10.02.2026 à 14:15
Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB)
Consultations prébudgétaires 2026 : La Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles demande au ministère des Finances d'avoir l'audace d'injecter 1,7 G$ pour soutenir la mission de plus de 3000 organismes communautaires autonomes du domaine de la santé et des services sociaux par le Programme de soutien aux organismes communautaires
Montréal, le 2 février 2026 — La Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles (Table) [1] a présenté, le 27 janvier dernier, son mémoire prébudgétaire [2] au cabinet du ministre des Finances du Québec, M. Éric Girard. Elle a alors mis de l'avant les revendications [3] de la campagne CA$$$H (Communautaire autonome en santé et services sociaux — Haussez le financement !) [4], qui visent l'amélioration significative du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) [5] au bénéfice de plus de 3 000 organismes communautaires autonomes du domaine de la santé et des services sociaux (OCASSS).
La Table a notamment présenté deux outils qu'elle a développés pour améliorer le financement et l'administration du PSOC : les seuils planchers de la campagne CA$$$H [6] et l'Indice des coûts de fonctionnement du communautaire (ICFC). [7]
Les avantages à les adopter sont nombreux. Les seuils planchers permettraient de financer adéquatement et équitablement les OCASSS. Quant à l'ICFC, il assurerait tout simplement que l'indexation fournisse aux groupes les ressources pour faire face à la hausse de leurs coûts réguliers, sans devoir couper dans des dépenses essentielles, comme les ressources humaines ou les activités.
Insistant sur l'importance de remplacer la méthode d'indexation actuelle, particulièrement parce que les OCASSS sont des employeurs et non des ménages, la Table a constaté une ouverture plus grande en regard de l'ICFC que par les années passées. « Il faut dire que cette lutte initiée par la Table est maintenant portée par un nombre croissant d'organisations communautaires diverses. Par exemple, lors des consultations prébudgétaires de 2025, 49 organisations ont demandé l'ICFC dans leurs mémoires. Ce n'est pas banal qu'une revendication soit reprise dans 13 % de l'ensemble des mémoires déposés, toutes provenances confondues. Devant la force de ce message, le gouvernement ne peut plus justifier son immobilisme », souligne Stéphanie Vallée, présidente de la Table.
Le budget de 2026 étant le dernier avant les élections générales, les groupes communautaires fondent de grands espoirs sur les décisions que prendra le ministre de Finances. « Le gouvernement a l'opportunité de poser un geste significatif, les OCASSS étant restés sur leur faim lors des budgets précédents. Il a l'occasion de faire preuve d'audace en injectant 1,7G$ pour les subventions à la mission globale des OCASSS [8], afin qu'ils jouent pleinement leur rôle en faveur du droit à la santé », précise Mercédez Roberge, coordonnatrice de la Table.
Comme lors de nombreuses rencontres politiques, la Table constate que la gravité des conséquences du sous-financement des groupes n'est pas véritablement saisie par ce gouvernement, ni en regard des conséquences sur la population en général, ni sur les 25 000 personnes qui travaillent dans les OCASSS. « Pour rendre visibles leurs besoins, les OCASSS sont justement actuellement invités à créer une affichette dans le cadre de l'action On s'affirme ! [9] de la campagne CA$$$H. Par ce moyen, ils illustrent d'importants besoins non comblés et les font connaitre. Voir de nombreux organismes souffrir de manques à gagner annuels de plus de 500 000 $, allant parfois jusqu'à un million, en dit long sur l'ampleur des besoins des communautés », relève Karine Robinette, membre du comité de coordination de la CA$$$H.
À l'approche des élections, la Table invite tous les partis à consulter les mémoires prébudgétaires des groupes communautaires en vue de la préparation de leurs engagements électoraux. Quant au gouvernement de la CAQ, il doit reconnaitre que ses 7 budgets n'ont permis de rehausser lessubventions des 3000 OCASSS que de 9245 $ par année. En 2026, il doit avoir l'audace d'injecter des sommes beaucoup plus imposantes pour faire une réelle différence. L'exercice du droit d'association et la réalisation du droit à la santé méritent bien 1,7 G$.
SOURCE
Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB)
À propos
* Stéphanie Vallée est co-coordonnatrice de l'R des Centres de femmes du Québec [11] et présidente de la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles * Mercédez Roberge est coordonnatrice de la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles [1] * Karine Robinette est directrice générale du Regroupement des popotes roulantes du Québec [12] et membre du comité de coordination de la campagne CA$$$H.
Fondée en 1995, la Table des regroupements provinciaux d'organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB) est formée de 47 regroupements nationaux [13], rejoignant plus de 3 000 groupes communautaires autonomes à travers le Québec. Ce sont, par exemple, des maisons de jeunes, des centres de femmes, des cuisines collectives, des maisons d'hébergement, des groupes d'entraide, des centres communautaires, des groupes qui luttent contre des injustices ayant des répercussions sur la santé. Ceux-ci représentent les ¾ des organismes communautaires autonomes du Québec et abordent la santé et les services sociaux sous différentes perspectives (femmes, jeunes, hébergement, famille, personnes handicapées, communautés ethnoculturelles, sécurité alimentaire, santé mentale, violence, périnatalité, toxicomanie, etc.).
La Table coordonne de plus la campagne CA$$$H (Communautaire autonome en santé et services sociaux — Haussez le financement). [14] Lancée le 17 octobre 2017, cette campagne vise l'amélioration substantielle du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), au bénéfice de plus de 3 000 organismes communautaires autonomes subventionnés par le MSSS. Les revendications de la campagne CA$$$H [3] sont : l'atteinte de l'équité de financement et de traitement partout au Québec, notamment par l'application de seuils planchers communs et adaptés aux OCASSS, l'indexation annuelle des subventions en fonction de l'Indice des coûts de fonctionnement du communautaire (ICFC) et l'ajout de 1,7 G$ à l'enveloppe annuelle du PSOC (mission globale).
