07.01.2026 à 10:11
admin
L’offensive réactionnaire en cours a tout du tapis de bombe et, si elle touche tous les domaines de notre société, il en est un particulièrement concerné : celui des médias, bien sûr. Il est donc grand temps de passer à la contre-attaque, et de reprendre la main sur la fenêtre d’Overton. « Salut habitant·e du futur. Tu tiens entre tes mains un exemplaire d’un média libre qui date de 2025. À.. Read More
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L’offensive réactionnaire en cours a tout du tapis de bombe et, si elle touche tous les domaines de notre société, il en est un particulièrement concerné : celui des médias, bien sûr. Il est donc grand temps de passer à la contre-attaque, et de reprendre la main sur la fenêtre d’Overton.
« Salut habitant·e du futur. Tu tiens entre tes mains un exemplaire d’un média libre qui date de 2025. À cette époque, un certain Vincent Bolloré rachetait un à un tous les espaces de liberté d’expression pour les transformer en machines à fric xénophobes. Une sorte de roi Midas à l’envers qui transformait tout ce qu’il touche en caca ».
Ainsi s’ouvre l’édito que l’ami Guillaume Meurice -guérilleros culturel qu’on ne présente plus et qui officie désormais sur Nova après avoir été renvoyé d’une chaîne radio de service public ayant dérapé sur un prépuce- a eu la gentillesse d’accorder à Mouais, le bien-nommé journal dubitatif.

Un invité exceptionnel, pour un numéro d’exception. Car il faut bien le dire : ce janvier 2026, pour nous, fera date. En effet, il correspond au moment où notre petite revue à la niçoise s’est décidée à se jeter dans le grand bain -ce qui n’est guère plaisant quand on est un chat noir- pour aller affronter un monde médiatique de plus en plus hostile à la pensée libertaire qui nous est si chère. Ici, Sarko se fait servir la soupe qu’il n’a pas voulu manger en cellule. Là, Bardella bénéficie avec son dernier opuscule rédigé par IA d’une couverture médiatique digne d’un prix Nobel de Littérature doublé d’un Goncourt.
Et derrière tout ceci, se profile une ombre : celle de Vincent Bolloré -et son double maléfique, Pierre-Edouard Stérin-, dont l’idéologie tout droit sortie des années 30 infuse jusque dans le service public de l’information, comme le signalent hélas la tournure droitière de France Info et la saillie raciste sortie dans le plus des calmes, en direct, par la directrice nationale des éditions de France Télévision, Nathalie Saint-Cricq puisqu’il faut bien la nommer.
D’autant plus que, contrairement à la clique d’incompétents néo-nazis ras-du-bulbe de Frontières, ils prétendent continuer à respecter la déontologie, l’éthique, l’enquête, le recoupement des sources, bref tout ce qui honore notre profession mais qui les ennuie beaucoup, à ces bandeurs de pulsions morbides.
Tout ceci pour dire, en lettre capitales : NOUS NE NOUS LAISSERONS PAS FAIRE. Journalistes, citoyennes, activistes, anarchistes, amoureuses de chats et de liberté, lecteurs de fanzines punks énervés, nous allons faire le taf et, avec tous et toutes les camarades du Syndicat de la Presse Par Pareille, et plus largement du monde de l’édition de papier (coucou le collectif Déborder Bolloré), nous allons remplacer la 5G par le point G, Bolloré par un appareil à raclette, Zemmour par un ballon d’eau chaude et Monsanto par RIEN (1).
Ce qui signifie, de notre côté, un passage à la diffusion à 15.000 exemplaires dans tous les kiosques de France et de Navarre -comme nos camarades de l’Age du Faire, de Fakir, de la Brèche... Ils veulent nous terrasser sous un tapis de bombe ? Sortons nous aussi les sulfateuses, pour cracher jusqu’à leurs oreilles nos éditos bien sentis et nos enquêtes qui piquent. Et pour que le plus grand monde puisse avoir accès à cette vérité simple : L’EXTREME-DROITE TUE ET LE CAPITALISME DETRUIT LA PLANETE. A bon entendeur / lectrice…
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Ici comme au Chili, la lucha sigue.
Signé : Mouais, journal dubitatif, en vente désormais dans tous les kiosques du pays ce jeudi 8 janvier -y compris les Relay de Bolloré, mais sans doute pas pour longtemps. Pour survivre à ce choix risqué, nous avons besoin de votre soutien, donc par pitié, demandez-nous à côté de chez vous !
(1) Vous aurez reconnu les affiches du collectif « le grand soulagement ».
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01.12.2025 à 16:23
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L’association de défense des animaux L214 lance une action nationale pour encourager Carrefour à diminuer de moitié le nombre d’animaux tués quotidiennement. Elle dénonce notamment des conditions d’élevage intensif et insalubre par ses fournisseurs. A l’occasion du Black Friday, « la réduction qu’on veut, c’est 50% d’animaux tués en moins », disent les militants devant une trentaine d’enseignes en France. Reportage à Nice. Par Edwin Malboeuf « On aimerait que Carrefour s’engage à.. Read More
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Par Edwin Malboeuf
« On aimerait que Carrefour s’engage à moins 50% d’animaux tués d’ici 2030 ». Depuis 10 heures du matin, Sonia, militante chez L214, association de défense des animaux, distribue des tracts au flux ininterrompu de voitures. Sur celui-ci, un faux coupon de réduction (-50% d’animaux tués) à déposer à l’accueil de Carrefour. « Je comprends, je suis végétarienne », lui répond l’une des automobilistes.
