10.02.2026 à 14:23
Gilbert Achcar
Comment devons-nous interpréter le récent accord entre le mouvement kurde de Syrie et le nouveau gouvernement syrien ? Marque-t-il la fin d'une décennie d'administration autonome kurde dans le nord-est de la Syrie ? Ou s'agit-il simplement d'un arrangement temporaire, destiné à rejoindre la longue liste d'accords au Moyen-Orient annoncés comme définitifs, pour finalement s'effondrer peu après ? Répondre à cette question nécessite une évaluation à la fois de la nature de l'accord lui-même et des circonstances qui y ont conduit.
Tiré du blogue de l'auteur.
Le premier point à constater est que l'accord annoncé vendredi dernier constitue un compromis dans lequel la balance penche en faveur du régime de Damas. C'est un compromis dans la mesure où il a été conclu entre deux parties dont aucune n'a perdu la capacité de continuer à se battre. En effet, les Forces démocratiques syriennes (FDS), même après avoir été largement réduites à leur noyau majoritairement kurde, conservent encore une force militaire substantielle dans le rapport actuel des forces en Syrie. Elles comprennent des dizaines de milliers de combattants chevronnés – hommes et femmes – motivés par une cause nationale forgée à travers un siècle de partition et d'oppression. De plus, leur colonne vertébrale politique s'appuie sur un courant idéologique qui s'est adapté aux changements historiques, restant ainsi profondément enraciné.
En revanche, les forces du nouveau régime syrien ne sont pas beaucoup plus grandes que les forces kurdes et manquent de cohésion. Elles constituent un conglomérat hybride, composé de Hayat Tahrir al-Cham, d'autres groupes djihadistes (certains non syriens) et de forces directement loyales à Ankara – les unités de la soi-disant Armée nationale syrienne.
Cette configuration signifie que l'équilibre des forces en place permettrait au côté kurde de résister aux forces de Damas durant longtemps, à condition de bénéficier d'un soutien extérieur pour éviter l'isolement et l'encerclement. Cependant, les deux acteurs capables d'apporter un tel soutien ont trahi le mouvement kurde syrien. Le premier, bien sûr, n'est autre que les États-Unis, qui, sous l'administration Trump actuelle, ont décidé de ne plus compter sur les FDS dans la lutte contre l'organisation de l'État islamique et de s'appuyer dorénavant sur la Turquie et le nouveau régime syrien parrainé par Ankara. Le second est le Gouvernement régional du Kurdistan dans le nord de l'Irak, dirigé par la famille Barzani, alliés proches d'Ankara (voir l'article de la semaine dernière,« Les Kurdes et le régime syrien », Al-Quds Al-Arabi, 27 janvier 2026).
Inversement, les forces du nouveau régime de Damas bénéficient d'un soutien turc indéfectible et illimité dans leur confrontation avec le mouvement kurde. Face à cette réalité, les FDS se retrouvent face à deux options amères : capituler ou mener une guerre pour préserver leur dignité – une guerre qui risque de devenir suicidaire, semblable à certaines épopées héroïques, mais finalement vaines, observées à travers l'histoire. En conséquence, les FDS ont opté pour le compromis afin de gagner du temps, dans l'espoir d'un changement de circonstances, que ce soit au niveau régional – compte tenu de la grande volatilité de la région – ou au niveau international, compte tenu de l'imprévisibilité de Donald Trump, de sa susceptibilité à la pression de Netanyahu qui contrebalance l'influence d'Erdoğan, et de la possibilité donc que sa position puisse encore changer.
Pour sa part, le régime de Damas a également opté pour le compromis plutôt que de mener une guerre féroce dans le nord qui pourrait saper ses efforts pour consolider son contrôle du reste du territoire syrien, ou accroître sa dépendance envers Ankara, nuisant ainsi à son image et limitant ses ambitions. Le compromis impliquait que Damas abandonne sa demande de dissolution immédiate de l'administration autonome kurde et de ses forces armées, et n'insiste plus pour déployer de grands contingents de forces du régime au cœur des zones contrôlées par les FDS. Au contraire, l'accord prévoit l'initiation de mesures limitées – dont l'interprétation peut encore être sujette à désaccord – vers l'intégration de ces zones dans le cadre militaire, administratif et juridique du nouvel État syrien.
Il ne fait donc guère de doute que le compromis actuel n'a pas résolu le conflit, mais l'a plutôt déplacé d'une phase militaire vers une phase politique. Cette nouvelle phase impliquera une lutte politique qui poursuivra la guerre par d'autres moyens, tout comme la guerre elle-même est une continuation de la politique par d'autres moyens, comme le dit une maxime bien connue. La partie kurde cherchera à préserver l'autogouvernement de facto qu'elle exerce depuis une décennie, en accomplissement de son aspiration légitime à l'autodétermination, même si cette administration est formellement intégrée à l'État syrien. Pendant ce temps, Ankara fera pression de façon persistante et implacable sur Damas pour qu'il intensifie ses demandes de reddition totale des Kurdes et de soumission à un régime centralisé.