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Liens du communiqué
[1] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwszMFy6yAMheGnCTsyMsIgLVjcJ8nIQk64tesU3D5_J5luvzPnryWQRkjOypQzAGLG2T0KIlRLpsKJDDRE0QktovC6UlV1rSQm4IBEAgveJkxERog5z8iXCKNV-2hffpe2WR8-5zgvKxMvvp7_ia6vwW3l7M9Dl-vR72632sR320yG-VbLG25_cMF_IQDn4HrpVkXPdnxeIjy7jWF3-daHvTPj7Gb765-MgU1mr1HFx2zJU2L2ddZlWmVVoOB-SvgNAAD__6NhUDk [2] https://us.cisionone.cision.com/c/eJwszDFywyAQheHTQIcHLRLsFhRudA3PAmubxIoUwDl_Rpm035v3lwiYZ-u1xCkEa50LbtHPCCjEwbO3QmkqPJH3njNJ4kKZSNfoCS2BQ2Sb3G1yHlHQuRAWR2q2vRb5rN9m4_qS1k0I85LuhJRMGR-Il3PQr_gc4-jKXRWsCtbRjj2ny94eCtZNtr02MUeT9C4GLHgFq96kVDZNXsJdTC3xD27_oNwVwFIA3WKTwnnU_UvN9mjSuzz4nZ9y9nUfTWQ7_17IkvBi8pzZzEG8QU9kypLTdOd7tgj6J8JvAAAA__8HelvE [3] 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10.02.2026 à 14:12
regroupement d'organismes environnementaux et citoyens en énergie (ROEÉ)
Depuis quarante-sept ans, le réacteur Gentilly-1 (G-1), propriété d'Énergie atomique du Canada limitée (EACL), est à l'arrêt au bord du fleuve Saint-Laurent à Bécancour, au Québec, comme une carcasse radioactive.
En décembre dernier, EACL a attribué à des multinationales américaines – opérant sous le nom trompeur de Canadian Nuclear Laboratory Partners – un contrat de 24 milliards de dollars (provenant des contribuables) sur 20 ans pour la gestion de ses installations nucléaires et de ses déchets radioactifs. Ce contrat concerne cinq autres réacteurs à l'arrêt : un sur la rivière Winnipeg, un sur le lac Huron et trois sur la Rivière des Outaouais.
En 2016, un précédent consortium américain, également engagé par EACL, avait proposé de remplir deux de ces réacteurs de béton et de coulis et d'abandonner les structures contaminées par une radioactivité persistante à proximité de la rivière Winnipeg et la rivière des Outaouais. Les agences internationales de sécurité déconseillent cette approche, appelée « inhumation », sauf dans des circonstances extrêmes comme à Tchernobyl. Ces deux projets d'inhumation sont actuellement au point mort.
Le consortium américain nouvellement engagé souhaite désormais démanteler et démolir les parties les plus radioactives du réacteur G-1. Il s'agirait du tout premier démantèlement complet d'un réacteur nucléaire CANDU.
Le Dr Gordon Edwards, du Regroupement pour la surveillance du nucléaire, déclare : « Le démantèlement des réacteurs signifie que du béton et de l'acier fortement contaminés par la radioactivité seront stockés sur place ou transportés par camion sur les routes et les ponts publics, à travers de nombreuses communautés du Québec et de l'Ontario, jusqu'au site de Chalk River situé en face du Québec, de l'autre côté de la rivière des Outaouais. Les risques pour les travailleurs, l'environnement, les rivières et les citoyens ordinaires sont réels et nécessitent un examen public et une transparence totale. »
En décembre 2025, Patrick Bonin, du Bloc québécois, a demandé au gouvernement du Canada de mettre fin à tous les transports de matières radioactives vers Chalk River, situé sur le territoire non cédé des Algonquins, sans notification, consultation ou justification. M. Bonin a également demandé une enquête publique sur les importations des déchets radioactifs au Canada et sur le transport de déchets radioactifs sur les routes publiques.
Le projet de démantèlement de G-1 a été discrètement publié dans le Registre fédéral d'évaluation d'impact juste avant Noël, avec un délai très court pour les commentaires publics, qui se termine le 5 février. Le Dr Ole Hendrickson, de l'association Concerned Citizens of Renfrew County and Area, met en garde : « En raison d'une loi inefficace, EACL pourrait prendre une décision en vertu de la Loi sur l'évaluation des impacts permettant aux entreprises américaines de poursuivre leurs activités sans audience publique devant un comité d'évaluation, et donc sans obligation de rendre des comptes au public et sans contrôle gouvernemental. »
Le réacteur G-1 se trouve sur un terrain provincial, à côté du réacteur Gentilly-2 d'Hydro-Québec, qui a été mis hors service. M. Edwards suggère qu'une remise en état coordonnée de l'ensemble du site de Gentilly, avec la pleine participation du gouvernement du Québec, créerait des emplois et apporterait des avantages environnementaux aux Canadiens, fournirait des connaissances et des compétences utiles à Hydro-Québec (car le réacteur G-2 devra également être bientôt démantelé) et garantirait la protection de l'intérêt public.
Pour plus d'informations :
*ROEÉ - Regroupement des organismes environnementaux en énergie
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10.02.2026 à 14:10
Ali Terrenoire
Pourquoi il faut détourner une partie de la puissance intellectuelle de la gauche du fétichisme des politiques publiques pour la diriger vers l'action collective
Février 2026| tiré de Canadian dimension | Photo : Matt Jiggins / Flickr
Bien qu'elle soit nettement plus animée que la transition à la direction qui a suivi l'accession sans opposition de Jagmeet Singh en 2017, l'actuelle course à la direction du NPD demeure enfermée dans une conception étroite de ce que sont les partis politiques — et de ce qu'ils peuvent faire. Tant que les progressistes n'élargiront pas cette conception, la gauche continuera vraisemblablement d'échouer, même lorsqu'elle parvient à remporter occasionnellement une victoire électorale.
L'approche dominante considère la réussite des partis comme le produit de deux variables : le degré de radicalité (ou de modération) de la plateforme, et le charisme personnel du chef. Il est frappant de constater à quel point les commentaires politiques restent obsédés par ces deux facteurs, souvent au détriment de questions plus profondes liées au pouvoir, à l'organisation et à la stratégie. Une grande partie des débats contemporains est dominée par des affirmations péremptoires selon lesquelles la victoire — voire l'utopie — serait à portée de main, pour peu que l'on propose la bonne plateforme. Le camp opposé avance des arguments tout aussi creux, affirmant que la victoire n'est possible que si le NPD se modère afin de séduire l'électorat centriste. En comparaison de ces mantras ressassés, les débats sur la « sympathie » ou la « popularité » des candidats peuvent sembler une forme d'analyse plus concrète — bien que toujours limitée.