Ils sont une quinzaine ce samedi 29 novembre à s’être donné rendez-vous devant le Carrefour du quartier Lingostière, à l’ouest de Nice. A l’occasion du Black Friday, ce moment de surconsommation aux prix cassés venu des Etats-Unis, pour le vendredi précédent ThanksGiving, l’association L214 a lancé une opération nationale visant une trentaine de Carrefour. Cette action s’inscrit dans la campagne « le sauvetage du siècle » qui vise à interpeller tous les maillons de la chaîne de production. Des élus politiques aux centrales d’achat, en passant par les fournisseurs. « Le but est de faire reculer les pires pratiques. C’est une transition », explique Loïc. « On veut foutre un peu le bazar pour que Carrefour nous entende », dit Cécile, sourire aux lèvres et coupe-vent orange vif, floqué du logo de l’association et du slogan : « Agir pour les animaux ».

Un ticket de caisse de 12 mètres, symbolisant les 12 kilomètres qu’il faudrait pour énumérer les 330 000 animaux terrestres tués chaque jour par l’enseigne, est déployée sur le parking. En effet, la sécurité intervient rapidement pour demander aux militants de s’éloigner de l’entrée. Ils s’exécutent mais continuent leur action, montrant également des panneaux de cochons derrière des barreaux. Les images proviennent de deux éleveurs en Bretagne dont l’enquête de L214 a révélé les conditions atroces dans lesquelles les porcs sont tenus. « Les animaux vivent sans accès à l’extérieur, dans une grande promiscuité, la plupart sur un sol bétonné. Les truies pour la reproduction sont enfermées la moitié de leur vie dans des cages qui ne leur permettent même pas de se retourner. Des porcelets chétifs sont tués par claquage », indique le communiqué de presse de L214.

Le but est de sensibiliser les consommateurs, mais surtout, de toucher la direction du groupe Carrefour. Celle-ci est au courant depuis avril du Plant Protein Pact (PPP) initié par L214 : « il appelle les enseignes de la grande distribution à s’engager à rééquilibrer les sources de protéines dans leurs ventes avec l’objectif que les protéines végétales représentent au moins 60 % de leurs volumes de protéines vendus à horizon 2030 », peut-on lire sur le site de L214. Selon les données des chambres d’agriculture, la consommation de viande est stagnante depuis une quinzaine d’années. Pourtant, les mouvements antispécistes et les actions associatives se multiplient. « Le combat de L214 fait vraiment avancer les choses. On essaie d’avoir une prise de conscience généralisée. Tout le monde s’accorde contre l’élevage intensif. Les images ont un impact au niveau national. Mais on n’est pas prosélyte », explique Francis, retraité, à L214 depuis 6 ans.

« Avant, on était perçu comme extrémiste quand j’ai commencé. Maintenant le regard a changé », raconte Etienne, membre actif depuis 8 ans à L214, qui tient le ticket de caisse de géant. « La réception du tract, c’est moitié-moitié je dirais. Beaucoup de gens nous disent : ça serait bien ! Sinon il y a beaucoup de gens neutres, peu d’insultes », explique Loreleï, l’une des référentes, en tendant le flyer sur lequel est écrit « Les animaux payent l’addition », avec un logo de Carrefour rouge sang.
L214 s’est fait connaître en diffusant des images d’abattoir, montrant des pratiques interdites, les surpopulations, les bêtes agonisantes, la cruauté envers l’animal. Souvent des lanceurs d’alertes, des repentis, ou des militants qui se font embaucher, parviennent à mettre la main sur ces données et les révèlent au grand jour. « L’animal souffre mais l’humain aussi. Les employés de ces abattoirs sont aussi des victimes », nous dit Loïc. « On fait de l’information, en étant pacifique. Nous ne sommes pas dans la culpabilisation », conclut Francis.
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27.11.2025 à 12:09
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J’ai appris qu’après la COP 15, fut vécu par beaucoup le «syndrome de Copenhague», une dépression climatique. Moi, post-cop-30 de Belém, en remontée lente des flots amazoniens, je ne déprime pas : c’est plutôt une sorte de mélancolie éco-anxieuse…. Car sur ces eaux polluées, toutes les horreurs et les beautés du monde s’expriment. «Sodade, sodade»… « L’amazonie ? De l’eau et beaucoup d’arbres… Sept millions de kilomètre carrés », lit-on dans le Chant.. Read More
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J’ai appris qu’après la COP 15, fut vécu par beaucoup le «syndrome de Copenhague», une dépression climatique. Moi, post-cop-30 de Belém, en remontée lente des flots amazoniens, je ne déprime pas : c’est plutôt une sorte de mélancolie éco-anxieuse…. Car sur ces eaux polluées, toutes les horreurs et les beautés du monde s’expriment. «Sodade, sodade»…
« L’amazonie ? De l’eau et beaucoup d’arbres… Sept millions de kilomètre carrés », lit-on dans le Chant du Silbaco, de J. Meunier et A.M Savarin.