La question est donc de savoir si Washington peut freiner les deux camps – les Kurdes et les Turcs – afin de maintenir la situation dans les limites d'un compromis que chaque camp prétend publiquement accepter. C'est un pari très incertain. Il est plus probable que la fragilité de l'accord de vendredi dernier devienne bientôt évidente, et que le langage – et peut-être même la pratique – de la guerre l'emportent à nouveau sur le langage du consensus, cet accord étant suivi par d'autres tout aussi temporaires, dans un schéma trop familier dans cette région du monde.
Traduit de ma chronique hebdomadaire dans le quotidien de langue arabe, Al-Quds al-Arabi, basé à Londres. Cet article est d'abord paru en ligne le 03 février. Vous pouvez librement le reproduire en indiquant la source avec le lien correspondant.
* Dernier ouvrage paru Gaza, génocide annoncé. Un tournant dans l'histoire mondiale (La Dispute, 2025).
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10.02.2026 à 14:20
Jonathan Durand Folco
Lors de l'émission de Zone Info du 28 janvier où il était question de savoir si le PQ était en train de se "trumpiser", les commentatrices Karima Brikh et Christine St-Pierrre ont rapidement rejeté cette accusation. Si dans mon dernier texte j'ai analysé comment l'étiquette de "militants de gauche radicale" était utilisée pour discréditer les critiques et éviter de répondre à la question, je vais ici me pencher sur l'enjeu de fond.
Ma réponse va probablement surprendre plusieurs : je ne crois pas que le PQ sous le leadership de Paul St-Pierre-Plamondon (PSPP) soit véritablement en train de se "trumpiser". Du moins, pas tout à fait, et il faudrait amener des nuances dans les diverses formes de "droitisation". Si on affirme que le PQ est en voie de "trumpisation", il faut d'abord préciser ce qu'on entend par là.
5 février 2026 | tiré de Métapolitiques | Illustration : Illustration incluant trois chefs du Parti québécois dont René Lévesque, Jacques Parizeau et Paul St-Pierre-Plamondon. Source : Nationala. https://metapolitiques.ghost.io/enquete-sur-la-droitisation-du-pq-et-de-la-societe-quebecoise/
L'argument psychologiqueCommençons par une objection qu'on entend souvent, soit le fait que PSPP et Trump sont tellement différents au niveau psychologique que toute comparaison serait une exagération. Dans l'émission de Zone Info, Christine St-Pierre répond à la question de l'animateur Gérald Fillion en disant : "Je ne pense pas que PSPP ait le profil de Donald Trump. Il n'a certainement pas le même caractère, il ne s'exprime pas de la même manière."
En effet, si on souhaite faire un parallèle entre la personnalité de Trump et celle de PSPP, la comparaison ne tient pas la route. Le premier est un milliardaire narcissique, mégalomane, criminel et grossier, incarnant tous les vices du tyran, alors que le deuxième a un ton plus posé, un discours cohérent et argumenté, avec un mélange de ténacité et de nuances, incarnant l'archétype de l'élève modèle qui a été performant dans tout ce qu'il a entrepris dans vie.
Bref, si on considère que la trumpisation du PQ signifie que PSPP veut imiter le style unique de Trump et lui ressembler point par point, alors il est vrai que le parallèle ne fonctionne pas. Mais d'autres éléments peuvent être évoqués pour appuyer l'hypothèse de la trumpisation.
L'argument du discoursAfin de relancer Christine St-Pierre, Gérald Fillion ajoute aussitôt : "n'y a-t-il pas des éléments de discours qui peuvent représenter des éléments dans les politiques qui peuvent ressembler à ce qui se passe aux États-Unis ?" Autrement dit, PSPP ne ressemblerait pas à Trump au niveau de son style ou sa personnalité, mais sur le plan du discours, des idées et des politiques de droite populiste qu'il souhaite mettre en place au Québec.
Sur ce point, Christine St-Pierre concède un point : "il n'en demeure pas moins qu'il y a des éléments effectivement, je pense à l'immigration par exemple, le PQ veut aller plus loin encore que la CAQ, et taper sur les migrants ça peut amener des gains politiques. Mais je ne vois pas dans le personnage, dans la personnalité de PSPP, quelqu'un qui irait aussi loin [que Trump], par exemple, amener des agents de ICE pour déporter des immigrants clandestins".
Ce commentaire est intéressant, car il montre que le virage identitaire du PQ et son accent sur les ravages de l'immigration de masse peuvent présenter des similitudes avec le populisme de droite radicale aux États-Unis (ou ailleurs dans le monde). Cela dit, Mme St-Pierre fait aussitôt une nuance en disant que PSPP n'a pas le même discours radical ou extrémiste que Trump, avec tout ce qu'on voit aux États-Unis en ce moment.