La voie parlementaire vers l'échec
Cette approche dominante repose implicitement sur une foi étonnamment optimiste dans le pouvoir de l'État. Toute la politique — c'est-à-dire la manière dont nous organisons et ordonnons nos sociétés et nos vies — se trouve aplatie dans les élections, perçues comme une sorte de boîte noire magique. Il suffirait d'introduire la bonne plateforme progressiste dans le NPD, le parti gagnerait une élection et, voilà, les résultats progressistes suivraient. À la base de chaque campagne à la direction se trouve l'hypothèse que les élections se traduisent directement en pouvoir. Cette croyance réduit la politique à une séquence étroite d'intrants de campagne et de résultats politiques.
En réalité, la lutte politique se poursuit entre les élections. Les résultats politiques sont déterminés par le rapport de forces, qui est une question distincte de la composition partisane du Parlement. Par exemple, la plateforme d'Avi Lewis propose une option publique en télécommunications afin de concurrencer le pouvoir de fixation des prix monopolistique des transporteurs privés canadiens. Il s'agit d'une idée bienvenue, mais qui se heurte de plein fouet au pouvoir de Bell, Rogers et Telus.
Bell, à elle seule, a enregistré des revenus annuels de 24 milliards de dollars en 2024. L'entreprise emploie également 45 000 personnes à temps plein pour faire avancer ses intérêts. De l'autre côté, le NPD dispose d'un budget annuel d'environ 6 millions de dollars, de quelques dizaines d'employés et d'environ 100 000 membres sur papier. Selon quel modèle politique pourrait-on croire que les seconds pourraient vaincre les premiers — et encore moins vaincre tous les autres monopoles économiques enracinés ? La seule manière de résoudre cette contradiction est de croire que le pouvoir étatique est entièrement neutre et facilement mobilisable : une vision de l'État comme instrument neutre et hautement efficace, prêt à être utilisé par quiconque en prend le contrôle.
Or, dans les faits, les bureaucraties publiques modernes sont gigantesques et notoirement difficiles à manœuvrer. Pour les acteurs extérieurs et les contre-élites, il peut falloir tout un mandat politique simplement pour comprendre leur fonctionnement. Pendant ce temps, l'élite en place, déjà bien organisée, peut mobiliser son pouvoir économique, social et médiatique afin de briser la coalition au pouvoir. L'histoire regorge d'exemples de gouvernements progressistes — de SYRIZA en Grèce aux gouvernements néo-démocrates provinciaux plus près de chez nous — qui ont connu des percées électorales avant d'être sapés et défaits par des élites bien enracinées.
Il existe un paradoxe curieux dans la pensée progressiste contemporaine : une vision critique à l'égard de nos élites capitalistes brutales coexiste avec une foi profonde dans des institutions politiques qui dépasse souvent leur capacité démontrée à produire des transformations profondes — comme si quelque chose pouvait être invoqué à l'existence simplement parce que 172 personnes réunies dans une salle froide de la Colline du Parlement en ont décidé ainsi.
Des forces politiques à spectre complet
Une approche plus féconde consiste à comprendre les partis comme une technologie sociale de l'action collective. À moins d'être milliardaire, l'action individuelle n'est pas le terrain pertinent de la politique.
Les gens ordinaires ne disposent pas de ressources suffisantes pour que leurs actions individuelles aient un impact significatif. En élargissant cette logique, la croyance selon laquelle l'agrégation d'actions individuelles spontanées et non coordonnées pourrait mener au pouvoir ou au changement social est également une chimère. En pratique, les partis sont des véhicules d'action collective organisée : ils permettent aux individus de se connecter, de mutualiser et de faire croître leurs ressources à travers des hiérarchies prévisibles et démocratiques, et d'instaurer une division du travail au service d'objectifs collectifs.
Théoriquement, les masses de travailleurs ordinaires pourraient faire avancer leurs intérêts par l'entremise d'un ensemble d'institutions distinctes : une organisation axée sur le logement, une autre sur le travail, une autre sur la santé, etc. Cet écosystème institutionnel permettrait à des individus impuissants isolément de se renforcer et de poursuivre leurs intérêts collectifs dans de multiples sphères. Cette vision reflète en partie la richesse de la vie associative de la classe ouvrière du XXᵉ siècle au Canada et dans d'autres démocraties libérales. Les prédicateurs de l'évangile social s'organisaient par leurs églises, les syndicats avaient leurs salles et leurs sections locales, les communautés ukrainiennes et finlandaises progressistes construisaient leurs maisons du travail, et des générations de prolétaires ambitieux passaient par les programmes de formation de cadres du Parti communiste, devenant au passage des organisateurs plus aguerris (même si plusieurs quittaient ensuite le parti).
Comme la partie immergée d'un iceberg, tout un écosystème de coordination de la classe ouvrière soutenait les gouvernements réformistes de gauche dans des régions comme l'Ouest canadien. Dans ce contexte, le CCF/NPD pouvait fonctionner simplement comme une force parlementaire représentant cet écosystème élargi. Mais nous sommes en 2026, et cet écosystème a en grande partie disparu, érodé par des décennies de désindustrialisation, d'inégalités croissantes et de démantèlement délibéré des institutions ouvrières. Les marchés du travail fragmentés d'aujourd'hui, l'affaiblissement des syndicats et l'atomisation sociale rendent irréaliste toute reconstitution de cet ancien écosystème. Toute stratégie progressiste sérieuse doit tenir compte de cette réalité. Il ne suffit plus d'être un parti des urnes et de la rue (le parti des urnes et de la rue étant un slogan forgé par le parti de gauche québécois Québec solidaire), puisque la seconde composante de cette formule s'est affaiblie.
Reconnaissant le caractère creux des partis progressistes contemporains, certains appellent à reconnecter les partis aux mouvements sociaux, ou à créer de nouvelles formations comme Québec solidaire, conçues comme des partis des urnes et de la rue. Mais ce cadrage passe à côté du problème fondamental. Les « mouvements sociaux » souffrent de bon nombre des mêmes défaillances de coordination que les partis parlementaires eux-mêmes. Lorsque les conditions sont favorables, ces mouvements peuvent croître rapidement, portés par des moments de crise ou d'indignation. Mais faute de structures durables, de mécanismes solides de discipline interne et de coûts réels à la sortie, ils sont tout aussi susceptibles de s'effondrer rapidement — ou de se fossiliser au sein de l'écosystème des ONG et du plaidoyer une fois le moment passé.