De l’eau et beaucoup d’arbre, ouais, un pote de Mouais qui y est allé m’avait prévenu, en haussant les épaules, comme pour dire qu’au bout d’un moment, tant d’eau et tant d’arbre cela devient répétitif.
« Comme cela ne nous impressionnait pas, poursuivent Meunier et Savarin, ils ajoutèrent : plus de mille affluents pour le même fleuve, trois cent milliards de litre à l’heure près de l’embouchure, huit mille espèce d’arbre sur ses rives. » et, encore : « Des eaux douces de la planète ; un cinquième y coulait ; de tous les arbres du monde, un sur quatre y poussait »
Une bonne partie des parpaings et des déchets du monde aussi, mais évidemment, pas naturellement.
Le bateau s’avance dans un ahanement poussif, tandis que des hamacs bariolés tendus en friche inextricable sur le pont se laissent entendre éclats de voix, rires, pleurs d’enfants, conversations -plus ou moins- feutrées, réels TikTok, jeux vidéos et voix épuisantes de dessins animés brésiliens pour moins de 3 ans. Autour de nous, « de l’eau et beaucoup d’arbres ». L’Amazone semble une mer plutôt qu’un fleuve, tant ses deux rives sont éloignées. On y devine au loin une vie, humaine et non-humaine, celle-là même que l’on est venu chercher. De temps à autre, des pirogues jaillissent des taillis, pour venir y chercher les sacs plastiques de restes de nourriture que jettent, par coutume, les clients prolos -les autres prennent l’avion- des bateaux qui chaque jour remontent ou descendent les eaux. Deux ou trois jours de trajet, selon le temps, selon la destination.

Sur l’horizon feuillu le soleil se couche, rose et rouge comme un œil malade, et déjà la lune inversée des terres sous l’équateur apparaît. Croissant-sourire du chat d’Alice, qui ponctue le ciel tel une balafre blanche.
« Quant à la forêt, nous la préférons vaste et ancestrale. Et pour autant qu’elle soit épaisse, nous n’avons pas peur de nous y perdre », nous dit encore autre part Meunier, qui est anthropologue et a exploré jusqu’au péril de sa santé les labyrinthes parfois mortel de « l’enfer vert ».
J’aurais aimé pouvoir dire de même, mais à part quelques randonnées en jungle, je n’ai encore, et n’irai sans doute pas, au cœur vibrant et solitaire de la forêt pour y vivre une quête mystique à la Miyazaki.
Je n’ai principalement vu, de l’Amazone, que ses villes industrielles et ses bouts de forêt rongés par les ordures. Belém, Santarem… Ports délabrés, cités-bétons enkystée en plein milieu des poumons du monde. Et dans ceux-ci, les mélanomes capitalistes se comptent par milliers.
« La forêt a horreur de l’homme en général, et du gringo en particulier », écrit encore Meunier dans ses chroniques amazoniennes.
Qu’est ce que je fous là ? A la suite de Bruce Chatwin, l’une de mes principales inspirations, je me le demande bien.
Je suis venu ici, journaliste et anarchiste, couvrir l’anti-COP, les événements créés cette année -les autres années, c’était dans des dictatures, le faire était impossible- en opposition à ce traditionnel cocktail de lobbies qui depuis 30 ans parasitent une ville au pif pour y dégotter des marchés juteux auprès des testicules-cravates de ce monde. Ceux-ci en échange produisent un texte où ils déclarent en substance que wallah c’est promis l’an prochain ils feront mieux, et pendant ce temps tout brûle et meurt, ainsi va le génie de l’occident.
Et désormais, je me rends à Quito, où j’ai vécu, en passant par l’Amazonie. Où, j’y reviens, j’ai vu plus de plastoc que de paresseux, de bouteilles de verre que de dauphins roses, de restes brûlés d’on ne sait quoi que de toucans. Et je me sens aussi vaseux que les eaux dans lesquelles je me suis baigné. Ici, je suis aux premières loges de ce que nous faisons de toutes les beautés naturelles de ce monde : elles sont plastifiées, folklorisées, humiliées, marchandées, piétinées. Je suis écolo. Je suis punk. Qu’est-ce que je fous là ?
Il fait nuit désormais. L’appel au repas résonne. La daronne du hamac d’à côté joue au ma-jong sur son portable. Comment politiser cette mélancolie que je ressens, dans cette Amazonie qui n’a rien des rêves de mon enfance, rien de ce que je voyais dans mes vieux albums du Marsupilami ? Dans mon casque, une chanson de La Tordue : « Le plus important, c’est d’être pas mort ». Les insectes, heureusement il en reste, se collent sur mon écran d’ordinateur.
« Délirants de paludisme, ils se sont dépouillés de leur conscience […] Il faut voir dans ces contrés combien leurs traces sont semblables à celles d’une invasion de fourmis ailées », dit un texte cité dans le livre de Meunier, parlant des blancs en ces terres ayant connu à la fois un génocide et un écocide.