Et c'est là que les comparaisons entre les discours récents de PSPP et ceux de Trump deviennent un terrain propice aux interprétations, parallèles, débats et controverses. Je ne souhaite pas ici faire la recension de toutes les déclarations de PSPP depuis 2023, en analysant celles qui rejoignent ou s'éloignent du discours de Trump. Je laisserais d'autres collègues que moi faire ce travail nécessaire mais fastidieux, à l'instar de l'historien Alexandre Dumas. Par exemple, celui-ci a fait une liste détaillée de déclarations contribuant à la "construction de l'Autre" à l'Assemblée nationale, afin de démontrer que le député solidaire Haroun Bouazzi n'avait pas complètement tort avec ses propos controversés à l'automne 2024.
Mon hypothèse ici est que cette stratégie de recension visant à démontrer la trumpisation du PQ est une voie parsemée d'embûches. Il y a sans doute des dizaines de déclarations de PSPP dans les dernières années permettant effectivement de faire un parallèle avec Trump, mais aussi des dizaines de déclarations qui s'en éloignent, notamment en termes de radicalité.
Par exemple, les deux politiciens dénoncent les problèmes de l'immigration massive et souhaitent refermer les frontières pour défendre une identité nationale menacée, mais leurs méthodes ne sont pas les mêmes et leurs propos ne sont pas aussi virulents. Par exemple, PSPP dénonce les "seuils d'immigration astronomiques", tout en spécifiant qu'il ne faut pas cibler les migrants eux-mêmes. De son côté, Trump n'hésite pas à dire que les immigrants "empoisonnent le sang de notre pays", ce qui évoque évidemment le discours nazi du siècle dernier.
Dans ce contexte, il sera difficile de tirer des conclusions définitives. D'un côté, les gens de gauche diront : "oui Trump est plus radical et décomplexé, mais PSPP adopte le même discours pour se faire élire. Le PQ s'inscrit dans une trajectoire qui mène ultimement vers cette droite radicale autoritaire". Par contraste, les gens de droite ou les péquistes répliqueront : "oui PSPP a le courage de dénoncer les problèmes causés par l'immigration, mais lisez le programme du PQ, on ne va pas aussi loin que les mesures de Trump ou d'autres partis d'extrême droite, on veut juste retrouver un équilibre". Comment départager qui a raison entre ces deux interprétations divergentes ?
C'est pourquoi je propose de remplacer la stratégie de la recension des déclarations, qui est peut-être utile mais très chronophage, par l'usage d'un continuum de radicalisation de la droite national-populiste.
La droitisation du PQÀ mes yeux, si l'idée d'une "trumpisation du PQ" n'est pas complètement dénuée de sens, et comporte certaines vérités, je crois qu'il ne s'agit pas de la meilleure analogie pour décrire le discours actuel de PSPP. D'abord, le mot "trumpisation" évoque spontanément la personnalité de Trump, alors qu'il s'agit en fait d'un parallèle plus profond sur le plan discursif, politique et idéologique. Cela amène donc des malentendus dans la discussion, qu'il faut d'abord déconstruire avant de revenir sur le débat de fond. Bref, ce n'est pas une analogie intuitive pour le sens commun, hormis peut-être pour les gens de gauche.
Ensuite, si le parallèle entre le PQ actuel et le premier mandat de Trump (2016-2020) peut être fait – on parlait à l'époque du "populisme de droite" – l'analogie tiendrait mieux la route. Or, la deuxième administration Trump est carrément entrée dans une dynamique de fascisation avec la construction accélérée d'un État policier depuis 2025. Si on dit que le PQ se "trumpise" en 2026, on pense spontanément aux agents de ICE qui tuent des citoyens américains, à l'armée qui débarque dans les villes démocrates, à Alligator Alcatraz, au 51e État, à l'invasion du Venezuela et l'annexion probable du Groenland. Bref, le parallèle entre le PSPP actuel et le Trump tyrannique de 2026 semble encore une fois une exagération.
C'est pourquoi il serait plus prudent de parler d'une "droitisation du PQ", marquée par différents axes sur le plan du discours et des positions politiques. Cela implique que le PQ est plus à droite en 2026 qu'il ne l'était en 2021 par exemple. Cela peut se vérifier au niveau des positions sur le plan identitaire : le PQ va plus loin que la CAQ en termes d'interdiction des signes religieux, de baisse des seuils d'immigration, de mesures ciblant les personnes trans, etc.