Plutôt que de s'engager dans la tâche vouée à l'échec de reconstruire cet écosystème, une voie plus efficace consiste à organiser les partis politiques eux-mêmes comme des forces politiques à spectre complet. Nous vivons en tant que locataires, travailleurs, consommateurs, patients, etc. Notre véhicule d'action collective — notre parti — devrait être en mesure de contester le pouvoir dans toutes ces sphères. Les questions stratégiques réellement intéressantes sont celles qui portent sur la manière de bâtir un parti ayant la profondeur et l'ampleur nécessaires pour y parvenir. Comment accumuler des ressources ? Comment recruter des membres ? Comment nous former à diriger et à être dirigés ?
Les masses de gens ordinaires ne peuvent accroître leur pouvoir si leur parti n'est qu'une marque parlementaire : il doit être transformé en un État-en-devenir, une contre-hiérarchie qui construit une société alternative dans la coquille de l'ancienne. Les plateformes et les chefs parlementaires sont des éléments d'une stratégie plus large, mais ne constituent pas les enjeux les plus importants. Notre problème n'est pas que nos structures d'action collective suivent la mauvaise idéologie ou soient dirigées par les mauvaises personnes, mais que nos structures existantes sont fragmentées, inégales et souvent inadéquates à l'ampleur du défi. Les débats entre révolution et réformisme, ou autres différenciations idéologiques, n'ont de portée que dans le cadre d'une hiérarchie organisée pouvant être orientée dans une direction donnée.
Des commentaires récents sur la candidature d'Avi Lewis à la direction ont soutenu que sa plateforme sur le travail jetait les bases d'un renouveau de la construction de mouvements au sein et autour du NPD. Et il est vrai que ce document est exceptionnellement ambitieux, tant par son ampleur que par sa substance, abordant non seulement la démocratie en milieu de travail et la réforme de l'assurance-emploi, mais aussi l'IA, la justice migrante, les services publics et la démocratie économique au sens large.
Mais cela ne fait que renforcer le problème central. Même le plan de politiques le plus complet et le plus favorable aux travailleurs reste inerte sans un appareil organisationnel capable de mobiliser les travailleurs, de soutenir des conflits prolongés et de coordonner l'action au-delà des moments électoraux sporadiques. Les politiques peuvent esquisser une orientation vers la construction de mouvements, mais elles ne peuvent se substituer au travail ardu de création de hiérarchies durables, de discipline et de capacités partagées d'action collective. Sans cette infrastructure, même le meilleur plan de travail risque de devenir un autre document admirable circulant parmi les militants, les syndicats et les commentateurs — plutôt qu'un levier capable de modifier le rapport de forces.
Une classe pour soi
Plutôt que de se concentrer principalement sur des visions politiques à long terme détachées des questions de pouvoir et d'organisation, nous devrions mettre l'accent sur des voies intermédiaires permettant d'accroître notre pouvoir. Pour fonctionner comme une force à spectre complet, le parti doit s'implanter partout où les gens vivent, travaillent et luttent. Pourquoi le NPD n'aurait-il pas son propre journal, voire éventuellement sa propre chaîne de télévision ? Pourquoi ne gérerait-il pas des salles de parti servant de centres communautaires à travers le pays ? Pourquoi le parti ne créerait-il pas son propre milieu d'organisations, comme des syndicats de locataires, voire ne lancerait-il pas ses propres efforts d'organisation syndicale ?
Bien que le NPD soit encore formellement lié au mouvement syndical canadien, une approche plus intégrée est nécessaire — une approche dans laquelle syndicats et parti se chevauchent et coopèrent au sein d'une même hiérarchie organisée, plutôt que d'exister avec des priorités disjointes qui ne se coordonnent que de manière épisodique. Pourquoi ne pas lancer son propre service de conseil en procurations d'actionnaires, afin d'orienter les fonds de pension et autres véhicules d'investissement contrôlés par les membres vers une transformation du comportement des entreprises ? Pourquoi ne pas créer ses propres coopératives de consommation, voire des entreprises appartenant au parti ?
Nous devrions chercher dès maintenant à utiliser l'une des rares institutions ouvrières encore existantes — le NPD — pour faire progresser notre pouvoir collectif. Il est tout à fait possible d'accroître notre pouvoir dans ce pays sans remporter d'élections. À partir d'un certain seuil, davantage de pouvoir exigera des victoires électorales comme condition nécessaire — mais jamais comme condition suffisante. Ces voies ne sont même pas opposées : la construction d'un État alternatif en gestation est bénéfique à la réussite électorale. Bien sûr, nous ne devons pas simplement présumer de victoires électorales, mais nous ne pouvons pas non plus supposer que nous résoudrons facilement les problèmes d'action collective inhérents à toutes les entreprises évoquées ci-dessus. Mais nous devrions au moins déplacer une partie de la puissance intellectuelle de la gauche du fétichisme des politiques publiques vers le véritable problème : la difficulté croissante de l'action collective.
Il est éclairant d'inverser le cliché clausewitzien : la politique est la guerre par d'autres moyens. Mais l'asymétrie particulière de l'inégalité fausse le champ de bataille. Les riches disposent déjà d'une armée permanente : leur argent, leurs institutions, leurs entreprises. Les partis peuvent être utiles, mais les riches n'en ont pas besoin. Ils sont moins nombreux, disposent de plus de ressources et se connaissent déjà tous. Ils n'ont pas besoin de la technologie sociale des partis politiques pour assurer la coordination, l'action collective et la construction d'un soutien populaire. Pour les riches, la coordination est automatique. Pour le reste d'entre nous, elle doit être construite.
La grande masse d'individus atomisés de la classe ouvrière et de la classe moyenne ne peut pas se coordonner aussi facilement. Les partis sont un outil nécessaire pour connecter les individus et transformer leurs intérêts communs en un intérêt de classe collectif. La gauche ne gagnera pas simplement en votant pour de meilleurs politiciens, mais en forgeant un instrument politique à la hauteur du monde qu'elle cherche à créer — un instrument qui fonctionne au-delà des élections. Voilà la promesse d'un parti : non pas une simple ligne sur un bulletin de vote, mais le moyen par lequel le grand nombre peut l'emporter sur le petit nombre.
L'auteur est commentateur et organisateur et écrit sous le nom d'Ali Terrenoire. On peut le trouver sur X sous le pseudonyme @AliTerrenoire, sur Bluesky à @aliterrenoire.bsky.social, et sur Instagram à @ali.terrenoire.