L’occident capitaliste est une maladie. Et comme tout malade inconscient de son trouble, il nous inonde de son déni. Je suis en Amazonie, terre de destruction du vivant, terre du massacre des peuples autochtones, terres de charniers du pétrole, de l’or et du caoutchouc, terres de meurtres et de viols, et je me dis qu’il est grand temps de lui faire fermer sa grande gueule. La COP 30 nous l’a encore montré : ceux qui détruisent ce monde n’ont même plus rien à raconter pour s’en justifier. A nous de créer de nouveaux récits, ou d’en reprendre des déjà-là -tels ceux des indigènes, qui savent depuis longtemps comment vivre en autonomie, en plein accord avec le vivant dans toute l’amplitude de son miracle.
Comme l’a dit une amie brésilienne ayant vécu en Palestine lors d’une rencontre à Belém, le colon dit « cette terre est à moi », alors que nous, ce que nous disons, c’est : « J’appartiens à cette terre ». A Gaza comme en Amazonie, cette vérité devrait faire office de nouveau récit dominant.
Dans le village d’Alter-do-Chao, au bord du Tapajos, dans les « caraïbes d’Amazonie », il y a deux jours, j’étais posé seul en terrasse, à la nuit tombée, devant une Tijuca, griffonnant une partie de ce qui précède sur un carnet. Un chanteur, assis l’écart sous le tronc d’un grand arbre, chantait Sodade de Cesaria Evora. Et j’ai alors imaginé l’histoire de cet arbre.
Enclenchons l’avance rapide. Cet arbre était peut-être bien là depuis 500, 600 ans, avant que l’homme blanc ne débarque en criant : « Tuez les pères pour violer les filles ! » Il a alors assisté aux massacres des autochtones du fleuve, sans pouvoir rien faire. A l’époque, il était encore petit, entouré de centaines, de milliers d’autres arbres, et d’autant d’animaux sauvages. Puis le temps a passé. Il grandit. Quelques siècles s’écoulent. C’est la fièvre du caoutchouc, puis de l’or, puis du pétrole, de tout ce qui fait briller les pupilles des gringos. Partout autour de lui, ça défriche, ça brûle, ça arase. Ça esclavagise. Ça tue, ça mutile, ça exploite. Un village de pêcheurs apparaît autour de lui. Il entend parler de luttes indigènes non loin : contre des projets de mines, de barrages. Il entend parler de manifestations réprimées dans le sang. Il pleure un peu de sève. Il est tout seul, tout droit, sur la place principale du village. Tous ces compagnons sont morts. Les touristes finissent par arriver. Des déchets commencent à être jetés par milliers à ses pieds, se mêlant à ses feuilles mortes. Fin de l’avance rapide. Je suis là, regardant le chanteur juste en dessous de lui. Il est plus seul que jamais. Moi aussi.
L’écologie devrait être conçue du point de vue de cet arbre de l’Amazone. On devrait raconter à tous nos enfants, ce que lui a vu.
Le chanteur gratte sa guitare : « Si je dois écrire, il y a beaucoup à écrire / Si je dois oublier, il y a beaucoup de choses à oublier / Jusqu’au jour de mon retour / Soda, soda / Sodade* de ma terre »
Mačko Dràgàn
Red’ chef du journal Mouais, soutenez-nous abonnez-vous et retrouvez nous dans tous les kiosques de France en janvier 2026 ! https://mouais.org/abonnements2025/
* De « saudade », mot portugais exprimant une« tristesse empreinte de nostalgie, quand une personne se sent dépossédée de son passé ».
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26.11.2025 à 15:30
admin
Notre journaliste Mačko Dràgàn, encore présent au Brésil, a été interviewé, aux côtés de Clément Sénéchal (de Frustration, et ex porte-parole de Greepeace), par Le Média sur l’échec de la flopi-30 (comme on dit ici). Retrouvez cette émission en accès libre
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Notre journaliste Mačko Dràgàn, encore présent au Brésil, a été interviewé, aux côtés de Clément Sénéchal (de Frustration, et ex porte-parole de Greepeace), par Le Média sur l’échec de la flopi-30 (comme on dit ici). Retrouvez cette émission en accès libre
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23.11.2025 à 11:57
admin
« COP e farsa ! » Actuellement sur un bateau remontant l’Amazone, alors que la COP 30 touche à sa fin, notre reporter Mačko Dràgàn vous propose de revenir sur les mouvements, multiples, mobilisés contre cette COP-pétard-mouillé, avec un objectif : défendre la terre pendant qu’ils la vendent. Reportage à Belém, en ce chaud mois de novembre. Les images ont fait le tour du monde : le mardi 11 novembre.. Read More
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« COP e farsa ! » Actuellement sur un bateau remontant l’Amazone, alors que la COP 30 touche à sa fin, notre reporter Mačko Dràgàn vous propose de revenir sur les mouvements, multiples, mobilisés contre cette COP-pétard-mouillé, avec un objectif : défendre la terre pendant qu’ils la vendent. Reportage à Belém, en ce chaud mois de novembre.