Cela peut aussi se vérifier au niveau économique, où le PQ se droitise depuis l'élection partielle d'Arthabaska (en adoptant un discours proche du Parti conservateur du Québec). Dans la dernière année, le PQ a promis de réduire la bureaucratie et le "nombre de fonctionnaires si le PQ formait le pouvoir en 2026". Lors de son dernier congrès, le PQ a ouvert la porte aux oléoducs. Enfin, PSPP a annoncé lors de son dernier passage en Beauce qu'il avait un "projet ambitieux de dégraissage de l'État", qu'il allait mettre la hache dans les subventions pour financer des baisses des baisses d'impôts aux entreprises. Comme le remarque le journaliste Patrick Bellerose :
Coïncidence révélatrice, Paul St-Pierre Plamondon et Éric Duhaime ont annoncé au même moment leur intention d'abolir une cagnotte abondamment utilisée par Pierre Fitzgibbon pour financer des projets avec un succès mitigé, dont Northvolt. En économie comme sur d'autres enjeux, le Parti Québécois se positionne de plus en plus à droite sur l'échiquier politique. Si bien qu'il a rejoint le Parti conservateur du Québec, vendredi, quand les deux formations ont annoncé à une heure d'intervalle leur intention d'abolir le Fonds de développement économique.
Si plusieurs personnes comme Karima Brikh continuent de prétendre que le PQ serait toujours un parti "social-démocrate" en 2026, on devra montrer des déclarations de PSPP et des politiques économiques concrètes qui vont en ce sens. Pour l'instant, on voit plutôt que le PQ joue dans les platebandes du PCQ, qui est un parti conservateur et libertarien, bref un parti de droite économique assumée, proposant un projet encore plus à droite que la CAQ sur l'échiquier politique.
Cette droitisation du PQ se fait également sentir sur le plan géopolitique, via la nouvelle alliance avec le mouvement indépendantiste albertain qui penche vers la droite populiste radicale et qui fait lui-même alliance avec l'administration Trump. J'ai essayé de décortiquer ce récent repositionnement du PQ au niveau des relations internationales dans un précédent texte.
Depuis, un reportage fouilléde Radio-Canada du 25 janvier corrobore mes hypothèses. Des leaders de la droite indépendantiste albertaine fricotent avec le récit du "Grand remplacement", les théories du complot sur les chemtrails, et des discours décomplexés comme "les immigrants nous détestent". De plus, il mènent des "négociations [avec les États-Unis] pour obtenir un accès à une ligne de crédit de 500 milliards de dollars américains auprès d'institutions financières pour soutenir une éventuelle transition". Cela a été confirmé par un article du Financial Times montrant que des hauts responsables de l'administration Trump ont bien tenu des réunions avec des dirigeants de l'Alberta Prosperity Project (APP).
Ainsi, PSPP semble plus à l'aise de nouer des alliances avec la droite populiste radicale, au Québec, au Canada ou ailleurs, qu'avec des groupes de gauche, qu'elle soit radicale ou non. Si le chef du PQ admet avoir rencontré des leaders du mouvement indépendantiste albertain en septembre dernier, il nie pour l'instant entretenir des relations étroites avec ces derniers. Or, un article de La Presse révèle que PSPP a des échanges hebdomadaires avec le leader albertain Mitch Sylvestre, lequel considère son homologue québécois comme un "ami".
Mitch Sylvestre a d'ailleurs parlé au chef du PQ « il y a quelques jours » à peine pour revenir sur le discours de Mark Carney sur les plaines d'Abraham et « la désinformation [au sujet] de l'histoire de Québec ». Selon l'Albertain, les deux hommes échangent régulièrement au sujet de la souveraineté. M. St-Pierre Plamondon lui offre aussi des conseils. « Il m'a demandé de ne pas [les] révéler », a-t-il dit.
Ce rapprochement entre le Parti québécois, le séparatisme albertain et la haute administration des États-Unis n'est pas une fiction, mais une réalité factuelle. Cela dit, est-ce que le fait que le PQ noue des alliances avec des forces de droite radicale signifie que le parti se transforme lui-même en parti de "droite radicale", analogue à l'indépendantisme albertain et à l'administration Trump ? Pas forcément, car on peut y voir là un alignement d'intérêts (au niveau économique et géopolitique), malgré des différences importantes entre ces différentes tendances. Comme le dit l'adage : politics makes strange bedfellows.
Les axes de droitisationRevenons sur l'expression "droitisation du PQ", qui devrait faire davantage consensus dans l'espace public. Selon moi, on n'assiste pas à une droitisation partielle du PQ, comme si son discours flirterait avec la droite sur des enjeux comme l'immigration, tout en gardant un solide programme de gauche au niveau économique. Contrairement au PQ de René Lévesque, PSPP n'a pas un "préjugé favorable" envers les travailleurs et les syndicats ; il fait plutôt de l'œil aux PME et au patronat. Bref, on assiste à une droitisation globale du PQ sur les axes identitaire, économique et géopolitique.