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10.02.2026 à 14:10
Avocats sans frontières Canada (ASFC)
Québec, le 6 février 2026 – Avocats sans frontières Canada (ASF Canada) déplore le choix des autorités canadiennes de ne pas engager de poursuites criminelles à l'encontre de Jorge Vinicio Sosa Orantes, alors qu'il a tous les outils pour le faire.
Cet ancien sous-lieutenant de l'armée guatémaltèque, installé au Canada depuis près de 40 ans, a participé au massacre de Las Dos Erres en 1982, au cours duquel plus de 200 civils, dont de nombreux enfants, ont été tués. En choisissant de mettre fin à son statut par des procédures administratives – plutôt que d'engager des poursuites criminelles pour crimes contre l'humanité – le Canada manque à ses obligations internationales en matière de lutte contre l'impunité.
« Tout ce qu'ils vont faire, c'est lui retirer sa citoyenneté et le renvoyer du Canada. Il n'y aura pas de justice. En réalité, rien n'a été fait, ou presque. De mon point de vue, en tant que témoin des faits, je constate qu'il n'y a pas de justice. Ce que nous voulions, c'est qu'il paie pour ses actes et qu'il soit jugé pour ses crimes. » (trad. libre) — Ramiro Osorio Cristales, l'un des survivants du massacre de Las Dos Erres, aujourd'hui réfugié au Canada. Il avait 5 ans au moment du massacre.
Trop peu, trop tard
Le 5 février 2026, la Cour fédérale du Canada a déchu Jorge Vinicio Sosa Orantes de sa citoyenneté canadienne pour avoir omis consciemment de déclarer son passé militaire lors de sa demande d'immigration ; et l'a déclaré inadmissible au statut de réfugié, en raison de sa participation dans des crimes contre l'humanité commis à Las Dos Erres en 1982. Cette procédure, amorcée en 2017, pourrait mener à son expulsion du territoire canadien sans assurance que justice soit faite.
« Le Canada avait une occasion bien réelle de faire entendre la voix de la justice internationale, alors qu'elle est attaquée de toute part. En choisissant de ne pas juger au criminel M. Sosa Orantes pour ses actes ou de l'extrader dans un pays aux fins de jugement, il renonce à son engagement de lutte contre l'impunité des crimes internationaux. » — Karine Ruel, directrice générale d'ASF Canada.
Pourtant, le Canada dispose d'une loi fondée sur le principe de compétence universelle, qui lui permet de poursuivre les auteurs de crimes contre l'humanité, de crimes de guerre ou de génocide, se trouvant sur son territoire, peu importe où ces crimes ont été commis ou la nationalité de l'auteur présumé.
Dans le cas de M. Sosa Orantes, le gouvernement a délibérément évité la voie judiciaire, malgré les outils juridiques à sa disposition et l'investissement financier et en temps important d'une procédure administrative. Ce choix s'inscrit dans un contexte plus large d'inaction : l'unité fédérale responsable de ce programme n'a publié aucun rapport public depuis 2015, révélant un grave déficit de transparence et d'engagement envers la justice internationale.
Silence et inaction malgré des appels répétés à la justice
Depuis plusieurs années, ASF Canada, en collaboration avec le Partenariat canadien pour la justice internationale, multiplie les démarches auprès du gouvernement canadien à propos du cas de M. Sosa Orantes. L'organisation a transmis des analyses juridiques, organisé des rencontres avec des parlementaires et lancé plusieurs appels publics pour que des poursuites criminelles soient engagées. Malgré ces efforts soutenus, le gouvernement est resté silencieux.
« Dans la période actuelle, où la loi du plus fort, les intérêts politiques et les doubles standards polluent les conversations diplomatiques, il est plus important que jamais pour les États de jouer le rôle qu'ils se sont eux-mêmes donné à Rome en 1998 : ils doivent prendre des mesures concrètes visant à refermer les espaces où l'impunité s'infiltre et survit, y compris sur le territoire canadien. » — Fannie Lafontaine, directrice du Partenariat canadien pour la justice internationale.
Le Canada se présente comme un défenseur de la justice internationale. Il soutient les enquêtes de la Cour pénale internationale et affirme qu'il exécutera ses mandats d'arrêt, même contre des chefs d'État. La crédibilité de ce rôle dépend d'abord de ses actions à l'intérieur de ses frontières.
ASF Canada salue les efforts pour retirer la citoyenneté obtenue de façon frauduleuse. Mais cela ne peut pas remplacer un procès pour des crimes d'une telle gravité.
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10.02.2026 à 14:09
Harrison Samphir, Martin Lukacs
Des lobbyistes et des militant·e·s anti-avortement siégeant à un organe influent contrastent avec le discours public du Parti conservateur. Alors que le chef conservateur Pierre Poilievre promettait de se battre pour les « gens ordinaires » du Canada lors d'un congrès national tenu le week-end dernier à Calgary, son parti a élu un conseil de direction rempli de lobbyistes travaillant pour certaines des plus puissantes entreprises du pays.
4 février 2026 | tiré et traduit de Breach.media
La moitié de son nouveau conseil de 20 personnes — un organe influent qui supervise les affaires internes du parti, notamment les investitures et la préparation électorale — sont des lobbyistes d'entreprises actuels ou récents, révèle une analyse des registres de lobbyisme effectuée par The Breach.
Cela n'a pas empêché le député conservateur Aaron Gunn de décrire les conservateurs comme le « parti des travailleurs canadiens ». « Nous sommes le parti des gens de métier, des travailleurs des ressources et de celles et ceux qui jettent les bases de la prospérité et du succès futurs du Canada », a-t-il déclaré dans un discours au congrès.
Mais si la composition du conseil de direction est un indicateur fiable, les conservateurs ressemblent davantage au parti des PDG, des entreprises extractives et de ceux qui pavent la voie à l'accaparement des profits et à l'explosion des inégalités.
Des membres du conseil ont fait du lobbyisme pour des entreprises pétrolières, gazières et minières, pour les grandes entreprises technologiques, les géants des télécommunications, les associations pharmaceutiques et le secteur financier.
Plusieurs des membres réélus ont continué à faire du lobbyisme auprès du gouvernement fédéral pendant leur précédent mandat de trois ans au sein du conseil, tout en bénéficiant de leur proximité avec Pierre Poilievre.
Le chef du Parti conservateur est membre de droit du conseil national et est censé assister à ses réunions, mais il a délégué sa plus proche confidente et ancienne directrice de campagne, Jenni Byrne, pour le représenter.
Byrne est elle-même à la tête d'un cabinet de lobbyisme qui a représenté des entreprises comme Loblaw et un promoteur immobilier.