Les images ont fait le tour du monde : le mardi 11 novembre au soir, des manifestants indigènes ont forcé les barrières du lieu où se tenait la conférence des Nations unies sur le climat. Symbole mondial et fracassant du fait que quelque chose ne tournait pas rond dans cette COP pourtant médiatiquement bien rodée : après des décennies d’échec promis, on allait sauver le monde. Ces peuples du territoire Tapajós ont exprimé leur scepticisme.
L’évènement avait lieu à Belém, donc, aux portes de l’Amazonie, un symbole « historique » ou cynique, au choix. Le « poumon vert » du monde, atteint d’une tumeur occidentale, est en effet aussi le lieu du génocide, encore en cours, j’y reviendrai, des peuples autochtones. Et, en raison du capitalisme porté avec vigueur par tous les pays participant à la COP 30, selon les projections d’un collectif de chercheuses, d’ici à 2050 près de la moitié de la région amazonienne pourrait se transformer en forêts dégradées ou en savanes(1).
Dur à se dire quand, comme moi actuellement, tanguant sur un hamac péniblement accroché au plafond, au milieu de dizaines d’autres, l’on traverse ces entrelacs en apparence invincibles d’arbres et de lianes. Dédale où le ronflement du moteur du bateau ne vient même pas troubler le sommeil du paresseux accroché à sa branche, tandis qu’à notre passage s’envole une troupe de perroquets multicolores. Bercé par le balancement de mon matos Decathlon premier prix et par le bruits des conversations des personnes alentours ponctuées de hurlements d’enfants, je repense à cette COP. Qui, de ce que j’en savais avant mon départ -je n’ai plus internet- a finalement, qui l’eut cru, accouché d’une souris, et pas celle de Ratatouille : famélique, et en phase terminale.
Une scène, vue lors de la grande marche pour le climat du samedi 15 novembre, me revient cependant en mémoire et incarne bien l’ambivalence ici des sentiments vis-à-vis de cette COP désormais terminée. Une camarade anarchiste est assise pour se rafraîchir, et vêtue d’un t-shirt serti d’un logo « anti-cop 30 ». A ses côté, une indigène, voyant le logo, lui montre son propre t-shirt, quant à lui orné des visuels officiels de cette même COP. Car à cette dernière, certain·es, notamment parmi les autochtones, voulaient bien y croire : ainsi que l’a écrit l’APIB(2) dans un communiqué suite à l’action du mardi 11, « les peuples autochtones ne font pas partie des négociations officielles de la COP30, mais ils interviennent politiquement depuis plus de deux ans pour que leurs revendications soient entendues et intégrées dans les décisions sur la lutte contre la crise climatique. ».
Au Centre culturel libertaire d’Amazonie, le CCLA, qui nous accueille chaleureusement dans le centre historique délabré et populeux de Bélem, néanmoins, les choses sont claires. « La COP est une farce » (« e farsa »), et ces anarchistes entendent bien critiquer, tout le long de la conférence internationale, le « capitalisme vert » à tendance néo-coloniale qui selon eux préside à ce pince-fesse entre encravatés pollueurs.

Chaque jour, tout du long de la journée, au CCLA, des rencontres ont donc eu lieu, dans une perspective internationaliste et intersectionnelle, entre projection de films sur l’extractivisme et invitation d’activistes indigènes pratiquant la réquisition de leurs terres volées (et j’y ai moi-même fait un succinct état des lieux de l’anarchisme en France). Enfin, et pour commencer, le jour de notre arrivée, le samedi 8 novembre, était organisé un « tournoi international de football anti-cop 30 » qui, du bon gros punk qui tache en fond sonore, a vu en finale l’Afrique -représentée par des camarades du Congo et du Burkina Faso- l’emporter sur le Venezuela -représenté par les indigènes Warao, en exil à Belem- avant un grand repas partagé de quartier et pas mal de bières.
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C’est l’intitulé (avec comme sous-titre : « Des marges de l’Amazonie à la périphérie du monde ») d’une rencontre qui était organisée, le lundi 10 novembre, au Centre culturel de l’Amazonie, en présence notamment d’une militante Palestinienne, qui l’affirme : « Ici comme à Gaza, le génocide est aussi un écocide ». -et ce malgré le « greenwhashing » intense pratiqué par Israël.
Par la suite, un leader de l’UP (unidade popular) prend la parole. C’est un afro-Brésilien au charisme jauressien, et qui est en colère pour une bonne raison, rappelle-t-il : il est originaire de Brumadinho, localité qui a subi il y a quelques années une catastrophe environnementale connue comme la « rupture du barrage de Brumadinho » dans l’État de Minas Gerais, et qui a vu le réservoir de rétention pour les déchets toxiques d’une l’exploitation minière se déverser sur la population, causant des centaines de morts et de disparus. « Je viens d’une terre détruite par une multinationale, sans aucune justice ». Il se réclame, également, de l’héritage des Quilombolas, ces ancien·nes esclaves auto-affranchi·es.