On peut encore se demander quel est le degré d'intensité de cette droitisation. Voit-on un parti aux origines social-démocrate se transformer progressivement en parti de droite ? À l'inverse, le PQ n'était-il pas déjà un parti centriste ou de centre-droit, par contraste à Québec solidaire et son projet de société social-démocrate ?
Notons que le premier gouvernement de René Lévesque (1976-1980) avait un ancrage social-démocrate qui a prolongé les grandes réformes de la Révolution tranquille amorcées en 1960. Or, depuis les années 1980, on peut déjà voir une droitisation du PQ. On se rappellera des coupures massives de 1982 dans le secteur public pour répondre à la crise budgétaire, incluant des baisses salariales (de près de 20%), des lois spéciales, etc. On peut aussi penser au virage néolibéral sous le gouvernement de Lucien Bouchard et son fameux "déficit zéro", qui a imposé le départ à la retraite anticipé de milliers d'infirmières, ce qui a provoqué une crise majeure du système de santé dont nous ne sommes jamais sortis depuis.
Sur le plan identitaire, la droitisation du PQ s'est opérée sous Pauline Marois dès 2007, et a culminé avec le projet de Charte des valeurs québécoises en 2013. Après cet épisode, le PQ a oscillé entre un discours oscillant entre le nationalisme inclusif et le nationalisme identitaire, sous les chefferies de PKP, Lisée et PSPP. Depuis 2023, on peut constater une nouvelle droitisation du PQ en matière de discours anti-immigration, une radicalisation des politiques d'interdiction sur les signes religieux, en plus de mesures ciblant les toilettes mixtes, les cours d'éducation sexuelle et les personnes trans, des positions typiquement conservatrices qui n'étaient jamais apparues dans le programme du PQ auparavant.
Somme toute, la droitisation du PQ n'est pas un phénomène nouveau, mais elle franchit une nouvelle étape. Pour mieux l'analyser ce processus, il faudra revenir sur la question de l'axe gauche/droite, voir comment le PQ a évolué à travers son histoire, et comme il se situe vis-à-vis d'autres partis politiques sur le même continuum.
Rappels sur l'axe gauche/droiteDepuis le XXe siècle, l'axe gauche/droite renvoie d'abord à la "question sociale" et aux enjeux économiques. La gauche (communiste, socialiste ou social-démocrate) privilégie la redistribution des richesses et l'interventionnisme économique, alors que la droite (libérale ou conservatrice) favorise la libre entreprise, la privatisation des services publics et la dérèglementation de l'économie de marché.
Si on veut ajouter un autre niveau de complexité, on peut intégrer d'autres axes. Par exemple, en ajoutant l'axe opposant autorité centrale vs libertés individuelles, on pourra créer un échiquier politique à 4 quadrants permettant de distinguer gauche autoritaire (URSS, Chine, Corée du Nord), gauche libertaire (anarchistes, mouvements zapatiste ou kurde), droite libertarienne (néolibéraux, anarcho-capitalistes) et droite autoritaire (extrême droite contemporaine).
Schéma du quadrant politique. Source : Wikipédia
Si on veut, on pourrait encore ajouter des axes liés à la question constitutionnelle au Québec (fédéralisme vs souverainisme), la question identitaire (wokisme vs nationalisme anti-woke), la question écologique (décroissance vs carbofascisme), la question de l'égalité sexuelle (féministes vs masculinistes), etc. On pourrait alors former des "cubes politiques", voire des matrices avec de multiples dimensions si on voulait raffiner l'analyse avec un haut degré de granularité.
Mais ce n'est pas l'objectif de mon propos ici ; je cherche d'abord à déterminer le degré de droitisation du PQ sur un continuum. Rappelons que cette droitisation est globale, c'est-à-dire qu'elle opère sur différents axes simultanément. Cela signifie qu'il est plus facile de ramener le positionnement du PQ sur un seul axe, et d'établir dans quelle mesure les positionnements du PQ se sont déplacés sur cet axe à travers le temps. C'est pourquoi je privilégie le bon vieux schéma du clivage gauche/droite qui permet de situer les cinq grandes idéologies du XXe siècle : libéralisme, socialisme, communisme, conservatisme, fascisme.
Clivage gauche-droite classique, selon Heywood (2017) et Wetherly (2017). Illustration : Wikipédia.
Si on cherche à réactualiser ce schéma au XXIe siècle, on pourrait remplacer le mot "fascisme" par "droite populiste radicale" ou "extrême droite". Le libéralisme deviendrait le "centrisme", ou encore ce que certains appellent le "néolibéralisme progressiste" ou les "libéraux inclusifs". Le socialisme deviendrait la social-démocratie, le réformisme radical ou l'écosocialisme électoral (comme Zohran Mandani, Bernie Sanders ou Jean-Luc Mélenchon). Enfin, le "communisme" de jadis serait remplacé par diverses mouvances : anarchistes, écologistes anti-industriel, zadistes, marxistes-léninistes indéfectibles, etc.