Plusieurs membres nouvellement élus du conseil sont également alignés sur le mouvement fondamentaliste chrétien anti-avortement.
Cela rappelle que, malgré les efforts de Poilievre pour rebrander les conservateurs en champions anti-élites de la classe ouvrière, la machinerie interne du parti demeure profondément imbriquée dans la classe capitaliste canadienne, ainsi que dans le conservatisme social organisé.
Une porte tournante de lobbyistes d'entreprises
Parmi les membres nouvellement élus et reconduits au conseil figurent de nombreuses personnes ayant des liens étroits avec le monde des affaires canadien.
Plusieurs membres du conseil sont liés à Capital Hill Group, un important cabinet de lobbyisme d'Ottawa qui a représenté des clients allant de X Corp. (anciennement Twitter) à une entreprise européenne d'armement. Aaron Scheewe est aujourd'hui directeur général du cabinet. Wes McLean, un autre consultant de l'entreprise, continue de faire du lobbyisme aux niveaux fédéral et provincial après un passage comme député provincial au Nouveau-Brunswick (il a été déchu de ses fonctions à la suite d'une accusation de conduite avec facultés affaiblies en 2013).
Matthew Conway a auparavant travaillé pour Maple Leaf Strategies, un cabinet de lobbyisme qui a représenté des clients comme Enbridge, d'importants intérêts miniers et bancaires, ainsi que Facebook. Selon les registres fédéraux, Conway a lui-même fait du lobbyisme pour le fabricant d'armes General Dynamics aussi récemment qu'en 2024.
Anthony Matar, consultant chez Crestview Strategy, a fait du lobbyisme pour des entreprises extractives, ainsi que pour McDonald's.
D'autres entretiennent des liens tout aussi étroits avec le secteur de l'énergie. Heather Feldbusch est une ancienne lobbyiste de l'Association canadienne du gaz et est associée à Alberta Counsel, une firme qui représente des compagnies pétrolières et des promoteurs immobiliers.
Amber Ruddy, vice-présidente chez Counsel Public Affairs, continue de faire du lobbyisme pour Telus ainsi que pour des entreprises pétrolières et gazières, et compte parmi ses clients les principaux groupes de pression des secteurs technologique et pharmaceutique.
Christina Mitas, ancienne députée provinciale ontarienne, lobbyiste active et participante à des rassemblements anti-avortement, a été élue au conseil de direction du Parti conservateur. Crédit : Christina Mitas/Instagram
Les militant·e·s anti-avortement gagnent en influence
Aux côtés des lobbyistes d'entreprises, un second bloc est devenu plus visible après le congrès de Calgary : les militant·e·s socialement conservateurs, en particulier ceux et celles liés au mouvement fondamentaliste chrétien anti-avortement.
Parmi les nouveaux membres du conseil figure Colette Stang, ancienne présidente de la Saskatchewan Pro-Life Association, qui a soutenu une législation imposant l'implication parentale lorsque des mineures demandent un avortement.
Stang a également été appuyée par RightNow, une organisation anti-avortement qui a exhorté ses partisan·e·s à « s'assurer que des pro-vie siègent aux conseils nationaux » en raison de leur « incroyable influence sur le fonctionnement du parti ».
Kinsey Schurm et Dheeraj Jha ont tous deux reçu l'appui du président de la Campaign Life Coalition, Jack Fonseca, avant le congrès.
Si ces militant·e·s ont été élus au conseil national, d'autres tentatives de l'aile anti-avortement du Parti conservateur ont échoué lors du congrès.
Une résolution visant à revenir sur l'engagement figurant dans le programme du parti selon lequel celui-ci « ne soutiendra aucune législation visant à réglementer l'avortement » n'a pas été soumise au vote à Calgary.
Lors de l'élection de 2025, Poilievre avait réaffirmé cette position, promettant qu'un gouvernement conservateur n'introduirait pas de « lois ou autres restrictions » portant atteinte « au droit d'une femme de décider de ce qu'elle souhaite faire de son corps ».
Lors de son dernier congrès, en 2023 à Québec, des membres conservateurs avaient organisé une résolution issue de la base qui aurait interdit aux lobbyistes de siéger au conseil. Elle n'a pas été adoptée, et aucune résolution de ce type n'a été présentée cette fois-ci.
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10.02.2026 à 14:07
Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)
À l'approche du dépôt du prochain budget du Québec et dans le cadre de l'édition Agenda 2026 de sa campagne Un réseau fort : et si on osait pour vrai ?, l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) dévoile son deuxième thème de l'année : Prioriser notre santé et notre bien-être : et si on osait pour vrai ? Au cœur de cette proposition : la mise en place d'un bouclier budgétaire afin d'assurer un financement stable, prévisible et suffisant du réseau de la santé et des services sociaux (RSSS).
Depuis plus de 30 ans, le Québec s'est doté de lois budgétaires parmi les plus restrictives au pays, notamment en matière d'équilibre budgétaire et de réduction de la dette. Résultat : malgré l'augmentation constante des besoins de la population, le réseau public est régulièrement soumis à des compressions qui fragilisent l'accès, la continuité et la qualité des soins et des services.
« On demande au réseau de faire toujours plus, avec toujours moins. En 2025-2026 encore, le financement accordé ne couvrait même pas l'évolution des besoins. Ce n'est pas une question de structure ; c'est un problème de priorités politiques », affirme Robert Comeau, président de l'APTS.
En février : faire de la santé une priorité non-négociable
L'APTS rappelle que le Québec traverse actuellement une troisième période d'austérité budgétaire en 30 ans, sous couvert de gestion « responsable » des finances publiques. Cette année encore, le personnel du réseau devra répondre aux besoins croissants de la population sans que le financement accordé par le ministère des Finances ne soit à la hauteur.
Pour le seul budget 2025-2026, l'APTS évalue à 1,1 G$ l'écart entre le financement réel du réseau et ce qui aurait été nécessaire pour mitiger l'impact de la croissance et du vieillissement de la population, de l'inflation et de l'évolution des pratiques cliniques. Un sous-financement qui se traduit directement par des services fragilisés, des listes d'attente qui s'allongent et une pression accrue sur le personnel.
