà très fragile) entre le Hamas et Israël. Le président américain a mis sur pied un « conseil de paix », présidé par lui-même, dont l’objectif est de préparer l’après-guerre et la reconstruction de Gaza. Donald Trump invite les États à se joindre à son projet. Ticket d’entrée pour y avoir un siège permanent : « plus de 1 milliard de dollars en espèces », selon la « charte » obtenue par l’AFP. Ont déjà été contactés les dirigeants d’une quinzaine de pays, dont Vladimir Poutine et Xi Jinping. La France, « à ce stade, n’entend pas donner de suite favorable » – ce qui a déclenché une nouvelle salves de menaces douanières de la part de Washington – quand le Canada se refuse de payer pour siéger dans un tel organe. Dans sa charte, Donald Trump vise clairement l’ONU – il appelle à avoir « le courage de s’écarter d’institutions qui ont trop souvent échoué » – et ambitionne de la remplacer par ce conseil sous sa tutelle. Après avoir démantelé/abandonné les instances internationales (USAID, Unesco, OMS, agence des réfugiés de Palestine, conseil des droits de l’homme…), Donald Trump entend refaçonner à sa sauce un multilatéralisme dont il serait maître. Pendant ce temps, Israël a entamé la démolition du siège de l’UNRWA à Jérusalem-Est…

L.L.C.

ON VOUS RECOMMANDE…

« Dans l’ombre de Ronald Reagan », sur France Culture. Ou comment nous rendre nostalgique (lol) du fondateur du néolibéralisme avec sa copine Margareth Thatcher. Reste que Reagan apparaît comme un homme sympathique… pas comme son successeur actuellement au pouvoir, lui aussi homme de spectacle !

C’EST CADEAU 🎁🎁🎁

@adil.laboudi

🧚🧚‍♀️heureusement qu’elle est là pour les pauvres. Tu en penses quoi ? #bijoux #obscene #rire

♬ son original – Adil.laboudi

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20.01.2026 à 11:58

Groenland : alerte rouge sur les réponses européennes aux menaces de Trump

Bernard Marx

Dans son offensive pour s’approprier le Groenland, Donald Trump a dégainé le 17 janvier son arme fétiche : les droits de douanes dont il menace les huit pays européens qui ont osé y envoyer quelques dizaines de militaires, à savoir le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni.…
Lire + (460 mots)

Dans son offensive pour s’approprier le Groenland, Donald Trump a dégainé le 17 janvier son arme fétiche : les droits de douanes dont il menace les huit pays européens qui ont osé y envoyer quelques dizaines de militaires, à savoir le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni.

La réponse des Européens a d’abord semblé ferme. Les huit pays concernés par la hausse des droits de douane ont également publié le lendemain un communiqué commun dimanche 18 : « Les menaces douanières sapent les relations transatlantiques et risquent de conduire à un dangereux engrenage. Nous continuerons à rester unis et coordonnés dans notre réponse. Nous sommes déterminés à défendre notre souveraineté. »

Mais dès lundi cela se délite : « Nous cherchons des accords », a déclaré le premier ministre du Royaume-Uni, Keir Starmer, qui a « exclu des mesures de rétorsion du Royaume-Uni contre les États-Unis sur le Groenland ». Et le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé qu’il souhaitait « éviter une escalade douanière » et qu’il voulait rencontrer Donald Trump mercredi à Davos (Suisse). Tout seul comme un grand, avant un sommet européen annoncé pour le lendemain. Mais, sans attendre, il tient à souligner son opposition à d’éventuelles mesures de rétorsions européennes. L’Allemagne n’est pas la France, elle a des voitures à vendre outre-Atlantique, a-t-il tenu à préciser.

Il serait bien entendu extrêmement souhaitable et urgent de ne pas laisser ces dirigeants européens agir à leur guise. Mais la citoyenneté et la vie politique européenne sont si peu actives qu’il est vain d’espérer une initiative commune faisant appel à des mobilisations citoyennes et populaires en Europe le 12 janvier.

Pourtant, c’est bien l’avenir de l’Europe qui se joue. Il faudra hélas se contenter de beaucoup moins : alerter sur la menace et prévenir. En fait, il n’y a rien à négocier avec Donald Trump sur le Groenland, ni sa souveraineté, ni la mainmise sur ses richesses.

Si vous ne le pensez pas, voyez ce que raconte Gideon Rachman, commentateur en chef pour les affaires internationales du Financial Times, à chaud le 18 janvier« En capitulant à nouveau, l’UE et le Royaume-Uni signaleraient désormais que nous sommes désormais irrévocablement dans un monde où la force fait la justice […] Pour elle-même – et pour le bien du monde – l’Europe doit rester ferme sur le Groenland. »

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