La droitisation de la scène politique québécoiseUne façon plus sobre de présenter le tout consiste à faire un continuum entre la gauche radicale et la droite radicale, avec une série de positions intermédiaires. Si on examine comment le PQ a évolué entre sa création en 1968 et son positionnement actuel en 2026, on peut utiliser le schéma suivant :
Droitisation du PQ, Jonathan Durand Folco, février 2026.
Bien sûr, ce schéma risque de susciter plusieurs réactions, car la gauche et la droite n'ont pas la même façon de se percevoir et de situer leurs adversaires sur le spectre politique. Cet effet de "déformation" s'accentue si on adopte des positions plus radicales. Par exemple, un membre du Parti communiste révolutionnaire percevra Québec solidaire comme un parti de droite bourgeois, et tout ce qui est à droite de QS sera considéré comme des forces réactionnaires ou d'extrême droite.
À l'inverse, un membre du nouveau Parti populaire du Québec (créé au début janvier par des gens près de Maxime Bernier qui se disent nationalistes, proliberté, anti-wokes, antivaccins et contre l'immigration de masse), verra Québec solidaire comme un parti d'extrême gauche, le PQ, le PLQ et la CAQ comme des partis de gauche, et le PCQ comme un parti de droite modérée. La bonne nouvelle, c'est que ces deux visions diamétralement opposées s'entendent pour classer les différents partis politiques dans le même ordre ; la seule différence sera de savoir où se situe exactement la frontière entre la gauche et la droite. Voici donc mon analyse de l'axe gauche/droite au Québec en 2026 :
Positionnement politique des partis au Québec. Jonathan Durand Folco, février 2026.
De visu, il n'est pas étonnant que la scène politique au Québec soit largement dominée par la droite en 2026. Éric Duhaime est d'ailleurs très "heureux de la montée de la droite", et son parti propose de rebaptiser le Conseil du Trésor par "Conseil de l'efficacité gouvernementale", faisant un clin d'oeil au DOGE d'Elon Musk. Le PQ joue dans cette platebande en partie, tout en étant moins libertarien que le PCQ, mais plus à droite que la CAQ en matière d'immigration.
De son côté, le candidat à la course à la chefferie de la CAQ Bernard Dranville promet un "virage à droite" avec des baisses d'impôts pour les contribuables et les entreprises, l'introduction du privé dans les systèmes de santé et d'éducation, avec un discours digne d'un "adéquiste populiste décomplexé" comme l'a souligné la chroniqueuse Josée Legault. On voit donc une véritable course à trois dans la droitisation de la scène politique québécoise entre la CAQ, le PQ et le PCQ.
Que cela représente-t-il en en termes d'intentions de vote ? Jetons un coup d'oeil aux projections électorales du site Qc125 en date du 3 février 2026.
Projections des votes et des sièges à l'échelle provinciale, 3 février 2026. Source : Qc125
En gros, le "bloc de droite" (composé du PQ, CAQ et PCQ) totalise 64% des intentions de vote, avec un potentiel de 81 sièges à l'Assemblée nationale. Si on combine le bloc de gauche et le bloc libéral, cela donne à peine 34% des voix et 44 sièges au total. Il n'est donc guère étonnant que le PQ (tout comme la CAQ et le PCQ), courtise l'électorat par une offre politique de plus en plus à droite. En d'autres termes, la droitisation du PQ résulte en partie de la droitisation de la société québécoise et de sa scène politique.
Cela dit, est-ce que les partis de droite ne font que s'adapter au changement des préférences électorales de la population qui deviendrait plus conservatrice, en raison de sa courbe démographique (vieillissement de la population), des enjeux sociaux ou des débats sur l'identité ? Autrement dit, est-ce que l'offre politique de la droite ne fait que s'ajuster à la demande conservatrice de l'électorat ? Ou est-ce que la surenchère identitaire et la droitisation des partis ne contribuent pas directement à la droitisation des esprits dans l'espace public ?
On retombe ici sur le paradoxe de l'œuf et la poule : est-ce la sphère politique qui s'ajuste aux demandes de la société civile, ou bien l'inverse ? À mon humble avis, la réponse est simple est "un mélange des deux". La droitisation des partis alimente la droitisation du débat public et des subjectivités, qui accélèrent à leur tour la droitisation de la scène politique. L'espace public composé de la sphère médiatique traditionnelle et des médias sociaux joue le rôle d'intermédiaire entre l'État et la population, mais le rapport de force dans l'arène médiatique en 2026 joue clairement en faveur des groupes conservateurs, populistes et d'extrême droite.
Ainsi, la "droitisation" de la société québécoise est un processus circulaire et dialectique, une boucle de rétroaction. Cela ne veut pas dire que toute la société est complètement assujettie à cette dynamique, mais que le sens du courant pousse fortement vers la droitisation. Jusqu'où cette dynamique va nous porter ?