Face à ce constat, l'APTS propose l'instauration d'un bouclier budgétaire : un cadre légal obligeant le gouvernement à financer la santé et les services sociaux à la hauteur des besoins réels de la population. Concrètement, ce bouclier repose sur trois piliers :
· l'évaluation annuelle de l'impact budgétaire de l'évolution des besoins, en tenant compte des changements démographiques, des pratiques cliniques et des projections d'inflation ;
· l'attribution de ce mandat à une instance indépendante, comme le bureau de la Vérificatrice générale ;
· l'obligation pour le ministère des Finances de rendre disponibles, à chaque budget, les sommes identifiées comme nécessaires.
« Instaurer un bouclier budgétaire, c'est envoyer un message clair : au Québec, la santé et le bien-être de la population ne sont pas des variables d'ajustement. Ce sont des priorités absolues, qui doivent être protégées contre les cycles d'austérité », souligne Émilie Charbonneau, 1re vice-présidente de l'APTS.
Et si on osait pour vrai ?
Pour l'APTS, il est temps de sortir du faux dilemme entre rigueur budgétaire et qualité des services. Si le Québec accepte depuis des décennies de se doter de règles strictes pour encadrer le déficit et la dette, il doit désormais faire preuve de la même rigueur pour protéger l'accès aux soins et aux services.
« Oser pour vrai, c'est reconnaître que la santé et le bien-être de la population méritent au minimum le même niveau de protection que les impératifs financiers. Le bouclier budgétaire est un choix politique clair, responsable et nécessaire », conclut Robert Comeau.
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10.02.2026 à 14:06
Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ)
Québec, le 4 février 2026 — Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) dénonce l'intention de la CNESST d'abolir l'équivalent d'environ 115 postes additionnels à la CNESST dans la prochaine année. Rappelons que 250 postes avaient déjà été supprimés l'été dernier.
« C'est totalement indécent qu'on réduise encore le personnel alors que les délais ne cessent de s'allonger pour les accidentés du travail et les victimes d'actes criminels. On ne coupe pas dans de la bureaucratie, on sabre dans les services à la population. Est-ce que la CAQ aura enfin le courage de l'admettre ? », questionne Guillaume Bouvrette, président du SPGQ.
Les coupures font grimper la facture
Cette situation est d'autant plus déplorable qu'elle n'améliorera en rien les finances de l'État, puisque la CNESST est autofinancée. « Le fonctionnement de la CNESST est essentiellement payé par les employeurs. Or, les compressions allongent les délais et retardent le retour au travail des travailleurs et des travailleuses. Résultat : malgré les coupures, ça va coûter plus cher parce qu'on va devoir indemniser les gens plus longtemps », dénonce M. Bouvrette. Plus de délais
À titre d'exemple, la durée moyenne de traitement des plaintes pour harcèlement psychologique ou sexuel est passée de 58 jours en 2022 à 95 jours en septembre 2025. Du côté de l'Indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC), qui relève aussi de la CNESST, les délais de traitement des demandes d'aide financière explosent. Ils étaient de 139 jours en septembre 2025 comparativement à 51 jours en 2022.
« Le gouvernement laisse tomber les victimes, c'est une vraie honte ! Nos membres travaillent d'arrache-pied et ils mettent leur santé à risque. C'est quand même ironique, sachant que la CNESST a déployé cet automne une campagne sur la santé psychologique », indique M. Bouvrette.
Sondage
Sondés avant la période des Fêtes, les professionnelles et professionnels de la CNESST tracent un portrait sombre des impacts des compressions.
* Près de la moitié des personnes répondantes (49 %) ont constaté une hausse des insatisfactions de la clientèle. Cette situation n'est certainement pas étrangère au fait que le quart d'entre elles ont été victimes ou témoins de manifestations de violence verbale ou physique envers le personnel.
* Quelque 38 % témoignent de l'allongement des délais pour verser des sommes à la clientèle. Dans bien des cas, cela contribue à augmenter la vulnérabilité de la clientèle, une situation constatée par environ le tiers des personnes répondantes).
* Près de 29 % des personnes répondantes ont constaté des bris de services.
Le sondage a été réalisé sur la plateforme SurveyMonkey du 27 novembre au 15 décembre 2025 auprès des membres du SPGQ. Au total, 5 182 personnes, dont 456 de la CNESST, ont rempli le questionnaire d'enquête, portant le taux de réponse à 18,2 %. À propos du SPGQ
Le SPGQ est le plus grand syndicat de personnel professionnel du Québec. Créé en 1968, il représente plus de 34 000 spécialistes, dont environ 25 000 dans la fonction publique, 6 000 à Revenu Québec et 3 000 répartis dans les secteurs de la santé, de l'enseignement supérieur et au sein de diverses sociétés d'État.
Source Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec
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10.02.2026 à 14:06
Centre Au Cœur des Femmes de St-Jean-de-Matha
C'est l'appel à l'action spontanée lancé le 4 février par le Comité de la Brigade des rubans blancs du Centre Au Cœur des Femmes de St-Jean-de-Matha suite à l'annonce d'un 6e féminicide en un mois au Québec. Plusieurs personnes se sont mobilisées rapidement devant la caserne d'incendie du village de Lanaudière pour dénoncer l'inaction gouvernementale en matière de violences faites aux femmes.
Depuis le début de l'année 2026, six femmes ont été tuées par leurs partenaires ou ex-partenaires intimes en contexte de violence conjugale. Alors que les groupes de femmes appellent à l'action depuis plusieurs années face à l'augmentation des violences à leur encontre, les chiffres ne cessent d'augmenter. En 2025, il y a eu 16 féminicides au Québec.
Les manifestant·es scandaient « Stop aux féminicides ! La prochaine est encore en vie ! » en bordure de la route 131 à l'heure de pointe. « Au son des klaxons sur la route, on sent bien l'urgence d'agir de la population aussi ! », s'exclame une manifestante.
On peut lire, le même jour, dans une publication Facebook de la Coalition féministe contre la violence faite aux femmes « le Québec est confronté à une vague importante de féminicides intimes de type conjugal. Six femmes sont mortes dans un contexte de violence conjugale, et ce, en cinq semaines. Ces meurtres s'inscrivent dans une violence misogyne qui traverse et gangrène notre société. »
On a aussi pu entendre Véronique Potvin, travailleuse au Centre Au Cœur des Femmes, dire « Y'a le feu ! Il doit y avoir des actions maintenant pour lutter contre les violences faites aux femmes ! Pour que la prochaine reste en vie ! Pour que toutes les prochaines soient en sécurité ! ». L'organisme a choisi de tenir l'action devant la caserne d'incendie pour symboliser l'urgence d'agir.