Il en conclut donc logiquement : « On ne peut rien attendre des entreprises qui soutiennent et financent la COP 30. Et à quoi sert celle-ci sinon aux intérêts des investisseurs de la ville et de la région ? » Et de déplorer que la COP « transforme la crise climatique, qui est une crise du capital, en marchandage ».
Une -très, sans doute même pas la vingtaine- jeune activiste indigène, en tenue traditionnelle, se veut plus mesurée : « Nous ne sommes pas contre la COP, mais nous voulons y participer d’une façon qui ne soit pas une mascarade » ; et de déplorer que la COP ne parle pas « de nos luttes, notamment contre les grandes entreprises minières et de monoculture ».
Enfin, un membre de l’Union des Peuples Indigènes (UPI), après avoir appelé à se pas forer de pétrole dans l’embouchure de l’Amazone -une pique contre la récente décision du président Lula-, souligne que aujourd’hui encore, très régulièrement, des leaders indigènes sont assassinés, disparaissent, voient leurs corps jetés au fleuve, ainsi que les personnes qui les soutiennent. « Je viens d’un endroit mondialement connu pour l’exécution de Dom Philipps et Bruno Pereira » -le premier, journaliste notamment pour le Guardian et le New York Times, rédigeait un livre sur l’Amazonie, aidé du second, qui avait pris un congé à la FUNAI (agence gouvernementale chargée de protéger les droits et les intérêts des peuples indigènes au Brésil) pour travailler avec l’Univaja, une organisation à but non lucratif défendant es intérêts des peuples indigènes. Et de ces assassinats, qui s’ajoutent aux expulsions et aux empoisonnement, de ce génocide qui en est un mais qui ne dit pas son nom, il ne sera pas question à la COP. « Mais nous, nous avons deux semaines pour dire ce que l’on veut. Ça doit venir d’en bas ».
L’homme qui parle est l’animateur d’une rencontre organisée dans le cadre de la « cop do povo » (la « cop du peuple »), quelques heures en ce mardi 11 novembre avant que les indigènes ne fassent intrusion dans la « vraie » COP. Au menu : « l’autogouvernance et l’auto-détermination » des peuples indigènes, en présence notamment, sur la rangée de chaise juste en face de moi, d’une vaste délégation de Ka’apor, ronds rouges peints sur les joues, munis d’arcs et de battes (oui.), et connus défendre leur territoire contre les envahisseurs et les pilleurs illégaux, traquant les braconniers et mettant hors d’usage des camions de bûcherons. Il assurent en outre l’approvisionnement de leurs campements grâce à l’agroforesterie et, véritables anarchistes en actes, ont créé un conseil horizontal, en charge notamment de leur propre système éducatif et du développement durable.
Le bilan de ces rencontres -en Espagnol, langue de la plupart des indigènes présents, venant de toute l’Amérique latin : « Il ne pas faut pas affronter les États séparés. Nous devons nous unir pour lutter ». Car il y a urgence. Répétons-le : un génocide est à l’origine de la conquête de ce continent, et il est toujours en cours. Comme l’écrivait déjà les anthropologues Jacques Meunier et A.M. Savarin dans les années 1960, « le génocide indien a commencé à l’aube de la conquête et il se poursuit ; si de nos jours, il y a lieu de s’étonner, c’est qu’il y a encore des survivants », énoncent-ils, avant de lister les massacres et de rappeler ce terrible mot d’ordre des colons : « Tuer les pères pour violer les filles ». L’animateur des rencontres pointe à nouveau, comme cela avait été fait hier, les assassinats de leaders, et rappelle que l’extractivisme, avec ses incendies et ses déchets toxiques, tue chaque jours les peuples indigènes.
Seule réponse face à ça, donc : résistance, lutte et autogestion. Comme le souligne un intervenant, « l’autonomie, c’est une invention pour les Etats-Nations, pas pour nous ». et de conclure, lapidaire : « Ce n’est pas à nous de demander des droits à la république. Nous étions là bien avant la république ».
Tous ces peuples se sont retrouvés le lundi 17 novembre, pour une grande marche indigènes jusqu’aux alentours de la « Blue Zone » de la COP 30. Avec des mots d’ordre on ne peut plus clairs : « Climate justice = Indigenous leadership », « emergência climatica : a reposta somos nos » (« la réponse c’est nous »), ou encore : « COP 30 : the answer is NO FOSSIL FUELS ».
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La veille, s’était conclue la « cupula dos povos », le « sommet des peuples », « où syndicats, organisations environnementales et peuples autochtones sont rassemblés pour remettre la justice climatique au cœur des négociations » (3) de façon équitable et décoloniale, et auto-organisée par la société civile autour de trois axes : autonomie, diversité et convergence. Un beau programme donc, entachés selon certains anarchistes ronchons, comme notre cher ami Portugais Mario, avec lequel nous logeons, par la présence intrusive « de plein de gens du PT », le Parti des Travailleurs de Lula, donc le parti au pouvoir au Brésil et celui qui accueille cette si problématique COP 30.