La droitisation face au vote souverainisteAprès ce bref exposé, la dynamique de droitisation de la vie politique québécoise en 2025-2026 devrait apparaître comme une évidence pour toute personne minimalement raisonnable, que ce soit par des gens de gauche, de centre ou de droite. Les membres fondateurs de Québec solidaire constatent cette tendance dans leur lettre ouverte soulignant le 20 vingtième anniversaire de la création du parti, tout comme Éric Duhaimedu PCQ qui se réjouit de cette droitisation, signalant le fait que le PQ et la CAQ s'inspirent aujourd'hui de son programme.
Cette droitisation généralisée explique d'ailleurs pourquoi l'actuel chef du PQ cherche d'abord à élargir le camp du OUI en tendant la main à Éric Duhaime et Maxime Bernier, plutôt qu'à se rapprocher de Québec solidaire ou à apaiser certaines chicanes avec la gauche sur les enjeux identitaires. Si on fait un simple calcul électoral, une alliance PQ/PCQ correspond à 48% des voix et 81 sièges, par contraste à une alliance PQ/QS qui équivaut à 42% et 77 sièges.
Même si QS et PQ sont deux partis indépendantistes, surtout depuis l'élection de Ruba Ghazal et Sol Zanetti qui affirment constamment qu'ils feront partie du Camp du OUI, la stratégie actuelle du PQ consiste à s'éloigner encore plus de QS et de la "gauche radicale" pour se rapprocher de partis de droite décomplexée. Cela met en évidence le fait que le PQ n'a pas besoin de la gauche pour gagner. Cela semble évident pour les prochaines élections de 2026. Et comme les porte-paroles de QS répètent qu'ils feront partie du camp du OUI dans tous les cas, PSPP prend l'appui de QS comme un acquis, et préfère élargir le camp du OUI par la droite.
Néanmoins, cela est un parti très risqué, d'autant plus que l'appui à l'indépendance est actuellement autour 33%. Regardons ici la variation des appuis à l'option souverainiste de 2023 à 2026 tirée du site Qc125 :
Sondages sur la souveraineté du Québec (3 février 2026). Source : Qc125
On peut constater une hausse de l'appui à l'indépendance qui a atteint un pic au début de l'année 2024, approchant la barre de 45%. Mais depuis le début de l'année 2025, avec le retour de Trump à la Maison-Blanche qui a provoqué un sentiment d'insécurité et favorisé une remontée du nationalisme canadien, l'appui à l'indépendance a diminué pour se situer autour de 33% en moyenne. Le dernier sondage Léger du 28 janvier 2026 montre d'ailleurs que 26% des électeurs du PQ voteraient contre la souveraineté, ce taux montant à 67% pour QS.
Autrement dit, la stratégie de droitisation du PQ représente un jeu dangereux pour l'appui à la souveraineté à moyen terme. PSPP renforce ainsi sa base électorale et militante avec un discours fort, tranché, indépendantiste assumé, anti-woke et bien ancré à droite. Cela permet de durcir son bloc politique, avec des militant·e·s bien crinqués derrière leur chef, mais l'élargissement de l'appui à l'indépendance pâtit inévitablement de ce durcissement.
Sondage Léger 29 janvier 2026 : Source
Seulement 39% des francophones appuient l'indépendance, alors que 91% des non-francos rejettent cette option. Ce n'est guère étonnant, mais la priorité du PQ ne semble pas pour l'instant à construire des ponts avec un discours plus inclusif et rassembleur. On privilégie plutôt l'alliance avec la droite indépendantiste albertaine, et on tend la main au PCQ et à Maxime Bernier pour espérer que leur base électorale se convertisse aux vertus du souverainisme. Cette stratégie de droitisation du Camp du OUI permettra-t-elle d'atteindre le 50%+1 ? C'est une bonne question.
Les prochaines étapesSi la droitisation du PQ ne fait plus de doute, il faut tout de même réfléchir aux conséquences possibles d'une course vers la droitisation menée par le PQ, la CAQ et le PCQ, dans un contexte global marqué par l'hégémonie des droites populistes, radicales et d'extrême droite. Malgré notre bonne volonté, nous ne sommes pas à l'abri des influences de la droite radicale en France ou aux États-Unis. Jusqu'où cette dynamique va-t-elle nous mener ?
Rappelons que la vie politique québécoise depuis un siècle a généralement oscillé entre le centre-gauche et le centre-droit, évitant généralement le recours à la violence politique. Nous avons bien sûr eu des exceptions, comme le fascisme du parti d'Adrien Arcand dans les années 1930-1940, ou encore des actions directes de courants d'extrême-gauche comme le Front de Libération du Québec (FLQ) qui ont mené à la Crise d'Octobre et la Loi sur les mesures de guerre en 1970.