Les centres de femmes, maisons d'hébergement, leurs regroupements et autres groupes communautaires et féministes partout à travers le Québec réclament, depuis des années, des investissements massifs auprès des organismes communautaires qui travaillent en prévention et en soutien aux victimes de violences. Il faut plus de maisons d'hébergement et que celles qui existent obtiennent un meilleur financement. Il faut soutenir tout le travail de prévention et d'éducation réalisé par les centres de femmes et l'ensemble des organismes communautaires pour éliminer les comportements violents et les violences systémiques genrées.
En plus d'offrir écoute, soutien et accompagnement, le Centre Au Coeur des Femmes effectue un travail de sensibilisation et de conscientisation par le biais de l'éducation populaire autonome féministe intersectionnelle (ÉPAFI) ce qui permet de trouver des moyens d'action visant la transformation sociale. Parce que oui, la violence faite aux femmes est un problème de société !
Pour reprendre les mots du Centre de femmes La mouvance de Deux-Montagnes : Tant que des femmes mourront, nous serons là pour le dénoncer !
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10.02.2026 à 14:05
Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ)
Le gouvernement caquiste est allé de l'avant avec l'adoption du projet de loi 101 en octobre 2025, contesté depuis le printemps dernier par la FIQ et d'autres syndicats en raison de ses impacts sur la santé des travailleuses. Ce projet de loi de la CAQ vient directement bafouer les droits des travailleuses du réseau public de la santé et de l'éducation en matière de santé et sécurité au travail (SST).
Comprendre le projet de loi no 101
En juillet 2020, une infirmière a subi une violente agression dans une unité de psychiatrie improvisée en Montérégie-Est. Elle a été étranglée durant de longues minutes avant l'arrivée des policiers.
Ce triste cas fait malheureusement partie du nombre croissant de lésions professionnelles chez les travailleuses de la santé et de l'éducation. Alors qu'elles ne constituent que 19,2 % de l'emploi total au Québec, ces travailleuses subissent 35,7 % de toutes les lésions professionnelles reconnues.
Face à cette donnée alarmante, la logique voudrait que le gouvernement leur offre une meilleure protection en matière de santé et sécurité au travail. Or, malgré ses promesses, c'est tout le contraire que propose le ministre du Travail Jean Boulet avec son projet de loi 101.
Le PL101 réduit de façon considérable les fonctions des comités de santé et de sécurité (CSS) et des représentantes en santé et sécurité (RSS) dans les secteurs de la santé et de l'éducation en plus de retirer les exigences de délais pour les programmes de prévention.
Le réseau de la santé étant composé de 81 % de femmes, il s'agit d'un affront à la santé et à la sécurité au travail des femmes.
Pourquoi la FIQ s'y oppose ?
– Les travailleuses de la santé et des services sociaux sont parmi les plus touchées par les lésions professionnelles. En 2022, elles représentaient 13,6 % de l'emploi total, mais près de 38 % des lésions professionnelles indemnisées. Il est totalement insensé de réduire les mécanismes de prévention les touchant.
– Une atteinte systémique aux droits des femmes. Ce projet de loi vient modifier et retirer certains mécanismes de prévention dans les secteurs de la santé et de l'éducation, composés à grande majorité de femmes. Cela crée une inégalité flagrante avec d'autres secteurs majoritairement masculins, comme celui de la construction, où ces protections sont maintenues.
– La CAQ refuse le dialogue. La FIQ a déposé un mémoire sur le projet de loi, mais n'a pas été invitée à le présenter à la commission parlementaire chargée de l'étudier. Exclure la FIQ des consultations, c'est écarter la voix de plus de 80 000 professionnelles en soins du débat. En 2025, les travailleuses du réseau public doivent être entendues.
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10.02.2026 à 14:04
Denise Campillo
Montréal, vendredi, 16:47. Panne de courant. Le ciel est encore clair, mais il faut trouver les chandelles, les lampes de poche, un gros chandail, une tuque. La maison refroidit vite quand il fait moins 15 dehors.
On pense à Kiev, à Gaza, on se dit que ce n'est pas si grave.
Mais l'obscurité grandissante éveille des inquiétudes de toutes sortes.
Le délire des ambitions territoriales et totalitaires de Donald Trump et de Vladimir Poutine nous rapproche-t-il d'une confrontation ? Sont-ce des bruits de bottes que nous entendons ? Ou plutôt des bourdonnements de drones ?
On parle avec enthousiasme d'augmentation des budgets de défense, de fabrication de matériel militaire, de création d'emplois dans ces domaines pointus.
Sommes-nous entrés dans le temps de la guerre ? Le capitalisme néolibéral trouve-t-il là une autre voie pour continuer sa course folle vers la fin de notre monde ? Quel est le bilan carbone de la guerre ?
Car la perspective de la guerre ne peut que conforter la mécanique de la fuite en avant économique, que renforcer les politiques de croissance, de développement infini, d'exploitation illimitée des ressources.
Pourtant, nous le savons bien, l'humanité court à sa perte si elle ne replace pas en tête de ses priorités le ralentissement du réchauffement climatique, la décroissance planifiée des activités génératrices de gaz à effet de serre, la recherche du bien commun et de l'équité. Nous en sommes loin, au Canada et même ici au Québec, où on ne parle que de favoriser les grands projets en soutenant la construction de pipelines, l'exploitation des ressources fossiles, et même en réservant de grandes quantités d'électricité à des investissements pharaoniques qui tournent court, ou à la construction de centres de données avides d'énergie et d'eau.
Voilà un autre sujet d'inquiétude : où nous mène le technocapitalisme sans entraves ? Les progrès technologiques, qui devraient être un outil mis au service du bien commun, sont entre les mains de quelques milliardaires l'instrument de la plus belle opération de décervelage dans l'histoire de l'humanité.
Comment garder le moral ? Par l'action, la protestation, la collaboration, l'entraide, la conscience de notre privilège de vivre ici, et de notre responsabilité à l'égard des autres humains qui souffrent plus que nous de notre gaspillage éhonté.
Par l'appel, une fois de plus, à nos élus : ouvrez les yeux, enlevez vos œillères, arrêtez de ne penser qu'en termes de profit immédiat. Même pour des comptables, voir un peu plus loin peut ouvrir des perspectives dans tous les aspects de la transition énergétique et socio-économique.
Le courant est revenu. Je vais souffler les chandelles, les économiser pour la prochaine panne ?
Denise Campillo Montréal
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