Les débats organisés, cependant, laissent peu de place au doute : ici, ces négociations, l’on y croit guère. « La solution ne vient pas de ces endroits », nous dit directement une intervenante lors d’une table ronde présentant les diverses luttes de la jeunesse du Continent et où était présent un jeune Afro-Brésilien du MST, le mouvement des sans terres pratiquant la réquisitions, deux très jeunes activistes mexicaine, un jeune Guarani en lutte…. Toute une galaxie emplie d’utopies et de réponses concrètes mais, évidemment, comme le dit l’une des deux Mexicaines, « la jeunesse n’est pas invitée à la COP 30 ». La conversation est conclue par une Quechua venue du Pérou, qui souligne cette terrible réalité : « Les femmes indigènes sont les premières impactées par le changement climatique ».
Le bilan de ce séjour à Belém est donc amer -tel l’açai, ce petit fruit amazonien si populaire ici. Mais nous pu y rencontrer des personnes incroyables, anarchistes, afro-brésilien·nes, indigènes, anarchistes, vegans, écologistes, d’ici ou d’ailleurs, qui, loin des bureaux climatisés, des salles de réunions garnies de petits fours, s’échinent à faire vivre la résistance au grand Kapital, ce venin qui empoisonne, dévore, tue tout ce qu’il touche, en Amazonie comme en Palestine. « Nous sommes la nature qui se défend », dit-on dans les ZAD -un slogan que j’ai retrouvé ici tagué sur un mur lors de la marche pour le climat. Cette défense existe partout, et doit nous pousser à ne pas baisser les bras. Comme l’a dit dans un entretien qu’il m’a accordé au CCLA le brillant et adorable penseur anarchiste Peter Gelderloos : « La solution ne viendra pas des États, plus d’un siècle d’histoire est là pour nous le prouver. Pour mettre fin au capitalisme et à la fin du monde, les solutions existent déjà, et elles marchent très bien. Mais encore faut-il en parler ! » Et de cela non plus, pourtant, aucun doute, il n’a été question à la COP. Mais était-ce même leur but ?
Un reportage de Macko Dràgàn. Photos : Macko
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(1) https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/081125/l-amazonie-est-au-bord-du-gouffre-climatique
(2) Articulation des Peuples Indigènes du Brésil
(3) https://blogs.mediapart.fr/s-hanryon/blog/151125/une-vague-de-resistance-en-soutien-au-sommet-des-peuples
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01.11.2025 à 11:05
admin
En juillet 2025, la presse française signalait les pluies torrentielles submergeant New York. Mais rien n’a filtré sur ce qui se jouait ce jour-là sous les parapluies. Notamment, une manifestation contre la nouvelle chasse aux sorcières orchestrée par Donald Trump et ses fidèles. Était présente Ellen Schrecker, historienne du Maccarthysme pour qui la menace actuelle dépasse celle des années 1950. « McCarthy no more, reinstate the fired four » («.. Read More
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En juillet 2025, la presse française signalait les pluies torrentielles submergeant New York. Mais rien n’a filtré sur ce qui se jouait ce jour-là sous les parapluies. Notamment, une manifestation contre la nouvelle chasse aux sorcières orchestrée par Donald Trump et ses fidèles. Était présente Ellen Schrecker, historienne du Maccarthysme pour qui la menace actuelle dépasse celle des années 1950.
« McCarthy no more, reinstate the fired four » (« McCarthy plus jamais, réintégrez les quatre virés »). C’est le slogan qu’un groupe de professeur·es, d’étudiant·es et d’activistes a scandé, jeudi 31 juillet à partir de 16h, sur le campus de Brooklyn College. Réuni.es sous une pluie battante, ils et elles protestaient contre l’éviction de quatre intervenant.es régulier.es, aux contrats précaires, dont le seul point commun est d’avoir exprimé leur soutien au peuple palestinien.

Après les premières clameurs – amplifiées au mégaphone —, les organisateur·rices ont invité la foule, de plus en plus dense, à s’abriter sous des échafaudages percés pour écouter les prises de parole. Des professeur·es ont raconté leur passion pour l’enseignement, leur sidération de voir leurs quatre confrères et consoeurs exclu.es sans justification, par des procédures qui violent leur liberté d’expression et relèvent selon eux.elles de la « purge idéologique ».
Puis est intervenue Ellen Schrecker, historienne majeure de la gauche américaine, célèbre pour son ouvrage de référence sur le maccarthysme. À 87 ans, elle ne refuse aucune tribune : « Ce que traverse l’Université américaine aujourd’hui n’est pas un retour du maccarthysme, c’est pire », affirme-t-elle dans la presse comme au micro.
La comparaison est frappante. « Dans les années 1950, on dénonçait la menace — fantasmée — des enseignant·es communistes. Aujourd’hui, on dénonce la prétendue radicalité et l’incapacité supposée de l’université à combattre l’antisémitisme. »
Mais cette comparaison ne suffit plus. Deux différences majeures aggravent, selon elle, la situation actuelle. D’abord, le maccarthysme s’attaquait à des individus — leurs passés, leurs affiliations, leurs idées. Ce que Donald Trump et ses complices visent aujourd’hui, c’est l’Université comme institution. Ensuite, « cette guerre ouverte menée par Trump contre la communauté académique et ses connaissances survient à un moment où l’enseignement supérieur est déjà considérablement affaibli, attaqué par des milliardaires de droite et des politiciens ambitieux”.