On a aussi eu les tueries de masse de Marc Lépine à la Polytechnique, qui a tué 14 femmes dans un attentat anti-féministe en décembre 1989, ou encore l'attentat islamophobe de la mosquée de Québec en 2017, qui a fait 6 morts et 19 blessés en janvier 2017. Bref, le Québec n'est pas complètement immunisé contre la montée de l'intolérance et de la droite radicale. Des personnalités comme l'écrivaine Kim Thúy ont d'ailleurs sonné l'alarme sur la dégradation du climat politique envers les immigrants, en jouant le rôle de "canari dans la mine".
Bref, est-ce que la "trumpisation" reste toujours un horizon possible au Québec ? Qu'arrivera-t-il si cette dynamique de droitisation se radicalise à court, moyen et long terme ? Si la droitisation du PQ est déjà un processus bien en marche, à partir de quel moment devrait-on parler d'extrême-droitisation ? Quel est la différence entre ces deux termes ? Ce sera l'objet de mon prochain texte.
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10.02.2026 à 14:19
Ginette Lewis
5 villes mobilisées (Montréal, Québec, Sherbrooke, Gatineau, Chicoutimi), plus de 800 personnes à Québec, des slogans, des témoignages et du soutien. Ce sont les manifestations contre la coupures du PEQ. L'abandon par le gouvernement caquiste du programme de l'expérience québécoise (PEQ) soulève un fort mouvement d'indignation.
Nous publions ci-dessous la vidéo des interventions faites à la manifestation tenue à Québec le 7 février dernier devant l'Assemblée nationale.
En effet, les autorités gouvernementales ont sollicité, invité, promis et organisé des personnes immigrantes à venir s'installer au Québec sous promesse de permanence citoyenne et maintenant plus aucune certitude, le programme est aboli et remplacé par quelque chose que le ministre Roberge a bien de la misère à rendre clair.
À Québec, la manifestation a débuté par des témoignages et des discours de soutien : de la Centrale des syndicats nationaux( CSN) de personnes conseillères municipales à Lévis et Québec, de l'Association étudiantes des Cegeps, Il y a eu aussi des témoignages.
Deux partis politiques ont aussi tenu à donner leur appui à la demande de clause grand-père-grand -mère. C'est Sol Zanetti pour Québec Solidaire et Charles Milliard pour le Parti Libéral du Québec. Mais où était le Parti Québécois ?
François Carabin, journaliste au devoir rapporte (Abolition du PEQ : Paul St-Pierre Plamondon prêt à appliquer une clause « grand-père » à certains immigrants | Le Devoir ) le 29 janvier 2026 que :
« Paul St-Pierre Plamondon se dit ouvert à appliquer une clause de droits acquis à une partie des immigrants laissés en plan par l'abandon du Programme de l'expérience québécoise (PEQ), mais il ne précise pas en quoi sa proposition se distingue de celle du gouvernement Legault. (….) Or, « soyons clairs : on ne peut pas donner une clause “grand-père” à tous les temporaires fédéraux, à tous les demandeurs d'asile », a convenu Paul St-Pierre Plamondon en mêlée de presse jeudi.« Comme le gouvernement Legault, qui a jusqu'ici refusé d'entendre les demandes du milieu, il estime irréaliste que l'ensemble des immigrants temporaires résidant actuellement au Québec — près de 550 000, selon le plus récent décompte de Statistique Canada — aient accès à la résidence permanente. Son parti propose de rabaisser les seuils d'immigration annuels à 35 000 admissions. Le chef du PQ se dit toutefois prêt à accorder la résidence permanente à certains immigrants temporaires, « par programmes et, ensuite, par secteurs, peut-être ». « Ça se peut aussi qu'on considère le facteur régional », a-t-il souligné. Il a ensuite demandé aux journalistes de « laisser travailler » son équipe avant qu'il fasse part de sa position officielle.
En fait le PQ soutien la démarche péquiste de diminuer l'immigration au Québec. L'abolition du PEQ illustre cette politique de fermeture des frontières. Le PQ est donc assis entre les politiques caquistes qu'il soutien et le mécontentement populaire. Fort en avance dans les prédictions populaires en vue des élections provinciales d'orctobre 2026, il veut éviter de faire des éclats avec ce dossier. Pourtant, les personnes immigrantes méritent justice. Elles demandent une clause grand père-grand mère pour leur assurer de pouvoir rester ici. Le nouveau programme qui remplacera le PEQ verra à individualiser davantage les demandes et instaurera un cas par cas. Il faudra voir l'efficacité d'une telle démarche faite par un gouvernement qui veut plafonner l'immigration.
Les personnes au PEQ demandent qu'on clarifie leur sort. C'est déjà une forme de remise en question des politiques migratoires du gouvernement Legault. Soutien total aux personnes du PEQ.
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