« Aux États-Unis, explique-t-elle (mais c’est un phénomène qu’on observe aussi en France NDLR), les universités ont dû supprimer tellement de postes de titulaires que plus de 75 % des enseignant·es sont désormais précaires : non titulaires, sous-payé·es, souvent sans temps ni moyens suffisants pour accompagner des étudiant·es eux-mêmes en difficulté ».
Eloquente, l’interpellation d’Ellen Schrecker se conclut sur une note d’espoir. « Pendant le maccarthysme, rappelle-t-elle, la plupart des universitaires gardaient le silence ». Aujourd’hui, l’historienne voit s’organiser chaque jour, dans sa boîte mail, une résistance encore balbutiante, mais courageuse et de plus en plus intransigeante.
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« Résistance ! » lance-t-elle finalement dans son micro, laissant tomber la feuille de papier où son discours était écrit — trempé, emporté par la pluie.« Résistance ! », reprend la foule à l’unisson, parapluies et pancartes levés.
La résistance a-t-elle fourbi ses armes depuis 1940, à la mesure de la répression qui veut l’anéantir ? Elle a, en tous cas, appris à faire résonner ses voix sous la tempête et peut-être même à poursuivre ses combats après le déluge.
Par Lauren Malka
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22.10.2025 à 11:59
admin
A l’appel de la liste Nice Front populaire, candidate aux élections municipales de 2026, une centaine de personnes s’est mobilisée ce mardi 21 octobre contre le choix de Christian Estrosi de nommer le parvis du futur hôtel des polices, Nicolas Sarkozy. Une manifestation festive et drôle, en balade dans les rues renommées selon des noms d’escrocs, comme Jacques Médecin, Jacques Chirac ou Charles Pasqua. Par Edwin Malboeuf A Nice, les.. Read More
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Par Edwin Malboeuf
A Nice, les noms de rue honorant la mémoire de gens de peu de bien sont légions. Alors qu’il venait d’être condamné à 5 ans de prison de ferme pour association de malfaiteurs dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy a vu son caniche préféré en la personne du maire de Nice, Christian Estrosi, voler à son secours pour proposer de nommer le parvis du futur hôtel des polices au nom du désormais taulard à la prison de la Santé. Une énième outrance pour l’espace public qui recense déjà le nom d’un bon paquet d’escrocs, de tortionnaires, et d’événements catastrophiques pour la mémoire collective.
Pour cette raison, Nice Front Populaire (NiFP), liste candidate pour les élections municipales de mars 2026, a lancé un appel ce mardi 21 octobre à 17h30, jour de l’incarcération de Sarkozy, pour une manifestation contre ce choix déplorable. Une visite guidée des rues portant le nom d’escrocs patentés par Jonathan, comédien et membre actif du collectif. Parapluie et micro en main comme un guide touristique, il amène la centaine de personnes, au son des Portes du pénitencier de Johnny Hallyday, devant la rue Jacques Médecin, maire de Nice de 1966 à 1990. Condamné pour corruption, prise illégale d’intérêts et détournements de fonds publics, il avait fui la justice en Uruguay comme le vulgaire néo-nazi qu’il était (il avait déclaré être en accord avec 99,9% des thèses du Front national). Puis la troupe se dirige vers le cours Jacques Chirac, condamné pour prise illégale d’intérêts, corruption, abus de confiance. Chaque fois, une affichette est scotchée pour rappeler les condamnations et renommer l’impasse. Quelques passants applaudissent, d’autres font des doigts d’honneur remplis de haine, et de peine pour leur idole tombée trop tard, après dix ans de procédure. Pendant ce temps, l’un des manifestants, a filé à l’allée Charles Pasqua, condamné lui dans huit affaires pour à peu près les mêmes motifs.

Une manifestation pantaï comme on dit ici, dans la pure tradition carnavalesque niçoise, festive drôle et revendicative, qui s’est donc terminé devant le chantier de l’hôtel des polices. En dénonçant l’injure faite aux Niçois et Niçoises, d’honorer l’ancien président qui est allé s’acoquiner avec un terroriste responsable de la mort de 170 personnes dont 54 Français dans l’attentat de l’avion DC-10 d’UTA en 1989, pour quelques millions d’euros afin de financer sa campagne électorale de 2007.

Si cette liste parvient au pouvoir local en mars prochain, c’est une grande partie de l’espace public qu’il faudra réagencer et renommer, notamment par des figures féminines qui font cruellement défaut. La ville compte ainsi des rues comme celle du Maréchal Bugeaud, artisan de la colonisation algérienne, un monument à la gloire de ces mêmes colons sur la Promenade (« Ils ont construit un pays, l’ont quitté dans la douleur », est-il écrit), l’avenue Adolphe Thiers, le boucher de la Commune, la rue des Boers, colons sud-africains pour n’en citer que les plus abjectes. Les choix de noms de rue sont un enjeu éminemment politique, et la mémoire, une bataille culturelle.
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